‹ Le Naturaliste canadien (volume 5)Chapitre 48 sur 122 · PROMETTRE ET TENIR SONT DEUX · texte numérisé non relu

PROMETTRE ET TENIR SONT DEUX

Il a rai son f os proverbe- là ; ùt il n'j a paa 4 ajouter plus de foi aox promcisea du Xatnrali^te qu^À c^Uefl de n^importe qui. Comme s*il était difficile <riiT)noTioer que l'on fera de telle et telle fa<,^on !

^* DatiB chaque livrai eoti du NtiiurtjUMdi \\ y aura la continuation de la biographie de Tiibbii Provanoher ! 11 j aura en Bupplémetit huit pagea du Traita tie Zoologie ! " — Et, comme on le voit, le pr^^sent numéro ne contient rien de ttnit cela.

C'est qu^en toute chose il faut compter avec la condition mi&érabte de rhumaine nature. . , J^uic ftamainpa de maladie, auiviea d*un çongt^ nécessaire d'une quinzaine de jours ^ ont loi» le di-siirroi dans Ica afTurres du directeur du ^atuf^i^te, au point qu'il rétracte toutes see promesses* Il ne a engage plua qu'à faire dô son mieux et tout c* qu*il pourra, certain qu*ïl est de trouver chez ses fîdèlea abonn<^3 une mdvdgence <jui ne ae démentira paa* Avec l« tempa, tout m fera i In publication du Nai tn-tilfaU re^le viendra parfaitement régulière* , ^ ^ .Mais ne recommeoçouiB pas le jeu des promeuacâ J

— Nons remercionfl cordialement nos confrères de la (défunte) Mine-n^ê, da Coiin-ier du Ganatla, de hi Vérité, du Spectatear, do la Sentinelle, du Courrier de Samt-Jean, du Trijliivien, du Progrès du Sfujuenay, tin Protectmir du- Sagtienay, de V Avenir du Nord, de V Enseignement primairey de la Défense et du Journal d' Agrictdture, qui ont bien voulu publier, l'an dernier, les sommaires de no8| livraisons.

— Nous sommes fore^, par manque d'espace, de renvoyer . au prochain numéro notre revue bibliographique et de la presse.

16 LI NATUSALISTE CANADIEN

Vient de paraître

Labrador et AnticosM, ]j[ir Tabljc Hunrd

Volume de XVi><ï5 (mgta in-Ho, format et caractùrefi du Kahtrafrtt^.. Inipreflsiun rk luxe. lUustro de 45 purtraitB et autri^H ^raviirea, et d'une car^ te fui golft; Saint Lauï'e Ht flies.si-e exprcBsément pour œt nu v rage.

[Journal île voyage — Historié] ne et <^tiit pn^s^ent de Uius les poBtea de la Côte Nordt depuÎH BcUiauiis jtHMiu'au Blnnt -Sablon, et (îe l'Antifosti — Mti^urs et u anges des iSIontagnais— Prilieura cnna^lienH et aeadiens^— Corné ti (lues et d;ten±^ du Labrador— Dt lai la multiplet b sur la clui*^^e mi loup marin, et la gran- j

de pi'che Jiu saumon ^ uu Inireng, sk la nioiue — La vi-ritr J-iir rAnticnsti ; ren- |

BeigneiTientH inurdits ; 1 entreprise Menier.l Frix : Sl.S^.K Par la p>ste : ^L6Û "

pour le Canada ; ^Lli) pour les Etats- LTui^ et l'Union jiostale.

En vente an Imieau du AVi/wri^Wp, et eliez les tibraireB de Qui^bec et de MoiTtr^-aL — A Pari h, ati jnij: tlf li) /rmnc^^ chez A. Roger et Y. Ubemo^nEj Editeurs, 7, rue ilen 'îraiiVis-Avij^ustiji?.

