‹ Le Naturaliste canadien (volume 5)Chapitre 111 sur 122 · UNE BELLE PLANTE D/ORNEMENT · texte numérisé non relu

UNE BELLE PLANTE D/ORNEMENT

pîed d'un sapin. La pauvre bête s'agitait péniblement et •non sans raison : car elle avait perdu la tête. Est-ce le bec dTun oiseau qui a fait cettjç exécution capitale ? ou bien, hypothèse moins probable, la manie du suicide ferait-elle aussi des victimes chez les insectes ? Quoi qu'il en soit, le dernier souffle de vie qui restait à l'animal est disparu par les émanations d'un peu de cyanure de potassium.

Elias Roy, ptre,

Collège de Levis.

Une belle plante d'ornement

Nous allons indiquer aux amateurs une acquisition facile à faire pour leurs plates-bandes : . quelque chose de très joli, de très original, et qui fera s'extasier tous les visiteurs de leurs parterres . . .

Oui, nous osons leur proposer d'y planter une bonne grosse touffe de Marguerites blanches, Chrysanthemum leU' canthemum^ L., la Marguerite des champs bien connue et qui fait le désespoir des propriétaires de maintes prai- Tîes.

Cette pauvre plante, objet de la répulsion générale, et qui croît comme elle peut, il faut voir à quelle fête elle se trouve, quand on la plante dans une terre ameuolie et bien engraissée, et qu'on l'y met de telle sorte qu'elle ne soit plus étouffée par cent végétaux rustiques et grossiers. — ^lors, elle devient de telle taille, elle émet quantité de belles tiges élancées ; et, tout à coup, en juillet, elle se couvre d'une multitude de fleurs très jolies : des boutons Jd'or e.itouris de grands rayons d'un blanc de lis !

Ah ! si la Marguerite n'était pas officiellement qualifiée de mauvaise herbe ; ou encore,s'il n'y en avait pas un seul spécî- • «len dans le pays, et qu'un jour quelque fleuriste la lançât sur le marché comme importée de la Cochinchine ou de Mada*

Il8 LE NATURALISTE CANADIEN

gascarje VOUS a$3ureque tout le. rnonde .se pâmerait ^'.^dniu-^^ ration à. la, vue delà nouvelle, fleur, à qui^roq doqr^ejçait qrv.. nom en -.'aWiCt que Too. çultiv.eraiJt «^suite.^vec p4S3ion,noQ., seulement dans r humble .chavmbrettc.de, la couturière, mais aussi etsurtout dans la serre dU; bqurgeois.

DonCy je prie qu'on çssaie la Ijlarggerite, blanche ^datO)^.. le jardin ; et l|on se convaincra que nous avons sujet de la recommander aux amateurs. Car nous savons bien que personne ne nous croira sur parole, tant le préjugé a de force.

Quelques aperçus sur la géologie du Saguenqr

(Continué de la page 175 du volume précédent)

Pourquoi n'y aurait-il pas des dépôts de houille dans le bassin du lac Sa'nt-Jean, si beau réservoir fait pour ainsi dire exprès pour cela, créé au moment opportun pour ^ y recevoir les matières premières qui ont dû les formef ?•, C'est, nous disent des géologues, que la chose n'est pas dos- . sible ; que la formation de ce bassin ne laisse pas la moin' dre prise à une telle théorie, qui est tout à l'encontre des notions existantes et qui, du coup, si on y prêtait l'oreille un instant et si on la laissait vivre un jour, compromettrait fort les vrais principes mêmes de la géologie ; que l'existence de la houille dans le Royaufne de Siguenay n'est pa^ plus permise que la blanche neige sur le delta des AmazQ nés, que la tendre verdure sur les sommets des Himalayas,, ou que les fleurs d'oranger sous les cercles polaires .... Maisqui vous dit que la neige, la verduro et les fleurs n'ont pas existé à ces endroits indiqués ? Aujourd'hui, c'est une chose contestée et avec raison ; mais jadis ? quand Dieu s'exerçait: à édifier des chefs-d'œuvre — Il n'en faisait pas d'autres — .II a bien pu, comme il est probable, faire fleurir au pôle les plantes des tropiques, blanchir l'éqnateur à l'instar des pô^

