SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES IO
en maille d'émeraude et d'or ; ce sont de véritables bijoux. Les larves des Buprestides sont plus aplaties que celles des Cérambycides ; elles sont aussi apodes, et les segments postérieurs sont resserrés, leur donnant une taille ressemblant à celle des têtards. Leurs habitudes ressemblent beaucoup à celles des Cérambycides ; mais quelques-unes de nos espèces attaquent les feuilles au lieu des troncs et des tiges.
Six espèces se trouvent assez fréquemment sur les noyers, dont la plus commune est Diccrca lurida Fab. Cet insecte est d'un brun cuivré foncé, et se distingue de l'espèce suivante par les extrémités allongées des élytres, ayant chacune deux petits points et ne s'écartant pas. D. divaricata Say est une espèce bien connue qu'on trouve le plus souvent sur les érables et les hêtres. Chrysobothris /emorata Fab. est un insecte fort renommé comme déprédateur, fréquent sur les pommiers ; et il est intéressant de savoir qu'il est commun aussi sur les noyers. Anthaxia viridifrons Lap., AgrUus egenus Gory et A, otiosus Say, sont des espèces plus petites dont les larves infestent les branches.
Les Rhyncophorides nous offrent aussi quelques espèces plus ou moins nuisibles aux arbres. Ces Coléoptères se distinguent nettement par la prolongation en bec de la partie antérieure de la tête ; ce bec est souvent fort allongé, et même chez quelques genres atteint une longueur bien plus grande que celle du corps. Le bec est aussi quelquefois très fin, au point qu'il est presque incroyable qu'il puisse renfermer les muscles et les autres organes nécessaires an mouvement des mâchoires. Pourquoi ce bec tellement allongé ? C'est l'instrument que la femelle emploie pour percer un trou où placer un œuf ; et celles qui ont le rostre le plus long attaquent des fruits protégés d'épaisses enveloppes, comme les glands et les noisettes. On peut s'assurer que la longueur du bec n'est pas seulement une parure, en observant que c'est ici la femelle qui est pourvue du plus long, tan-
no LE NATURALISTE CANADIEN
dis que, en général, le mâle possède les structures spécialement développées.
A regard des larves, elles sont courtes et corpulentes, se tenant cachée» dans cette partie de la plante où elles vivent. Le fondât îur du Naturaliste a dit succinctement : "Il n'est pas une partie de • végétaux, bourgeons, feuilles, fleurs, fruits, tige, écorce, Bois, moëUe, racines, qui soit affranchie de leurs atteintes, et ne puisse servir de nourriture et de retraite à quelqu'une de leurs larves."
Nous n'avons plus à present qu'à mentionner sept espèces, dont Hormiscus saltator Lcc, très petit et assez rare, appartient aux Anthribides, et les autres aux Curculionides, Ithycerus nai^eboracensis Forst. est le plus grand de nos charançons ; mais sa couleur grisâtre maculée de blanc le protège si bien que l'on peut à peine le trouver quand il reste sur l'écorce. Magdalis olyra Hbst., tout noir, est quelquefois commun sous Y écorce. A ntAonomus suturalis Lec.^plus petit,a une tache rouge aux élytres, et on le trouve dans les galles que forment de petites punaises sur les feuilles. G?«^/rûchelus posticatus Boh.est proche parent du charançon,qui détruit tant de prunes et qu'on appelle le '*petit turc." Acoptus suturalis Lee. est une petite espèce grisâtre dout les larves creusent l'écorce. Enfin, Balaninus rectus Say (?) appartient à un genre où le bec est fortement allongé et atténué, et dont les larves vivent dans les noix.
Pour ne vous plus ennuyer, il faut que je me refuse le plaisir de faire mention des insectes encore nombreux se trouvant habituellement s ir ces noyers d'Amérique, et appartenant à tous les ordres principaux. Il y en a beaucoup de nuisibles, beaucoup qui viennent comme simples visiteurs, beaucoup qui sont parasites des formes précédentes. Décrire une telle multitude \ Non, mes amis ; car avant que cela se finirait, la neige aurait de nouveau recouvert nos prés, et les arbres seraient redevenus comme des squelettes défeuillés.
l'étude de l'entomologie 1 1 1
Revenons donc chez nous ; et,en faisant route, pardonnez-moi si vous êtes fatigués de mon premier essai d'être votre guide à la campagne, (i)
W.-Hague Harrington.
(l) M. Harrington est trop modeste. Loin d^^nnuyfr ei àe fatiguer ^ son ^travail est des plus intéressants; et nous comptons bien qu'il reviendra souvent nous racontrer ses "souvenirs entomologiques" ou autres. — Réd.
L'étade de TentoDiologie
La Semaine commerciale^ de Québec, a accueilli avec *v«e bonne grâce parfaite les observations que nous lui adressions, le mois dernier, à propos d'un article qu'elle vemkit de publier sur l'importance des études entomologiques. Il nous avait paru, en effet, que notre confrère dépréciait un peu les travaux purement techniques des entomologistes. Mais, comme nous le supposions et comme nous l'avons indiqué, telle n'était pas sa pensée, et, au fond, son avis ne différait pas du nôtre. Il s*est expliqué à cet égard en son numéro du 7 juillet, et nous allons citer, avec satisfaction, Textrait suivant où il dit la grande utilité qu'aurait une so- -ciété entomologique qui vulgariserait, au profit de la classe -agricole, les travaux techniques des entomologistes :
'•Ce que nous voulions dire, c'est que cette science (r entomologie) est chose si précieuse pour le commun des agriculteurs qui n'y entendent rien, qu'une société ayant pour objet de vulgariser les enseignements de l'entomologie, dans la mesure de ce qui est pratique, pour le plus grand -avantage de l'industrie agricole du pays, serait une société wtile. Une société qui dirait, non pas dans des rapports pu- T>Kés après coup, mais au moment opportun, aux cultival:eurs de tel endroit de se garer de tel fléau qui les menace et dont ils ne soupçonnent peut-être pas l'existence, à tel cioment précis, serait une société à patronner."
Publicatious reçnes
— Rapport des travaux faits (à Québec) durant le dernier tiers de siècle, i866'ÇÇ.
Le grec^ le latin. Leur utilité. Leur enseignement dans les collèges,
La vie, P Evolution, le Matérialisme,
IJ antiquité de la terre et de rhoirwie.
Toutes ces publications récentes ont pour auteur ce travailleur infatigable et bien connu, M. C. Baillairgé, Texingénicur de la cité de Québec. Les trois dernières sont des mémoires lus devant la Société royale, au mois de mai.
Outre les brochures indiquées plus haut, M. Baillaiiçé a bien voulu nous envoyer aussi le Rapport de la Société de Géographie de Québec qu'il a présenté à la Société royale, et qui est constitué, dans sa totalité, par un plaidoyer en faveur du voyage au pôle Nord projeté par le Capt. Bernier. On y voit le détail des résultats scientifiques que l'on est en droit d'espérer, si le projet se réalise.
{A suivre^
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