^Xiiivei*pool| I^oxidoR A Globe 1^

COMPAGNIE D'A^SUKj^VHE

Contre le Feu et sur la Vie

Lii iiliis ]iui usante Compagnie cin monde entier Fonda lnveatiit »53tt 13,000 - InTMti^ en Canada i «1,300,030

ASSURANCLS PRtS£S AUX PLUS BAS TAUX

Eglistft, pï-esbytcrei?, cùIU'^cb. couventi?, n)[iiî3on9 privées ot ftruiea, as&iu-é» pour 'à aliB au taux di* 2 priint^s annuel loâ

vVm M. MacPHERSON. Agent, Quebec JOS.-ED. SAVARD

8ellicitï*uv [>oni i.hicnutimi ri L:n' S^iini -J^an, Fin*? ttat-ine. ChieoutitoL

l'HOhMX AMSMiANlK COMPANY OF LOiNuuN

Fait allaire m {mA^ h^m ISUI 4^ A I* f T A a. : ^^ :ï , 4 4 1 t O O O

Tous no^ contrats d'asssurjiiKn^ goïit garantis par près de

$20,01)0,000 de saretés.

Fati>r^0ii 4^ ^oai, Afçeii h géiiériiti^, ^Iviitréal

Jos."Kd. SAV.ARD Agent pour Chicoutîmi et Lac Saint-Jean, Ohicoutimi

oiiîii'.vGMK i^■A^^L[!\^^;^l it'\,\(iLiiTi<;i:nii

CAriTAL: !&10,OOiJ,000.— VERSEMENTS : 842,000,000 StirpIcN tlf l'iK'tir fiitr 11' paNsif;

Le |iltia consiiltTHljle île toutes ]ua Ciiin|ia;;ijû^s [I'hssu mm'*' contre le feu

JOS. EU. SAVAilB

Agent pour Chicouiimi et Lac Saint- Jean

CiHUOUÏlMI

Nai,aralîs£e Oanadt@n

VOL., XXV (^O^* ^ DE LA DEUXIEME 8EBIE) No 3

Chicoutimi» Feviner 1898 DirecteurFropriétaire : l'aLbé V.-A. HOARD

Les Noces d'argent du ** Naturaliste "

(CbntîoQé d« U page 4)

" Noua avions bien vu M. Chapiteau passer son sceptre entre le smaÎDs de M. Mousy eau ; nuiia nous ne voyions là aucun motif de crainte. Nous étions même parfaitement rjisBuré, lorsque noua vîmen T al location au Natitrali^te portée sur le budget du nouveau gouvernement.

'* Mais nous comptions sans la faiblesao et rindifférence pour ïe progrès des sciencea de ceux qui tenaient les rênes du pouvoir, et sans aussi le mauvais vouloir de ceux qui à tout propos leur suscitaient des entraves.

" Ce budget que les ministres avaient arrêté entre eux après discuHBion, ils n'ont patï même le courage de le défendre devant la Chambre, Ou le lit item par item ; vient le suivant: "'S400 pour aide au Naturalhite canadien J' — Dépense inutile, proclame M, Mercier, qu'on retranche cet itera.^ Àmen, disent les minif^tres j amen, répètent tous les mem-i bres. £t l'affaire o8t faite I

" Sur 65 députés, qu'on doit supposer être la tête dn pays, sa partie la pUïi intelligante^ il ne s'en trouve pas Utt seul pour réclamer les droits de la science, soutenir le progrès intellectuel. Et ministres et députés semblent oublier que les progrès matérielSi qu'ils veulent seula avocasser, ne

Z^MvrïGr 1898,

IS LE KATTJEAUSTfi OÂNABIEK

peuvent avoir de base que daoi les données de la scieofe

Et qu on n'aille pas prétexter réconoraie ; on ne donnera le change k personne sur cet article. Si nous voulions entrer ici dans des détails, noua moutrerions une foule de caa où l'on prodigue les piastres par millierb, pour des fins dont la Province n'aura certaintment à retirer aucun profit."

Sans doute, depuis 1883, on en trouverait encore, de ce« cas où Ton a fait des dépenses peu justifiées.

Quoi qu'il en soit, l'abbé Provaneher conduisait, dt? la fa* çon que Ton vient de voir, le deuil du Naturaliste en octobre 1883. Et le volume XIV de la revue ne ae composa que de trois livraisons, celles de janvier, de février et d octobre.

Il faut croire toutefois qno la mort n'était qu apparente puisque deux années plus tard, en juillet 1885, le NattLralieU, sortait de son tombeau en meilleure santé que jamais, et pourvu d'une toilette presque luxueuine. Ce fut le gouvernement Ross qui opéra cette mftrveille,et il faut lui en tenir boa compte.

