‹ Le Naturaliste canadienChapitre 136 sur 142 · NoyemWe · texte numérisé non relu

NoyemWe

prnr «ort'r •" la gor^e enconbrée de rochers, la route a dû «e

p^r*'. p une tronierne galerie longue de 35 à 40 aiètres. Aa

dt 'i le fei'^ galerie, le paysage change conplètemenr. On

entr»- dan- a ue.ùte plaine verdoyante de Chambon, où leruis-

ser h* l:j Ri e vient se réunir à la Rotnanche. Au hameuii

d'J l)n»h I lous rencontrons une carrière d'ardoise. Puis

tiavtrsHi/ I j Romanche, sur un pont à plein cintre construit

à mire s nègres d'altitude, nous passons au hameau du Parizet,

et Ton |M^-è îv. dans une gorge profonde, étroite, dominée par

defc. Ti* Il - escarpés : c'est la combe de M^^laval. A trois kilo-

n)ètre8di> Dauphin, npus apercevons la belle cascade de la

Eiss»- q := ^ i ^e d'un rocher de deux c^nts mètres d'élévation.

A six • iiètres de la limite des départements de l'Isère et

des Haul.» x' ";, on laisse à droite Tancien hospice de Loches.

Presque a »^silo après on traverse le ruisseau du Riffort qui

sert de limita' aux départements de l'Isère et des Hautes- Alpes. |

Uu peu )>l>i> loin, dans le défilé plus stérile de La Combe* '

Maudite, troi«« ou quatre familles ont bâti les misérables caba* i

nés de Balme sur les bords du torrent. Quand on a traversé la |

petite galerie de la Maiïion-Neuve, au-dessus de laquelle torn - I

be une jolie cascade, on voit la vallée s'élargir et la végéta- i

tien reparaître. j

A moins d'un kilomètre de la galerie de la Maison-Neuve, se trouvent, au bord même de la route, les bâtiments et ateliers de préparation mécanique des mines de plomb du Grand - Clot, dont les ouvertures peuvent s'apercevoir à deux cents mètres environ au-dessus de la route, dans les parois escarpées des rochers. Les filons du Qrand-Clot ont été découverts au commencement du XIXe siècle, par quelques habitants du pays qui allaient, au prix des plus grands dangers, exploiter le minerai de plomb pour le revendre aux potiers. Tous les ingénieurs s'accordent à reconnaître l'importance tt la vaste étendue des filons métalliques du Grand-Clot, qui ont déjà donné des résultats considérables quoiqu'ils n'atitnt été encore attaqués que sur leurs affleurements*

Nous passons aux Freaux, hameau situé à 1386 mètres à

UNE EXCUBSION DANS LES HAUTES-ALPES l7l

Textrémité de la combe de Malaval ; puis la route traverse le petit torrent du Gua, au pied de la belle cascade de la Pucelle, haute de quatre-vingts mètres. Les débris d'ardoise qu'el* le charrie lui donnent le plus souvent la couleur d'un gris bleuâtre. Et après avoir monté une côte assez roide, nous atteignons la Grave.

Arrivé à la Grave à quatre heures et demie, je fus, ainsi que ceux de mes compagnons de route qui, comme moi, désiraient a'y arrêter, bien embarrassé, les deux «euls hôtels de la localité n'ayant pas une chambre de libre. J'acceptai la pioîioflition que m^ fit le maîtriB do Thôtel des Alpes de me ntettni un matelas dans là scelle à manger ; mais les autres voyaoreurs, plus difficiles, continuèrent leur voyage.

Dé*<irant utilîsej- les . quelques heures qui me reataient jusqu'à la nuit, je inontai par ùtae rampe rapide, qui traverse des champs bien cultivés, jusqu'alu bourg des Terrasses, élevé d'une Centaine de mètres au-dôssuS de la Grave qui, lui-même est à 1526 n êtres d'altitude. De ce Jibint,' le regard s'étend au loin sur les .magnifiques glaciers de ïa Meîje dt dé rHomme ou de Tabuchet, séparés les uns 5es autres par dès arêtes noirâtres et dominés, au sud par la gigantesque Meijief, ou Aiguille du Midi, qui n'a pas moins de 3987 mèttçs et est l'une des cimes les plus élevées dû massif dti Pélvoux; -

Par la multiplicité et la di'fférence des sites, par le mélange des terrains granitiques, schisteux .^t calcaires qu'elle offre au choix des plantes, la Gravé et ses alentours ont une flore des plus variées ; c'est une âes raîî^ons qui m'avaient engagé à m'y arrêter. Aussi, en moûtaïit au bourg des Terrasses et en revenant par îin autre chemin, je commençai à ramasser des échantillons pour ma fille.