<JUELQUES APERÇUS SpR Î-A GÉOLOGIE DU SAGUENAY 1 19^

les, faire reverdir, sur la cime altière des hautes iQOiitagnes de l'Asie, une auréolé incomparable de toutes les plantes existantes, comme il a pu enfouir, ensiler^ à Tin-^u des savants, dans cette vaste dépression des Laurentides^ que nous contemplons dans le moment, ces mé* mes plantes qui recouvrirent la. terre pendant des siècles durant et dont nous cherchons à démontrer l'existence après les avoir carbo:iisées sans autorité. Si vojs le voulez bien, faisons un rapprochement, qui a s^ place ici, pour voir si nous avons au moins un semblant de. raison.

Coup d'œil vers l^ouest

Conteniplons un instant les grandes plaines du Nord- Ouest — terre promise du ranchcro et du laboureur — dominant par leur altitude le Canada tout entier, couvertes de prairies aux horizons sans bornes, sillonnées de rivières,, dé fleuves même, qui les fertilisent à profjsion et facilitent les communications sur ce vaste territoire : qui nous dit que, sous les plis verdoyants de ces ondulations sans fin qui fatiguent la vue ; que sous les moissons dorées qui se balancent à la brise comme les eaux d'un lac mollement agitées ; que, sous les pas des immenses troupeaux paissant sans souci dans les gras pâturages qui tapissent la plaine et la basé des montagnes où l'ombre et Tabri ne se m esurent pas qui nous dit qu'il existe là de vaUes et profondes houillères reposant sous les replis ondulants de ce beau territoire, le plus riche de la terre, qui s'étend là-bas ? Tout comme les Laurentides, cette importante région était sortie desrcaux lorsque les premières plantes commencèrent leur naissance et leur prodigieux développement; aussi se couvrit-elle commecelle-là d'une végétation abondante qui se renouvela indéfiniment et ne fut interrompue que par le refroidissement. C'est alors que, la croûte s'agitant en convulsions violentes sous^ les assises de ces plainer que la mer seule limitait,^ ces.

vastes ondulations se soulevèrent et se bouleversèrent, ac- "cumulant dans leurs larges replis tous les végétaux qu'elles supportaient et que les eaux y entraînèrent en les re- «couvrant avec une impulsion sans frein,et engloutirent à de grandes profondeurs tout ce gâchis sans nom que la mer effaça en reprenant son niveau.

Mais, après un temps indéfini,» les reliefs des côtes occidentales de l'Amérique commencèrent à se dessiner grâce à un soulèvement prononcé de cette partie submergée de notre hémisphère, lequel s'acccntuant de plus en plus avec puissance et énergie — la contraction de la croûte aidant — sa surface se coffra extérieurement ; et ne pouvant résister davantao^e à la pressio i immense qui s'exerçait et de Test et de •J'ouest en même temps, elle éclata longitudinalcment et puis se cabra : ce fut le signal de la débAcle. Alors, ne connaissant plus de limites à leur impulsion après cet effort suprême et victorieux, ces deux vastes parties de la couche géologique si violemment séparées s'exhaussèrent abruptes dans les airs, en séparant la plaine sans bornes du nord au sud par un double rempart de fragments énormes de la croûte terrestre, grinçant les unes contre les autres leurs parois intérieures chauffées à blanc et toutes trempées de matières en fusion qu'elles ne pouvaient maîtriser davantage, et dans un dernier élan déchirèrent de leurs arêtes anguleuses et fixes les sombres nuages qui dans le moment enveloppaient la terre. L'impulsion intérieure inestimable, imprimée à ces matières enfin libres d'entraves, centupla la force contractive qui agitait sans cesse la croûte en travail; et la projection irrésistiblc,que subirent alors les deux revers retroussés de cette terrifiante entaille, fit se renverser en arrière leurs cimes orgueilleuses about d'équilibre, qui, toujours se renouvelant par la puissance de leur mouvement ascensionnel, accumulèrent montagnes sur'montagnes dans un fouillis inconcevable de grandeur et d'audace, s'effaçatit à demi sous les vagues toujours montantes des torrents souterrains qu'activait Taffreux