Enl8S6jle ministère Mercier arriva au pouvoir,et la subvention ordinaire n*cn continua pas moins à soutenir le Naiwraliste qui parvint sans encombre jusqu'En 1'%^ ^^^ dis -neuf ans. Mais, cette année-lii, 1890, une pierre d'achôppemeLit se rencontra sur la route : on avait voté " sous condition " la somme destinée au Naturaliste. Or l*abbé Provancher, toujours insatiable de savoir j eut la curiosité de connaître ce qu*il y avait au fond de cette espres.^ioo. En attendant d'être renleifTné sur la nature de la '' condition " que Ton voulait imposer au maintien de la revue, il retarda la publication de« premiers numéros du vingtième volume. Au bout de trois moîsj c'est-à-dire en septembre, le premier ministre, M. Mercier, fit annoncer au directeur du Niiiuraliste que la subvention ordinaire serait supprimée à la S n de rannée fiscale courante (1890-91.) Et au mois d« juin 1891 labbé Provancher s'adressa pour la dernière fois aux abonnés du Naturaliste,

J'ai raconté ailleurs ce qui se passa ensuite. Bappeloûs-en néanmoins, mais brièvement, le souvenir.

UCS NOCES D' ARGENT BU "NATURAUSTE" 19

L'abbé Provancher, ayant perJu tout espoir de voir reasiuciter sa chère revae, m'engagea à tenter moi-même i'aven* tnre. Effectîvementj je me mîa aussitôt en rapport avec la aeeretaire provincial, et j'aequia la qnajsi -certitude de pou- Tûir relever le journal avec Taide du gouverneraent Mais la tourmente pulitique qui éclata le même automne vint rainer de fond en comble mes beau^ châteaux d'Elspagne.

Quelques mois plua tard l'abbé Provancher partait pour nu monde meilleur, et de non lit de mort me confiait de nou^ veau la continuation de sou œuvre.

On sait le reste. J'ai oaé, en 1894, reprendre la publication du Maturalwte k mes riaquÊs et périls. Les divers ministères qui se sont succédés au gouvernement de Québec ont été d avis que la Province est trop pauvre pour aider do quelques centaines de piastres, annuellement, une revue destinée à l'étude de notre histoire naturelle. Il faut croire qui je suis bien plua riche que la province de Québec, moi^ puisque je pourvois tout làeul à Ba publication 1

Pour ne parler que de la première séri^ du Naturaliste, BOUS prétexte d'économie, on a empêché M. Provancher d en publier trois ou quatre volumes de plus. Croit-on que les finances de ta Province se portent beaucoup mieux parce qu*on a économisé, durant autant d'années, la subvention ordinaire fournie à cette revue ? Par cojitre, il y a quelque chose qui ne s'est certes pas enrichi peudaiit ces épo^jues de mesquinerie ; c'est notre littérature ."scientifique que l'on & privée, et sans retour possible, de plusieurs ouvrages de nôtre grand naturaliste sur la faune camulîenne. Pense-t-on que cette perte ^oit compensée par le millier de piastres qui est resté, du fait de cette fausse économie, dans le trésor provincial t II faut être en nipport, comme je le suis, avuc la plupart de nos naturalistes amateurs, pour savoir combien souvent ils se voient arrêtés dans leurs études, parce que la description de la fauqe canadienne n'a pas été pousjsée plue loin, — <^uand donc rev errons- nous à Québec uu premier mini^tra

so LB NATURALISTE CANABIEN

OU un secrétaire provincial qui comprendra nettement ce.^ întérêtft acietitifiquea ! L'y trouverions-nous dèa raa-întenant ? Nous le saurons probubl émeut dans quelques mois. . .

Le Naluralwte canadiê7i restera coin me un uionument élevé à k gloire de son Fondateur qui, dunuit un quart de siècle, n'a épargné aucun eff^t pour promouvoir Tétude dea seîenccB naturelles en ce paya. Le nom de Provancber sera connu tant qu'il y aura des naturalistes dans Tunivera. La coillection du Naturaliste sera longtemps cncoro, sinon toujours, indispensable à tous ceux qui voudront étudier This^ toire naturelle du Canada. De tels faits suffisent pour établir r utilité d'une carrière, et persoune ne dira que celle du Naturaliste a été sans profit pour le paya,

n continuera, le Naturalisiez à remplir aa mission, celle de répandre le goût des sciences naturelles chez le peuple ; il la continuera même dans ses conditions présente.'^ de détre^^se. Que ne puia-je lui rendre son volume d autrefois ! Que ne puis-je, n*ayant plus à gagner sa vie par des travaux étrangers, lui donner tout mon temps et toutes mes études I

