LE DADI-GOGO OU BA1ANC0UNFA
{Çerathanthera Beaumelzi, Heckel), de la Côte occidentale et le
ZERUMBET AUTRANI Heckel.
du Gabon-Congo.
Le Kousso d’Abyssinie, grand arbre de la partie orientale de l’Afrique chaude, est le tænicide en vogue dans cette région : c’est là un fait universellement connu. Mais ce qu’on ignorait jusqu’à ces derniers temps, c’est que le tænicide abyssin, dont la réputation s’est étendue jusqu’au continent européen, a son rival, ou mieux son pendant dans la partie Ouest de l’Afrique tropicale. Tout aussi exposée aux atteintes du tænia que la région orientale, cette zone torride est largement occupée par ce végétal très utile qui y joue un rôle comparable à celui du Kousso ( Brayera anthelminlhica, Kunth.). Bien plus, malgré des travaux très importants sur la matière médicale de la Sénégambie dus à M. C. Sambuc, on n’était pas fixé sur le nom, la nature et la situation botanique de la plante qui fournit ce tænifuge, et cependant elle est rêjjandue largement et utilisée à divers litres par les populations nègres, depuis le Sénégal jusqu’à Sierra-Leone, c’est-à-dire sur une étendue en latitude qui dépasse 7 degrés, soit environ 300 lieues terrestres.
J’ai pu, dans ces derniers temps, grâce à des circonstances heureuses et au concours bienveillant de la Compagnie française de la côte occidentale d’Afrique, qui possède de nombreux comptoirs dans ces régions, arriver à connaître cette plante étrange qui avait échappé jusqu’ici à toute détermination, sans doute à cause des dispositions toutes spéciales de son système floral qui font que, sur son sol natal, on ne lui a pas trouvé jusqu’ici de fleurs complètes en permettant la détermination, mais seulement des fleurs cleistogames. J’ai nommé Ce ratantliera Beaumelzi cette espèce nouvelle, la dédiant ainsi au célèbre thérapeutiste parisien qui l’a déjà étudiée, à mon instigation, dans ses Nouvelles médications. mais sous le nom provisoire et inexact de Phrynium Beaumetzi. En raison de son large emploi en Afrique et des singularités que présente sa floraison, elle mérite de fixer l’attention des botanistes. C'est un exemple rare de plante cleistogame et distopique. J’ai qualifié ainsi (de Si; et toko;, deux lieux) le très petit nombre de plantes connues jusqu’ici, qui revêtent un mode de floraison différent ( cleistogamique ou normal), suivant la nature et le climat des lieux qu’elles occupent. Jusqu’à cette heure, on ne connaissait pas, que je sache, de fleurs cleistogames parmi les Zingibéracées, famille à laquelle appartient sans conteste la plante qui m’occupe. Quant à l’état distopique qu’elle présente, cette condition fort curieuse, il faut le dire, n’est guère connue que dans trois ou quatre espèces de plantes, telles que Juncus buf'onius de Russie, qui, sous l’influence culturale, cesse de donner des fleurs normales parfaites pour ne plus produire que des fleurs cleistogames. Inversement, quelques Viola ne produisent pas leurs fleurs cleistogames, qui sont la règle ordinaire cependant, dès qu’elles croissent dans les terres basses ou dans certaines localités. J’ai constaté moi-même que le Linaria spuria ne donne pas de fleurs souterraines quand on le fait végéter dans un sol gras et meuble ; de même, Pavonia hastata, du Brésil, cultivée au jardin botanique de Marseille, n'a donné que des fleurs cleistogames et pas du tout de
I fleurs parfaites, tandis qu’elle s’en couvre dans sa patrie. Les fleurs cleistogames seules sont fécondes dans cette espèce. Voyons donc quelle est cette structure florale spéciale au Balancounfa ou Dadi-gogo (2). Voici d’abord la description de la plante telle qu’elle a fleuri au jardin botanique de Marseille (Voir flg. 1.).
Çerathanthera Beanmetzi Ed. II ki Plan!
surant environ 0,30 de haut, issue par plusieurs rejets d’un rhizome assez volumineux (fi g. 1). Ovales et petites au bas do
chaque axe aérien (a), mais augmentant leurs dimensions au fur et à mesure qu’on s’élève vers l’extrémité florale, les feuilles mesurent dans leur plus grand développement do 10 à 13 centimètres de long sur 3 à 5 centimètres de largo (à). Elles sont fortement acuminées, d’un beau vert velouté; nervure médiane très sensible à la face inférieure; nervures secondaires courbes
(!) Sur les fleurs souterraines de Linaria spuria Mil! (Revue scientifique de la France et de la Belqique, do A. Ciiar.l. T. XXII, 1890).
