‹ Le Naturaliste (volume 2)Chapitre 142 sur 240 · COQUILLES NOUVELLES · texte numérisé non relu

COQUILLES NOUVELLES

Martesia roseotineta

Testa Pholas-Incci similis scd comcntricc striata et rubro marginata.

Dimensions : long. 45 millim., diam. 26 millim.

Coquille oblongue ovoïde à test assez solide, sur chaque valve se trouvent trois zones transversales bien marquées; l’antérieure, blanche avec une bande longitudinale rose au milieu, est très finement striée du côté des crochets, et lisse sur la partie opposée : cette partie lisse est formée d’une pièce accessoire soudée au bord concave des valves : la zone médiane, plus étroite vers le sommet, oblique et un peu déprimée, est recouverte d’un épiderme jaunâtre formé de fines lamelles longitudinales : la zone postérieure anguleuse en avant, arrondie et frangée sur le bord libre est couverte d’un épiderme constitué par des lamelles concentriques et imbriquées, ayant comme aspect les barbes d’une plume; les sommets sont recouverts par quatre pièces accessoires très longues, surtout les postérieures; les antérieures sont soudées par leur extrémité antérieure aux pièces accessoires de la face antéro-inférieure. A l’extrémité postérieure existe une ouverture oblongue en forme de boutonnière, bordée de chaque côté par deux ou trois collerettes membraneuses. A l’intérieur, les valves sont ornées, à peu de distance du bord dont il suit les contours, d’un liséré rouge ; une crête assez saillante, partant du sommet pour se diriger obliquement en bas et en arrière, divise ieur'cavité en deux parties. Le cuilleron, assez court et en forme de côte, après s’étre dirigé en avant, se courbe brusquement pour prendre une direction opposée.

Hab. Aden, dans les madrépores.

Solen digital!*

Testa cylindrica, latérale depressa, albo-rosea, extremitate anticà oblique truncata, posticà subrotundata, margina cardinali et vcntrali parallelis; epitesta luteo-olivacea, marginibus late excedens. Intus albida aut leviter violaceo-tincta, cardo utriusque valva unidentatus.

Dimensions : long. 95 à 75 millim.; larg. 20 à 17 millim.; épais. 12 à 10 millim.

Coquille cylindriquo latéralement déprimée, à bords parallèles ; son extrême antérieure obliquement tronquée est épaissie en dedans par un bourrelet assez saillant et terminée en dehors par un bord tranchant sur lequel se prolonge l’épitest qui est déprimé, en dehors, par un petit sillon marginal. L’extrémité postérieure, arrondie comme l’extrémité d’un ongle, est mince et tranchante; à la surface, d’un blanc jaunâtre légèrement teinté de rose, on aperçoit dos stries irrégulières et peu saillantes, qui prennant naissance sur le bord antérieur, suivent dans leur contour les bords inférieur et postérieur. Un épitest mince, brillant et d’un jaune vert olive, s'étale comme un vernis sur les deux valves, dont il dépasse les bords de plusieurs millimètres. A l’intérieur, la valve est blanche ou d’un blanc violacé, sur lequel les impressions musculaires et palléalcs d’une teinte plus claire se dessinent nettement. La charnière est formée d’une seule dent sur chaque valve, dont la surface de contact, assez étendue et plane, est perpendiculaire au bord de la coquille; en dehors, elle est soutenue par une petite tige beaucoup plus forte et plus saillante sur ht valve gauche (c’est-à-dire la valve qui couvro le côté gauche de l’animal.)

Hab. Aden.

Dr Jousseaume.

L’Ethnographie à l’Exposition de IHKI. Bonvalot et le prince Henri d’Orléans.

Les objets ethnographiques et les photographies de divers types de l’Asie forment certainement le clou de l’exposition si brillamment organisée au Muséum par notre vaillant explorateur Bonvalot et son jeune compagnon de voyage le prince Henri d’Orléans. Les visiteurs qui ne cessent d’affluer à l’exposition, prolongée jusqu’au 31 août, s’arrêtent volontiers devant les mannequins ornés de costumes bizarres, devant la vitrine des bijoux, devant les objets de culte bouddhiste, etc. Mais pour bien faire valoir tout l’intérêt que présente cette section de l'exposition, renfermant des objets que l’on voit en grande partie pour la première fois en France, il n’est peut-être pas inulile de donner une idée des peuplades que les voyageurs ont rencontrées et dont ils ont rapporté les photographies et les objets ethnographiques.