QUELQUES APERÇUS SUR LA GtOLOGlE DU SAGUENAY 121

débordement des laves en émption, envahissant les abîmes créés partout et cimentant les chaînes de montagnes à de nouvelles chaînes de montagnes, depuis les rivages glacés de l'Alaska jusqu'à ceux tempérés de Panama.

Cet ébranlement sans nom égrenait partout, sur la frange des grandes plaines humides qui émergeaient à côté, les fragments de cette croûte forcément repoussée en arrière et s* brisant en éclats sous son propre poids ; créant ces portiques alticps et menaçants, ces gorges profondes et mystérieuses,espacées de contreforts pleins d'audacç,arc-boutant hardiment le flanc de ces montagnes superposées que les entrailles de la terre faisaient bondir de son sein ; relevant du coup les limites orientales du littoral du Pacifique ; soulevant les immenses plaines des Territoires depuis si longtemps submergées ; sculptant en longitude sur notre hémisphère cette épine dorsale incomparable qui solidifia l'Amérique septentrionale comme jamais elle ne Tavait été,et lui restituant en même temps, avec compensation, cette envergure plein Tcspace que la mer lui avait enlevée avec moins d'éclat aux

premiers âges du monde.

Ce fameux soulèvement de la croûte terrestre ne s'opéra pas seulement sous le vaste pays qui circonscrit aujourd'hui la base des montagnes Rocheuses,des Sierra et des Cascades ; il s'annonça beaucoup plus loin, peut-être exerça-t-il sa puissance sur toutes les parties du globe. Au moins on peut dire que l'Amérique du Nord reconquit à cette époque son titre de continent, que les bouleversements géologiques antérieurs avaient forcé la mer d'effacer pour un temps de dessous la voûte des cieux. C'est probablement cette fois-là que le bassin silurien du Saguenay perdit l'amertume de ses .eaux,qu'y entretenait le vaste océan boréal par le détroit de Nekoubau, et qui s'adoucit tout de bon lorsque celui-ci laissa une dernière fois son lit pour de plus lointains riva ges.

122 LE NATURALISTE CAiirAbt'Eî?

On pevitdire que les plaines du N6rf-Oûèsts6htrevchues à la Surface fort entamées par céis énormes chaînés deis nion* tagnes Rochetiises.si avides d'espace lbrsqU*eliès apparurent ; maïs, d'un autre côté, ce qu'elles ont jierdu en étendue, elles l'ont bien retrouve eo valeur ; car lès richessés'incàlculâbles qui se sont fait jour dès èritr^illeis' dé ta terré aii moment où lâL' croûte èntr'ouverte laissait champ libre hux éniptiors— dôrinarit 'tu coup une chance unique àiix matières précîeûséB eô ebullition au foyer intérieur dé s'exhiber en permanence à la surface — ,soritl>ien,n'est-cepàs? une compensation suffisante pour toutes les pertes subies pendant cette tourmente : sans compter ces autres richesses qui, pendant leur immersion indéfinie sous les eaux de là mer, n'ont fait qu'aiygmeifter leur valeur par la maturation de leurs immerises accumulations de dépôts sous fv^rme de résidus végétaux en voie de se carboniser,et de fait qui l'ont été ; la prcuve,c*est que la houille des Territoires est entrée dans le système éconotiique universel avec t(»ute son énergie sans que person le n'ait protesté. Oui, la houille! Ici les géoîogues doivent con venir — et de fait ils avouent — qu'elle existe, parce que t-i chose leur crève les yeux ; parce que tout le monde voit qu'elle brille même au grand jour sur les plages des rivières du Nord-Ouest.sur celles de la Saskatchewan et de ses tribu* tàires, sur celles de la Souris môme ; qu'elle existe de plus sous ces quartiers de montagnes que nous avons vus tantôt se renverser dans la plaine aux premiers frémissements de la terre. C'est difficile, voyez-rous, de ne pas se rendre à l'évidence en face d'un témoignage aussi convaincant.

