LX VÉKITE SUR L'ÉVOLUTION - IO
veau lit, y sceïla, dis- Je, comme dans de gigantesques incubateurs^ toutes les matières premières pour les métamorphoser en ces précieuses substances que l*on nomme le gaz, l'huile et le charbon,
C'est durant ce bouleversement général, sur le déclin de ce règne végétal sous les parallèles septentrionaux, que s'effondra cette partie des Laurentides que nous avons jalonnée jadis en décrivant le bassin saguenaycn, ** et qui circonscrit si nettement la grande vallée du lac Saint-Jean qu'on la dirait faite à Temporte-pièce."
Cette dépression remarquable — ce semblant de cratère— imprimée tout à coup au beau milieu des vagues pétrifiées des Laurentides en voie de se raffermir , fut longtemps submergée par la mer salée après qu'y fut engloutrfe la végéta-tion abondante et serrée d'un territoire d'une superficie de plus de cinq mille lieues.
Cette mer salée se changera un jour en eaux douces, qui à leur tour — disons qu' il y a trois mille ans — furent ténnoins inconscients du Cataclysme^ et en même temps lui aidèrent si bien dans son œuvre désobstruante qu'elles se sont épuisées à la peine, ne laissant au milieu de cette profonde dépression qu'un fac-similé bien réduit des vastes dimensions de leurs limites primitives.
{A sîtivre.)
P.-H. DUMALS.
La vérité sur l'évolution
Nous traduisons, fort librement, d'un article de la Rcznew (St. Louis, Mo.) signé J.-F. M., le petit extrait suivant qui nous paraît étre,dans les conditions actuelles de la science,
le seul exposé raisonnable de la théorie de l'Evolution des espèces :
** Comme Dieu peut faire origîner une espèce d*êtrc d*une autre espèce inférieure, la théorie de l'év*olution> étant donné la puissance de Dieu, n'est ni impossible, ni contraire à la Foi. Mais la réalité de cette théorie n*a pas encore été démontrée ; et tant que Texpéricnce n'aura pas prouvé qu'il y a eu passaï^c réel d'une espèce à une autre, l'évolution — même appuyée sur la puissance de Dieu— reste à l'état de fantôme, et ses fauteurs sont des gens qui ne s'appuient sur rien.'*
M. James Fleîçbçr
Dans la dernière livraison du Canadian Bee Journal^ on reproduisait une notice biographique, publiée d*abord parle CitnaJiûn lintomoloj^ist.dc M. J, Fletcher. Nous en extrayons les quelques notes suivantes au sujet de cet honorable collaborateur de notre revue.
Né en Angleterre, M. Fletcher vint au Canada dans sa jeunesse et fut d'abord employé de la Bank of British N. A.^ et commença dès lors à s*occuper d'entomologie et de botanique, li passa de li à un emploi d'assistant à la bibliothèque du Parlement d'Ottavi^a. Il est aujourd'hui ce que nous pouvons appeler botaniste et entomologiste d*Etat, étant attaché à la Ferme expérimentale centrale d'Ottawa.
M. Fletcher est aujourd'hui l'un des plus forts entomogîstes de TAmérique, Il a publié de nombreuses études sur l'entomologie américaine. C'est à lui qu'on doit la fondation de la très importante ** Association of Economie Entomologists of Nortli America," 11 s'occupe d'entomologie et de botanique plutôt au point de vue utilitaire qu'au point de vue purement technique.
PUBLICATIONS REÇUES If î
— V Ai. l.o\\' G, Cû/iûuzifôûd le/if Bcctk. Green Arsemtc,'-^ Inspection of nurscriis and treatment of infested nursery stock. — Plant lice : descriptions^ enemies and treatment.
Nos remerciements, pour Tertvoi de ce^ trois savants
mi^moires, à leur auteur M, Lowe, Tun des entomologistes
de la New York Agricultural Experiment Station,de Geneva»
} — Conseils pratiques sur la conduite des arùres et aràustes
' fruitiers en vergers, '^^r l^sKK.yy. Trappistes d'Oka, 1898.