Il aurait fallu, n'eat-ce paa ? célébrer ces noces chargent par quelque chose d^extraordinaire. Je m'étais bien proposé d e p ubl i er à ce tte ocean i o n u n e livraison de g rand luxe typographique, pour lequel j'aurais fait appel à la plume lie to u s les col 1 abo r ateu r s, anciens et no u \'e aux , d u Naturaliste, Mais c'étaient là saUH doute <le vains projeta. Donne-t-on jamais, chez les pauvres gens, des fêtes brillantes ?

S'il ne jouit pas même de T^aurea mediocritas/'du moins le Naturaliste compte un grand nombre d'amis sincères. Il est Tobjet de chaudes syriipathies^ et mon regret le plus vif est de ne pas pouvoir mieux répondre à la bienveillance quon lui témoigne de bien des côtés.

Et la presse ? La plus gran'Ie partie de la presse française de la Province, et,^Dieu merci \ — 3a partie la plus saine, veut bien s'intéresser vivement à Tœuvrtî du Naturaliste, et en parler souvent à ses lecteurs, sachant bien qu'il n'*;st pas question ici — au contraire — d'une affaire de apéculation, Cea

LIS NOCES d'aïïqent dq "natuealiste'' 21

confrères du journalisme, à qui je renouvelle ici rexpre^aiou d e m a re€ ou na issa t\ ce , en ag î^ne ii t al n a î par p li r d é v o u e m en t k une cause patriotique et catholique.

Par contre, il y a un groupe de jonrnaus qui ignorent toujours le Natitrali&te. Ju ne ui*en inquiètt^ pas autrement — Mais, est-ce curieux ? Cn'irait-nn que je pourraiîî, seulement à voir 1& façon dont on ae comporte vîa-à-vis le NatuTfdût€y partager, au point de vue des principes, nos journauîc et non revues en deux claï^ses distinctea, dont Tune — ^sympathique, au Naturaliste- — comprend presque exclusivement tout ce que noua avons de respectables publicntiona ; dans lautre, — Cf^lle pour qui lo NatuTaliate n^existe pay — , il y a les journal istoî^ qui courent BUrtout après l'argent^ les indifférente en matières de principes, lea juifs et les lihres-pi^n-seurs. Et ce qui ]teut paraître tout d'aborfl étrange, c e*ît que les écrivains vie cettù dernière claase, qui tout le long de l'ai niée (ont étidage d'un iimnense dévouement à la cause "sacrée'^ de î'iiistrnction pnblifjtie, n*ont pas Tair de s*apercevoir que le NataratiMe est pourtant une œuvre d'inatrnction ]iuh]if]ue. — Je Main, du reste, Cfi qu'il me faudrait faire pour forcer la renommée au milieu tie ce mon dp- là. Mais plnti^t cjue ii'y condescendre, nous resteron.H , toujours, le Naturaliste et mo', de petites gens !

En terminant ce long article je dis aux fidèles abonnés de cette revue ; Faisons-en sorte, chacun dans la mesure de nos moyens, que le Naturaliste canadien fourr.isse, durant son deuxième quart de siècle, une carrière fructïieiise, utile à la patrie, digne enfin de son honor.ible passé,

Uabbé Huard.

LB KÀTUEALI8TX OANADISN

Le Nord de la vallée du lac St-Jean

LA RIVIÈRE MANOUAN

(Continue de la page 8)

Yraimenty noud ayons été frappé de la tournure majestueuse, imposante, parfaite, que présente cette antique ririàre. Elle apparaît comme un lar^e ruban, en replis harmo« nieuz, se déroulant fièrement, à perte de vue, jusqu'au faite des hauteurs. Ces rives élevées et planes forment deux lisières de riches terrains tout le lon^ de son cours, beaucoup plus profond et plus large que celui de cette même rivière en approchant le lac Saint-Jean. Il est coupé, à de lomgs inter* valles, par des rapides de peu d'importanc« qui ne changent pas sa physionomie. Elle égoutte,depui8 la création des Laurentides, tous les hauts plateaux qui dominent au nord, ainsi que les vastes espaces qui Tencadrent des àeu\ côtés, émail- •lés partout de milliers de lacs, qui alimentent à leur tour ses nombreux tributaires.

