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DEUXIÈME LEÇON

Structure des microbes. Les microbes adultes sont formés d'une cellule (protoplasma) protégée par une membrane d'envel(^ppe. Le protoplasma porte le nom de micro-protéine ; Fenveloppe résulte de la condensation des couches périphériques du protoplasma. La cellule des microbes diffère de la plupart des cellules organiques en ce qu'elle ne contient jamais de noyau ; elle ne contient non plus jamais de chlorophyle ni d'amidon. Non coloré le protoplasma apparaît nettement réfringent, et l'enveloppe légèrement grisâtre.

Mouvements des microbes. Certains microbes sont immobiles, d'autres sont susceptibles de se mouvoir quelque peu dans les différents milieux liquides qui les contiennent- Cependant tous sont agités par le mouvement brownien qu'il ne faut pas confondre avec celui qui leur est propre et qui porte le nom de mouvement amiloïde et qui varie suivant led espèces. Quel qu'il soit, pour que ce mouvement se produise il faut que les microbes soient placés dans un milieu liquide à une température voisine de celle du corps (99° F.)

Mode de reproduction des microbes. Les coccus se reproduisent, par scissiparité. De rond qu'il était, le micrococcus devient ovale, sa partie moyenne se rétrécit et finalement donne naissance par segmentation à deux cellules-filles qui prennent bientôt la forme arrondie de la cellule -mère.

Les bacilles se reproduisent par sporulation. Il se forme à certains points de la longueur du bacille des points réfringents appelé*, spores ou corpuscules-germes. Ces points s'arrondissent et le protoplasma qui lés englobe finit par disparaître par résorption et les spores sont mis en liberté.

Le bacille meurt aussitôt qu'il ne se trouve plus dans les élém»* its nécessaires à sa vitalité.Les spores possèdent une envelop ►[>; * xtrêmeinent résistable, ce qui leur permet ie résister aux causes or^linaires de destruction aussi longtemps qu'ils ri^steiit à l'état latent. Lorsqu'ils sont en formation ou en fructification, ils sont moins résistants que le bacille adulte lui-même.

Nutrition des microbes. Les microbes n'ayant point de cbloro|ihyle ne trouvent ni dans l'air ni dans le sol les éléments nutritifs dont ils ont besoin. Il leur faut pour vivre des matériaux orgain'qnes tout préparés, des combinaisons hydrocîirVxj pts t't azotées. Ils trouvent ces matériaux dans les humeurs oi les tissus sur lesquels ils viveiiten parasites, ou bien «lans les produits morts d'origine animale ou \égétale.

Ils sont très avides d'oxygène dont ils s'emparent de deux façons différentes, soit directement dans l'air, soit dans certains milieux organiques ou végétaux, en les décomposant, donnant ainsi naissance à des combinaisons chimiques spéciales dégageant toujours une certaine quantité d'acide carbonique.

Les microbes aérobies sont ceux qui vivent en présence de l'air. Les microbes anaé'^^obies ceux qui vivent dans des milieux privés d'air. Les microbes aéro-anaérobies sont ceux qui vivent aussi bien en présence de l'air que sans air. Ces <ierniers sont aussi appelés aérobies facultatifs par opposition aux aérobies stricts qui ne peuvent vivre qu'en présence de l'oxygène libre.

On appelle microbes saprogènes ceux qui, en provoquant des putréfactions variables, dégagent en même temps um3 odeur spéciale presque toujours désagréable.

Les microbes chromogènes sont ceux qui en se développant sur les milieux de culture artificielle produisent une culture colorée en brun, en rouge, en jaune, etc.

Les microbesj9a^Aogfènes sont ceux qui vivent en parasites dans l'économie de l'homme ou des animaux, et y déterminent des maladies diverses généralement très graves. Ces

maladies sont à forme pyémique (accompagnées de formation de pus) ou à foniie septique (tlécompositiDn du sang). Cependant un microbe peut développer une pyémie chez une espèce et Une septicémie chez une autre espèce. Ainsi le microbe du choléra des poules produit une septicémie chez les oiseaux et une pyémie chez le cobaye.

En outre de ces deux modes d'action des microbes pathogènes dans l'économie de Thomme et des animaux, ils en ont un troisième par les d^^ri^us qu'ils y laissent. Ces détritus, vé- . ritables produits de déchet des microbes, sont des substances solubles, extrêmement toxiques, produisant des effets aussi terribles que ceux des poisons les plus violents ; ils sont connus sous le nom de ptomaïnes.

Les microbes qui donnent lieu aux ptomaines les plus toxiques sont ceux qui produisent les septicémies ; quelquefois la mort est instantanée.

A deux ou trois exceptions près, lei microbes pathogènes ne sont' pas chromog^ènes.

Les microbes sont répandus en grand nombre sur tout ce qui nous environne, dans Tair, sur le sol, dans la profondeur de la terre, dans les eaux de toutes sortes. L'air contient un grand nombre de microbes chromogènes, mais très exceptionnellement des microbes pathogènes. Il ne sert que de véhicule à ces derniers. L'eau est le véhicule le plus ordinaire des microbes pathogènes.

