‹ Le Naturaliste canadien (volume 5)Chapitre 104 sur 122 · DE LA VITALITÉ DES INSECTES · texte numérisé non relu

DE LA VITALITÉ DES INSECTES

<che à Gray, d'avoir signalé le procédé de Frovancheren cette matière. Toutefois, pour apprécier justement sa conduite sur ce point,il faut se reporter à l'idée que Ton pouvait se faire^ij y a trente-six ans et au Bas-Canada, de la propriété artistique. Ce qui prouve bien qve Provancher ne pensa pas com- •mettre un crime en "empruntant" les dessins de Gray, c'est •qu'il ne craignit pas d'envoyer son livre à l'auteur même qu'il avait mis à profit Les plagiaires n'ont pas accoutumé *d'y aller avec tant de franchise.

(^A suwre.)

Delà vitalité des insectes

Lorsqu'arrivent les premiers froids d'automne, nous -voyons les insectes disparaître les uns après les autres. Aux beaux jours du printemps, lorsque la nature entière revient à la vie, les insectes se montrent aussi de nouveau et commencent la mission que leur a imposée le Créateur. Mais ici peut se poser une question. Les insectes du printemps sontils les mêmes que ceux de l'automne ? L'abaissement de température ne fait-il que les engourdir, oubien leur est-il fatal au point de les faire tous périr ? En d'autres termes, •est-ce à l'état d'œuf, de larve, de nymphe, ou à l'état parfait que les insectes passent la saison d'hiver ? Les naturalistes ont sans doute mille fois déjà répondu à ces questions ; mais, quand il s'agit d'histoire natureile,les observations personnelles l'emportent en intérêt sur la simple lecture des écrits d'autrui. Voilà pourquoi j'ai voulu constater de z//>« l'hibernation des insectes en pénétrant jusque dans leurs quartiers d'hiver, s'il était possible. Déjà l'année dernière, au mois d'avril, j'avais vu sortir une légion SAphodius fimetarius d'un tas de fumier placé le long de l'avenue Montmarîe, et il avait été facile de constater que ces insectes étaient arrivés à l'état par-

fait dès Tautomne précédent.Poùr continuer ces observations, je suis allé, le 27 avril dernier, explorer les champs voisins ducollège. Le sol était encore à demi gelé et couvert en bien des endroits de plusieurs pieds de neige. Près d'un bosquet d'aubépines,un débris de tronc d'arbre tout vermoulu attira mon attention. Ayant soulevé cette pièce, qui pouvait avoir une quinzaine de pouces de longueur sur 7 ou 8 de largeur, je découvris dans Thumus s«us-jacent un premier insecte {Platynus chcdceus\Q^\,%^n\.^Xit le grand air,se mit à remuer péniblement les pattes. Il n'aurait pas manqué de reprendre sonagilité ordinaire,mais plongé aussitôt dans une bouteille au cyanure de potassium,il s'endormit d'un sommeil éternel. Ayant continué de remuer doucement là terre, je découvris un second insecte, puis un troisièine, et ainsi de suite jusquà 38. Ils se répartissaient comme suit : 2 Loriceris cœUscens^ \o Platynus cupripennis^ 6 PL chalceus^ \ M, placidus^ 2 - Pterostichus lucublandus, 5 /%. desidiosus^ i PL painulisy I Qucdùis pucinus^ i Q./ulgidus^ i Tachy parus jocosus^ 2 Philonthus œneus et 3 Ph. ventralis. Il y*avait aussi un certain nombre de grains gélatineux que j'ai tout lieu de croire être des œufs de papillons.

Le lendemain, 28 avril, nouvelle excursion, nouvelles captures. Au pied des arbres, sous les pierres, je découvreencore une dizaine de Platynus chalceus^ une Amata, une Cymindis reflexa^ deux chrysalides, et de plus une agglomération de petits corpuscules ressemblant pour la forme et les. dimensions aux nymphes des fourmis, mais recouverts d'une espèce de membrane. Un peu plus loin, blottie sous une pierre, je vois une chenille toute velue. En continuant ma marçhe,'j'arrive près d'une eminence jadis couronnée de sapins dont quelques souches vermoulues rappellent encore le souvenir. L'une de ces souches, sillonnée en tous sens pardes gpleries,recèle tout un essaim d'Ichneumonides. J'en recueille une quinzaine.