Avant d’arriver sur le plateau du Thibet MM. Bonvalot et le prince d’Orléans ont passé à travers le Turkestan oriental à la lisière du désert de grand Gobi ou Chamo (1). La population de cette région se compose de quelques centaines de familles « Tarantchi », agriculteurs de race turque, mahométans pour la plupart et de Karakourtchins qui habitent autour de l’extrémité sud-ouest du lac Lob- Nor, connu sous le nom de Kara-Bouran (Tempête-Noire). N’ayant pas à leur disposition de végétation arborescente à cent kilomètres à la ronde, ces peuplades sont obligées de bâtir leurs huttes en roseaux et de se servir souvent, en guise de canots, des radeaux construits en tiges de la même plante; les photographies de l’exposition nous I donnent une idée de ces habitations et de ces embarcations étranges, en même temps qu’elles nous présentent le type des indigènes de cette région, type qui rappelle celui des Kirghiz. Comme objets ethnographiques venant du côté de Lob-Nor nous n’avons remarqué qu’une longue robe en laine de chameau et des sandales en peau d’àne sauvage.

Après la traversée des monts Altyn-Tagh, surle plateau de Zaïsan, nos voyageurs n’ont pu faire rencontre que de quelques groupes de nomades Mongols, les Sok-pa comme les appellent les Thibétains. Plus heureux que le voyageur russe Prjevalski, ils n’ont point rencontré ensuite sur le plateau de Thibet des hordes de pillards Golikon Kolo, population du Thibet oriental apparentée probablement aux Loi os et aux Mosso de l’Indo-Cliine; ces Golik s’aventurent souvent jusqu’au voisinage des passes des monts Tangla que traversent les caravanes des pèlerins mongols allant à Lhassa, ville sacrée des Bouddhistes-Lamaïtes. Ce n’est qu’au sud de la chaîne de Tangla, que commencent les campements des Thibétains nomades sur lesquels nous allons nous arrêter un peu plus longuement, car la plupart des objets de la collection ethnographique se rapportent aux Thibétains nomades ou sédentaires. Nous ne mentionnons que pour mémoire quelques objets recueillis sur la route ultérieure à travers la province chinoise de Yun-nan et le Tonkin: vêtements des Lolos, armes tonkinoises, etc.

L’on connaît d’après les descriptions sommaires des voyageurs que les Thibétains appartiennent à la race mongole, mais jusqu’à présent les anthropologistes n’avaient presque pas d’éléments pour étudier cette population; c’est à peine si l’on connaît quelques crânes

thibétains et l’on ne possède des mesures et des observations anthropologiques que sur les habitants du « petit Thibet », Ladakis et Tchatnpa, soumis au Maharadja du Cachemire et dont le pays est accessible aux voyageurs européens. A défaut d’observations on se contente de photographies, mais là encore, pénurie extrême de documents. Quelques photographes hardis ont déjà braqué leur objectif sur les Lepcha, Thibétains méridionaux du Sikkim (Indes Britanniques) et même sur les indigènes du Nepaul et du Boutan ; le voyageur russe Verechtchgahin a bien peint plusieurs portraits superbes des mêmes Boutans ; mais en ce qui concerne les Thibétains du Nord, on

et les Mosso du Tibet oriental et de l’Indo-Chine de l’avis de Prjewalski et de Fr. Garnier.

Les photographies de la collection nous donnent aussi une idée des habitations des Thibétains montagnards de l’Est — pauvres huttes en pierres ou en bois, blotties entre les rochers, — en même temps qu’elles nous montrent les tentes noires des nomades du Thibet septentrional.

Mais la partie la plus riche de la collection est celle qui se rapporte au costume. Un des mannequins estaffub lé d'un « complet » thibétain qui se compose des pièces suivantes : l°Une robe (Kiouba) longue et large, en laine,

Fig. i. — Objets ethnographiques du Thibet. A, Briquet. B, Sonnette. C, Sceptre des Lamas. D, Chalumeau en

en était réduit jusqu’à présent aux dessins faits par la main inexpérimentée d’un dessinateur d’occasion, M. Roborovski, compagnon de route du général Prjévalski. C’est donc pour lapremière fois que l’on pouvait voir en Europe les photographies des Thibétains du Nord, et la collection de MM. Bonvalot et le prince d’Orléans est suffisante pour donner une idée générale du type de cette population. Ce sont certes des Mongols, mais des Mongols se rapprochant plus des Toungour que des Kalmouks. Tout en ayant les cheveux droits, lisses, rugueux, les pommettes saillantes, les yeux bridés, obliques, à paupière supérieure retournée vers le globe oculaire (caractères communs à tous les Mongols), les Thibétains du Nord ont la joue plus allongée, le nez plus grossier, les lèvres plus lippues, la bouche plus largement fendue, le teint plus foncé que les Mongols proprement dits IKalmouks et Khalkha); par tous ces caractères ils rappellent plutôt les Toungour. Plusieurs physionomies dénotent un mélange de sang aryen et font penser aux Tsiganes auxquels d’ailleurs ressemblent aussi les Kolos ou Lolos