Avant les grands feux qui ont détruit les forêts couronnant les hauteurs et tapissant les vallées de ce vaste territoire, les bois étaient magnifiques, si les lisières épargnées i«*i et là nous renseignent bien sur la valeur et l'essence de la forât primitive. Le bois y poussait gros et long, clairsemé. L'épinette blanche dominait partout les vastes espaces qui s'étendent de la rivière aux montagnes ; entremêlée de tamaracs, de sapins, de bouleaux et de jeunes plantes.

Tous les animaux sortis de V Arche, qui vivent dans la province de Québec au-dessus du 49e parallèle, ont élu domicile dans ce charmant pays. Peu fréquenté par leurs ennemis, ils s'y plaiient à toutes saisons et s'y multiplient à Venvi, suivant le précepte.

LI VDRB DS LA TALLIe DU LAG lAINT-JEAN 33

Le^ poiRfloni!, qui aillonnont en tons sens ks eaux de ce be»u fleuve et de ses lacs limpides, sont d'une antique liguée et de betlêâ proportioua, lia y vivent en faïuilie, danst cea mystérieux méamlre? reliant de profonds réservoirs, pleins de secrets eooduita et d'at^iles discrets, qu'ils n'ont jamais désertés depuis .-qu'ils y sont nés, ce qu'ils nf; ferotit pas, s'ils veuleut y trépasser comme l'ont ffiit leurs aînés : car une fois sortis de ces eaux cristallines tit froides, il n'y a plus de retour possible pour eux, Uo cahot affreux, rrproibnt rarement ailleurs, les sépare pour jamais dt-. leur cher pays, les condamne pour toujours à risolemoTit, ou les force à chercher, fta fil de l'eau, un payf^ hospitalier où ils oublient la passé ; ce qu'ils trouvent facilement.

Les oiseaux se trouYeat dans les proportions et les variétés ordinairc'S sous cette latitude^ Depuis Taiglu à Ifi tête hiaucha jusqu^à Poîaeau- mouche ; depuis le héron bleu jusqu'à l'alouette à branlequeiie ; depuis 1« cygnn canadifu jusqu'à la poule d'eau ^ il y a des nuanced et des physionomies a déûuir pour chaque espèce : chose que nous ne. voulons pas entre ]>rendre. Aussi nous nou^ garderons bien d^entrer dans le doinaiue ch^r aux ornithologistes, quand bieu mêmf nous auiiDn^i la clef exprès pour cela. Les perdrix blanches, grises et brunes, bien entendu, font bandes à paît ; elles habitent le pays tout le long de Tannée, bien contentes de voir fuir vers le sud, à rapproche de rhiver, ces méchants oiseaux de proie qui font taut de victimes dans leurs rangs, et contre lesquels elles ne pourront de sitôt se protéger.

La rivière Manouau, tout en formant aujourd'hui partie intégrante de la Péribonca, n'a pas toujours contribué, dans le passé, à entretenir le cours d^\k fort important de cette ri vière. Elle avait une autre direction avant l'époque qui nous intéresse. C'est ce que nous démontrerons dans un ins tant, lorsque nous serons arrivé au bord de la vallée qu'elle puivait jadis pour alimenter le lac Fipemakan, un des grands réservoirs de la rivière Betsiawiits.

£n partant de la Qrande-Fourche pour nous diriger

vers le nord, nous entrons de nouveau dans la fissure, que les eaux remplissent à pleins bords, submergeant, de plu8,une tranche de la baie qui s est trouvée isolée de ce côté, au moment de la catastrophe. Aussi, on voit dans cette expansion de la rivière un bon nombre de petites îles qui sont autant de têtes de rocher8,ou de débris accumulés là par les courants et les remous, qui devaient être très puissants ici au début de révacuation subite de ce grand réservoir.

A deux milles en avant, la fissure sort de la baie pour 3'enfoncer dans la masse granitique qui la borde à Test, et puis pn ressortir quinze milles plus loin, pour entailler de nouveau cette même baie, aux rivages capricieux, jusqu'à sa plus grande limite nord, une égale distance encore dans cette direction.