Rentré à la nuit, pour dîner à mon hôtel, j'eus la bonne foi tune de rencontrer d'aîmablés voisins de table, un jeune ingénieur des Ponts et chaussées et sa femme, avec lesquels je fis bien vite connaissance ; aussi la soirée me parut courte, et en nous quittant le soir, il fut convenu que le. lendemain nous irions ensemble explorer les environs. Le lendemain

matin/le bonne heure, nous nous mîmes en route. Nous descendons aux bords de la Romanche que nous traversons, puis nous nous rendons en suivant les pentes rocailleuses dans la direction d»' Puits- Vaches. La cascade qui se précipite du sein des glaciers à Faits- Vaches ne tarde pas à se faire entendre, et son >»ourd niu^ss-ment nous sert de guide. Bientôt nous somme? «ri f.ice le la cascade elle-même : peu élevée, mais large et puissHiit", elle tombe avec fracas, et, dant sa chute, bouillonne et rej.ullit en flots d'écume à la surface d'un lac étroit et arn^ruli, i\n\m dirait un bassin destiné à abreuver le bétail et que, «a«is doute, Ton a pour cette raison appelé Puits- Vaches. La. montagne granitique, surmontée d'une épaisse bordure de glaciers, étend des deux côtés de la cascade ses flancs creusés à pic. Nous allons jusqu'aux bords du glacier, puis nous nous hâtons au retour, car tout en recueillant des plantes, nous avions rencontré l'appétit, et je vous assure que nous avons fait honneur au déjeuner.

Malheureusement rien n'est durable en ce monde, en voyage surtout. En quittant la table, il fallut nous séparer ie mes chers compagnons d'excursion, qui se rendaient à Grenoble, tandis que je me mettais en route pour Briauçon. Nous re verrons-nous jamais !

(A suivre) E, Gasnault.

FAUNE COLEOPTEROLOQIQUE AU riANITOBA

CAEABID^

[Continné de la page 157] Platynus sinuatus, Dej.

*' extensicollis, Say.

" anchonienoides, Rand,

" pusillus, Lee.

" errans, Say.

** affinis, Kirby.

" cupripennis, Say.

" excavatus, Dej.

*' quadripunctatus, Dej.

" luculentus, Lee.

Lebia vittata, Fab.

FAUNK COLÉOPTÉROLOGIQUE AU MANITOBA l73

Metabletus americanus. D j.

Cyminciis laticoîîiss, Say.

*' neglecta, Hald.

Chlsenius sericens, Forst.

" peniisylvanicns, Say.

" interrnptns, Horn.

Harpalus viridœneus, Beauv.

" peiinsylvanious, Dej.

" pleuriticus, Kirby.

" herbi vagus, Say.

** somnolentns, Dej.

" laticeps, Lee.

" ochropus, Kirby.

" basilaris, Kirby.

Stenolophus conjilnctus, Say.

" fiiliginosns, Dej,

Anîsodactylus interpunctatus, Kirby.

" agricola. Say.

" nigerriinus, Dej.

" baltimorensis. Say.

" verticalis, Lee.

Tachycellus badipennis, Hald.

DYTISCID^ Hydroporus modestus. Aube.

Agabus stridulator, Sharp.

" obliteratus. L^c.

" gagates, Aube.

Ehantus notatus, Fab.

" bistriatus, Bergst, Colymbetes sculptilis, Harr.

Hydaticus stagnalis, Fab.

Dytiseus inarginieollis, Lee.

" Harrisii, Kirby.

Graphoderes fascia tocol lis, Harr.

Acilius fraternus. Harr.

GYEINID^ Gyrinus miiiutus, Fab.

"' maculiventris, Lee.

HYDEOPHILID^ Hydroeharîs obtusatus, Say.

Berosus striatus. Say.

Hydrobius fuscip'^s, Linn.

Curcyon unipunctatuin» linn.

Cryptoplcurum vagans, Lee.

SILPHIDiE Necrophorus marginatus, Fab.

" vespiloides, Hbst.

Silpha suiinarpensis, Fab.

" lapponica, Hebst.

" noveborpcensis, Forst. •* ramosa, Say.

STAPHILINID^ Palacrria dissecta» Er.

Aleochara bimaculâta, Grav.

I^istotrophus cingulatus, Grav.

Creophilus villosus, Gîmv Staphylinus badipes, T,r.\ Philonthus aeneiis, Rossi.

