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LES MICROBES

Le vent est aux microbes! on en voit partout. Il n'est pas une des affections dont souffre la pauvre humanité, qui ne reconnaisse, à tort ou à raison pour cause, un microbe. La rage, la fièvre intermittente, le choléra, la pneumonie, le tétanos, etc., sont d’origine microbienne. Aussi la nouvelle édition de l’ouvrage du Dr Troussard sera-t-elle certainement la bienvenue.

Le mot Microbe, qui n’est peut-être pas d’une correction parfaite — car les êtres auxquelles on l’attribue sont caractérisés par une puissance de vie vraiment extraordinaire — proposé par l’illustre Sédillot, a tout au moins le mérite de ne rien préjuger quant à la nature animale ou végétale des productions auxquelles il s'applique. On y fait rentrer en effet des Bactériacées tout aussi bien que des Sporozoaires.

L’auteur, après avoir consacré quelques pages à des généralités sur les champignons, étudie plus particulièrement les espèces, encore peu connues dans leur évolution, qui vivent en parasites sur la peau et les muqueuses de l’homme et des animaux. Eu premier lieu viennent les Teignes, maladies éminemment contagieuses, grâce à la facilité de dissémination des spores des champignons qui en sont la cause. La teigne faveuse attribuée à l’.lcàorion Schœnleinii, la Teigne tondante ( Trichophyton tonsurans), fort voisines l’une de l’autre, paraissent appartenir à la même classe que les Oidium, c’est-à-dire à des formes de champignons plus élevés en organisation dont le développement n’a pas encore été suivi. Le Microsporon furfur, la crasse parasitaire, rapportée au nouveau genre Malassezia dans un traité de botanique, qui en bien des points ne paraît pas s’étre tenu au courant de la science actuelle, se différencierait des champignons delà pelade et de l’alopécie par la présence d’un mycélium qui manquerait dans les deux autres. Le Muguet que MM. Linossier et Roux ont récemment étudié par le procédé des cultures, semblerait d’après ces observateurs différent des Saccharomyces dans lesquels on le faisait rentrer. Mais de ce fait qu’ils n’ont pas vu les spores endogènes, s’en suit-il infailliblement que ces dernières doivent man-

Les principaux ferments sont examinés au point de vue de leur nature et de leurs effets qui ne sont réellement connus que depuis les admirables travaux de Pasteur dont les premiers datent de 1857. Les fermentations ont lieu sous l’influence d’agents physiques ou chimiques qui n’agissent généralement qu’avec lenteur tandis qu’elles se produisent rapidement au contact des levures. Les levures appartiennent au genre Saccharomyces, de l’ordre des ascomycètes. Le Saccharomyces ellîpsoideus le plus ordinaire des ferments du vin, n’est pas le seul qui

1) Les Microbes, les ferments et les moisissures par le Dr E. 1.. Trouessard (Biblioihèque scientifique internationale). Paris, F. Alcan, 1 vol. in-S, 2ti p. 132 f. 2" édition.

agisse dans la fermentation alcolique; on y trouve encore le S. Pastorianus qui n’en diffère que par la forme de ses cellules, le S. conglomérats. Le S. apiculatus paraît très répandu dans la nature sur toutes les espèces de fruits, on l’observe dans les moûts de fruits en fermentation et dans les bières de Belgique. Ces levures passent l’hiver à l’état de spores dormantes (du moins le S. apiculatus) et Brefeld les a retrouvées dans les excréments des herbivores.

La levure de Bière ne mérite pas moins de fixer l’attention : c’est le type des levures, celle qu’on a le mieux étudiée. Celles du pain paraissent nombreuses. Outre le S. Minor, Peters en a signalé une autre encore innommée, trois bactéries et deux bacilles dont l’action n’a pas encore été bien mise en lumière.

Les Microbes Bactéries sont actuellement, pour la plupart des botanistes, considérés comme des algues. Leur structure les rapproche des Phycochromacées, des Qscillariées particulièrement auxquelles elles se relient étroitement. On connaît maintenant des Bactériacées colorées en vert ce. qui les rapproche encore des autres algues bleues dont elles ne se distinguent réellement que par leurs spores endogènes. La question du mouvement des Bactériacées a Soulevé bien des discussions : on l’a attribué à la présence de cils analogues à ceux des zoospores, qui formeraient un organe propulseur. Des observations bien faites ont démontré qu’il n’en est rien et que le prétendu flagellum est formé tout simplement par la membrane de la cloison moyenne, gélifiée, qui s’étire et se rétracte au moment de la séparation des cellules. Leur mode de locomotion ne présente aucun rapport non plus avec celui des flagellés et des infusoires. Quant à l’hypothèse de M. Zopf, d’après laquelle une même espèce d’algue se présenterait tantôt sous forme d’un végétal vivant librement grâce à son protoplasma pourvu de chlorophylle, tantôt en parasite incolore fonctionnant aux dépens de matières antérieurement élaborées, il est inutile de s’y arrêter.

