‹ Le Naturaliste (volume 2)Chapitre 23 sur 240 · OISEAUX, REPTILES, BATRACIENS · texte numérisé non relu

OISEAUX, REPTILES, BATRACIENS

Oiseaux. — Les Oiseaux échappent surtout au froid par leurs migrations; les espèces des régions polaires arrivent dans nos pays ; celles de nos pays s’en vont dans le Midi. Les espèces qui restent conservent pendant tout l’hiver une certaine activité ; il n’en est que très peu qui restent blotties dans leurs retraites. Les Cailles, les Hirondelles, etc., sont Surtout célèbres par leurs longs voyages ; elles n’attendent pas l’abaissement de la température, elles le préviennent: aussi, lorsque leur départ est précoce, on en conclut habituellement qu’il y aura un hiver rigoureux ; cette prévision, notons-le en passant, est loin d'être toujours vérifiée. Les Cailles, malgré leur lourde apparence, vont jusqu’en Afrique et en Asie- Mineure; les Hirondelles, dans les pays qui bordent la Méditerranée; il en est, paraît-il, qui poussent jusqu’au Sénégal.

Ces longs voyages sont extrêmement pénibles pour ces animaux, et un grand nombre périssent de fatigue pendant la route; lorsqu’ils arrivent à destination, ils sont

tellement exténués qu’ils fournissent une proie facile aux chasseurs et aux oiseaux carnassiers. Dans le Roussillon, c’est surtout à leur retour au printemps, qu’onles chasse au filet; sur les flancs des collines, on dresse de longs filets verticaux, dont l’extrémité est tenue en main par un guetteur : les oiseaux qui longent le bord de la mer vont donner tête baissée dans les mailles; le chasseur abaisse le filet et s’empare des malheureux captifs, qui subiront un engraissement spécial avant d’être livrés à la consommation.

Sauriens. — Dans nos régions, les Lézards et les Serpents passent tout l’hiver engourdis, blottis au fond des retraites les plus profondes qu’ils puissent trouver ; ils n’en sortent qu’au printemps, très amaigris et encore si lents que leur capture est facile. Les Tortues terrestres (Testudo græca), que l’on élève souvent dans les jardins, se creusent une sorte de terrier peu profond, où elles se réfugient pendant toute la saison froide. L’hibernation est loin d’être aussi impérieuse pour ces animaux que pour les' Mammifères; lorsqu’on les maintient à une température convenable, avec une nourriture suffisante, ils l’estent parfaitement actifs pendant toute l’année.

Batraciens. — Tous nos Batraciens hivernent; ils se retirent sur le bord des mares, dans des trous plus ou moins profonds, ou dans les bois, sous des amas de feuilles mortes et y restent jusqu’au retour du printemps. C’est à des Batraciens ainsi hibernés dans des vieux murs, des ruinep, etc., que se rapportent toutes les légendes des crapauds et des Salamandres vivant depuis des années, enfermés dans des pierres ; cette croyance est enracinée solidement dans la plupart de nos campagnes; pour ma part, j’en ai souvent entendu citer des cas prétendus authentiques ; tout ce que j’ai pu en voir, c’est la pierre ou l’animal, mais jamais les deux ensemble.

Comme chez tous les animaux engourdis, la respiration pulmonaire devient presque nulle ; la respiration cutanée suffit amplement aux besoins de l’hématose. Les Batraciens présentent un organe spécial de réserve, qu’on appelle le corps adipeux surrénal : il est placé auprès du rein ou des organes génitaux, et a une forme plus ou "moins ramifiée. Pendant l’été, les Batraciens mangent avec avidité, et une bonne partie des matières assimilées s'accumule sous forme de globules graisseux dans cette glande de réserve, qui devient alors d’un beau jaune orangé, et prend un grand développement. Pendant toute la période d’hibernation, c’est sur cette graisse que vit l’animal ; c’est aussi à ses dépens que se forme la masse considérable des organes génitaux, qui arrivent à maturité avant que le Batracien ait pu reprendre de la nourriture. Si cet organe n’est pas suffisamment bourré de graisse, les glandes génitales ne peuvent arriver à maturité, et souvent même les Batraciens meurent pendant la période d’hibernation, considérablement amaigris.

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