" thoracicus, Grav.

" occidentalis, Horn.

" micans, Grav.

" lomatus, Er.

*' cyanipennis, Fab.

Xantholinus obscurus, Er.

S tenus bipunctatus, Er.

Lathrobium collare, Er.

" simile, Lee.

Lithochaiia confluena, Say.

Psederus littorarius, Grav.

Boletobiiis întrusus, Horn, Bledius armatus, Er.

Oxytelus fuscipennis, Mann.

PHALACRIDiE Olibrus vittatus, Lec.

" pallipes, Say.

COCCINELLIDiE Anisosticta slrigata, Thunb.

Hippodamia glaeialis, Fab.

" convergens, Guer.

" 13-punctata, Linn.

** parenthesis, Say»

PUBLICATIONS REÇUES 175

Coccihella trifasciata, Lina, " 9-notata, Hbst ** ' S-aotata, Kirby. " saDguinea, Linn.

Adalia frigida, Schja.

Àuatis 15-punetata, Oliv.

Psyllabora 20-in:aoulata, Say.

Chilôcorus bivulnerus, Muls, Bra«hyacantha utsîiia, Fab.

Scymnus hœmorrhous, Lee.

^ teuebrosus, Muls.

DEEMESTID.E Byturus unioolor. Say. .

Dermestes marmoratus, Say.

** fasciatus, Lee.

" lardarius, Lian.

Attagenus picous, Oliv.

(A suivre) Gus. Chigkoit. '

PETITES NOTES

— Noufl ramtrciotis bien lineèremeiit 1a Ptotecteur du Saguenay d« \% façon très bienveillante dont il a parlé da Natusa^list e, dans son numéro du 6 no- Tembre. Notre confrère veut bien aussi publier le sommaire de nos lirraisons. Merci I

^Nons adressons nos sincères félicitations à nos amis de la Société det Amit des SeieneeM naturelVéê de Èou^t qui Vient d'obtenir, à T Exposition nationale et «bloniale dé Rouen, T}ue médaille d'or pour la collection des Bulletitu de ses travaux. Cette baute récompense était parfaitement méritée.

—Le Trifluvien a commenéé dernièrement ea neuvième année. Nos félioitatiôns et nos bons souhaits à ce vaillant journal.

— La Rfvue canadiennt du mois d'octobte publiait an intéressant mémoire du R. P. J.-C. Carrier, sur le musée du eoUège Saint-Laurent.— Ce musée contient déjà plus de quatre-vingt mille objets dé tout genre ! On construit actuellement, pour ces précieuses collections, un superbe édifice à l'épreuve du fett.

PUBLICATIONS REÇUES

—'Catalog <fe Price lAst •/ Walter F. W^b.-AlSien, N, F. Spedmeniy In$tmmenti, Suppliée And PàbjOcaHons for theKaturali»t.j'

— BulUtin No 12 de la Bibliothèque et du Muêëe du ^ Collège Saint- Laurent, près Montréal, " . i.i .

— Language and Kationalitif inîhelight of EevélêU^tkand Hiitory, hj Chmtlts Ff St. Laurent. Montreal, 1896.— C'est la*détlzièm# bfoehure que publie &f. St. Laurent pour la détense de no4 compatriotes des4B|ats-Unis. Nous sommes assurément bien sympathique à l'œurre qu'llpouimil^ et nous souhaitons qu'il reçoive partout le concours qui lui est nécess^itèv-'^ns doute, l'auteur ne prouve guère, dans sa brochure, les griefâ dont des ^Cbsiadiens ont à se plaindre dans bien des diocèses des Etats-Unis ; mais nous comprenons qu'il ne serait pas opportun d'exposer au public les nom$, lieux ai datet. Il suffira que les preuves requises puissent être présentées au Sainf^Sièf e, à qui incombera le soin de juger de la réjklité de ces griefs. Les personnes qui voudraient se mettre

en relation avec M. St. Laurent, devront s'adresser au No €6, rue Saint-Jacqnes, Montréal.