Le département de l'Agriculture, Québec, a certainement été
très bien inspiré en publiant ce bulletin, qui rendra de
grands services.
— The Caiendar of the University of Ottauni, Academic year 1898-99, Belle publication qui fait bien voir Timportance de l'œuvre de haut enseignement que dirigent, à Ottawa, les RR. PP. Oblats.
— Anniàed^ par Nap. Lcgendre, dernière livraison de la Bibliothèque canadienne^ publiée par M, P,-G, Roy, 9, rue Wolfe, Levis. L'ex., ig cts.
— Hoffmann's Catholic Directory {publié en 4 livraisons, par M. H. VViltzius & Co., Milwaukee, Wis.^ E.-U. 50 cts par année,) Livraison No 3, du ler juillet.
Nos bons souhaits à Texcellent Monitem aeadien^ de Shédiac, N.-B,, qui vient d'entrer dans sa 32e année. — .-o-
Nous recevons des Etats-Unis le numéro prospectus d'une nouvelle revue^ " Research," dont Tabonnement est gratuit ; mérite^ on en conviendra, d'une grande originalité. On y arbore fièrement cette devise : Nihil cognoscibUe a nobis aiiemim pntamns. Très belle typographie.
" LABRADOR ET ANTIGOSTI "
PAR L ABBE HUARD
Volvitnc lit; XV- 505 i>n^es in-So^ fnriiuTtel caraclbuisà^j .Vif/iftn/h/r. Impres- 5.irm tic luxe. Ilhi^itre iW 45 ]3ortmk?» et autres gravures, et ^rutie carte du golfe Sam t- relurent tkiî^sée êx^^a-sséiiient pmr cet ovivrage.
[Jounml de voyage — ^llisEorujue et état présent de tous les [listes de la C6tC NL>rd, depiijâ Iktsianu^i juHC|u'au Blanc-Sahloiv ot de rAnticos.ti— Mœurs et usager de s ^ fiLïtU ïï puits — 1 Vch eu r s ca n i^ 1 1 i c lis e t II cîid ic ns^-Com 1 1 i q ucs et chkns du Labrador — ^DélaiK comjiltrts Kut la chausse au loup mntÎTi| et 1.1 grande ]iéche an sàumon^tiu hareng, àlanniruc — f.ri vériié AurTAmicosti ; reniicîgiivment^s inedii'i ; ÎVntrepnse Menîer.] Trix : $1.50. l'ar la pOate ; $i.âg jiour le Omada ; $1*70 pùiir les Ètrits-UnU et rUnioii poîjlalc.
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VOL XXV OOL. V DE LA DKrXlÈMK SÏÏRIR| f||Q 8
G;i>îcoiitm>!, -Aoi^t iHï>8
Directeur-Propriétaire : Tabbe V*-A* Huard
lin spectacle féerique à Québec
** Au Canada, dans les environs de Québec, on pèche Tan gui lie le soir^ sur des barques à l'avant desquelleis on dts^ pose un fanal. L*anguîllc, poisson nocturne, qui aime les coins sombres et fuit la lumicrc du jour, se trouve attirée, fascinée par cette clarté artificielle et insolite ; elle s'approche des barques, sort sa tête de l'eau, et immédiatement le pêcheur qui la guette la gratifie d'un coup de dard en forme de harpon, qui l'arrache toute palpitante à son clément- Rien n'est féerique comme le spectacle, par une nuit noire, de tous ces flambeaux ranges en longues files scintillantes ; et le nombre des anguilles capturées par ce procédé de pêche est incalculable." .; C'est dans le Casinos du i6 juillet que nous lisons cette belle description, sous la signature de l'un des savants justement célèbres de France, M. A. Acloque.