JOSEPH DARVEAU (1825-99)

Imprimeur de la 1ère série du Naturalise Canadien,

FEU M. C. DARVEAU 87

Enfin, le 29 avril, nouvelle expédition dans une direo tîon différente des premières. Je me rends sur un terrain sarbIonneux,près du cimetière Montmarie. Sur le penchant de I» colline, je remarque plusieurs petites ouvertures cylindriques ; chacune d'elles est la poite d'entrée qui conduit à lai demeure d'insectes fort agiles : les Cicindèles. En enlevant quelques pouces de sable on arrive jusqu'à l'hôte de ces gîtes souterrains. C'est ainsi que je capture neuf Cicindela vufgaris et deux C, repanda:

D'après ce qui précède,ne pourrait-on pas grossir un pew le nombre d'exceptions donné par l'abbé Provancher dans soni Introduction à la Faune entomologique (Vol.l,p. 85) ? "La durée de la vie de l'insecte à l'état parfait est très variabte suivant les espèces. D'ordinaire elle ne se .prolonge pas aui delà d'une saison ; cependant les Abeilles,les Fourmir et lesi vierges des deux sexes dans la plupart des genres font; exception à cette règle."

Elias Roy, ptre.

Collège de Levis, mai 1899.

RÉD. — Nos lecteurs s'uniront certainement à nous pour inviter M. l'abbé^ Koy à nous faire bénéficier, très souvent, des résultats de ses observations si intéressantes.

Feu M. G. Darveau

Imprimeur de Québec

Qu^i ^uve

Le Naturaliste canadien doit un souvenir, à celui qui l'.at imprimé de 1868 à 1 891, et qui îniprîma aussi tous les ouvrages de l'abbé Provancher. A l'époque de sa mort (20 avril 1 899], M. Darveau était depuis longtemps le propriétaire de l'une desjprincipales maisons d'imprimerie de Qué^ hic,

"Nous ne croyons pas nous tromper, disait le Solçil du 2E avril, en disant que M. Darveau était l'un des plus anciens

^typographes pratiquant de cette ville. Il fit^ en effet, son apprentissage au Canadien il y a quelque 60 ans. Ses apttitudes, sa sobriété le firent remarquer, et, aussitôt compa- ^^non, les propriétaires du Journal de Quebec l'appelaient à w<iiriger leur établissement.

VEn 1854, il prenait à son compte, Côte Lamontagne, en ^société avec M. Sam. St-Michel. Celui-ci mourut en i860, <dt -M. Darveau continua seul, au même poste que son ate- Hîcr occupe encore aujourd'hui."

Cette imprimerie de la côte de la Montagne ne payait pas 'l>eaucoup d'apparence. Pourtant je ne la revois jamais "sans me rappeler les enivrements . . . typographiques dont *eUe fut pour moi l'occasion il y a près de trente ans. J'étais Ndéjà, en ce temps-là, épris de l'histoire naturelle, et je savais bien que le Naturaliste canadien s'imprimait dan-i cet -atelier, qui de ce chef avait conquis mon admiration. Ja- *idxiais, au sortir des classes, je ne passais par là sans faire une longue station devant cette vitrine, dont la décoration n'avait rien d'artistique, mais dans laquelle je voyais, parmi vd'autres publications, s'étaler la Flore canadienne. L'ouvra- 'ge coûtait sans doute bien trop cher pour que je crusse mè- *ne à la possibilité,pour moi,d'en faire l'acquisition. Mais j'a- "vaîs toujours bien le plaisir de le voir !Parfois,sous prétexte de ^marchander quelque livre, j'osais entrer dans l'édifies ; et, ^lors, les monceaux de papeterie et d'imprimés, l'odeur des encres, le bruit des machines, la vue des casses remplis de >xaractères, tout cela me jetait dans le ravis<?emcnt, et me donnait des aspirations qui ne laissaient pas d*être bien vagues : car j'étais loin de soupçonner alors qu'un jour viendrait où,moi aussi, jj fournirais joliment de copie aux typor^raphes.

Mais l'imprimerie Darveau a des états de service d'une *l>îen autre importance que ces juvéniles enthousiasmes d'un rbibliophile imberbe. Son histoire est intimement liée aux îprogrès de la littérature canadienne en cette dernière moi-

FEU M. C. DARVEAU 89

tîé du siècle. Beaucoup de nos écrivains s'y firent imprimer. Pour d(»nner une idée des importants travaux exécutés à cette imprimerie, je rappellerai que Ton trouve son nom sous le titre des ouvrages que voici :

Histoire du Monastère des Ursulines de Québec.

Le Foyer canadien,

Baîllairgé, Traité de Géométrie, et plus de 40 brochures du même auteur.

Les Œuvres de Tabbé Casgrain.

Tanguay, Répertoire du clergé canadien,

FerUnd, Histoire du Canada,

Frechette, Fleurs boréales ; Légende d*un peuple.

Mgr de Saint-Vallief et P Hôpital-Général de Québec.

E. Gagnon, Chansons populaires du Cajtada.

Lemoine, Chasse et Pèche,

Buies, Chroniques ; VOutaouais supérieur.

Le May, Les Vengeances.

Page 1