SILEX ECLATES PAR LA GELÉE
Les premières pierres taillées par les hommes pri • mitifs ont d’abord été contestées et regardées comme des accidents naturels, malgré les traces évidentes d’un travail demandant l’intervention, d’un être intelligent .
Aujourd’hui, non seulement l’origine de ces outils des premiers représentants de l’humanité sur la terre est loin d’être contestée; mais encore, certaines personnes sont peut-être entraînées trop loin et croient pouvoir regarder comme instruments préhistoriques des silex ou fragments de roches diverses qui n’ont que des formes plus ou moins approchées des beaux types que l’on admire dans les musées.
M. Adrien Thieullen, membre distingué de la Société d’anthropologie, à qui on doit la découverte et l’étude d’une très belle sépulture près de Crécy-en-Brie, considère les plus beaux instruments en roches taillées et polies comme- des outils de luxe ayant appartenu à des privilégiés de l’àge de pierre. Pour M. A. Thieullen, tout fragment pointu a dû être employé comme poinçon, et toute pierre plate à arêtes un peu tranchantes a dû servir de hache ou de couteau; surtout s’il existe sur les bords des apparences de retouches.
Il est évident que certains spécimens très remar quables, soit par la perfection de la taille, soit par la nature de la roche, quelquefois inconnue dans le pays d’où ils proviennent, ne devaient pas servir ; ils ont été donnés, échangés ou plutôt pris à la suite de combats. Mais cela n’est pas une raison pour considérer tous les outils bien travaillés comme des objets de parade.
La perfection de l’outillage a suivi, depuis l’apparition de l’homme, une progression toujours croissante, et à toutes les époques, un ouvrier ayant employé un outil perfectionné a dû, non seulement renoncer à l’usage d’instruments grossiers, mais encore éviter de les utiliser. Plus un artisan est habile, plus il emploie des outils choisis et bien appropriés à l’usage auquel il les destine. On peut cependant, faute de mieux, avoir pris le premier caillou venu pour en faire un outil ; cela s’est fait à toutes les époques et encore actuellement, on est souvent bien heureux de rencontrer et de pouvoir uti-
User momentanément un de ces instruments d’un autre âge, mais cela est et a toujours été tout à fait accidentel.
Quant aux silex présentant des cassures en biseau, que l'on trouve si fréquemment dans l’argile à silex, ils doivent cette forme coupante à la nature compacte et homogène de la roche.
Dans le pays de Bray, on voit, sur les flancs de la lèvre méridionale, une épaisse couche d’argile sableuse à silex, très remaniée, provenant de la démolition lente et de la dénudation atmosphérique des puissantes formations crétacées supérieures qui constituaient les crêtes de la région. Parmi les éléments qui ont le mieux résisté aux agents destructeurs, il faut naturellement citer les silex qui sont descendus progressivement en formant une bande de plus en plus épaisse, qui a fini par venir reposer à la base de toutes les couches détruites après avoir parcouru lentement un chemin vertical considérable. Mais, si lent qu’ait été cet effondrement, il ne s’est pas fait sans que les silex se soient brisés, par suite du frottement qu’ils ont subi les uns contre les autres.
A la Chapelle-aux-Pots, près de la route de Beauvais
miner l’idée de courants locaux superficiels résultant du ruissellement des eaux sauvages, plus ou moins abondantes à la surface des terrains partiellement perméables.
J’aurai bientôt à revenir sur ces phénomènes superficiels locaux qui donnent l’explication de bien des stratifications entrecroisées sur des plateaux élevés, sans qu’il y ait à faire intervenir l’hypothèse de cours d’eau importants.