Nos amis de Québec, par exemple, vont être fortement ennuyés d'apprendre de Paris qu'il se passe, à leur insu et dans les environs de leur séjour, de si belles choses qu^ils-
10— Août 1898.
ri4 LE NATURALISTE CANADIEN
îgtiorent absolument. Maïs ils finiront par se réjouir de Tinformation et sauront en tirer partu En dehors des époques oil Ton peut faire des excm^sioiis au clair de la hmc sur le beau fleuve, il y aura des excursions dans les iémàres^ où, en fumant des cigarettes sur le pont des vapeurs, on jouira du ** spectacle féerique de tous ces flambeaux rangés en Iongties files scintillantes." Il tiendra tant de Yankees pour voir comme c'est beau, qu'il faudra prochainement ajouter trois ou quatre étages au Château -Frontenac pour les recevoir. — Et les Canadiens qui savaient cela et qui n'en parlaient pas !
Nous qui avons résidé à Québec durant vingt-cinq ans, nous devons avouer que nous n'y avons jamais entendu parler de la pèche à l'anguille qui se pratiquerait dans les environs de la ville sur une si grande échelle. Et nous nous demandons où M. Acloque, qui est un savant très sérieux, a pu recueillir des renseignements aussi fantaisistes... Sans doute de quelque voyageur, retour d'Amérique, qui voulait épater son monde sur les choses extraordinaires qu'un Européen peut contempler en notre continent. A moins que ledit voyageur, à la vue de l'incomparable spectacle de l'éclairage électrique de Québec, n'ait pris "ces longues files scintillantes" pour celles d'innombrables fanaux de barques occupées à pécher l'anguille... sur le sommet du cap Diamant.
Après tout, il est sûr que, sans que cela revête des proportions le moindrement grandioses, on pratique un peu partout, dans nos fleuves et rivières, la pêche au flambeau. \c\ même, vis-à-vis Chicoutimi, dans les chaudes nuits du printemps, nous apercevons parfois deux ou trois flambeaux allumés pour attirer les anguilles au bord de la rivière. Il en est de même, sans doute, en beaucoup d'autres localités de îa Province. S'il y a là un grain de pittoresque, le féerique y manque déplorablement.
Et voilà un nouvel exemple du grossissement que subissent les moindres choses, vues d'un continent à l'autre, au Eeu du rapetissement auquel on se serait plutôt attendu.
l'abbë provancher 115
L'ABBÉ FROVANCHEB
{Continué de la page %û)
D'après une note que je retrouve, et dont je tiens le contenu de la bouche de M- Provancher lui-même, il fît contiaissance en 1861 avec Tabbé L.-O. Brunet, professeur de botanique à T université Laval, et ce fut en sa compagnie qu'il visita, en cette même année, la région du Saguenay et du lac Saint- Jean. Le voyage du Haut-Canada, dont j'ai aussi parlé dans Tarticle précédent, eut lieu en 1862, et fut fait de même par les deux botanistes amis, qui allèrent herboriser à Niagara, Kingston, Hamilton, Toronto, Buffalo, etc.
Cependant, pour enrichir la littérature nationale d'une çeuvre nouvelle, il ne suffisait pas alors, pas plus qu'aujourd'huî,d'en avoir réuni les matériaux.soit à l'aide des ouvrages de même genre, soit d'après ses études personnelles ; il ne suffisait pas d'agencer tous ces matériaux, ni même de les revêtir d'une rédaction plus ou moins parfaite. Quand on s'en va trouver l'imprimeur et qu'on le prie de vouloir bien nous imprimer, il ne manque pas,y> le sais^ comme a dit Bossuet, de nous répondre : ''Quelles sont vos conditions de paiement?*' C'est là la pierre d'échoppement sur laquelle les auteurs canadiens viennent donner du pied. En Europe, c'est tout différent. Le ciel, clément aux écrivains, y fait trouver à chaque pas des éditeurs, lesquels, si vous êtes le moindrement connu, s'arrachent votre manuscrit et vous supplient, chacun à -son tour, de leur accorder l'honneur d'imprimer votre livre, honneur qu'ils vous payeront en beaux ecus sonnants. Oh ! Que l'on entend bien les choses en ces pays-là ! Au contraire, lie ciel canadien est tout de glace pour les pauvres gens qui veulent jouer de la plume, et rien n'est plus rare ici qu'un éditeur qui consente à se ruiner pour cultiver leur gloire. Aussi, parmi nous, qui dit auteur dit éditeur, c'est-à-dire que la con- .ditîon essentielle pour publier un livre au Canada, c'est d'à-
Il6 LE NATURALISTE CANADIEN ^
voir de l'argent pour en payer les frais d'impression. Puîs on lance sa marcliandise sur le marché ; et il arrive parfois que Ton rentre dans ses déboursés.
