‹ Le Naturaliste canadien (volume 5)Chapitre 105 sur 122 · L. Conan, A P Œuvre st à P Epreuve · texte numérisé non relu

L. Conan, A P Œuvre st à P Epreuve

Dionnî, La NouveUe-France.

Routhier, En canot ; Jubilé de la reine Victoria.

Lusignan, Fautes à corriger.

Provancher, la première série (20 volumes) du Naturaliste canadien ; Flore canadienne ; Faune entomologique ^ etc.

Il faudrait ajouter à cette liste nombre d'autres ouvrages, signés par Faucher de Saint-Maurice, Marmette, Dunn, Legendre, Langelier, Magnan, de Cazes, etc. Comme on le voit, une bonne partie de la littérature canadienne a passé par cet «telier d'imprimerie.

Voilà pour le côté terrestre de la vie de M. Darveau. Heurcusement,il a su travailler aussi pour la vie qui ne finira pas. Les pages bien remplies qu'il a eu soin d'imprimer au *Mivre de vie," ce sont les plus belles, et celles qu'il apprécie, aujourd'hui surtout, bien davantage.

D'une bonté exquise? c'était le plus pacifique des hommes, aimant mieux céder de son droit pour éviter les diffé-

rends.**Ce n'était pas un patron, c'était un père," me disait Tun de ses vieux employés.

Pour ce qui est de sa charité envers les pauvres et de sa générosité en faveur des bonnes œuvres, on la célèbre à l'envi de tous côtés.Diverses institutions religieuses de Québec et d'ailleurs, les conférences de la société Saint- Vincent de Paul, les organisateurs de **bazars",et nombre de familles pauvres en auraient long à dire sur les secours qui leur venaient de cet homme de bien. Citons seulement le cas de cet ancien employé devenu incapable de travailler, et dont la femme était aveugle et les enfants en bas âge : M. Darveau a secouru jusqu'à sa mort cette famille affligée "à qui (m'écrivait son homme de confiance, M. Beauchamp,) j'ai porté moi-même de quatre à cinq piastres par semaine, durant quatorze mois."

Je souhaite, à tous les ouvriers de la plume et de la casse, non seulement de laisser leur nom inscrit sur la couverture d'aussi nombreux et importants ouvrages que l'a fait M. Darveau, mais surtout d'être l'auteur à'œuvres aussi belles, aussi bonnes, et aussi sûres de l'immortalité dans un monde meilleur. (l)

L'abbé Huard.

An pole Nord

Nous avons vu,par divers numéros du 7>w/.î,d'0ttawa,. que le Capt. Bernier n'est pas resté inactif, le printemps dernier. Le 20 avril, il a donné une conférence sur son projet de voyage au pôle Nord, en présence d'un certain nombre de

(i) M. Joseph Beauchamp, qui était le chef d'atelier de rimprimeric Dw* veau, et qui était à l'emploi du défunt depuis ua grand nombre d'années, contenue les affaires de l'établissement, dont il est maintenant le propriétaire. C'est à sa générosité, — et comme son hoLimage personnel à la mémoire de son ancien patron, — que nous devons de pouvoir présenter à nos^ lecteurs le beau portrait de M. Darveau, qu'ils trouveront encarté dans la présente livraison.

l'étude de l' entomologie 91

membres du Sénat et de la chambre des Communes. Le 26 mai,il se faisait entendre devant la Société royale du Canada. Le 9 mai, il avait publié, sur le journal désigné plus haut, un mémoire, très intéressant et très concluant, sur les résultats scientifiques que Ton peut espérer de ce voyage d'exploration au pôle Nord. Du reste, tout le monde est convaincu, pensons-nous, de rintérét 'qu'offrirait, aux diverses branches de la science, une expédition de cette sorte. Même le voyage récent de Nansen, qui n'a fait que s'approcher du pôle plus qu'aucun de ses devanciers, eut pourtant des résultats scientifiques considérables. Nous nous rappelons en avoir vu ]a démonstration dans une étude publiée, il y a environ un an, dans la Revue du Monde catholique, de Paris.

C'est donc à juste titre que les amis des sciences espèrent que le gouvernement fédéral, — comme ont fait l'Angleterre, les Etats-Unis, etc., lors des expéditions précédentes entreprises par leurs nationaux, — accordera une aide raisonnable au Capt. Bernier, pour la réalisation de son projet. Quand l'Etat aura ainsi fait sa part, il nous semble que les institutions scientifiques et même les particuliers pourront être appelés à contribuer aussi aux frais d'une entreprise qu'il ne déplairait à personne, croyons-nous,de voir menée à bonne fin par un Canadien-Français.

