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POUR LA FLORE DE LA PÉNINSULE IBÉRIQUE

Coincya Genus Rouy (Cruciferæ).

Calyx erectus, bisaccatus. Petala 4, hypogyna, integra, longe et anguste unguieulata, venosa, obtusa. Tori glandulæ 4, 3 latérales angulatæ supra basin breviorum staminum, 2 infra longiorum staminum paria. Stamina 6, libéra, hypogyna, tetradynima ; filamentis flliformibus edentulis. Stigma capitatum, vix emarginatum. Siliqua biarticulata, articulis haud secedentibus, articula inferiore breve (3-4 millim. longo), dehiscenti, bivalvi, membranaceo, obiongo, plus minusve compresso, mono-vel dispermo, rarius aspermo, valvis 3-5- nervis, semine pendulo, articulo superiore indehiscenti mesocarpio spongioso, elliptico, longe rostrato, non elongato (15-18 millim cum rostro), biloculari (septo tandem evanido), 2-4 -spermo, facie utraque longitudinaliter lœviterque 7-9 -nervis, seminibus erectis. Semina omnia ovata subcompressa, alveolata, non marginata. Embryonis cotylcdones longitudinaliter conduplicatæ radiculam in sinu foventes.

Coincya r-upestris Rouy — Raphanus rupestns Porta et Rigo Iter secundum Hispanicum, ann. 1890, n° 494. — Planta perennis ; radix crassiuscula, ramosa. Caules foliis radicalibus duplo vel subtriplo longiores, 6-8 decim. longi, erecti, ramos floriferos multos patulos elongatos emittentes. Folia radicalia lyrato-pinnatipartita, petiolata, adpresse tomentosa, utrinque segmentis 3-5 sæpissime oppositis, grosse et obtuse dentatis sublobatisve, lateralibus ovatis, remotis, terminali maximo, elliptico vel obiongo,; folia caulina 6-8, late viridia, brevius petiolata, inferiora pinnatipartita, pubescentia, segmentis ovatis dentatis; superiora oblonga basi pinnatipartita segmentis 2 lanceolatis acutis subintegris. Racemi ebracteati, jam sub anthesi laxiusculi: fructiferi elongati, ascendentes vel patuli, in paniculam grandem ambitu ovatam dispositi ; pedicelli filiformes floribus breviores, erecti, mox patuli. Sepala erecta, lutescentia, tarde decidua, lateralia basi gibbosa. Petala lutea, violaceo-venosa calyce duplo longiora; unguis tenuis limbo obovato integro sepalisque longior. Siliquæ 18-22 millim. longæ, 3-5 millim. latæ, articulo inferiore dehiscenti. valvis 3-5-nervis, articulo superiore biloculari, utraque facie 7-9-nervis, indehiscenti, longe rostrato. Semina ovata, nigrescent.ia.

Hab. ESPAGNE : prov. d’ALBACETE : Alcaraz, fentes des rochers de la Sierra de la Mula. — (de Coincy, 28 mai 1890, exempl. florifères; Porta et Rigo, juillet 1890, exempl. fructifères.)

Le genre Coincya appartient, par la position des coty-

\1) Voir le Naturaliste des 1er décembre 1883 (Echium Davæi , Centaurea Herminii), 1er février 1884 ( Picridium Gaditanum var. Lusitanicum, Aconitum Lusitanicum, Armeria Berlengensis ), 15 novembre 1884 ( Evax Cavanillesiï), 15 octobre 1887 ( Senecio Gibraltaricus), 15 novembre 1887 ( Mercurialis Reverchoni, Stachys Lusitanica var. interrupta, Rhamnus Frangula var. longifolia).

lédons, à l’ordre des Orthoplocées, et à la tribu des Raphanées parles siliques biarticulées. Très différent des Raphanus, surtout par l’article inférieur déhiscent, égalant environ la longueur du bec et la moitié de la longueur de l’article supérieur ovale absolument dépourvu d’étranglements entre les graines, ce genre doit être placé à côté de l 'Hemicrambe, dont il rappelle quelque peu le faciès, mais dont il est absolument distinct par plusieurs caractères.