P.-H. DUMAIS

(A suivre,)

XSkcnrsioii en Egypte

(Continué de la page lo) Une demi-heure après notre arrivée au Caire, nous? montons à Ane, et, de tr jis à six heures, nous visitons les

qfiarxieffs Ips plu&;iptéres^nt3: de la. ville, les bazars, deux de&.plo^ belles, mosquées. NpujS; avons la bonne fortune derest^contrer ^f pis tDariées. avec leurs cortèges- de musiciens.

"Comment expUquçrJa fascination. que cette ville étrange n'a jamais manqué d'exercer ? Elle n'est nullement ce- I>endant. ce que: nous entendons. par une belle ville. La. montagne à laquelle, elle s'appuie . est entièrement privée de végé;tatioo, et.êlle-npême est l'une. des plus jeunes parmi le& grandes villes. de rOrient, Par un. côté seulement elle bat t )utes les viUes que je connais : elle est si féconde en chan« gciPl^ents que, dans l'espace d'une courte promenade,, elle nous conduit à travers plus d'éléments divers de civilisation^, plus de manifestations opposées de l'art» plus de contrastes natyrels, que nul endroit au monde ; ici les trois parties de la terre se touchent du front.

•*Nous n'avons pas secoué la poussière que le vent du désert nous apportait parmi les restes grandioses de la citédes Pharapns,et déjà nous voici sur le trottoir soigneusement arrosé d'une rue dont les deux côtés sont bordés de maisons élégantes bâties à l'européenne. Quelques pas plus loîn.nous nons enfonçons entre les deux hauts murs d'une rue sombr/e. Aucune fenêtre aux vitres éclatantes ne met gaiement la vie. domestique en rapport avec le va-et-vient de la rue ;, des balcons scrupuleusement grillés de treillajjc: en bois font saillie devant nous, derrière nous, par-dessus nous, à droite et à gauche, et dérobent tout se qui loge et s'agite au delà, aux regards des passants ou des voisins. A travers les fenêtres et les ouvertures, l'œil de plus d'une femme arabe s'abaisse sur nous ; car les mosrhebyehs, c'est ainsi qu'on appelle ces cages formées de lattes disposées sur un riche modèle et ar-; tistiquement tordues, donnent de l'air aux appartements des femmes et permettent aux belles de voir sans être vues^ Lp nom de ces saillies, qui sont parmi les particularités qu'on n'oublie pas du vieux Caire, vient de l'arabe sharà^boiro ; c'est là en effet, dans des cavités rondes.

ménagées au plancher, que l'on mtt les goullehs, vases en terre poreuse qui servent à rafratchir Teau. Ces ruelles vraiment orientales, si étroites que deux cavaliers ont peine à y passer de front, sont toujours remplies d'ombre et de fraîcheur ; le Caire a bien raison de les préférer aux larges rues des quartiers nouveaux.