L'ËTDDË DE L'ENTOMOLOGIE

Ce n'est pas sans beaucoup de surprise que nous avons trouvé, dans la Semaine commerciale du 2 juin, un article où l'on célèbre l'utilité de l'entomologie. Il est rare que nos journaux encouragent les gens à se livrer à l'étude des insectes, et le public lui-même n'a pas l'air de savoir que les travaux des entomologistes peuvent être de quelque profit pour le pays.

Si, comme le dit notre confrère, on donne aujourd'hui tant d'attention aux méthodes de culture améliorée, suscep tibles d'augmenter le rendement du sol cultivé, il importerait en même temps de ne pas, sans s'en occuper, laisser les insectes dévorer les belles récoltes obtenues au prix de tant de travaux.

C'est bien cela. On ne paraît pas s'apercevoir que, chaque année, les insectes nuisibles prélèvent sur nos forêts, sur nos champs et nos jardins, un tribut de centaines et de centaines de mille piastres. Eh bien, alors, il faudrait peut-être cesser de se moquer des gens qui étudient les mœurs des insectes, et qui s'efforcent de trouver des moyens de lutter contre leurs déprédations ? Il faudrait reconnaître que ces fervents de l'entomologie font autre chose que des jeux d'enfants, en réunissant des collections d'insectes. Il faudrait peut-être,même,les encourager! Eh bien, voilà ce que le Nor iuraliste canadien a chanté sur tous les tons depuis trente ans. Mais sa voix n'a guère trouvé d'écho ; et les entomologistes sont toujours ce qu'il y ji de plus rare dans la province de Québec. Notre agriculture est assez riche pour continuer à payer son gros tribut annuel aux insectes de toutes sortes !

Mais nous voulons relever un mot de la Semaine cornmerciale, qui semble blâmer les études purement techniques des entomologistes ; ils pourraient, dit-elle,"trouver une occupation, une œuvre plus utile que celle de collectionner pour des curieux, ou de dresser des mémoires à l'usage de ceux qui sont initiés." En d'autres termes, notre confrère fait là le procès de la science pure, comme si la science appliquée pouvait exister sans s'appuyer sur les études théoriques préalables. Nous croyons bien qu'il a dit plus qu'il ne voulait, et qu'il est convaincu, comme nous, qu'il faut encourager avec autant d'intérêt les études techniques que les travaux d'application de lento-

l'étude de l'entomologie 93

mologie. Toutes choses égales, en effet, la première condition du succès dans la lutte, c'est de bien savoir à qui Ton a affaire. C'est dire que l'on ne saurait trouver les moyens d'arrêter les ravages des insectes nuisibles, si l'on ne connaît d'abord l'organisation et le genre de vie de ces ennemis, qui ont pour eux la force du nombre,pour suppléer à leur faiblesse individuelle.

Nous venions d'écrire ce qui précède, quand ^nous avons trouvé, sur la Presse du 2 juin, un exemple qui confirme absolument les idées que nous venons d'exprimer. Il s'agit, pour le journal montréalais, de fournir des recettes pour la destruction des chenilles du Clisiocampe, qui ravagent les arbres de la région de Montréal. Entre autres remèdes, indiqués par ses correspondants, on conseille de mettre sur le tronc des arbres un cercle de papier goudronné, afin d'empêcher les chenilles de monter jusqu'au feuillage ! Cela, c'est de l'entomologie pratique qui ne se met pas en peine de ce que peut dire là-dessus l'entomologie technique. Il faudrait savoir, en effet, que ces sortes de chenilles éclosent sur les rameaux des arbres, d'œufs qui ont été déposés là dès l'été précédent. Sans doute, un certain nombre de chenilles, tombées sur le sol, peuvent bien remonter le long des arbres ; mais le gros de l'ennemi est déjà sur place, et c'est là qu'il faut le combattre. Pour cela, il n'y a qu'à recourir au procédé communiqué à la presse par M. Fletcher, et que nous avons rappelé en notre dernier numéro. Ce remède, c'est aussi de l'entomologie appliquée, pratique, mais qui n'agit que d'après les renseignements fournis par l'entomologie technique, c'est-à-dire avec les meilleures garanties de succès.

On a cueilli des fraises mûres, à Chicoutimi, dès le S juin. C'est un peu surprenant, pour une région si septentrionale.

Jonmaai et Rems

— Uespace nous a toujours manqué jusqu'ici pour remercier notre confrère de \ hnseignement ptimaire de la façon très sympathique dont,le printemps dernîer,îl a signalé notre 2Se anniversaire.