L'abbé Provanchcr devait donc songer aux moyens de supporter la forte dépense de publication d*un volume de huit à neuf cents pages ; et il y songea en effet de bonne heure. Cela prouve qu'il était fort ''pratique,*' comme d'ailleurs j*ai toujours trouvé qu'il étaîtCcla donne à penser que, il y a trois quarts de sicdc,lcs collèges du BasCanada donnaient une éducation praiujia' \ S'il en était ainsi, on aurait bien dû empêcher de se perdre le secret de la méthode qu'ils suivaient,,. Car, aujourd'hui, comme on sait, dus là qu'on a mis le pied dans un collège classique, on n'est plus capable, en une affaire quelconque, de joindre les deux bouts ensemble. — Pour moi, sur ces questions assez controversées de notre temps, je prends la liberté de croire que Ton naît poète, orateur, artrste, mathcmatîcîen, et de même homme d'affaires. Et je tiens que î'abbé Provanchcr, sans être un financier ou un admrniîStratcur de premier ordre, sut faire voguer sa barque d^une i
façon assez entendue sur l'océan des affaires de ce monde, (
C'est le 15 septembre 1859, comme on l'a vu, que la 'bonne Mère Saint-C3*prieTi pressait notre auteur de ne pas oublier la Flore canadienne qu'il avait quasi promis de publier, une année auparavant. Eh bien depuis le mois d'avril | (1S59), il y avait en haut lieu une mesure de prise qui apla* • nissait singu librement les voies. Car \ cette époque, comme ! en la nôtre, on croyait que le gouvernement devait aider aux j entreprises d'utilité publique, de quelque nature qu'elles soient ; et, tout simplement, Tabbc Provanchcr avait fait mouvoir les ficelles qu'il fallait pour amener le gouvernement du Canada à s'occuper de.„botanique. J'ignore tout à fait quelles démarches furent nécessaires pour atteindre le but que l'on voulait. Mais la lettre suivante démontre que Tun de nos hommes d'Etat canadiens- français, Sir N.*F. Bel* leau, qui faisait partie du ministère Cartier- Me Donald, joua
L'ABBÉ PROVANCHER ttf
le rôle principal en cetre affaire ^ et que les botanistes canadiens lui doivent de la reconnaissance.
Toronto, Samedi, 9 avril 1859- Monsieur,
Depuis ma dernière, j'ai trouvé roccasîon de ra'occupcr de votre demande d^ine aide pour la publication de la Flore rafdtJknJic, Je n'ai pas obtenu la somme que vous désiriez; mais celle que mentionne la résolution sous ce pli est un commencement satisfaîisant. En passant cette résolution à votre éditeur (i), il pourra retirer les $600 y mentionnées. Cette résolution vaut de l'argent pour ce montant.,.
J'ai rhonneur d'être
votre serviteur
N,-F. Belleau.
Quant à la '* resolution " dont parlait M. Belleau, la voici dans toute sasax^eur parlementaire :
Sth April, 1S59.
In Committee on the Library of Parliament.