"Nous nous frayons un chemin à travers Tune des grandes artères de la ville,et passons devant la haute porte d'une mosquée. De pieux musulmans sortent et se dérangent poliment pour faire place à des moines franciscains, qui semblent sérieusement se consulter auprès de la maison d'Allah. * Ici, nous tournons dans une rue plus spacieuse. Hommes, bêtes,voitures s'y pressent : tandis que les premiers causent et s'appellent, on entend ça et là le braiment d'un âne ou le grognement d'un chameau ; mais nulle part l'oreille n'est blessée par le tintamarre étourdissant des cités européennes ; car les roues roulent sans bruit sur la chaussée molle et non pavée. Nous avons à peine réussi à nous ouvrir un passage à travers la presse, et déjà nous sommes arrivés sur une place déserte, environnée de maisons en ruines. Des vautours planent circulairement et, dans la boue, des chiens errants cherchent des os. Une ordure sèche et poudreuse, dans laquelle même les mauvaises herbes n'ont garde de prendre Tacine, s'entasse ici en monceaux épais, tandis que là-bas, derrière ce mur, dans les jardins arrosés d'un riche; les plantes de toutes les zones se trouvent rassemblées, se gonflent de suc et grandissent avec une rapidité merveilleuse. Devant la porte, un arabe, monté sur un cheval richement caparaçonné, jette un coup d'oeil sombre sur les belles Ei- ■ropéennes qui, riant et le visage découvert, passent à grand bruit devant lui dans leur voiture viennoise. Un coureur précède les chevaux et leur fraye un chemin à travers la foule, jusqu'au moment où ils arrêteront devant un magasin brillant, dont l'étalage met en vente tout ce que les capita- 3es de l'Europe ont inventé de plus récent pour la parure des

EXCURSION EN EGYPE r25

femmes. Juste en face un arabe offre, sur un char à bras mîtérable, sa pitoyable camelote, à laquelle il est difficile de donner un nom spécial. Une longue file de chameaux nous force à «ous ranger. Comme des navires que traîne un remorqueur, chacun d'eux est attaché au précédent et a sur le dos une balle qu'il porte au chemin de fer. Le sifflement de la locomotive se mêle ici au grognement rauque de la patiente bête de somme. Dans les superbes jardins de TEbekiyèh, la noire gardienne d'un marmot arabe s'assied à côté d'une bonne française et de l'enfant blond qu'elle sur* veille, tandis qu'un petit maître italien allume sa cigarette à celle d'un trafiquant nubien. Des fenêtres ouvertes d'un sa.lon orné de tables de marbre et de glaces à cadres dorés^ s'échappent les derniers airs européens chantés devant une réunion de dames. Vous écoutez machinalement, et vous êtes tiré brusquement de votre rêverie par* le son clair de l'or que des joueurs échauffés lancent sur la roulette,dans une pièce voisine de la salle de concert. Vous tombez de là dans une ruelle latérale, bordée de balcons et de fenêtres de harem finement tournées. Devant uu café, assis sur la terre nue, des personnages basanés et noirs écoutent avec beaucoup d'agrément le récitatif nasal d'un chanteur populaire ; mais cette musique t^imple ne dit rien à votre oreille blasée,. et vous vous dégagez de la foule. Cette fois, c'est une belle allée, et vous marchez à l'ombre de grands bebbukhs, pour vous retrouver bientôt entre les parois d'une ruelle étroite, bariolée, vivante. Le large Nil vous apparaît et scintille au loin, une forêt de mâts se dresse devant vous : c'est le port de Boulaq. Côte à côte avec un steamer richement équipé aborde un lourd chaland nubien aux voiles latines en lambeaux, identique pour la forme aux bateaux que nous voyons sur les tableaux du temps des Pharaons apporter les tributs du Soudan à l'Egypte."

Parmi les descriptions que j'ai lues du Caire, je n'en ai pas trouvées qui rende mieux mes impressions personnelles

•que celle de M. Ebers ; c'est ce qui m*a décidé à la joindre à mon récit, persuadé que je A'àurais |>as réussi à la fiûre •aussi exacte.

Des deux mosquées que nous avons visitées, la première, celle de Toqloun, est le plus ancien monument que renferme le Caire. Elle fut bâtie Tan 263 de Thégîtié (876)^ par Ahmed-ebu-Touloun, qui gouvernait TEgypte pour son propre compte tout en reconnaissant la suzeraineté du khalife ab- "bassideEl-Motamed-ebu-Moutaoualckel. Cette mosquée peut •être considérée comme le type le plus pur de rirchîtecture arabe en Egypte, pendant la première époque. L'édificfe a «été construit d'un seul jet, et les réparations faites par le sultan Melek-el-Mansour, en 696 de l'hégire (i296),h'y ont •apporté aucunes modification^ importantes.

