‹ Le Naturaliste canadienChapitre 71 sur 142 · UN SERPENT DE MER "INEDIT · texte numérisé non relu

UN SERPENT DE MER "INEDIT

Au commencement de juin dernier, pendant un séjour que nous fîmes aux Ilets Caribou (Côte Nord du Saint-Laurent), nous entendîmes raconter à quelques pêcheurs les rencontres qu'ils avaient faite8,à plusieurs reprises,d'un " Serpent de mer* dans les environs de la Pointe des Monts (endroit de .a Côte Nord qui fait face, à peu près, à Matane, Côte Sud). Nous n'avons pas besoin de dire si nous fûmes intéressé par ces récits.

L'un de C3S heureux mortels, qui ont fait connaissance avec le fameux monstre marin, est M. P.-Z. Comeau, frère du fameux trappeur d'autrefois, M. N.-Alex. Comeau, qui réside maintenant à Godbout. Cet homme, très intelligent et qui possède une certaine instruction, est l'un des citoyens les plus en vue des Ilets Caribou. A notre prière, il a bien voulu mettre par écrit la narration qu'il nous avait faite. Nous publions ici ce rapport, a^'^ec ses quelques incorrections de style : car M. Comeau n'a pas eu beaucoup, dans sa vie de labeur, le loisir de s'exercer aux choses littéraires, et la critique lui sera clémente !

Ilets Caribou, 9 août 1895.

A la demande que vous m'en avez faite, "je me permets de vous transmettre le détail au sujet du serpent de mer que j ai eu occasion de voir à diverses reprises.

En 1884, le 19 décembre, un nommé David Picard et son fils me firent rappjrt qu'ils avaient vu un poisson d'une longueur d*à peu près une centaine de pieds, et environ quatre pieds de large. Nous crûmes à une farce et personne n'en tint compte, lorsqu'on 1885, en hiver encore, le même David Picard accompagné d'un nommé Thomas Jourdain virent encore le même monstre, mais toujours à une distance trop éloignée pour en donner une description très exacte. Le même hiver, en janvier, le 26, à ma grande satisfaction, j'ai pu

me convaincre par moi-même de la véracité de ces rapports. J'ai va ce monstre à une distance de 300 verges» il se tenait dans une mare d'eau entourée de glace, donnant sur Teau» paraissant se réchauffer au soleil, car le temps était exceptionnellement beau pour la saison. À peu près 40 pieds de l'animal flottait à la surface de l'eau, et probablement beaucoup plus long n'était pas visible. Voici la position dans laquelle j'aperçus ce poisson extraordinaire (*),n'apercevant ni tête ni queue, mais seulement ces deux bosses. Je l'ai exa* miné là pendant une couple d'heures, regrettant beaucoup de ne pouvoir l'approcher en raison des glaces, que je ne pouvais passer» étant en petit canot d'une douzaine de pieds : vaisseau dont on se sert en hiver, dans les glaces, pour chasser le phoque, ou loup-marin, tel qu'on le nomme ici. En février, la même année, je l'ai vu de nouveau, et plusieurs aussi l'ont vu comme moi. Il faisait des bonds hors de Teau droit en l'air, la tête montant à une cinquantaine de pieds de haut, quittant à l'eau on ne sait quelle longueur. Il fit quatre sauts de cette manière, montant droit hors de l'eau et se laissant abattre à plat sur l'eau. En mars nous l'avons vu plusieurs^ Enfin, le 14 avril, la dernière fois que je le vis, il paraissait encore dormir sur l'eau dans la même positic» où je le vis la première fois. Le temps étant beau, calme et doux, très favorable à mon projet, je résolus de l'approcher et de lui décharger quelques balles. Nous partîmes deux canots, lorsque, rendus à 300 verges, les gens montant le canot qui m'accompagnait, pris de peur, retournèrent en arrière. Je l'approchai à une distance de trente pieds, sans qu'il ne bougea ; rendu là, l'animal commença à se plonger, la queue la première, jusqu'à ce qu'il ne resta sur l'eau qu'une partie de la tête, c'est-à-dire la mâchoire d'en haut^ gueule ouverte d'au moins dix pieds de haut ^ la mâchoire d'en bas, je ne l'ai point vue. Ce que j'ai trouvé de plus monstrueux et horrible, c'est l'œil

[*j M. Coni«aa a figuré, en cet endroit de sa lettre, les deaz replis da uoiustre q.a'il &yas en dehorS'de l'eau.

UN SERPENT DE MER " INÉDIT' " l7l

qui m'a paru d'une grosseur énontie et d'une malice à faire trembler. Je m'apprêtais* à tirer, lorsqu'il prit une position menaçante, et, ne cédant pas un pouce de terrain,8e tint ainsi la gueule ouverte, paraissant attendre ce que nous allions faire. Alors j'ai cru plus prudent de ne pas l'attaquer, n'étant pas équipé pour une pareille chasse. Nous nous sommes éloignés et il est disparu, et n'a plus été revu. La peau était d'une couleur noire, Técaille paraissant dure ; la queue d'une baleine, plate sur le sens de l'eau.

Cest le détail que je puis vous donner à ma meilleure connaissance. Veuillez excuser ce griffonnage et cette description, exacte mais insuffisante ....

PlERRB-Z. COMBAU,

— Mais, écrivîmes-nous à M, Comeau, c'est durant l'hiver de 1884-85 que vous avez fait rencontre de votre Serpent de mer, tandis que les MM. Jourdain, des Ilets Caribou, nous ont parlé d'un Serpent qu'ils ont vu il n'y a que quatre ans, à la Pointe des Monts. Suivant leur rapport, ce monstre était long d'une centaine de pieds, et de la grosseur d'une tonne. Ce n'est pas le même animal que vous avez vu ?