—P. Bernard, Un manifeite libéral. Jf. Z.-O. David et le clergé eanadietié Québec, 1896. Voilà un beau et fort travail, dont Topportnnite était grande. On a trop, chez nous, l'usage de laisser dire aux adversaires tout ce qu'ils veulent, sou» préteite que l'opinion publique fera bonne justice. Encore faut-il qu'on l'éclairé, l'opinion publique.— £h bien. P. Bernard vient d'allumer une lamp« fort brillante ; il la promène sans pitié à travers les sopbi^mes et les er> leurs de M. David. Et l'on voit qu'il y avait bien du vide et du faux dans ce fameux *' manifeste libéral " dont l'on prétendait nous accabler. —En particulier, ce tiaeail donne le coup de grâce à la légende des "hérof" de 1837-38. On était en train de fai?e croire à notre jeunesse que nous devons aux quelques révoltés de cette époque tout ce qu'il y a de gloire à notre blason national ! Ils ont aimé leur patrie ; ils ont été braves : soit ! Mais il faut reconnaître qu'ils se sont lourdement trompés, et que la sage raison, non moins que la religion, a condamné justement leur conduite.

An point de vue typographique, cette brochure est aussi fort remarquable, et fait honneur à I'lmnrimerie L. firousjteau.

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VO L.. XXIIl (y ou m DE LA DEUXIEME 8ERIE) No 1 â

Cliicoiitinii» Décembre 1896

Directeur-Propriétaire : l'albé V.-A. HOARD

L'ABBE PROVANCHER

[Continué de la page 148]

Eh bien, on trouva le secret de faire tout ce qu'il fallait sans compromettre l'extinction de la dette. Bien plus I La dette de l'église ne s'en éteignit que plus vite, comme on va le voir.

D'abord — cela se passa le 13 décembre 1863 — on décida de baisser le jubé qui existait déjà et d*en construire un autre, au-dessus, pour y loger l'harmonium. Et comme un harmonium ne saurait remplir tout un jubé, on y plaça un certain nombre de bancs. Il se trouva des paroissiens qui ne se laissèrent pas effrayer par la pi'oximité de l'instrument de musique, et qui louèrent ces* bancs. La rente de ces locations suffit au bout de cinq années à payer les frais de construction du jubé, et dès lors les revenus de ce jubé, s'ajoutant aux autres recettes de la Fabrique, hâtèrent l'extinction de sa dette. Voilà ce que c'est que de savoir s'y prendre !

Quant à i'harmonium lui-même, il ne tomba pas tout fait du ciel. M. Provancber alla en faire l'achat à Boston, en Massachusetts, et ce fut probablement alors qu'il traversa pour la première fois la ligne qui, toute invisible qu elle soit, n'en sépare pas moins très profondément le Canada des Etats-Unis. Quelle émotion quand, pour la première fois, où se trouve ainsi en pays étranger, loin de son pays, '' assis au bord des flots ! "

Et l'harmonium, comment fut-il payé ? Le curé de Portneuf fit circuler dans la paroisse des listes de souscription 24— Décembre 1896.

pour amasser la somme d'argent qu'il fallait pour cet achat. Le plus original de Tentreprise, ce fut la promesse que Ton fit aux souscripteurs que leurs noms, inscrits snr une liste, seraient déposés dans l'harmonium. Espérons, pour l'honneur de l'humanité, qur^ si les souscriptions furent abondantes et généreuses, cela eut pour cause moins l'amour de la gloire,que le désir de donner un plus grand éclat aux cérémonies saintes.

L'union des cœurs paraissait exister à Portneuf, entre le curé et ses paroissiens, au moins dans les premiers temps ; mais l'unité de langue n'téait pas parfaite. Il y avait alors, dans cette paroisse , un certain nombre de familles irlandaises qui n'entendaient pas le français ; et M. Provancher de son côté saviiit peu l'anglais. Il dut se faire autoriser par l'Ordinaire à inviter un confrère, plus au fait que lui des mystères du parler britanni(|ue,à venir entendre les confessions de ces I andais. En lui donnant la permission demandée, Mgr Baillargeon lui écrivait (26 fév. 1863) : ** Quand je vous ai nommé curé de N.-D. de Portneuf, je me rappelais que ^'^ous étiez un des prêtres envoyés au secours des pauvres émigrés à la Grosselh', durant la'terrible épidémie de 1847 ; et j'en concluais que vous saviez assez d'anglais pour pouvoir exercer le saint ministère en cette langue. C'est aussi ce que l'on m'avait dit. — Quoi qu'il en soit, avec ce que vous en savez déjà, et surtout avec la bonne volonté que vous montrez pour procurer le salut de cette petite portion de votre troupeau, jointe à votre grande facilité, j'espère qu'en peu de tems (sic) vous serez en état de les entendre, et de leur donner quelques avis. Quatre ou cinq semaines d'application à vous y préparer vous suffiront. Commencez parleur donner toutes les annonces du Rituel ; ajoutez à cela, toutes les trois ou quatre semaines, une petite instruction écrite; enfin, le printemps prochain, faites venir leurs eufans (si 3) en âge de faire leur première communion, et montrezJenr le catéchisme. Et le vous assure qu'après cela vous n'aurez plus de difficulté à desservir vou^-même ceux de la langue anglaise. '' 11 y avait en effet, avec un tel programme, de quoi rompre