Les Bactériacées ont été réparties en un certain nombre de genres; mais leur polymorphisme doit faire considérer ces genres comme étant la plupart provisoires ou artificiels. Bien des formes doivent passer des Bacierium aux Bacillus et inversement.

Les fermentations produites par des Bactériacées sont nombreuses. Celle du vinaigre est une des plus anciennement connues et des mieux étudiées. La fermentation lactique est due à une Bactérie; celle du lait de jument qui produit le Képhir à un Dispora; celle de l’urine à un Micrococcus; celle du beurre à un Bacille qui est devenu pour certains bactériologistes le type du genre Clostridium et qu’on peut considérer comme le meilleur représentant des Bactériacées anaérobies.

Les eaux sulfureuses renferment des Beggiatoa et de nombreux microbes qui ont été bien étudiés (quoique un peu trop distingués génériquement) par M. Winogradzky ; les Crenothrix recherchent au contraire les eaux chargées de sels de fer.

i Les Bactériacées chromogènes et photogènes sont intéressantes à étudier dans leurs effets, mais ce sont les pathogènes qui présentent une importance capitale au point de vue de la conservation de la vie. C’est dans ce groupe que les plus merveilleuses découvertes ont été faites : l’inoculation cl l’atténuation des virus. Le Bacille du charbon portera à la postérité le nom de Pasteur aussi bien que les inoculations antirabiques, la vaccination

contre le choléra de' poules, le rouget des porcs, la fièvre typhoïde des chevaux et ses beaux travaux relatifs aux maladies des* vers à soie.

Les Microbes spéciaux à l’homme sont fort nombreux et chaque jour on en voit étudier et décrire de nouveaux : le microbe desmaladiesde la bouche (Leptothrix buccalis ), celui de la salive de l’homme sain, de la carie dentaire, des fièvres paludéennes, de la fièvre récurrente et de la fièvre jaune, de la fièvre typhoïde, du choléra, des fièvres éruptives, du croup, de l’inlluenza, de la phtisie, de la pneumonie, de l’érysipèle et du tétanos, de la sueur des pieds, etc., sont successivement passés en revues, avec assez de détails pour que le lecteur puisse se rendre un compte suffisant de leur nature, de leur action, du traitement qu’il faut leur opposer.

Dans la plupart des cas, les Bactériacées pathogènes agissent surtout par les Ptomaïnes qu’elles sécrètent dans l’intérieur du corps; dans d’autre cas, elles se comportent comme des parasites qui se nourrissent et se multiplient aux dépens des liquides et des gaz de l’économie. Ces microbes ne sont pas non plus spécifiques, des espèces différentes pouvant engendrer des affections caractérisées par des symptômes et des lésions identiques.

Il a fallu, dès la première heure, se prémunir contre la nocivité des microbes : de la sont nés le pansement occlusif d’Alphonse Cuérin, le pansement aseptique de Lister, et les améliorations apportées à l’hygiène des ceux potables. Les filtres ordinaires d’abord, les filtres à microbes plus tard sont entrés de plus en plus dans la pratique journalière et ont rendu d’inappréciables services.

L’étude minutieuse des Bactériacées ne peut être faite avec fruit qu’avec des matériaux purs et par l’intermédiaire de réactifs micro-chimiques qui permettent de mieux distinguer leurs parties constituantes. Cette étude a donné naissance a une technique spéciale qui ne peut s’acquérir que par une pratique assidue et prolongée. Les cultures se font soit dans dès liquides stérilisés, soit sur des milieux solides tels que la gélatine, les œufs, les tranches de pomme de terre ou de carotte. Les priacipes colorants sont fournis par le carmin boraté, l’hématoxyline et la série des couleurs d’aniline. Des cultures successives ont établi la possibilité de l’atténuation des virus et leur transformation en vaccin au moyen de procédés variables . avec chaque espèce de Bactériacée : tantôt sous l’influence de la chaleur, tantôt sous l’action prolongée de l’oxygène de l’air, ou bien comme pour le virus de la rage en le faisant passer successivement par le cerveau d’un lapin et d’un singe, etc.