Ici, une chaîne de montagnes courant du sud-est au nord-ouest forme une imposante barrière infranchissable de L500 à 2000 pieds de hauteur,entre le bassin du lac St- Jean et celui de la rivière Betsiamits. Elle a bien trois milles de largeur à sa base, et dans sa course vers le nord va frapper à 100 milles dans cette direction le lac Manouan qu'elle contourne au sud et à l'ouest, pour aller se perdre vers le Qord-est à la source du Manicouagau. Tandis que vers le 3ud, elle se sépare en deux chaînons, dont Tun va vers le lac Pipemakan d'un côté, et l'autre vers le lac Pamouscachou.

Ça n'empêche pas que cette fissure impitoyable continua jon chemin droit, puissant sans fléchir à travers cette barrière, 3omme si de rien n'eût été ; coupant en deux, disloquant d'un 3oup terrible cette immense nervure de granit, si régulièrement et si profondément, qu,un lac s'est formé entre ces deux gigantesques parois, dont l'aspect, la hardiesse et le? proportions suffiraient à convaincre les plus sceptiques que l'érosion n'a eu rien à faire dans cette circonstance, que le trairail parfait dans cette partie des Laurentides, l'a été grâce au nême procédé, à l'extrême énergie déployée avec tant de puissance et d'éclat, dans les autres parties, le long de la Peritonea et du Saguenay, que nous avons déjà étudiées et déîrites. Prouvant, une fois de plus, que la nature, déroutée

LI VORD DE LÀ TALLÉX DU LlC iiDTT-ZKAlf H

dans ses oeuvres admirablefl et patienter, n'a été que le témoin înconscîftnt de cette révolution pféologique, dont elle n'a- Taît préparé, ni hâté le déiiouement, m intempeativement hostile à ïa science écriti^ hux duimées Ruraïinéea et infailliblea qu'elle proclame.

Le lac Duhamel, — aiusi nommé en mémoire de cet intelli» gent commissaire lîea Terres de k Couronne, si vite di.^|taru,qui eut la bonne idée de non» faire explorer cette vaste contr<5e, toui en nons blâmant, doucement, d'y avoir pénétré trop avant — qut^ la terre lui soil légère I — ce lae, dis-je, n'est qu'une élargiasure de la rivière taillée an cœnr même de la montagne, à Tabri dea ébouli^ et des couches aédimentaîres, qui ont eavahî et transformé certaines parties de la fîssurtï, comme cel» lea que noua venons de côtoyer^ à deux reprises, en partant de la Grande Fourche,

Il mesure les trois milles que la montagne embrasse dans cette partie ^i nettement fracturée de sa basejaissint la rivière reprendre î^on cours régulier, de Tautre cdté de la chaîne, comme si rien n'était venu révolutionner le payn en corrig*^ant son nrograj'hi** primitive et eu changeant U on tirs ori^niiL^l de a* g eaux.

Avant que cette fracture^ qui ne peut être réduite^ se fut subitement produite dans la moiit^gin*, ^'^^ flancs escarpins de celle-ci étaient subm rgés à plusieurs cents pieds de hauteur, de chaque côté, par la Grande-Baie que nous avon« traversée à l'ouest d'icelle, et par un lac considérable, baignant à l'est tme vaste dépression, qui se limitait de ce côté à une autre chaîne de montagne, parallèle à celle que nous venons de franchir, et qui court au sud, se ranger le long de la berge orientale de cet inlet remarquable, qui termine au nord le lac Pipomakan, et eu débouchaient les eaux de la Manouan, dont le nom antédiluvien nous échappe.

Du moment que ce lac inconnu se fut égoutté jusqu'au fond, par l'entaille profonde pratiquée d'un grand coup du sommet à la base de la montagne, la Manouan descendit la rampe que 4-Février 1898.

16 LI NlTtmALlBTE CANABIEH

les e&tiï fnjantea Tobligeaient de suivre pour arriver au plus creux. Elle se lava ent^uîte, dans cos bas-fonds iDoueux et îrréguliers, un pa^>age, d'abord sinueux et uni, jusqu'à son point à quelques milles au nord de PipemakaD,où, son niveau s^étant trop abaissa pourenfilf^r dans l'avenue qui la oonduisait vevp ce lac, elle rebroussa chemiu. Tournant à Touest, et puis formant une ctute qui Ten traîne au nord sur une déclivité du terrain, elle descend gradueUeraeut plusieurs cents pieda, jusqu'au niveau du lac Duhamel, qu'elle rejoint à angle droit après un détour à Toueât d'un demi-mille au plus.

