VOL. XXVI (^01^ ^I I>S ^'^ DEDXIÈXE SÉRIE
Gl^icotitiii)!, AoUt 1890
Directeur-Propriétaire: i'abbe V.-A. Huard
La Station biologique marine dn Canada
En 1898, le Parlement votait une somme de $5000 pour l'organisation d'une Station biologique marine au Canada, avec Tentente que chaque année une somme de $2000 serait mise à sa disposition pour en assurer le maintien et le fonctionnement.
Cela fait,les universités du Canada furent invitées à nommer chacune un représentant, pour former le Bureau d'administration de la Station, le ministre de la Marine et des Pêcheries nommant le commissaire des Pêcheries, M. Edw. E. Prince, comme représentant de son ministère. Plus tard, le Prof. McAllum, de Toronto, et le Prof. McBride, de Montréal, furent adjoints au Prof. Prince, comme autres repré* entants du même ministère.
Le 20 janvier 1899, "^ Bureau tint sa première réunion à Montréal. Sur les renseignements fournis par M. Prince, on s'accorda à reconnaître que la région la plus favorable pour les débuts de l'entreprise serait la baie de Passamaquoddy, remarquable pour la richesse et la variété de la vie ma- 9 — Août 1899.
ï 14 LE NATURALISTE CANADIEN
.fine que l'on y rencontre, et St. Andrews, N. B., fut jugé rèndroit le plus propice pour y fixer la Station,
A une deûxiibme réunion du bureau, qiii eut lieu à Ottawa, le 24 février, il fut "décidé dé dénîandef des soumis* èions pour la construction de l'édifice de la Station, afin que tout fût prêt pour la mise en opération de l'institution durant ^automne de 1899.
Depuis le printemps, on s'est occupé de pourvoir la Station d'un assortiment de livre« de science, d'instruments scientifiques, et de tous les objets nécessaires pour monter ■convenablement le laboratoire.
Le Bureau a tenu sa troisième réunion le 25 juillet à la : Station même, à St. Andrews, N. B.
Comme nous l'avons déjà dit, M. ^dw. E. Prince est le directeur de la Station. Le Prof. Pehhallow, de Montréal, est le secrétaire du Bureau d'administration.
Sous certaines conditions, on peut dès cette année être admis à faire des observations et des études scientifiques à la Station biologique.
Nous avons'lieu de croire que la science canadienne rrecueillèra des bénéfices intéressants de l'établissement de cette Station. Mais, si nous ne nous trompbns^nos concitoyens de langue anglaise seront à' peii près le3 seuls à tirer pro- : fit dés facilités oflertès dans cette institution aux àniateurs des sciences. Car, malheureusement, nos compatriotes fran- • çais, absorbés piàr les àfiaireis, par les lettres et les beauxarts, donnent très peu d'attention aux études scientifiques. On dirait que, de ce'cÔté de l'Âtlântiquè, le tempérament français est antipathique aux sciences, tandis que nos cousins de France, comme on sait, hé le " cèdent à personne dans le domaine nriéme des sciences d'observatîoÀ. Mais nous croyons plutôt que Tinfériorité manifeste des Canadiens- Français, sur ce terrain, n'est que le résultat naturel du peu de place que l'on donne, dans tbut notre système d'instruction publique,, aux connaissances purement scientifiques : sujet que nous, ne voulons aujourd'hui qu^ indiquer.
NOUVELLES ENTOMOIX>GIQUES IIS
Moavelles enlomoloi^iqâes
"Monsieur le Directeur,
Pendant le mois de juin, je suis allé à plusieurs reprises "visiter les aubépines en fleurs : c'est le rendez vous favori ■'d'une foule d'insectes de presque tous les ordres. Les plus largerrient représentés sorit les Diptères, les Hyménoptères et les Colëoptères.Cbs derniers sont les seuls dont je me sois *bccùpé. J'en ai pris quantité de spécimens Sipparténant aux •espèces suivantes :
Homalinum humerosuni Fauv. Leptura ruficôllis Say.