Resolved. That three hundred copies of the proposed publication of the Revd, M, Frovancher, on the Flora of Canada, be subscribed for, at the rate of two dollars per copy ; the same to be paid on the delivery of the work to the Librarians.
Truly extracted from the Minutes of the Library Committee.
Alpheus Todd,
Secretary.
Voilà qui est propre à réconcilier un peu avec le régime de l'Union des Canadas. Quel succès aurait-on, aujourd'hui, si Ton s'en allait frapper à la porte du gouvernement d'Ottawa, pour demander un secours de six cents piastres pour la publication, disons d'un ouvrage sur les " Mousses du Canada ?" Il est plus que probable qu'on aurait pour seule réponse que cette demande " est prise en sérieuse considération ;'* et la ** sérieuse considération '* n'arriverait sans doute jamais à aboutir.
(i) C'est imprifiuur qu'il faut sans doute lire ici.
Iî8 LE NATURALISTE CANADIEN
Cette subvention accordée à Tabbé Provancher n'étair pas à titre gracieux, et il fallait livrer trois cents volumes pour y avoir droit. Mais l'affaire ne cessait pas d'être bon-ne, malgré tout : carde trouver à vendre, tout d'un coup et d'avance, environ le quart d'une édition, cela est doux à un auteur-éditeur, surtout en ce pays, et j'en connais qui s'ac^coramoderaicnt fort de la méthode de 1859,
Par exemple, l'honorable M. Bcîleau donnait fort dans r optimisme, je pense, quand il semblait croire que la " résolution *' du comité de la Bibliothèque était immédiatcmeiit négociable, lî ne faut pas oublier, en effet, que la souscription était déclarée payable *' on the delivery of the work ta* the Librarians." Or, i*ouvrage ne devait pas sortir de Vïtnprimerie avant trois ou quatres années! Dans l'intervalle, il pouvait se passer bien des événements* Et il s'en passa aussi.
Quand la F/on fut publiée, vcs le commencement de" 1863, ce n*ctait plus Toronto qui était le siège du gouvernement du Canada, mais Québec, en attendant que Ton transférât à Ottawa toute la machine parlementaire. Surtout, ce n'était plus le ministère Cartier-McDonald qui présidait aux destinées du pays : il s^était démis du pouvoir le 21 mai 1862. Ce changement d'administration dut remplir d'in* quiétude M. Provancher sur le sort de la subvention qu'oi* lui avait promise pour la publication de son ouvrage.
En effet, précisément à Tépoque de la chute du ministètère conservateur, M, Provancher était en instance auprès du comité de la Bibliothèque, pour obtenir, je suppose, de faire revivre la '* résolution " du 8 avril 185g, laquelle depuis trots ans avait eu le temps de mourir. Car II ne faut pas croire que les gouvernements ont la mémoire bien fidèle, quand ils'agit de promesses d'argent l
(A suivre^
EXCURSION EN ÉGVPTE lïQ
Ezcnrsian en Eg'3rpte
(Coniintid de îa pa^^e 104 J
La bonne sœur Peyramond, qui nous fit si gracieusement les honneurs de son établissement, montra le courage le plus héroïque pendant les événements qui furent si funestes à rÉgypte et principalement à Alexandrie en 1882. Pressée avec instance et à plusieurs reprises, avant le bombardenient,de se réfugier avec ses sœurs sur les navires qui étaient en rade, elle répondit noblement en leur nom : ** Si nous nous "retirons sur la mer pour fuir le danger, qui soignera nos pau- **vres malades, dont quelques-uns sont à toute extrémité et "ne peuvent être transportés de la couche où ils reposent ? **Que ferons-nous aussi de nos petits orphelins et de nos en- "fants trouvés, dont quelques-uns ont à peine quelques mois ? "Privés de nos soins, ils succomberont infailliblement. Où les "transférer, où