Pour la plupart des silex dont il est question ici, les éclats et les fausses retouches des arêtes ont pour cause principale la gelée, dont l’action s’est fait sentir d'autant plus profondément que la couche de cacholong était plus épaisse ; en effet, les parties hydratées sont, comme on sait, très poreuses, puisque certains silex, entièrement transformés en cacholong, ont Une densité apparente plus faible que l’eau. Quand cette couche constitue seulement une patine plus ou moins épaisse, comme cela est le cas le plus ordinaire, l’eau ne peut pas pénétrer profondément; l’action de la gelée est alors localisée à la surface; il se produit sur les arêtes de petites fractures dentelées, et sur les parties planes, on voit se
à Gournay, on voit, au-dessus d’une exploitation d’argiles panachées pour poteries, une assez belle coupe dans les sables verts du gault; ces sables, primitivement verts par suite de la grande quantité de grains de glauconie qu’ils contenaient, ont été fortement oxydés et présentent, de nombreuses marbrures rouges d’oxyde de fer sur un fond jaune. La partie supérieure de la carrière est fort intéressante à étudier au point de vue des silex brisés ; ceux-ci y sont localisés dans une zone de 0m,90 à 1 mètre, formée de lits entrecroisés alternativement argileux et sableux. Le tout est recouvert par une couche uniforme de 0m,T6 de terre de bruyère.
Les silex sont [brisés, mais non roulés; presque tous présentent sur les arêtes de petits éclats semblables à ceux qui résultent de la retouche des outils de l’àge de la pierre taillée; ils sont fortement palinés sur toutes les faces. L’absence de surfaces frottées et d’angles arrondis démontre d’une façon évidente qu’il n’y a pas eu charriage violent, mais simplement affaissement progressif. Je dis charriage violent, parce que je ne veux pas éli-
détacher des esquilles ; quelquefois, les petites cupules coniques ainsi formées sont tellement nombreuses, que toute la surface paraît grêlée.
Parmi les silex que j’ai examinés dans la carrière, de la Chapelle-aux-Pots, j’en ai vu un qui m’a paru particulièrement curieux : c'est celui qui a été dessiné ici d’après nature. Il résulte justement de l’action de la gelée sur un bloc primitivement beaucoup plus volumineux. Quand on le regarde du côté de la face extérieure (fig. t), il ressemble tout à fait à une hache taillée; les retouches latérales sont nombreuses sur tout le pourtour; il faut retourner l’échantillon pour être convaincu de l’origine parfaitement accidentelle de cette pierre; en effet, de ce côté (fig. 2), on voit le moule interne d’un inocéramus de la craie, dont la charnière fait une légère saillie à l’extérieur. Ce fossile a d’ailleurs joué un rôle important dans la fracture des silex; le test calcaire qui se trouvait emprisonné dans la masse siliceuse a fini par disparaître par dissolution lente ; l’eau a rempli la cavité peu épaisse ainsi formée, puis la gelée survenant.
Fig. I . — Silex éclate ayant la forme d’une hache taillée. Grandeur naturelle (d’après nature).
le bloc a éclaté sous l’effort de ce coin puissant.
Les deux faces du silex sont recouvertes de cacholong, mais l’épaisseur de cette couche est naturellement beaucoup plus épaisse du côté extérieur, qui a été exposé depuis plus longtemps à l’action des agents de déshydratation. Les cupules coniques dont il a été question plus haut sont visibles sur la figure 1.
Les fossiles emprisonnés dans les silex de la craie sont assez fréquents, mais ils sont particulièrement abondants dans le pays de Bray. J’ai vu récemment un bloc éclaté, dont un seul fragment de quatre ou cinq décimètres cubes, contenait une dizaine d’empreintes de miçràster. Ces fossiles, ou plus exactement ces moules de fossiles étaient malheureusement en trop mauvais état pour être rapportés, mais le fait m’a semblé bon à. signaler, d’autant plus que, dans la craie, les gisements riches sont très rares.
Henri Boursaült.
CONSERVATION DES ANIMAUX MARINS
(Suite et fin.)
