‹ Le Naturaliste canadien (volume 3)Chapitre 83 sur 155 · DEUX AUTRES DISPARUS · texte numérisé non relu

DEUX AUTRES DISPARUS

Le mois dernier, nous avions le regret de rendre le dernier hommage à feu le Dr Fletcher, l'un des anciens amis et collaborateurs du Naturaliste canadien.

Aujourd'hui, c'est la mort de deux autres amis et collaborateurs de notre œuvre que nous avons le pénible devoir d'enregistrer : M. L.-E. Gasnault, de Luynes, France, et M. l'abbé Em.-B. Gauvreau, des Etats-Unis.

Feu m. Gasnault

M. Louis-Edouard Gasnault, ancien régisseur de Luynes, dans l'Indre-et-Loire, est décédé au château de Luynes le i 2 septembre dernier.

L'abbé Provancher avait fait connaissance avec M. (iàsnault, lors de son premier pèlerinage en Terre-Sainte, eti 1881. M, Gasnault agissait comme trésorier des membres de ce pèlerinage. Depuis cette époque, comme plu-

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sieiirâ autres des pèlerias Irançais de 1881, il était resté en relations épistdaires avec M. Provancher. Comme cBaqnfe année, on à peu près, il employait ses vacances à faire des excursions en diverses régions d'Europe et qu'il en profitait pour recueillir des observations sur la géologie et la minéralogie des pays visités, il résumait les connaissances acquises par ce moyen dans ses lettres à l'abbé Provancher, qdi publia de la sorte dans le Naturaliste plusieurs correspondances scientifiques, fort intéressantes, de M. Gasnault

Lorsque nous succédâmes à l'abbé Provancher dans la direction du Naturaliste canadien^ en 1894, nous priâmes M. Gasnault de continuer sa collaboration à la revue. Nos lecteurs se rappellent qu'eflFectivement nous avons publié plusieurs travaux rédigés par ce vieil ami du Naturaliste.

Lors de notre voyage d'Europe en 1900, nous voulûmes faire connaissance personnellement avec notre collaborateur de Luynes. Jamais nous n'oublierons les joies de cette petite excursion à la commune de Luynes, qui se trouve à quelques milles de Tours. Quel beau et riche pays que cette Touraine, arrosée par la Loire fameuse ! Quel accueil nous reçûmes de la part de ce vénérable octogénaire, M. Gasnault, ancien régisseur du domaine possédé par le duc de Luynes, et qui habitait encore le château. Il nous fut donc donné ce jour-là, de voir — non plus seulement sur les images — l'un de ces vieux châteaux des siècles passés, de grimper sur les tourelles et les créneaux ! L'antique forteresse, portant le poids de ses quatre siècles, ne paraissait plus guère solide ! M. Gasnault, qui l'habitait et qui, au moment de notre visite, était dans sa quatre-vingtiètne année, était bien le vieillard le mieux conservé et le plus alerte que nous ayons jamais rencontré ; il devait encore vivre huit années après l'époque où nous l'avons rencontré.

Durant notre court séjour à Luynes, nous fûmes l'hôte de son fils M. Charles Gasnault, qui lui avait succédé dans

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sa charge de régisseur de la terre de XrUynes. Nous eûmes alors la satisfaction de pénétrer dans l'un des plus charmants intérieurs, au sein d'une famille franchement catholique, et de prendre place à une table bien garnie d'enfants : ' toutes conditions qui ne sont malheureusement plus chose bien commune en France. ^

A cette honorable famille, nous offrons ici l'expression de nos sympathies sincères, à l'occasion du décès de son vénérable chef.

Feu m. l'abbé Gauvrkau

M. Emile-B. Gauvreau, dont nous avons publié presque chaque année un article très remarqué, était né à l'Ile- Verte en 1867. Il avait donc 41 ans lors de sa mort, arrivée presque subitement le 3 décembre.

Après avoir exercé le saint ministère dans le diocèse de Rimouski durant deux années, il fut curé à Beardsley, Minn., durant douze ans. A la suite de quelques années qu'il passa plus tard au séminaire de Saint-Paul, Minn., et chez les Sulpiciens de Baltimore, il vint à Woonsocket, R. I., avec l'espoir d'y rétablir par le repos sa santé fort chancelante. Il y a succombé au bout de quelques mois.

M. Gauvreau était l'un des esprits les plus brillants que nous ayons rencontrés. On a pu juger de son talent littéraire par les articles qu'il a publiés à diverses époques dans nos revues religieuses et littéraires.

Il aimait les sciences naturelles, comme le témoignent les articles qu'il a publiés dans le Naturaliste et où son crayon ne brillait pas moins que sa plume. Sa manière originale, pittoresque et spirituelle, faisait toujours la joie du lecteur. Si les circonstances avaient parmis qu'il pût se livrer entièrement à ce rôle de vulgarisateur scientifique, quel remarquable écrivain nous aurions eu, et quelle pous-

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see n'eût-il pas donné chez nous à la di£Eusion des cpnnai^r sances scientifiques. Mais, assurément, le bien qu'il a fait aux âmes dans sa carrière sacerdotale, par sa parole et par son, exemple, l'emporte de beaucoup, au véritable point de vue, sur tous les triomphes de ce genre.

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