‹ Le Naturaliste canadien (volume 5)Chapitre 108 sur 122 · SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES IO · texte numérisé non relu

SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES IO

Vous VOUS rappelez sans doute comme l'illustre découvreur Cartier fut étonné de voir fumer les sauvs^es, et comment il décrit cette coutume curieuse des premiers occupants du Canada. Il ajoute à sa description : ''Nous avons éprouvé la dicte fumée, après laquelle avoir mis de dans nostre bouche, semble y avoir mis de la pouldre de poyvre, tant est chaude."

Pour donner un état complet de tous les insectes qu'on trouve sur le noyer d'Amérique, il nons faudrait un volume assez considérable. Car, à part le pin blanc,nul arbre n'a tant d'ennemis et de visiteurs. Je ne me propose que de considérer les groupes les plus importants de Coléoptères déprédateurs. Un proverbe japonais, appris à Yokohama, dit : ^'Heta no naga dangi^ c'est-à-dire, "l'homme peu habile fait de longs discours." Ce proverbe s'applique sans doute aux prêtres bouddhistes ; maîs,en en tenant compte,je tâcherai d'être plus habile que quelques-uns de nos oratenrs parlementaires qui parlent quatre ou cinq heures sans dire beaucoup.

Les Coléoptères les plus dommageables aux arbres appartiennent aux CèrombycideSy dont les espèces ont ordinairement les antennes très longues et très minces.Leurs larves subsistent entièrement aux dépens des tissus ligneux, et elles font souvent de fort gros canaux dans le bois des arbres dans lesquels elles rongent. Bien que nous appelions ces inse tes nuisibles, ils ne le sont qu'au point de vue égoïste de l'homme ; car, dans le royaume de la nature, ils remplissent une place fort utile, en aidant à détruire rapidement les arbres morts et tombés.

Autrement, les forêts seraient encombrées de troncs secs qui ne pourriraient pas, et qui empêcheraient longtemps les jeunes arbres de se développer et de remplacer les autres.

C'est rarement que ces insectes attaquent des arbres

parfaitement sains ; mais ils aperçoivent bien vite leurs points avariés, et '^'en servent pour y placer leurs œufs. Quand les petits vers éclosent, ils mang^ent les tissus humides sous Fécorce ; mais, en grossissant, ils pénètrent souvent dans le bois solide. Les galeries tortueuses ainsi creusées peuvent être très longues et même traverser entièrement le tronc ; elles reçoivent et retiennent l'eau, et forment des centres de dépérissement et de pourriture.

Dans ce bosquet, à Hull, nous trouvons sur les noyers les quatorze espèces suivantes de Cérambycides :

Obriutn rubrum Newm., Morlorchus bimaculatus Say, Xylûtf échus colonus Fab., Neoclytus erythrocephalus Fab., Euderces picipes Fab., Typocerus velutinus Oliv., Leptura proxima Say, Dorcheschema nigrum Say, Goes pulvetulenta Hald., Goes oculenta Lee, Lepiostylus macula Say, Liopus cinereus Lee, Lioptis querci Fitch, Saperda discaidea Fab.

Plusieurs de ces espèces" ont été bien décrites par Provapcher dans le second volume de sa Petite Faune entomologique du Canada ; mais les cinq qui suivent ne sont pas incluses dans cet ouvrage excellent.

O. rubrum^ longueur .25 pouce, est un joli petit insecte d'un rouge paie et qui est très rare. G, pulverulenta, long. I pouce, n'a jamais été signalé en Canada, je pense, excepté ici, où j'ai capturé quelques individus sur un noyer avarié. Z. cinereus et L, querci sont très petits, antennes très fines ; leurs larves attaquent les tiges. S. discoidea est assez commun sur les arbres abattus ; la couleur de l'insecte est généralement jaunâtre ou jaune, mais elle varie beaucoup, celle du mâle étant quelquefois presque noire.

Une autre famille destructive est celle des Buprestides ; mais les espèces en sont moins nombreuses. Ces insectes se distinguent . facilement par leurs couleurs métalliques et la dureté de leur corps. Sous les tropiques^ il y a des espèces d'une splendeur merveilleuse,

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