L'ABBÉ PROVANCHER 179

la glace ' Miis ce qu41 faut davantaore remarquer, en cette communication de Mgr Baillargeon, c'est le travail qu'il n'hésite à imposer au curé, pour qu'il se rende capable, le plus tôt possible, d'exercer le saint ministère en anglais, en faveur des quelques familles irlandaises de Portneuf. On a déjà montré, ave3 abondance de preuves, quelle a été de tout temps la sollicitude de nos évê(^ues français pour procurer, à leurs ouailles de langue anglaise, des secours religieux donnés en leur propre langue. Ce qu'on vient de lire en fournit une nouvelle évidence. Il n'y a pas besoin d'insister pour faire voir combien cette conduite de l'épiscopat canadien- français est conforme à l'esprit de l'Eglise, combien aussi elle lui fait honneur. Et l'on peut dire que, lorsque nous en appelons, en faveur des nôtres, aux grands piiucipes du droit naturel et ecclésiastique, et quand nous invoquons les intérêts religieux, nous avons commencé, chez nous, par donner l'exemple. — Il y a là une question de fait sur laquelle nos écrivains devraient toujours insii^ter lorsque leur plume en fait rencontre.

Quant à l'abbé Provancher, s'il ne parvint jamais à parler l'anglais de façon à donner sujet de croire que son enfance s'était éc»iulée sous le brumeux ciel de l'Angleterre, du moins il arriva à le baragouiner joliment, à le passablement écrire, et à le lire encore mieux. Pour ce qui est de l'entendre parfaitement, je veux dire d'avoir à cet égard l'oreille de toute la souplesse désirable, je n'affirme rien, parce qu'il ne m'est pas souvent arrivé d'être présent aux conversations qu'il eut avec des gens de langue anglaise. Mais, pour autant que je Tai constaté, je crois bien qu'il en était de lui comme de la plupart d'entre nous, qui comprenons bien nos interlocuteurs anglais quand ils ne parlent pas à raison de cinq cents mots à la minute, — mots dont encore ils mangent les trois quarts ; nous les comprenons tout à fait bien, surtout, et nous conversons avec eux le plus facilement du monde, lorsqu'ils savent assez de français pour nous traduire eux-mâmes les phrases difficiles. Oh ! alors, nous conversons en anglais tant que l'on veut !

L'année 1865 fut Tune des plus remarquables de toutes celles que M. Provancher passa à Portneuf.

Poar commencer par ce qui est de moindre importance, notons seulement que, le 29 janvier, la Fabrique décida d'acheter une terre à bois pour le curé. Jusqu'alors, il était réglé que chacun des cultivateurs fournissait annuellement une demi -corde de bois de chaufFacre pour le presbytère ; c'était là une sorte de supplément à la dîme qu'on était tenu de payer au curé de la paroisse. On jugea, apparemment, qu'il était trop onéreux pour les gens de couper ce bois, puis de le transporter, parfois de distances considérables, jusqu'à la maisun curiale. Et Ton trouva plus simple que le curé eût, comme tous les chefs de famille, un coin de forêt où il pourrait se fournir du précieux combustible destiné à combattre la rigueur de nos hivers canadiens. Et le curé renonça au droit qu'il avait à ce supplément du bois de chauffage. Il n'est pas impossible, sans doute, qu'il eût désiré lui-même le changement que Yon adoptait, et qu'il se trouvât désormais moins exposé à subir les atteintes des froids aquilons. En effet, les paroissiens avaient beau être dévoués à leur pasteur, cela n'empêche pas qu'il devait y avoir parmi eux quelques retardataires : et alors, que cela fût hnputable à la négligence ou à quelque accident incontrôlable, les demi-cordes de bois ne venaient pas toutes se ranger autour du presbytère. Incontestablement, il en devait résulter, pour le personnel du presbytère, une perspective de frissons et d'onglées fort désagréables I Du reste, tout cela n'est que supposition plus ou moins raisonnable. Et je ne demande pas mieux que de croire résolument que, s'il y a eu, depuis l'origine du monde, des hommee négligents à remplir leur devoir, jamais l'on n'en vit même un seul parmi les citoyens de Portneuf.

(A suivre)

LEÇONS DE MlClUtBIOLOGIE 181

. LEÇONS DE niCROBIOLOOIE

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