(2; Cette plante porte encore, suivant les régions où elle habite, les noms divers de Goqué, Goyoferi, Raticolon, Cassion, Uialili, Barolili, Garaboubine, Bachunkarieo, Abolo et Paqué.
et obliques se détachant à angles très aigus de la côte ou nervure médiane. Surtout à l’état jeune, ces feuilles sont bordées de poils nombreux, uniccllulaires ; leur gaine est fendue, velue sur les bords, et notamment au point de jonction de cette gaine avec la feuille, où il existe un véritable stipule auriculé (slip.).
Inflorescence terminale en épi dense dans lequel chaque fleur est enveloppée d’une bractée verte spathiforme. Ces feuilles transformées sont de plus en plus courtes et rapprochées les unes des autres à mesure qu’on s’avance de la base vers le sommet de l’inflorescence.
Chaque bractée porte à son aisselle une seule ou plusieurs feuilles disposées en épis secondaires.
t Les fleurs ont un calice d’une belle couleur jaune orange (fig.2). Chacune d’elles porte sur les côtés de l’ovaire une petite bractée
Fig. 2. — Fleur zygomorphe entière A : ov , ovaire ; br, bractée qui l’entoure; se, calice externe; si, si', si", calice interne; syn, synème; b, fente do tube synémique; fi, filet; ét, étamine. — B, fleur après la chute des enveloppes ; ov, ovaire ; se, traces du calice ; sto, stylodes ; sty, restes du stylo. 3/1
Fig. 3. — Bouton floral de la fleur zygomorphe ; ov, ovaire; sta, staminodes; ét, étamine ; si, grand sépale interne. 5/1.
Fig. 4. — Stigmate de la fleur zygomorphe ; sty, portion terminale du style; stg, cupule stigmatique ; ps, papilles stigmatiques. 30/1.
opposée à la grande bractée spathiforme. Le calice externe qui enveloppe l’ovaire est jaunâtre; il se termine supérieurement par trois dents inégales. Le calice interne jaune orange comme tout le reste de la fleur, revêt la forme d’un tube cylindrique, courbe sur la plus grande portion de son étendue, et se. termine par trois sépales, dont un postérieur concave, très développé, inséré supérieurement sur le tube (si) calicinal, et deux antérieurs allongés, mais plus courts que le sépale postérieur, plans et en forme de lanières aiguës (si' si").
La rangée extérieure des étamines est représentée par deux staminodes externes et antérieurs superposés aux sépales internes antérieurs, plus longs que ceux-ci, mais de forme similaire (sta). La rangée d’étamines internes est formée : 1’ par un synème peu développé, pendant, bilobé, à deux lobes égaux (syn), dont la base remonte vers la partie supérieure de la fleur pour se souder avec l'étamine unique, de sorte que l’orifice du tube est oblique (/>); 2° par une étamine fertile dont le filet étroit, subulé, très allongé (fi), courbé en faucille, canaliculé, se termine supérieurement par un connectif qui porte l’anthère très développée, en déborde les loges et en suit les contours, leur formant ainsi un cadre(fig. 5). Ce connectif élargi, plan, quadrilatère, porte à chacun de ses angles (apc) un appendice calcariforme, sinueux, terminé en pointe. Ces quatre appendices, dont deux sont en haut et doux en bas de l’anthère, enroulés en tire-bouchon, se développent tardivement, car il n’en existe pas de trace dans le bouton floral (lig. 3). Celui-ci revêt transitoirement l’aspect (s) et, présente la constitution qui sont définitifs et fixés dans les fleurs do Catimbium .
Le style filiforme est encastré dans le filet (fig. 4); il insinue son sommet entre les deux loges de l’anthère et vient s’épanouir en un stigmate concave (sty), infundibuliforme, dont les bords et la face interne sont garnis de papilles très développées (ps).
Fig. 5. — Anthère de la fleur zygomorphe; fi, filet; sty, style ; stg, stigmate infundibuliforme ; a, loges de l’anthère : e'pe, expansion du connectif en un cadre ; apc, appendice calcariforme stamino-connectival. 30/1.