':Epurœà €tsHva\Anx\, ** spkaricoiiis Soy ,
Dické/onica ei^ngata Schm, ** subqr^entataYÀthy.
Trichius affinis Beauv. Leptura chrysocopta. K,irby,
.Photinus cofruscm Ijxï. ** mutabifis^^vim.
Telephorus caroiinus Ydh. ** . lineola Say.
* * fràxini âay . Syneta /erruginea -Germ .
tephaioonùpturtdfslAéynti, Diabfx>tica vit fata V^h,
Artàspi rufà Say. ' Crepidodera heicines Lin»
•Mordéiiistèna scapularis Say. Hippodamia ij-punctata Lin.
Cyrtophorus verrucosus QYvy, Coccineiia ç-notata l^exhsX.
Corphyra lugubris Say. *' ^noiaia Kirby.
** co/larisSsiy, •* . tricuspts Kirby.
•Mo/orcÂùs âimdeu/ata Say. Àdaiia Bipunctaia IJn^
GaurotescyanipennisSiny. '* frigida {vkr. opihalmiça)
En tout 30 espèces représentant 10 familles différentes.
Pour ce' qui' est du Ccpholoon lepiurides^ j'ai rencptitrc iplusieurs spécimens qui diffèrent notablement pour la couleur et la taille du type décrit par Tabbé Provancher. Au lieu d'être entièrement jaunes, plusieurs sont presque complètement hoirs, plusieurs ont au moins les élytres noires. 'Ce sont sans doute des variétés.
On m'a apporté au commencement de juin un ms^ifique Hydrophile triangulaire. Ce bel insecte est très rare, au point que l'abbé Provancher doutait de sa présence dan>^ la province de Québec. C'est le deuxième spécimen càptu- ^ré à Levis.
J'ai aussi rencontré trois Chrysomélidcs appartenant à un genre qui n'a pas encore été signalé, je croîs, dans la province de Québec : le genre Gonioctena Redt. Les caractères suivants le distinguent de ses voisins, d'après Horn et L'econtc : cavités coxales antérieures ouvertes, ongles obtusément dentés, jambes dilatées et dentées à leur extrémité. Forme ovale oblongue. Elytres ponctuées dans les stries. Prothorax jaune avec taches noires. Elytres jaunes, rougeâtres, aussi avec taches noires. Il y a^ dans les collections de l'université Laval et du musée de l'Instruction publique, des espèces appartenant à ce genre, comme G, viminalis Lin. Elles viennent de l'étranger. Le catalogue Henshaw mentionne deux espèces de Gonioctena pour l'Amérique du Nord, G. arctica^ Mann., G- pallida Linn. N'ayant pas sous les yeux la description, je ne puis dire si mes spécimens appartiennent à l'un ou à l'autre, ou bien si ce ne sont pas des insectes introduit» d'Europe, comme le Sphœridium scarabœoides.
Enfin il m'est tombé sous la main, dans un petit voyage au Cap-Rouge,une Coccinellide nouvelle pour moi et que j'ai vainement cherchée dans les collections mentionnées plus haut. D'après la Faune de Provancher. elle semblait appartenir au genre Anate. Son faciès la rapproche assez de Anatis i^ punctata. Voici la différence la plus saillante. Tête noire avec une tache jaune près de chaque œil. Prothorax jaunâtre avec une petite tache noire près de chaque bord, et une autre grande tache noire centrale,partiellement interrompue par une ligne longitudinale jaune. Elytres jaune rougeâtre avec chacune six taches noires : une petite à la pointe de l'écusson, une autre grande continuant celle du prothorax, crois autres irrégulières formant une ligne transversale au milieu, et une dernière près du sommet. Longueur, 0.36 pes.
En terminant ces quelques notes, je vous cite le fait d'un Lepture (Z. nigrella Say) trouvé presque sans vie au