Santolina Benthamiana Rouy (Jord et Fourr. Icônes, tab. CCXXIX-310, = S. pectinata Benth. Cat. pl. 119, pro parte, non Lag.). — Dans le Bulletin de la Société botanique de France (XXXVIII, p. 263) j’ai nommé récemment Santolina Benthamiana, le S. pectinata Benth. non Lag. (1), bien que MM. Jordan et Fourreau aient déjà employé ce même nom. Mais ils l’ont appliqué exclusivement à la plante de Prats-de-Mollo, en lui attribuant comme synonyme S. pectinata Benth. pro parte, non Lag. Cependant le S. pectinata Benth. est en réalité très variable dans son ensemble, et la plante de Prats-de-Mollo n’est qu’une des formes de ce type spécifique qui se rencontre à segments des feuilles ± écartés, ± allongés, ± larges, ± lobés ou entiers, ± épais, ± obtus ou acutiuscules, ± velus ou glabrescents, et à capitules ± gros, à écailles de l’involucre ± scarieuses aux bords. Il en résulte qu’en appliquant au S. pectinata Benth. (non Lag.) le nom trop précis de S. Benthamiana Jord et Fouit., sans réserve aucune, ou ne saurait dénommer l’ensemble des formes qui constituent la plante dont il s’agit.

Je n’ai pas cru devoir toutefois donner un nom nouveau à ce Santolina et je lui ai laissé le nom spécifique imposé par Jordan et Fourreau à l’une de ses formes mais en étendant ce nom au S. pectinata Benth. tout entier, tel qu’il doit être compris. On pourra donc, à l’avenir, écrire : S. Benthamiana (Jord et Fourr., sensu stricto ), =. S. pectinata Benth pro parte, non Lag., ou plus simplement S. Benthamiana Rouy, en appliquant le nom de var. Ruscinonensis {— S. Benthamiana Jord. et Fourr.) à la plante de Prats-de-Mollo ( Reliquiæ Mailleanæ, n° 1277 !), à feuilles allongées, cendrées, à rachis très étroit, à segments étroitement linéaires ou sétacés, inégaux, acutiuscules, écartés, à calathides petites, à écailles internes scarieuses aux bords.

Le S. Benthamiana ( sensu lato ) est assez répandu en Catalogne : à Besora, à Saint-Aniol, au mont Seny, au mont Serrât ; et en Aragon ; à Torla, Jaca, Aranda del Conde, etc. — En France, on le rencontre aussi près de Mont-Louis (Pyrénées Orientales) (2) et à Gèdre (Hautes- Pyrénées) (3).

M. Willkomm a jadis indiqué aussi le S. Benthamiana en Corse, d’après Sieber, mais je n’ai aucune donnée nouvelle à ce sujet, et la plante n’est signalée récemment en Corse ni dans le Catalogue de M. Marcilly ni dans le Compendio fl. Italiana de MM. Cesati,Passerini et Gibelli.

(A suivre.) C. Rouy.

(1) Le S. pectinata Lag. 1816 (S. pectinata Benth. var. heterophylla D C.) est la var. hcterophylla Willk. du S. rosmarinifolia L.

(2) Plante trapue, à feuilles glabrescentes, courtes, denses, à segments rapprochés, courts, obtus, relativement larges; capitules de grosseur moyenne. — Var. subalpina Rouy.

(3) Taille élevée; feuilles canescentes, assez courtes, régulièrement pectinécs, à rachis large, à lobes courts, entiers, linéaires, non subulés ; capitules relativement gros, à peu près doubles de ceux de la plante de Prats-de-Mollo. — Var. Vyrena'ica Rouy.

Description de la Chenille de Spilodes verticalis, L.

Papillon de la famille' des Bolydes.

Dans un précédent article, j’ai décrit la chenille d'une intéressante espèce de Botyde, la Spilodes æruginalis Hb., dent on ne connaissait pas les premiers états ; aujourd’hui, je vais en décrire une autre du même genre Spilodes qui n’était guère mieux connue.

Autant la Spilodes æruginalis se trouve localisée, cantonnée sur quelques points de notre territoire, autant la Spilodes verticalis est répandue, habitant les plaines comme les montagnes I et se rencontrant aussi bien sur les coteaux secs et arides que I dans les prairies humides.

C’est là le résultat d’une cause bien simple : l 'Æruginalis ne j s’accommode volontiers pour sa nourriture que d’une sorte de végétal lui-même fort localisé, VArlemisia camphorala : il est j donc tout naturel qu’on ne voie point le papillon où ne pousse pas cette plante. Par contre, la Verticalis étant polyphage, n'est point arretée par la crainte de ne pouvoir se nourrir ailleurs qu’aux endroits où végéterait une plante unique, déterminée; elle se dissémine, se répand au loin, sure de ne pas mourir d’inanition et d’avoir une abondante- nourriture toujours

à sa portée.

J’ai élevé plusieurs fois la chenille de Spilodes verticalis et chaque fois sur des végétaux différents, ce qui semblait ne la chagriner en rien. Et quand j’aurai cité les noms des plantes, — telles que Medicago saliva, Urlicadioica, Rumen acelosa, Centaureu nigra, — que je lui ai servies, on pourra être persuadé que la chenille de Spilodes verticalis n’est pas difficile sur ce

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