Nous visitons ensuite la mosquée du sultan Hassan. •Ce magnifique édifice s'élève à l'extrémité du boulevard* Mehemet*AIi.a:u pied de la citadelle. C'e$t tin dés plus beaux monuments de TEgypte musulmane, tant par la hardiesse de ^a coupole, la hauteur de ses minarets, ses dimensions imposantes, que par la richesse de son architecture. L'orîg'îne de •ce monument remonte à Tannée 757 de fhégire (1356).

E. Gasnault.

(A suivre,)

Piil)lîcatioD$ reçues

— E.-Z. Massicotte, Monographies de Plantes cana^

diennes — Suivies de Croquis champêtres^ et d^ un calendrier

de la Flore de là province de Québec-^ Avec des illustrations

j>ar Edm:/: Massicotte. Montréal: G.-O. Beauchemin & Ffls.

1899. — 50 cts Tex.

Ce n'est pas tous les jours, surtout en ce pays, que Ton voit les avocats publier des ouvrages ^d'histoire naturelle. M.

PppjLICATipifS REÇyES 1 27

Massiçottc npus d.éqiontre ppurt^nt^ par la pajbliication du jofi yolume dont on vient do lire |è titre, que la chose n'est pa3 impossible. 4 dire le vrai, cet ouvrage n'est pais strictement scientifique ; il est aussi bpaucoup une œuvre de poète. Oo y trouve même ce que signifient telles et telles plantes dans le'iangage des fleurs," — une langue donf les naturalistes font généralement bon marché.

Dans les quelques pages consacrées à chacune d'un certain nombre de nos plantes sauvages, il y a des renseignements descriptifs, historiques, utilitaires, antholqgiques, etc. Et tout cela est d'une lecture intéressante. Nous avouerons pourtant que les gravures dé ces plantes communes nous ont charmé davantage, à cause des souvenirs qu'elles nous ont rappelés : souvenirs ^e nos premières; herborisations, ob la rencontre de quelqu'une de ces pauvres fleurs nous valait tant de bonheqr. En un mot, ce volume a été pour nous comme un -album" de photographies, que l'on feuillette avec émotion, parce qu'on y levoit de vieux amis, non pas. publiés, niajs disparus du éloignés.

-r:^^:^ Saints ou Abrège de la vie des Saints et des Bienheureux, des trois Ordres, de notre séraphique Père $^ François^ Orné de 212 gravures, par un Frère Mineur de Montréal. Québec, Imprimerie franciscaine mîsiionnaire. 1899.

Nous recevons ce précieux ouvrage de notre confrère montréalais ,la Revue du Ticrs^Ordre^ qui l'offre en prime à sçsabonnés.C'est un volume de 472 pages in-8o.imprimé sur papier de luxe, dont chaque page est eritourée d'un encadrement de fantaisie. La vie de chacun des saints personnages de l'Ordre franciscain est racontée ordinairement en une ou deux pages de texte compact, avec, le plus souvent, son portrait en photogravure. Ges vies sont fort bien écrites, et la lecture, en est très édifiante, comme on l'imagine bien, non seulement rour les Tertiaires, si nombreux à présent dans le pays, miis encore pour tous les chrétiens.

— N.-E. Dionne, Pierre '£édard e/ son temps. Ce mémoire, préparé pour la Société royale, est fort intéressant. L'histoire de ce grand patriote est trop ignorée aujourd'hui, et nous félicitons notre ami le Dr Dionne d'avoir fait revivre aux yeux de nos contemporains cette belle figure du commencement du siècle.

— Annales de la Société entomologique de Belgique. Tome 42e. Bruxelles, 1898. Gros in-8ode 564 pages, Cette publication annuelle de travaux sur l'entomologie universelle est sans doute l'une des plus importantes de l'Europe.

— Moyennant l'envoi de 10 cents en timbres-poste à la librairie J.-B. Baillière et Fils, 19, rue Hautefeuille, Paris, nos lecteurs peuvent se procurer une brochure de 108 pages à deux colonnes, intitulée : Bibliographie géologique d palconiologique.

{A suivre.)

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