Les Bactériacées, nous l’avons dit, sont polymorphes et les genres établis doivent en grande partie être regardés comme provisoires. Il ne faudrait cependant pas aller trop loin et faire pour elles ce que M. Cocardas avait proposé pour les champignons en établissant son type Penicilium ferment, ou bien encore se rallier aux idées singulières de M. Zopf, établissant le passage des différents genre de Cyanophycées les uns aux autres après culture dans de l’eau... d’égout.

Des objections se sont élevées contre la théorie microbienne de l'origine des maladies, mais elles ont dû, quand elles ont été faites de bonne foi, s'effacer devant la réalité des faits. Les médecins l’on surtout combattue, car « à toutes les époques la médecine a tenu à ses vieilles traditions et n’a renoncé qu’avec peine à voir dans la maladie quelque chose de mystérieux comme au

temps de l’antique théurgie dont les devins et les sorciers modernes sont le dernier reste». Dans l’intéressant ouvrage dont M. le Dr Trouessard vient de nous donner une seconde édition, on trouvera esquissés les grands traits de la biologie microbienne. Nous sommes heureux d’assurer à l’auteur un légitime succès et nous l’en félicitons de grand cœur.

P. Hariot.

PRÉPARATION IlES POISSONS

( Suite et fin.)

Demi-poissons à plat. — L’empaillage des Poissons présentant certaines difficultés, on emploie pour leur conservation un procédé beaucoup plus simple et à la portée de tout le monde :

On ne conserve qu’un côté de l’animal, celui le plus brillant et le plus complet au point de vue des écailles et des nageoires, l’autre partie est enlevée complètement de même que toute la chair et les organes qui adhérent au côté à conserver; il reste donc après l’opération la pioitié de la peau; on l’applique sur un liège retenu tout autour avec des épingles et pour lui conserver la forme, on bourre entre la peau et le liège de la sciure de bois ou de la rapure de liège ; il faut avoir soin de soutenir les nageoires avec des épingles fixées sur le liège, les pectorales peuvent être appliquées le long du corps avec une bandelette de toile.

Lorsque la dessiccation est complète, on retire le Poisson et on l’applique sur un carton ou une planchette mince avec un peu de colle, tout autour de la peau.

Collection <le Poissons, — Cette collection exige des vitrines pour placer les sujets empaillés ; ruais les gros Poissons ne peuvent être, sans frais énormes, installés dans des armoires vitrées; il est d’usage de les suspendre au plafond de l’appartement ou de les placer sur le haut des vitrines. Quant à ceux qui sont renfermés dans des bocaux d’alcool, il suffit de ranger ces flacons sur les étagères, l’étiquette devra être placée de manière à ne pas masquer le contenu ; on devra aussi visiter fréquemment les flacons afin de s’assurer qu’ils ne se vident pas par l’évaporation de l’alcool.

Pour la détermination et la classification de cette collection on peut consulter :

1° L’ouvrage de M. Emile Moreau : Histoire naturelle des Poissons de France (1).

2° Celui de MM. H. Gervais et Boulart : les Poissons, (2).

Emballage et expédition de Poissons. —

Les Poissons placés hors de leur élément meurent rapidement asphyxiés. Lorsqu’on a recueilli des sujets que l’on ne peut préparer immédiatement, on peut néanmoins les conserver quelque temps en vie hors de l’eau : « Il suffit de mettre, en été, dans la bouche du Poisson un morceau de pain trempé dans de la bière ou du vin et l’envelopper légèrement dans de l'herbe fraîche ou de la mousse imbibée de la même liqueur; en hiver, remplacer le vin par de l’eau-de-vie et empaqueter dans de la paille ou du foin; la liqueur spirilueuse e étourdi le Poisson ; on a conservé des Carpes et des Tanches en vie pendant 15 à 18 jours et des Brochets pendant une dou-

(1) K. Moreau, Histoire naturelle des Poissons de France.

(2) U. Gervais et B. Boularl, Les Poissons, 3 vol.

zaine de jours. On leur rend la vie en les enveloppant dans un linge que l'on humecte graduellement après leur avoir ôté le morceau de pain et en les mettant dans l’eau fraîche. » (Capus.)

Lorsque veut conserver des Poissons pendant peu de temps, soit pour les emporter, soit pour les adresser à des correspondants, on peut les emballer dans des herbes fraîches, mais non humides. Les Orties sont employées de préférence.

Albert Granger.

L’HIBERNATION

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