fuir avec tant d'innocentes créatures ? Nous "avons d'ailleurs toutes fait le sacrifice de notre vie, et s'il "faut mourir, nous voulons mourir auprès de nos malades et "de nos'enfants/' Quinze sœurs de Charité, la plupart françaises,n'ont donc pas, malgré les prières réitérées qui leur ont été adressées, consenti à déserter cet hôpital, et elles sont restées fidèlement groupées autour de leur vénérable supérieure. Quelques hommes de cœur se joignirent à elles et sollicitèrent rhonneur de s'enfermer dans leur établissement pour les défendre. Mais ils conviennent eux-mêmes que la sœur Peyramond les dépassa tous par son calme courage, sa présence d'esprit et l'énergie extraordinaire qu'elle déploya constamment. Pendant tout le temps du bombardement qui fut effroyable, et surtout pendant les quarante-huit heures qui suivirent et qui furent bien plus mortelles encore, au milieu des cris furibonds des Arabes qui brûlaient, pillaient, massacraient tout, elle ordonne à ses sœurs de n'interrompre aucun des exercices ordinaires de la communauté ; visites
régulières des malades, soins qui leurs étaient prodigucSs, ainsi qu'aux orphelins et aux enfants trouvés, exercices religieux : tout fut continué comme en pleine paix, av^^^o une sérénité et une ponctualité admirables. (M. Victor Gu*^»*»»^-)
Voulant récompenser la conduite de cette digne:^ supérieure qui, dans ces terribles circonstances, avait ta-i'^t contribué à jeter un nouvel éclat sur le nom de la Fr^^x^cre, le gouvernement français, quelques années plus tard, plcm.^^^ ^^^ sa poitrine la croix de la Légion d'honneur.
Les sœurs de Charité ont à Alexandrie trois autr^^^^^ ^^' sons que nous eûmes le regret de ne pouvoir visiter, "S/oici sur chacunes d'elles quelques renseignements cmp «^ ^^ ''^^^^^' comme la pa.c^e précédente, à Touvrage de M. Victo :t" *^^ rin, La F)a}icc catJiolique en E<^}pte :
La Grande-Maison, dite de la Miséricorde, dont 1 ^^
dation remonte à 1846 et coïncide avec celle de la nr^»- 1 ^=»s
^ ^ les des Lazaristes. Aujourd'hui son dispensaire reçoit to«^^ ^^
jours en moyenne cinq cents Arabes, ce qui au bout d ^^
née forme, comme on le voit, un chiffre énorme de rr» ^^^
«-^ les
reux, de malades ou d'infirmes qui viennent réclam. ^-^ *
soins, les médicaments et les conseils des Sœurs. L'unc^ ^^ tre elles, âgée de quatre-vingt-deux ans, remplit depuî^^ ^ , rante ans à Alexandrie, avec un zèle que la vieilles -^^ point ralenti, ce pieux et pénible ministère.
Dans ce même établissement, l'école compte 007 *--^ se décomposant de la manière suivante : 130 demi-p(^ »^ * naires, 125 externes payantes, 522 externes gratuites e^" "^ orphelines entièrement entretenues par la maison. Cc^ les élèves payantes qui, au moyen de la faible rétributic^^ "^^ leur est demandée, peuvent permettre aux religieuses ^^^ . ccvoir un aussi grand nombre d'élèves gratuites. Tout:^^^ v religions et toutes les nationalités qui sont agglomér'^^ Alexandrie sont représentées parmi les élèves de la m^^"-^ î ^ te Elles y vivent dans l'union et la fraternité la plus conT^ J^ . sous la main douce et expérimentée des Sœurs. Celles-c î
EXCURSION EN EGYPTE Wt
au nombre de 30, dont 17 Françaises ; les autres sont des Italiennes, Suisses, Allemandes et Syriennes. La supérieure depuis la fondation a toujours été une Française,
La troisième établissement est Torphelinat fondé au mois d'octobre tS6o. Le but de l'œuvre est de recevoir^ de préserver et d*élever de jeunes garçons qui, pour une cause ou une autre, ont perdu Tappui de leurs parents et loi.;: abandonnés à eux-mêmes.