L’ovaire infère est à une seule loge, les cloisons qui devaient former les trois loges normales dans cette famille ayant avorté et n’étant plus représentées que par des traces attenantes aux parois internes de l’ovaire. Les ovules ont avorté complètement, à l’exception d’un ou de deux qui subsistent au fond de l’ovaire : l’un d’eux, en se développant et se soudant avec, forme la substance du bulbille. L’ovaire se termine supérieurement par les dents du calice externe (se), par le style long cl. subulé (sty) et par deux stylodes courts, allongés, étroits ot sinueux (sto). Les parois de l’ovaire sont recouvertes de poils dans le jeune âge, ils tombent de bonne heure, et leur cellule basilaire se soulève en papilles qui recouvrent plus tard le bulbille (fig. 6).
Cette plante a fleuri deux années de suite (1889 et 1890) en serre chaude au jardin botanique de Marseille; jusqu’ici, elle n’a pas donné de fleurs féconde s.
Dr Ed. Heckel.
(A suivre).
DESCRIPTION DE LÉPIDOPTÈRES XOEYEAEX
Theages Merula n. sp. 37 millimètres. Supérieures noires à reflets bruns avec les nervures d’un noir profond et deux ombres noires transversales ; l’une plus large, centrale ; la seconde, indécise, dans la partie extérieure de l’aile. Inférieures à centre blanc, semi-transparent, bordées de noir, plus largement à l’apex et au milieu du bord terminal. Dessous des supérieures noir pâle, mat; dessous des inférieures comme le dessus, mais de teinte plus pâle. Nervures bien indiquées en noir dans les quatre ailes. Franges concolores. Palpes, corps, pattes et antennes de même couleur que les supérieures. Un o'’ pris aux environs de Loja, 1889.
Hydrias Globulus n. sp. 26 millimètres. Supérieures très arrondies à l'apex et à l’angle interne; inférieures également très rondes. Dessus des supérieures gris cendré; une ligne courbe de six points part du bord interne pour se perdre vers le milieu de l’aile, les doux ou trois premiers de ces points sont blancs et bien marqués, les autres sont à peine distincts. Un point noir avant l’apex. Dessus des inférieures gris plus pâle, uni. Franges grises entrecoupées de teintes plus foncées. Dessous des quatre ailes gris uni avec un reflet plus foncé à la côte des supérieures. Tète, antennes, corps et pattes concolores avec quelques poils blancs au collier, au thorax et aux pattes. Un et' des environs de Loja, 1890. Collection Druce,un spécimen provenant de Sarayacu, Équateur.
ltrotis Studios:» n. sp. 40 à 45 millimètres. Supérieures
pointues à l'apex avec le bord ten
quatre ailes brun lerri ochracées; les supér
peu ar
•ondi.
ivec de nombreuses et fines strie?
par deux lignes
• tiers de l’aile, très ;
l'apex
presque parallèle au bord terminal. Entr côte est teintée de ferrugineux ligné de 1 taches jaunes sont placées en dehors de la ;
dont l’extrémité est également jaune. Les inférieures ont cellulaire blanc et sont traversées par une ligne arondulée, faisant suite à la seconde des supérieures. Dessous des supérieures gris strié de brun, lavé de jaunâtre à la côte avec une très large bande terminale brun ferrugineux et un point cellulaire. Dessous des inférieures jaune ochrc strié de brun, avec un point cellulaire à centre blanc et une ligne médiane brune. Franges brunes. Cinq o” des environs de Loja, 1890.
Ypsipctes Simulator n. sp. 38- millimètres. Dessus des supérieures brun vineux, plus clair dans la partie supérieure de l’aile et marqué de différentes taches brun très foncé, savoir : une grosso tache extra-basilaire en forme de triangle mal formé et dont la base touche au bord interne, une tache cellulaire plus petite formant croissant, trois points le long de la côte, puis enfin, au delà de la cellule, une série transversale de taches dont les trois premières partant de la côte se tiennent, celles-ci sont suivies de deux plus petites, détachées, et, enfin, de trois autres en forme de coins, également détachées et dont la dernière n’atteint pas le bord interne. Franges brun vineux. Dessus des inférieures gris cendré uni. Franges gris blond. Dessous des supérieures gris, la côte d’un rose vineux est marquée de points noirs et d’une tache jaunâtre à l’apex. Dessous des inférieures rose vineux très largement bordé de brun noir et traversé de deux lignes brunes, la secor guée. Il est probable que cette espèc
pécnnes. varie beaucoup. Un spécimen des environs LOj“’ 1890- P. Dognin.