Notre correspondant nous répondit ce qui suit, le 22 août dernier :

•* Voici l'explication de ce qui paraît être une inexactitude dans les dates. Ce qu'ont vu les frères Jourdain, et que j'ai vu moi-même, pouvait fort bien être le Serpent ; mais je n'ai pas voulu en faiie mention dans mon rapport, parce que J3 ne le tiens pas pour assez cc^rtain. Il y a quatre ans, en effet, nous avons remarqué un poisson extraordinaire, mais à une si grande distance qu'on n'en pouvait pas distinguer l'espèce ; je crois jutant, moi, que nous avions affaire à une baleine ; cela me paraissait trop gros et massif pour un Serpent ; dans tous les cas, je n'en tins aucun compte."

Sur un numéro prochain nous interrogerons madame la Science, et la prierons de nous dire franchement ce qu'elle pense de tous ces récits d'apparition du Serpent de mer«

OEDEE DES HYMÉNOPTÈEES

[Continué de la pago 159]

Fam. XXI—ANDRENIDJE

Anthophore-H S*baiides« Anthophora S^fasciata, n. sp.

c? — Long. .45 pce. Noire avec pubescence blanche, plus longue sur la tête et plus dense sur le thorax ; le chaperon, le labre, les mandibules excepté à Textrémité, avec le scape, en dessous, jaune ; le chaperon marÉriné d'une ligne noire en avant et portant un point noir de chaque côté en arrière. Antennes plus courtes que le thorax, celui-ci à pubescence cachant les téguments, le métathbrax très finement ponctué en arrière et portant une ligne enfoncée ; écailles alaires brun-roussâtre. Ailes hyalines, à nervures fortes et brunes, la radiale arrondie au sommet et dépassant à peine la 3e cubitale. Pattes noires, les postérieures avec les cuisses et les jambes renflées, leurs tarifes roux-testacé. Abdomen robuste, recourbé, avec la marge apicale blanche et une (tache ?) sur les 5 premiers segments, la base et le sommet avec poils blancs. — Los Angeles (Coquillett). (*)

Diflère de la Swbglobulosa, Prov,, par ses mandibules jaunes, ses marges des segments abdominaux blanches sans pubes- ' cençe, etc.

Aiilliophore*A-eeiiitures-iiolres« — Anthophora mgrocincta, n. sp.

cf — Long. .35 pcë. Noire avec pubescence jaune-ochracé ; le chaperon, le labre, les mandibules excepté à l'extrémité, une ligne transversale au-dessus du chaperon, le scape en dessous, blanc ou jaune pâle ; le chaperon avec pubescence plus pâle et plus longue et portant en arrière une grande tache noire de chaque côté du milieu. Antennes courtes, noires. Thorax en carré à pubescence cachant les téguments, les écailles alaires testacé- brunâtre. Ailes hyalines, les nervures noires. Pattes avec les tarses testacés, les jambes et le premier article des

{*) Type an Musée du Parlement, Québec.

«arses avec pubescence blanchâtre en dehors, courte et très dense. Abdomen avec une laige cjinture jaune au sommet de tous les segments, cette ceinture s'élargissant sur les ^côtés de luaaière à les couvrir complètement ; le 1er segment fortement pubescent. — Los Angeles (Coquillett). (*)

Espèce bien remarquable par son abdomen où la couleur jaune l'emporte sur la noire.

AsttSiopliore «ofiirttt. Anthophora curta, n. sp.

Ç — Long. .32 pce. Noire, forme courte et trapue, à pubescence blanchâtre, le sommet de la tête et le thorax avec poils blancs entremêlés de noirs. La partie antérieure du chaperon; le labre moins un point allongé brunâtre à sa base de chaque côté, les mandibules excepté à l'extrémité, blanc jaunâtre ; la face à pubescence soyeuse assez longue. Antennes noires. Ailes hyalines, à nervures noires. Pattes noires avec une ligne pâle en dehors sur les jambes à longs poils blancs, tarses noirs, l'article terminal ferru<^iueux. Abdomen noir, la base du le.r segment avec longs poils blancs, le sommet et celui de tous les autres avec une bande cendrée bîauchâtre, couvrant presque entièrement les terminaux ; la ])laque triangulaire d(i l'extrémité, noire ; le ventre avec une frange terminale au sommet de tous les segments. — Los Angeles, Cal. (Coquillett). (*)

Andrèaïc iioîre. Andrena nigra, n. sp.

?^-Long. .42 pce. Noire, sanj aucune tache, avec pubescence noire. Le chaperon densémen*i ponctué avec une petite ligne lisse au milieu. Les écailles alaires noires. La pubescence du thorax cachant les téguments. Ailes enfumées-roussâtres, les nervures noires. Pattes noires avec pubescence noire. Abdomen en ovale, poli, brillaiit, avec pubescence noire. — Los Angeles (Coquillett).

Eï5î)èce biem remarquable par le noir qui règne de toute part.

Aiidrèae il*pie<lA«noSrs. Andreiianigripes, n.sp.

? — Long. .40 pce. Noire avec pubescence noire ; le chaperon à j)onctuations peu denses. Antennes courtes. Les sillons en dedans des yeux couverts d'un duvet argenté. Thorax couvert sur le dos d'une pubescence jaune-ochracé dense, les côtés noirs. Pattej entièrement noires,- y compris les tarsal.

(*) Type ail Muséj du Parlement, Qaébeo.

23— Novembre 1895.

Abdomen poli, brillant, plus rétrtei à sa base que dans la nigra. — Los Angeles (Coquillett).

Se distingue surtout de la, nigra par le manteau ochraoiJ de son thorax. (*) (A suivre)

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