NOTRE PUSS
nos motifs. Nous sommes, nous n'hésitons pas à l'avouer, franc conservateur, pas libéral un brin, ultramontain sincère, comme le sont tous nos évêques, et tout le clergé à quelques rares exceptions près, c'est-à-dire que nous regarderions comme une espèce d'apostasie la répudiation de notre nationalité, que nous sommes sincèrement attaché à notre pays, à sa constitution, à ses lois, et par dessus tout à la doctrine catholique. Avec cela, peu nous importe quels hommes tiennent les rênes du pouvoir, pourvu que leurs antécédents ne nous inspirent aucune crainte, que leur capacité puisse commander la confiance, et que rendant justice à tout le monde, leurs actes portent le cachet 'd'un patriotisme sincère.
D'ailleurs, ne jugerait-on pas bien insensée la personne qni, en s'apercevant dans une glace, se fâcherait par ce qu'elle reconnaîtrait qu'elle a le nez un peu trop fort, les dents mal disposées ou le regard louche ? Or ce sont précisément des miroirs que nous voulons mettra sous les yeux de chaque journal, pour lui permettre de se voir tel qu'il est, nous bornant, tout au plus, à attirer son attention sur tel ou tel défaut qui le dépare et qu'il pourrait facilement éviter. On ne nous refusera pas, nous voulons bien le supposer, d'appeler, dans cet examen, les choses par leur nom? surtout lorsque nous proclamerons, comme nous n'hésitons pas à le faire présentement, que nous n'avons n haine, ni rancune à satisfaire contre qui qne ce soit, que nul autre motif que de servir utilement la cause des lettres et de l'éducation ne dirige notre plume.
Mais avant d'entrer dans des détails et de faire la part à chacun, posons ici quelques règles qui, si elles étaient scrupuleusement observées, contribueraient puissamment à relever le ton de notre presse, à lui faire observer une tenue plus réservée, à la garer contre ces basses personnalités, qui empruntent souvent le langage des voyous dans leurs querelles, et nous déprécient si fort à l'étranger»
1° Correspondances anonymes. — Nous ne voulons pas condamner les correspondances anonymes, car il arrive souvent que des personnes, qui n'aiment pas à se montrer
ej& public, peuveut conpuuniquer des idées de grand? valçujr ou même foire des critiques fprt avantageuses dea ^ffairep publiques. Mais ou devrait prendre pour règle de ne jamais mçttre à l'abri des correspondants anonymes qui attaquent nommément d'autres personnes. Toute personne ajpsi attaqué? devrait avoir le droit de se faire livrer de suits ie uojn de l'anonyme qui l'attaque ainsi. Si qettç règle était acceptée, on fermerait la porte du coup à toutes ces correspondances si peu digues et souvent si basses qui. sp.vpilent aiusi d'un masque, pour déverser l'injure tout à leur aipe sur les objeta de leur haine et satisfaire lenrs veugeapces, tout en avilissant et déshonorant la presse. Croit-on, par exemple, que si le correspondant Rétribution de Y Evénement eut été obligé de livrer son nom dès le début, à ceux qu'il attaquait si injustement, il eût continué pendant tout un hiver, à remplir les colonnes de ce journal de ses si regrettables communications, dans lesquelles les règles des bienséances n'étaient pas plus respectées que celles de la justice et de la religion ? Que tout correspondant anonyme soit prévenu que du moment qu'il attaque nommément une personne, son nom sera livré, à première demande, à la personne attaquée qui viendra le réclamer, et de suite nous verrons la réserve et les convenances respectées dans ces sortes de correspondances.
2° Responsabilité morale (Tun journal. — Un journal étant une personnalité morale, avec responsabilité collective, op i^e devrait jamais s'attaquer nommément aux rédacteurs, quelque motif que l'on ait de combattre tel journal. En mettant ainsi les personnes mêmes de la rédaqtion à l'abri, on évitera ces attaques et provocations personnelles où se fout jour d'ordinaire les haines, jalousies et autres mauvaises passions. Nous ne voyons à peu près qu'un cas où les personnes mêmes peuvent être mises en jeu r c'est lorsqu'il s'agit de candidatures ou de promotions politiques, comme alors les antécédents et les aptitudes des personnes doivent être pris en considération, il est permis dans ce cas dp les faire connaître» spuf toujours le respect du aux règles des convenances, de la justice et de la charité, dont les droits ne peuvent souffrir de prescription eu aucune circonstance.
*OÏM PRÉSBfe. iâfr
8° Cftmx <fe* matière*. — Notre presse étanf généralement peu fortunée, se trouve parfois soumise à sttbit la pression, souvent injuste, de ses appuis et rapports. C'est ici un prétendu sonnet à Mlle. C. ou Madame. T., W une adresse avec réponse à un curé changeant de poste, ailleurs un détail de l'examen d'une école toute ordinaire, d'autrefois un article sur la mort naturelle d'un enfuit qui prendra près d'une colonne etc., etc. ; tous cea styefcs manquent absolument d'intérêt pour le public, et les gérant» des journaux devraient être capables de faire comprendre aux intéressés que de telsjécrits, tout en nuisant à la bonne réputation de leur feuille, ne peuvent faire honneur à leurs auteurs, par ce que ce sont des détails £rop intimes, des scènes d'intérieur, qui peuvent avoir leur mérite dans la vie privée, mais qui ne pourraient qu'ennuyer le public.
Il arrive aussi souvent que des communications sont reçues défectueuses quant à la forme, bien que recommandâmes sous le rapport des idées ; le gérant doit alors, pour l'honneur de sa feuille, ou les rejeter sans merci, ou les corriger et dresser d'une manière convenable.
Venons en maintenant au détail dé chaque journal en particulier, en commençant par les plus importants.