{La tin au prochain numÀro.)

Le' 'Concilium Bibliographlcum'' international

Dan» le Naturaliste de janvier 1896, sous le titre un peu étrange " A propos de iiches/* noua donnions quelques détails sur le ayatème Dttwey, adopta par le congrèi bibliogra phique international de Bruxelles pour la classification des ouvrafres publiés dans tous les pays du monde. Et nous ajoutions : . •

*' En ce moment même commence à fonctionner à Zurich, Suisse, un Bureau bibliographique international pour les diverses branches de la Zoologie, On fait appel aux écrivains de tous les pays, qui publient quelque chose concernant la Zoologie sous quelque rapport que ce soit, d'en informer le Bureau. Celui-ci publiera à mesure tous ces renseignements sur des fiches spéciales (de 5 pouces sur 3) qui seront envoyées à tous les souscripteurs. . . L'ensemble de ces fiches constituera l'index bibliographique de tout ce qui aura été publié en 1896, dans le monde entier, sur les mammifères, les oiseaux, les poissons, les insectes et les autres divisions du règne animal."

U " CONCIUUM BlBLIOQttAPmCUM " INTERNATIONAL ï7

Les eollabomteurs du NaiuraZistê, diaîona-nous en note, n'oQt plus à se préoccuper du min de leur célébrité : earnoui expédions notre revue au bureau de Zurich.

Depuis deux ans, nous n'avions plus entendu parler de oe Bureau bibliographique, et noua étiona porté à croire que Tentreprise avait été abandonnée* Et nous allions bientnH informer nos dévouéa collaborateurs de ne plus &e fier ëur les gfâDs de Zurich pour passer à la postérité, après avoir fixé l'attention deiï contemporaing.

Eh bien, nous avons le plaîair d'apprendre aux intéreaiés que Tentrepriae continue d'exister et réalise le programme de sea promoteurs. Car nous venons de recevoir, du Bureau de Zurich, uu certaiu nombre des fiches qu'il a publiées concernant la Zoologie universelle. Parmi ces cartons que Ton a eu Vamabilité de nous envoyer, il y a ceux où sont inacrita tous les travaux publiés dana le NaturalisU, depuis quatre ans, sur l'entomologie canadienne, par MM. l'abbé P,- A, Bégin, G. Beau lieu, G* Chagnon et nouâ-niême. Nous reproduisons ici, pour donner une idée de la chose, le contenu de Tune de ces fiches :

Begin» R A. . 57.8(71,4)

1896. Lépidoptères de la ville et des environs de Sherbrooke. Natural. Canada Vol, 33 (3) No 3—5 p- 39—41, 53^60, 75—76. [Liste des iVoc/ttina, G^on^itrina^ Pyrallduia^ Tùriridna, îïneina.]

Les chiffres 5^.8 (7L4), placés à droite et au-dessus du texte, indiquent dans quella'i division, ^ubdivi^on et catégo-^ rie des casiers doit être placée la fiche en question.

Comme on le voit, avec un pareil système» rien n'est plus facile que de se renseigner sur tout ce qui a été publié concernant un sujet quelconque dans le monde entier.

Cette œuvre est de la plud grande importance principalement pour l'entomologie, qui nous semble bien être la science où règne le chaos le plus complet. En effet, il existe des centaines de revues entomologiques où chacun inscrit à son gré le résultat de ses études. Il faudrait être abonné à toutes ces revues pour se tenir au courant de la nomenclature

S8 LB NJITUEALISTK CANADIEN

qui se modifie sans cesse. Et i! n'y a personne puar centra* User tous ces travauic et permettre de se retrouver dani C6 dédale qui devient chaque jour plua inextricable. — Heureu- Benient, le Ooneiliuvi BiHiographicwm va combler désormais cotte lacune, et fournir le moyen d'utiliser les travaux qui se poursuivent partout.