Br. ><>/,« a. — Les Pedieellina, Loxosoma sont laissés uni heure dans l’hydrate de chloral à 1/10MP, tués ensuite par h sublimé concentré et laves après. Quelques Bug nia sont tué: par le sublimé chaud. Fluslra, Cellepora, Crisia, etc., sont fixé: en ajoutant lentement de l’alcool à 10° à la surface
Fig. 50. Bryozoa. Pedieellina. — Fig. 51. Bryozoa. Fluslra.
Fig. 52. — Bryozoa. Crisia.
Brackiopoda. Ou anesthésie avccl’eau de mer alcolisce et on transporte dans l’alcool.
Tnnicata. — Les Appendicularia sont fixés en laissant 5 minutes dans le mélange chromo-osmique. — Ascidiæ simplices : pour fixer Clavellina et Perophora, on immerge dans l’hydrate de chloral à 1/1000% puis on tue avec le mélange chromo-acétique et on transporte dans l’acide chromiquo à 10/0; une demi-heure après on passe dans l’alcool à 35° puis à 70». Ascidia ( Phallusia ) : on laisse 3 à 6 heures dans l’hydrate de chlo¬
ral à 1/1000% et on durcit à l’acide cliromique à 1 0/0 en laissant une demi-heure. Ciona intestinalis est tuée lentement par quelques gouttes du mélange chromo-acétique dans l’eau de mer, on transporte dans l'acide chromique à 1 0/0 et on porte ensuite dans l’alcool faible. Molgula, Polycarpa, Rhopalea, Chevreidius restent 12 heures dans l’hydrate de chloral à 1 /1000e, puis par le mélange chromo-acétique, durcis ensuite par l’acide chromique à 1 0/(1. Cynthia et Styela sont anesthésiées dans l’hydrate de chloral à 2/1 000e en 24 heures, puis traités comme précédemment. — Ascidiæ compositæ : les formes gélatineuses doivent être laissés 2 heures dans l’hydrate de chloral à 1/1000% et on tue par le sublimé concentré chaud, puis on passe immé-
Fig. 53. Tunicata. Phallusia. — Fig. 34. Tunicata. Salpa.
Fig. 55. — 'Tunicata. Pyrosoma.
diatement dans l’acide chromique à 1/2 0/0. Les Pyrosoma sont plongés dans l’alcool chlorhydrique (alcool à 50 0/0, 100 ce; ac. chlorhydrique conc. 5cc.) ; un quart d’heure après ou transporte dans l’alcool à 60° et successivement dans des alcools plus loris. Salpidiæ : les espèces à corps dur s’immergent dans un mélange d’eau douce (lOOce) et d’acide acétique concentré (10cc) où on les laisse 15 minutes ; on lave dans l’eau douce, on passe ensuite graduellement dans l’alcool. Les formes semi-dures se fixent par le mélange chromo-acétique, puis on passe directement dans l’alcool faible. Les formes molles s’immergent dans le mélange chromo-osmique pendant 15 à 60 minutes, on lave à l’eau et on passe dans l’alcool faible. Les Doliolidæ sont tuées par un mélange do sulfate de cuivre et de sublimé ; après 2 minutes on lave à l’eau douce et graduellement on les transporte dans l’alcool à 70°.
Poissons. — \ 1 Amphioxu s est tué dans l’eau de mer alcoolisé à 10 0/0, on transporte ensuite dans l’alcool à 50° qu’on porte peu après à 70". Les Cyclostomes, Sélaeaciens, Candides, sont plongés directement dans l’alcool pour les petits
Poissons. Amphii
exemplaires; pour les grands, on doit faire au ventre une incision. Les Téléostéens se préparent de même, mais il est nécessaire d’injecter les grosses especes. Les poissons à peau argentée se fixent dans le sublimé concentré en quelques minutes. En général, les poissons devront, autant que possible, être plongés vivants, car c’est seulement ainsi qu’ils conservent bien la forme du corps et les nageoires bien étendues.