doublée de fourrure et ceinte de façon à former une partie bouffante au-dessus de la taille et descendant jusqu’aux genoux ; ordinairement on ne passe pas le bras droit dans la manche de cet habit, et même en hiver, le bras reste nu (car les Thibétains ignorent l’existence des chemises ou d’autre linge sous le vêtement). 2° Des jarretières ou mieux des genouillères ( Lhamdjim ). 3° Des bottes en feutre ou en laine à semelle de cuir. 4° Un grand sabre droit (Tsoussa) porté en travers sur le ventre sous la ceinture, et un fusil à mèche (Meda) avec sa fourche d’appuie et son fourreau en peau de marmotte. Enfin, 5° divers objets attachés à la ceinture : poire à poudre ( Dzekhou ), sac à balles ( Donkhou ), sac à mèches (Mekenhou), auxquels il faut joindre un couteau, un briquet (flg. d, à gauche) et un sac pour les menus objets. Le mannequin ne porte point de chapeau et cela répond à un état de chose réel, car souventles Thibétains pauvres s’en passent ou enveloppent leur tête d’un mouchoir; cependant ils ont des loques et des chapeaux garnis de fourrures et souvent très artistement ornés. La façon de

porter la robe formant un vaste sac au-dessus de la ceinture est très pratique, étant donnés le climat froid du pays, et les mœurs nomades. Le jour, la partie bouffante de la robe sert de poche où l’on conserve la jatte, le mouchoir, le sac à tabac, les provisions de bouche, le moulin à prières, bref, tous les objets indispensables; en mêm^ temps la robe se trouve relevée jusqu'aux genoux et ne gène point pendant la marche. Arrive la nuit, et pour se coucher, on n’a qu’à dégraffer la ceinture et laisser descendre la robe jusqu’aux talons pour la transformer en une couverture. L'habillement qne nous venons de décrire est celui d’un homme du peuple. Les Thibétains riches, marchands, fonctionnaires, etc., s’habillent des robes et tuniques de soie bleue, verte ou noire (le rouge et le jaune étant réservés aux prêtres et aux hauts fonctionnaires), ornées de broderies et se coiffent de chapeaux ronds garnis de franges en effilé de soie rouge, etc. Mais ce sont les bottes qui indiquent surtout les distinctions sociales : Jes botte; brunes sont réservées aux petits mandarins, les bottes rouges ou violettes au bas peuple; les bottes couleur arc-en-ciel aux « Kalouns » ou fonctionnaires élevés, etc. Le costume de femmes riches diffère peu de celui des hommes. On en voit un spécimen dans la collection à côté d’une ceinture de jeune fille en cuir garnie de pierres blanches (ou de coquilles?) polies et qui se met, paraît-il, à même le corps, sous les habits.

(A suivre .)

J. Deniker.

CONSERVATION DES ANIMAUX MARINS

(Suite.)

Fig. 40. Pantopoda, Pygnogonum. — Fig. 4L Pantopoda, Nymphon gracile.

Crnstacea. — Les Cladoceres marins sont tués parle sublimé concentré, ou par quelques gouttes d’acide osmique à 1 0/0 dans l’eau de mer où ils se trouvent. — Les Ostracodes sont

mis directement dans l’alcool à 70”. — Les Copépodes libres sont tués dans une solution de sublimé concentré dans l’eau de mer; les parasites sont tués de même, ou plongés directement dans l’alcool faible. — Parmi les Cirrhip'edes, les Le pas, Conchodeima, etc., sont tués dans l’alcool à 30°; les ISalanus, etc., sont tués dans l’alcool à 70°; les Sacculina, Peltogaster, etc., sont laissés pendant la minutes dans un mélange d’alcool à 90» et de sublimé concentré à parties égales, puis passés dans l’alcoul à 70°. — Los Amphipodes se préparent dans l’alcool à 70°; les formes transparentes sont tuées dans le sublimé concentré. — Les Isopodes sont tués directement dans l’alcool à 70°, excepté les Bopyridæ et les Entoniscidss qui sont tuées dans le mélange d'alcool à 90» et de sublimé concentré à parties égales. - Les Cumacea, Slomapoda sont tués directement dans l’alcool, les larves transparentes de Slomapodes sont tuées dans le sublimé concentré. Les Schizopoda dans l’alcool directement. — Decapoda : faire mourir dans l’eau douce et transporter dans l’alcool ;