Toutefois les enfcomologisteg canadienQ ne seront pas à mênie, avant longtempp, de profiter d'aussi grands aecoura. Car l'actïuiî*ition des serieM de fichtis publiées à Zurich n'est guèrt^ à la portée des simples particuliers ; seuk^H, ou à peu pràn, lea bibliothèques des ^^ouvernerneiits et des grandes îiiHtitutioiJs sera.ient en mesure de se procurer ciis collections biblio^apliiques. Or, il n'est pas téméraire, noua semble-til, d'affirmer que le NatuTalisU a été le seul, en Canada, à 8*occuper de cette pubHcation d'une valeur inappréciable, et qu'aucune bibliothèque canadienne ne s'est mise en peine d entrer à cet é^ard rlans le mouvement internationiil Un jour, sans doute, dans une vingtaine dVnné<^s peut-être, on regrettera cette fàchi^use abstention ; mais il est à craindre qu'il ne soit plus possible alors <je se procurer, à aucun prix, la collection complète de ces fiches bibliographiques,

— Depuis qU'3 nom avon^ écrit ce qui précède, une lettre de M. le Directeur eIu " Concilium Biblion^raphicuin " de Zurich est venue corroborer entièrement l'a^ssertiou que nous avons faite ci-dewsus avec l'espoir de noua tromper* " Savez* vous ? (nous écrit cet honorable correspondant) il n'y a pas au Canada un seul abonné k ta série des fichea zoolog'i' ques. Cela semble impossible, mais je n« dis que la vérité \ paB iMi seul, ^'

Eh bien, voilà qui démontre que le Canada occupe uo rang distingué sur le terrain de la science ! Encore, s'il ne B agissait que de la pauvre province de Québec, dont il oui de bon ton en certains quartiers de Jire tout If^ long de l'Année qu'^^lle est " à la queue de la Confédération/' Mais non, il s'agit bien en cette itffaire de tout le Canada,— y compris cette " supérieure " province d'Ontario que Ton nous présente

££MÎROIEH£îa» 39

comm^ un modèle estraordinaîre \m fait clencounifjoiaent à riiiâtructloû publique*

De la dessiccation des plantes grasses

Noua voyouadaaa le Bidldin de la Société linn^enne du Iford de la France, ,4ou?i 1m wï^naLure de M. 0, Mtilinvaiid, rindicatioa 'run moyt.*n très tueile de préparer les plantes graases pour Therbier, Cojnine le ativtiût bien tous ceux qui se sont occupée de la coniection d'un herbier, c e^t tout un problème que d*obtenir en de bonnes eonilitions la (i^yaiccation de ces plaiatea grasses. Eh bien, d'après M. Malinvaud, il suffit pour y réussir parfaitement de laisser séjourner, pendant quelques heures^ ce^ sarti^s An planter daiiï^ du vinaigre ordinaire, aprèi* qnoi on les siuimet " à Iel dessication hïibitnelle eous pression modérée."

G^ÊSt po-r umlcntcndii que rifktru dernière li\Tiii?^nTi contfirmit le cointneîit^ement du r^ctt d*ui>e *'PI?ifi.UHion en KKy[>te*' que M. UasTJinilt, va vifil »mi du XaftirttJfi'ifr, du L'Iiâteau de J.nyneti, France, a bien vcuilu i^^ligt-r |mlunoa Wt^uri. Noim dtvoiis ditïV-icr cette puhlifatmn d im ou [leus mois ^.'Jicore ; «t alora nou4 donueroiia du nouveau le «ommeuceiuent, déjà lïublit^, de cet ititét*€33ant récit de vuvtii^e*

Remerciements

Noua d^J^irons exprimer ici notre recnnnainKance n\ix confrères qin ont bien vtaila ^lalner le 25o aJiniversaire de ïmtre revue. Eu voici la liste (qui uVwt probïdilernent pas complète) : L'Indipendafif (Fall Rivi r), la Vérlf^., )a Défin* se, le Pionnier, la Cloche dw JJiriianche, le Couvent, VEnsci-

W LE N àl UEALLiTS OAN ABISN

gneTïimit primaire, le Spectateur, le Trifluvie^h le Courrier du Canada, le Protecteur du Saguenay et le Samt-La/wrent Ces quatre derniers ont même voulu ajouter à leurs vœux des considératioiiB élogieiisea que noua ne méritons paa »iina doute,et doat nous ne voulons retenir que le témoignage d'une sympathie qui nous est précieuse.

Nous somraeë heureux aussi d'ajouter le Mouvevient catkolique,\B Spectateur, VAva7it-Garde et Y Avenir du N'ord à la liste des publications qui V6uient bien publier le aommaire de nos liTraiaonSp

Page 1