— 1.^ Journal d'Agriculture et (T Horticulture (à qui nous devons aussi de la reconnaissance pour Tattention qu'il veut bien nous témoigner) publie, en chacun de ses numéros, des études fort utiles sur la culture des plantes d'appartement

— Nous signalons à nos apiculteurs le Canadian Bee Journal^dt Brantford, Ont. (Revue mensuelle, $i.oo par année.) Rédaction très vivante.

— Le Courrier de Saint-Jean est entré depuis quelque ftmps dans sa 4e année. Nos compliments et bons souhaits.

— Le /Rapatriement fjourml hebdomadaire, publié à Roberval ; 75 cts par année. Ce nouveau confrère a débuté par un excellent numéro, le 25 mai dernier ; et il n'y a qu'à lui souhaiter de continuer comme il a commencé. M. Arm. Tcssier est le directeur de la nouvelle publication.

— \J Observateur ^ jouf nal indépendant hebdomadaire illustré (Montréal, 50 cts par année). Nos bons souhaits à M. J.-F. Morissette qui reprend, avec un courage tout nouveau, la publication de ce journal interrompue depuis quelques années.— P. S. Paraît avoir repris» sommeil, après son ler numéro!

— Bullettino del Laboratorio ed Orto botanico. Nous recevons le fascicule ler du deuxième volume de cette revue, qui a pour directeur le Dr FI. Tassi. Cette revue trimestrielle est publiée à l'université royale des Etudes, à Sienne, Italie. Rédaction fort savante ; belle illustration.

— Le Courrier du Livre a dernièrement commencé son 4e volume, et continue à être très intéressant. Nous lui souhaitons longue vie. (Mensuel, 32 à 64 pages par mois ; illustré ; $2 par an. Raoul Renault, Qiiébec.)

Publications reçùçs

— The Biological Laboratory of the Brooklyn Instititte of arts and sciences^ located at Cold Spring Harbor^ Long Island, Tenth Season. i8çç. Brooklyn, N. Y. Cette "saison" d'étude se fait durant les mois de juillet et d*août. — Comme tout est bien organisé, chez nos voisins, pour le progrès des sciences naturelles !

— Im Société de Rapatriement et de Colonisation du Lac Saint-Jean. Rapport annuel pour /<?p<?.T. es journaux quotidiens ont publié déjà cet intéressant travail, rédigé par M. R, Dupont, Tactif Agent de colonisation de la Cie du Ch. de fer Q.* & L. St.-J.

— A.-B. Routhier, La reine Victoria et son jubile. Québec, 1898. Un gentil volume in-i8, de 224 pages, dédié à la comtesse d*Aberdeen. La première partie de l'ouvrage est un éloge historique de la reine Victoria, tout à fait digne de la femme remarquable qui préside,depuis tant d'années et avec une dignité si parfaite, aux destinées de l'empire britannique. Dans la seconde partie, toute consacrée à l'exposition des fêtes qui ont signalé le 50e anniversaire du couronnement de la souveraine, M. le Juge Routhier parle, en témoin oculaire, en poète et en philosophe, des splendeurs de ces solennités grandioses. Enfin, à la fin du livre, des renseignements de grand intérêt sur la famille royale, sur les colonies de l'Angleterre, etc., complètent heureusement l'ouvrage. Ajoutons que plusieurs photogravures, comprenant le portrait de l'auteur, celui de la Reine, etc., la représentation de plusieurs des résidences royales, donnent un charme de plus au petit livre, qui est d'une lecture captivante. Assurément, l'on n'attend pas que nous versions ici dans la critique littéraire. Qu'on nous permette, toutefois, de signaler au lecteur le chapitre consacré à la description de la grande revue militaire de la plaine de Laffan ; il y a

là un tableau d'ensemble d'un mérite singalier, où le pinceau de l'auteur a su égaler, nous semble-t-il, la narration à la merveilleuse réalité du spectacle qu'il a vu.

— Le Moteur centripète^ par Eraste d'Odet d'Orsonnens. 2e éd. Ottawa, 1899. Il s'agit d'une machine destinée à utiliser l'attraction terrestre comme force motrice industrielle. Nous n'avons pas la compétence voulue pour juger de l'invention de M. d'Orsonnens. Cette idée, toutefois, nous paraît bien intéressante, et nous semble toute naturelle : pourquoi, en effet, ne pourrait-on pas se servir de cette force de la pesanteur, comme on se sert d'autres forces naturelles, pour des fins industrielles ! — Nous souhaitons que le moteur d'Orsennens subisse l'épreuve de la pratique aussitôt que possible. •

( A suivre, )

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