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LE GUÊPIER

(Merops apiaster.)

Le Guêpier vulgaire est, avec le Rollier, un des plus beaux oiseaux d’Europe, caron peut leconsidérercomme un oiseau d’Europe, où il se montre fréquemment et niche quelquefois. C’est le type le plus parfait de la famille des Meropidés et pour la beauté de son plumage il

dans les airs où ils prennent mille postures diffe'rentes. » Les Guêpiers sont très sociables et voyagent en colonies ; ils font une guerre acharne'e aux mouches, sauterelles, libellules, cole'optères, mais ils recherchent, comme leur nom l’indique, les insectes à aiguillon : abeilles, guêpes, bourdons, frelons. Malheureusement ils sont très friands d’abeilles et lorsque l’un d’eux a découvert une ruche, il se perche à proximité et en quelques heures en dévore tous les habitants, le Guêpier pouvant, sans inconvénient, avaler une grande quantité

LE GUÊPIER (Merops apiaster .

peut rivaliser avec beaucoup d’espèces exotiques. Le front estblanc, la partie antérieure de la tète verte; l’occiput, la nuque, le milieu des ailes d’un brun-cannelle, le dos jaune-verdâtre, la gorge d’un jaune d’or clair limité par une bande noire transversale qui se fond sur son bord inférieur; une ligne également noire s’étend du bec à l’œil et se prolonge jusque sur les côtés de l’occiput ; le ventre et le croupion sont bleus-verts : les rémiges sont d’un vert olive ou teintées d’aigue marine.

Ces oiseaux se rapprochent des Hirondelles par leurs mœurs : ils recherchent les contrées découvertes où il existe des places libres au milieu delà végétation. « Tantôt, dit Gloger, on les voit raser le sol d’un vol rapide en suivant un long espace, tantôt effleurer la surface des eaux et parcourir un long trajet sans paraître remuer les ailes; tantôt ils se balancent à une grande hauteur

d’hyménoptères dont il régurgite ensuite les ailes et les autres parties cornées.^

Par la nidification le Guêpier se rapproche du Martin- Pêcheur : il recherche la paroi escarpée, argileuse ou sa- ■ blonneuse d’un cours d’eau ; il dépose sur un peu de mousse, au fond d’une galerie longue de trois à quatre pieds, 4 à 6 œufs d’un blanc pur, semblables à ceux du Martin-Pêcheur, mais un peu plus gros. Pline, qui avait observé cette particularité, dit dans son Histoire des animaux : Merops nidifiait in specu sex pedum defossa altiludine.

Le Guêpier est de passage en France, où on le rencontre partout accidentellement, mais plus fréquemment dans le Midi. Il est très commun en Italie, en Espagne, en Tunisie et en Algérie, où on le désigne sous le nom vulgaire de Chasseur d'Afrique, la disposition des couleurs

LE NATURALISTE, 46, rue du Bac, Paris.

de son plumage offrant une certaine analogie avec l’uniforme bleu-ciel à collet jaune de nos Chasseurs d’Afrique.

En Grèce on détruit des quantite's considérables de ces oiseaux et dans Elle de Crète les enfants les prennent au moyen d’une ligne dont le hameçon est amorce' avec une sauterelle. On expe'die d’Espagne en France de nombreuses caisses remplies des dépouilles de ces oiseaux préparées pour les usages de la mode.

Le Guêpier a été dans l’antiquité le sujet de nombreuses fables : on croyait que, comme la Cigogne, il rendait des services à ses parents et que, lorsque ceux-ci étaient vieux, il ne les laissait pas sortir du nid etleur apportait leur nourriture ou les transportait sur son dos d’un endroit à un autre. On retrouve cette opinion dans Pline : Merops vocatur, genitores suos reconditos pascens. Gessner prétendait que la chair du Guêpier n’était pas bonne à manger : « On ne mange pas le Guêpier, dit-il, car sa chair est dure et indigeste ; elle est cependant utile dans des cas d’ulcères : le fiel, mêlé à de l’huile et à des olives non mûres, rend les cheveux d’un très beau noir. » La chair du Guêpier n’est plus employée depuis longtemps pour ces singuliers usages.

Albert Granger.

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