La quatrième maison des filles de la Charité à Alexandrie est celle des eiifants trouvcf;, ou asile Saint-Joseph. Cette œuvre a commencé à la Grande-Maison de la Mistîiricorde. Depuis quelques années, avec raccroisscmcnt de la population, s'est augmenté au^si le nombre des enfants abandonnés. Là sont nourris, croissent et s*ébattcnt joyeusement 140 enfants, fillei> et garçons, -les uns allaités par des nourrices que paye l'établissement^ les aiitrcs un peu plus grands recevant les soins et la nourriture de la main des Sœurs, Quand les petits garçons atteignent Tâgc de sept ans, ils sont transférés dans Torphelinat de leur sexe dont j'ai parlé plus^ haut.
En quittant T hôpital, nous prenons le chemin de fer de Rosette et nous allons à Ramlch, petite ville de bains de mer, à trois lieues d'Alexandrie, que Ton a créée depuis quelques années seulement sur un terrain sablonneux, d'où le nom de Ramleh qui veut dire sable, donné à cette localité qui autrefois s'appelait Nicopolis, En nous y rendant nous traversons, en sortant d'Alexandrie, les retranchements dits les lignes françaises ou travaux de fortification exécutés en 1799, par les Français, pour protéger la ville contre les Anglais. Puis nous laissons à gauche le palais de Mustapha Pa cha qui, quoique de date récente, est en partie ruiné ; au levant de ce palais on voit les ruines d'un camp romain. C'est sur les hauteurs voisines que se donna la bataille sanglante du 13 mars 1801, entre Tarméc française et l'armée angloturque. On sait également que c'est sur cette côte qu'Octa-
I2â LE NATURALISTE CANADIEN
ve-Auguste défit les partisans d'Antoine ; de là le nom de Nicopolis ou de cité de la victoire donné à la ville qu'il fonda en ce lieu. Ramleh est une charmante bourgade ou plutôt une série de villages parsemés de villas qui, comme à Alexandrie, sont entourées de jardins délicieux plantés de palmiers, d'orangers, de citronniers, etc.
Nous entrons dans Téglise catholique, qui fut pillée par les Arabes ainsi que le presbytère en i882,et rétablie Tannée suivante ; sans être élégante elle est propre et bien tenue ^ , De Ramleh, nous apercevons la pointe d'Aboukir qui ferme à Toucst la rade du même nom ; sur la presqu*ile d'Aboukir se voient les ruines de Canope. Cette bourgade est deux fois célèbre pour nous. Le îcr août 1798, Nelson détruisit dans la rade d'Aboukir la flotte française de T amiral Brucys, qui n'avait pas eu la prudence de chercher à temps un abri dans le port d'Alexandrie. Le 25 juillet 1793, Bonaparte détruisit, à son tour, une armée turque que Tescadre anglo-ottomanne venait de débarquer dans l'isthme.
Le lac d'Aboukir est aujourd'hui desséché. Aboukir est est un petit port situé à dix-huît kilomètres d'Alexandrie, C'est là que fut martyrise saint Cyr, médecin distingué. Aboukir s'appela désormais Abbou-Kuros, du nom du père Cyr^ le jour où le pieux médecin y fut mis à mort.
Puis nous descendons sur le rivage où je détachai quelques échantillons des rochers qui le bordent,
La veille de notre débarquement à Alexandrie, pour pouvoir me rendre compte à mon arrivée de la position de la ville et de la nature du sol sur lequel elle est construite^ j'avais relu des notes prises dans le premier volume des leçons de géologie de M. Elie de Beaumont, et j'ai pu sur les points que j'ai parcourus en constater Texactitude, En voici quelques fragments.
" Entre les lacs Maréotis et Madich d'une part, et la " mer de l'autre, court du sud^ouest au nord-est une chaîne *' continue de rochers calcaires, espèce de digue naturelle