DNE EXC[RSION DANS LES BABTES-ALPES

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La. route en quittant la Grave suivait autrefois la Romanche et montait rapidement au Villard d'Arène. La nouvelle se tient sur la hauteur, traverse, en dessous de Vente-

LoiiîT^, une gakrie de 280 mètres, franchit sur un beau pont de quarante mètres le torrent du Morian, traverse une nouvelle g.ilt'rie lon^jjae de six cents mètres environ, puis monte doicenient au Villard d'Arène situé à 1651 mètres d altitude. De l'autre côté de la Romanche, se trouvent des gisements de cuivre gris pyriteux et de cuivre argentifère. De Villard au col du Lautaret la pente est douce. Au delà des hameaux du Pied-du-Col et Darcines, on traverse la vaste prairie du Lautaret célèbre par Tabondance de plantes rares, de climats divers, que les botanistes peuvent y récolter. Une heure et 30 minutes suffisent pour monter de Villard d'Arèneau Col de Lautaret, qui s'ouvre à 2,057 mètres d'altitude. L'hospice fondé en ce lieu au moyen âge pour servir de refuge aux voyageurs surpris par la neige ou par la nuit, n'était plus qu'un hideux cabaret avant sa reconstruction sous le nom de refuge Napoléon.

J'arrive au Lautaret à trois heures ; là comme à la Grave l'hôtel était rempli et je m'estimai heureux de trouver une chambre dans une ancienne maison de cantonnier placée à côté et qui sert maintenant à loger les voyageurs.

A peine débarrassé de mes bagages, je me mis en quête de ramasser de nouvelles plantes. Je me dirigeai à l'ouest dans la partie de la plaine placée entre l'hôtel et la base des Trois-Evêchés, montagnes les plus proches. Après deux heures de recherches très productives, le soleil, qui toute la journée nous avait tenu fidèle compagnie, se cache et la pluie, bientôt suivie de Torage, nous force à rentrer. Je dis nous, car chemin faisant j'avais rencontré plusieurs personnes occupées comme moi à ramasser des plantes, et je m'étais joint à elles ; quand on a les mêmes goûts on a bientôt fait connaissance. Nous rentrâmes ensemble, et nous mîmes a l'abri les produits de nos recherches, et changeâmes nos vêtements trempés. Deux de mes compagnons avaient leur chambre près de la mienne.Nous nous rendons ensemble à table où nous nous plaçons près les uns des autres,et nous passâmes la soirée à causer de nos courses passées, et de celles du lendemain. Tous les deux étaient de Chartres, et l'un d'eux, pro-

fesseur >u lycée de cette ville, a publié Fan dernier un ouvrage sur les mousses, et c'est pour compléter son travail qu'il fait cette anpée un voyage dans les Alpes.

Nous étions une vingtaine de voyageurs à table et après lo dîner, en parcourant le livre sur lequel les voyageurs écrivent leurs nom et profession, je vis que l'un d'eux était professeur de géologie à la faculté des sciences de Grenoble. Je me le fis indiquer par le maître d'hôtel, et j'allai le trouver pour lui demander quelques conseils pour l'excursion que je comptais faire le lendemain ; il fut extrêmement aimable pour moi, et me donna les renseignements qui pouvaient m'être utiles.

Le lendemain matin, dès cinq heures, je me mis en route &vec mes deux voisins de chambre ; malheureusement, la plaine était couverte d'une abondante rosée, augmentée encore par la pluie qui avait tombé une partie de la nuit« Cela ne nous découragea pas ; mais, au bout d'une heure, un brouillard intense nous força à rentrer, et ce ne fut que sur les huit heures que le retour du soleil nous permit de sortir de nouveau.

N'ayant que quelques heures devant nous, et obligés de choisir aii milieu de tant de sites intéressants qui s'offrent à nos recherches, nous nous décidons pour le Oombeynot, montagne située au sud-ouest et à peu de distance de l'hôtel du Lautaret ; ses hautes pentes gazonnées adossent, aux derniers contre-forts de la base du Pelvoux, leurs flancs arrondis et coniques, surmontés à leur partie supérieure de rochers aridcts sur lesquels s'entassent des débris granitiques non moins nnei e) stériles. Après avoir exploré les pentes et les rochers de Co abeynot, nous les tournons à Test pour continuer notre excursion, en gravissant sur le côté un vallon roide et étroit qui va se terminer à la partie supérieure de la montagne. Enfin, après une ascension de plus de trois heures, pendant laquelle nous atteignons à plusieurs centaines de mètres au-dessus du col, nous redescendons à notre hôtel à une heure de l'après-midi, chargés de plantes rares et aussi, pour ma part, d'échantillons d«s rochers rencontrés sur notre route, qu'après notre déjeeunr

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