Mollusca. — Pour préparer les Lamellibranches avec les valves ouvertes, on narcotise dans l’eau de on laisse de 6 à 12 he Les Lima seront tuées par l’acide chromique à 1/4 0/0. — Les Dentalium s’anesthésient par l’hydrate de chloral au 2/ 1000e, en laissant 12 à 24 'heures ou plus : on passe ensuite dans l’alcool à 70». — Gastropoda Prosobranchia: Les Placophores, Patellidsr, Fissurellidæ, Haliotidæ se préparent étendus avec de l’eau de mer alcoolisée. Sa t ica Josephinia est fixée par l’addition graduelle à l’eau de mer do l'alcool à 70°; puis on tue en versant rapidement de l'acide acétique concentré et on transportant ensuite rapidement dans l’alcool faible.D 'autres espèces après immersion dans l’eau douce et l’eau de mer en parties égales, sont fixées par l’acide acétique. — Heteropoda : Les Allantidæ s’anesthésient par l’eau alcoolisée en y restant de 6 à 12 là on met dans l’alcool, sont tuées par immersion dans le !

Les Jhtllidæ s’anesthésient dans le mélange d’eau douce et d’eau de mer; on tue ensuite dans l’acide acétique concentré et on transporte dans l’alcool.

Gastropteron Meckelii se fixe dans la liqueur de Klcincnbcrg. Doriditim et ' ' " dans l’eau ito dans l’a¬

cide acétique, puis transportés en alcool.

Philine est tué en versant brusquement de l'acide acétique concentré. Pleurophyllidia : on anesthésie par l’eau de mer alcoolisée et on tue après par l’acide acétique concentré. Aplysia limacina et Punctata sont fixées dans l’acide chromique à 1 0/0 et laissées de la à 60 minutes. Aplysia depilans est laissée

12 heures dans l’hydratc de chloral à 1/1000' et fixé comme les espèces précédentes. Pleurobranchea Meckeiii, acide chro-

Pig. 43. — Mollusca, Aphysia depilans.

inique à, 10/0. Pleurobranchus Meckeiii et Testudinariiis sont tués dans l’acide chromique à 5 0/0 et transportés ensuite dans l’acide chromique à 1 0/0. Umbrella : on tue lentement dans

Fig. 44. Mollusca, Pleurobranchus. — Fig. 43. Mollusca, DoriS' Fig. 46. Mollusca, lda.Ua.

l’eau de mer alcoolisée et on passe dans l’alcool faible. Les Elvsiidæ et Æolidiidæ sont tuées par l’acide acétique concentre, Phylirrhoe bucephalum est fixé dans le mélange chromo-osminuc Doris, Chromodoris, etc. : on anesthésie en ajoutant peu à peu de l’alcool à 70° à l’eau, puis on tue avec du sublime concentré bouillant. Triopa, ldalia, Polyccra, sont fixes avec

Fig. 47. Mollusca, Tritonia. — Fig. 48. Mollusca, Thetliys.

Fig. 49. Mollusca, Loligo.

l’acidc acétique concentré. Tritonia : on immerge les gros dans l’eau douce on mettant quelques gouttes d’acide acétique, on durcit dans l’acide chromique à 1/2 0/0. Tethys : on verse dans l’eau de mer de l’acide acétique concentré en quantité égale à celle de l’eau : on enlève le liquide et on lui substitue de l’acide chromique à 1 0/0 et on met ensuite dans l’alcool faible. — Pteropoda : les Uyaleidæ sont fixés parle sublimé concentré: deux minutes après on lave.

Creseis acicula se prépare avec l’eau de mer alcoolisée. Les Gymnosomes sont mis pendant 6 à 12 heures dans l’hydratc de chloral à 1 /1000e, puis tués par l’acide acétique. — Cephalopoda: les préparations réussissent bien quand les animaux sont plongés vivants dans des liquides, ceux qui sont déjà morts sont laissés une heure dans l’eau de mer, et, ensuite, il sera bon

de fixer dans l’acide chromique à 1 0/0 pendant 15 à 60 minutes. Les formes transparentes, telles Loligopsis, Verania sont immergées dans le liquide de Kleinenbcrg, et une heure après transportés dans l’alcool faible.

[A suivre .) P. G.

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