‹ Le Naturaliste canadienChapitre 58 sur 142 · PHILOLOGIE ENTOMOLOGIQUE · texte numérisé non relu

PHILOLOGIE ENTOMOLOGIQUE

Quelle différence y a-t-il entre un moustique, un brûlot et un inaringouin ? demande le correspondant A. dans le numéro d'août du Bulletin des recherches historiques.

Il s'agit ici moins de Diptérologie (étude des Diptères ou mouches) que de linguistique. Consultons donc Littré, l'arbitre souverain. Et d'abord, procédons par élimination : puisque ce philologue nous apprend lo que " maringouin" est le nom vulgaire de diverses espèces de cousins, et que 2o les cousins sont des " moustiques ", il en faut conclure que moustique et maringouin sont des synonymes. Le premier terme est de style noble ; le second, de langage vulgaire.

Mais en dehors des livres, dans la cruelle pratique, en Canada surtout, voici ce qui en est, d'après l'expérience des voyageurs.

Le MOUSTIQUE est une petite mouche, toute petite, qui cherche bien à se nourrir à vos dépens, mais en vous dérangeant le moins possible : pas de bourdonnement, piqûre sans douleur. Mais piqûre il y a ' Et comme l'insecte ne fait pas de pansement, la plaie reste béante, et le sang coule sans que vous vous en aperceviez.

Le BRULOT est une mouche encore plus minuscule, quelque chose d'à peine visible, quelque chose de presque métaphysique. Or ce quelque chose d'idéal vous arrive traîtreusement, s'introduit même à travers cheveux ou barbe, vous pique, et verse du plomb fondu dans )a blessure. Son nom est bien justifié.

Le MARINGOUIN, qui est le vrai cousin, est une mouche de 2 à 3 lignes de longueur, à côté de laquelle on frappe toujours quand on cherche à l'écraser. C'est Tun des insectes les plus parfaitement organisés ; sa trompe, particulièrement, est d'une délicatesse inouïe. Voilà qui est bien propre à nous réconcilier avec ce brave insecte qui, avant de nous attaquer, prend soin de nous avertir par son chant de guérie. Sa piqûre, par exemple, est bien douloureuse, irritée par les sucs vénéneux qu'il y a déposés. Mais il faut lui pardonner : c'est sa façon de faire du *' struggle for life." Chacun gagne comme sa vie comme il peut.

Nous sommes forcé, par manque d'espace, de renvoyer au prochain numéro notre compte rendu bibliographique.

LE

Kaliralistd

VOL. XXII (VOL. II DE LA DEUXIEME bERIE) No 8

Chicoutiini» Août 1895

Eédacteur-PTopriétaire : Tabbé V.-A. HUABD

L'ABBE PROVANCHliR

[Ck)ntiDné de la page 57]

Cependant le curé île Sainte- Anne, M. Garîépj' — et voilà ce qui rattache ce récit à mon sujet ! — avait appris qu'un petit écolier se trouvait à bord de Tun des bateaux ancrés devant le village. Le brave homme s'empressa de m'envoyer chercher, et me procura ainsi l'avantage de satisfaire au précepte dominical. Et je reçus au presbytère une hospitalité que je n'oublierai jamais. Je n'oublierai jamais non plus l'énorme esturgeon que j'avais vu capturer, la veille au soir, près du rivage, et dont je fus charmé de trouver un succulent morceau sur la table du curé : car. on n'avait pas manqué d'offrir une part de la prise au vénérable pasteur de la paroisse.

Puisque me voici revenu au sujet, c est-à-dire à l'ami qui exerça une si heureuse influence sur l'abbé Provancher, il serait assurément raisonnable rie ne plus m'en éloigner. Mais il ne l'est pas moins de f^ontinn^r la digression, afin de prouver aux jeunes gens d'aujourd'hui (jue les facilités de conmiunication dont npus jouissons à préstmt n'existent pas depuis le commencement du monde.

S'il n'en avait tenu qu'à moi, j'aurais Fuivi — «ans le ea-

voir, d'ailleurs — l'exemple d'AnnibaJ, non pas ceites dans la

conquête de l'Espagne, ni dans la belle stratégie dont il fît

preuve à la bataille de Cannes, mais. ..dans ta résolution de

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