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INVERTÉBRÉS

Les Invertébrés aquatiques, marins ou d’eau douce, éprouvent des variations de température moins brusques et moins étendues que sur terre ; toutefois, comme il leur est difticile et souvent impossible de se nourrir, ils n’en présentent pas moins comme les animaux terrestres, un hivernage plus ou moins long, dont les conditions sont malheureusement peu connues. Nombre d’animaux disparaissent de nos plages pendant l’hiver ou présentent des migrations avant cette époque. A un certain moment, il est impossible en Bretagne de trouver des Haliotides, ces élégants Gastéropodes à coquille nacrée; celte particularité a même donné naissance à une scie célèbre dans les stations zoologiques : on insinue à un novice qu’il serait bon de se renseigner auprès des marins, sur le jour du départ des Haliotides, pour pouvoir se procurer à temps ces animaux: généralement la réponse éclaire le débutant, et il lui en reste au moins le souvenir d’un fait biologique intéressant. Un grand nombre d’Opisthobranches, les Eolis, les Aplysia disparaissent aussi de la plage à un certain moment; les Molgules parmi les Tuniciers, présentent la même particularité à l’époque des vents d’Est, àRoscoff et à Portrieux. (M. de Lacaze-Duthiers.) On ne sait pas d’une façon exacte qu’elle est l’influence prépondérante dans ces déplacements : il est probable qu’ils sont surtout en rapport avec la reproduction, au moins pour la majorité d’entre eux.

Tuniciers. — Parmi les Tuniciers, il en est qui hivernent réellement; M. Giard a signalé le fait pour diverses Ascidies composées, Didemnum, Aplidi itm , M orchellwm,^ te . Le Morchellïum argus , pendant l’été, est une magnifique colonie d’un beau rouge orangé, comprenant un grand nombre d’individus en reproduction; vers le mois d’octobre (Roscoff) il change complètement d’aspect : les individus de la colonie périssent peu àpeu par les bords; les bourgeons s’arrêtent dans leur développement à l’intérieur delà tunique cellulosique, et comme chez les plantes, passent à l’état de bourgeons dormants ; ce sont eux qui, aux beaux jours, sont chargés de reformera nouveau la colonie. Un autre phénomène dont la cause est moins connue, également en rapport avec l’hivernage, c’est le développement exagéré des spiculés calcaire : ces corpuscules, de forme très élégante, se multiplient considérablement dans la tunique, au moment où les individus s’affaiblissent, et forment, des taches blanches sur le fond coloré de la colonie. Cette production exagérée des spiculés est peut-être en rapport avec une fonction de réserve, non élucidée jusqu’ici.

Insectes. — Les Insectes résistent à l’hiver sous ' trois formes différentes : tantôt ce sont les adultes qui hibernent, tantôt les larves ou les chrysalides ; mais le plus souvent ce sont les œufs qui sont chargés de renouveler l’espèce au retour du printemps.

Les Insectes adultes et les Chenilles qui passent l’hiver entrent en hibernation vers + 3° ou -}- 4° ; leur respiration est nulle ou très faible ; pendant ce temps ils vivent sur les réserves accumulées dans le corps adipeux. Un grand nombre de Chenilles se réfugient dans les fentes des arbres, sous les feuilles mortes ou dans la terre; aux premiers rayons de soleil, elles quittent leur retraite et se mettent à manger les plantes qu’elles rencontrent; à ce moment, il en périt un grand nombre, quand la végétation n’est pas suffisamment avancée pour suffire à leur nourriture. La résistance que les Insectes présentent au froid est extraordinaire ; les chenilles des Chélonides de Laponie supportent un hiver long et rigoureux ; des chenilles de Leucania ont pu être gelées (Boisduval, Ross) au point de se briser comme des morceaux de glace, et néanmoins elles ont donné des chrysalides et des papillons ; des chenilles de la Pyrale de la vigne, gelées jusqu’à six fois consécutives, ont survécu, etc. On voit donc qu’il ne faut pas compter sur les hivers rigoureux pour la destruction des Insectes nuisibles.

Les Abeilles sont plus sensibles; dès qu’il fait environ + 8°, elles ne sortent plus de la ruche. Quand la température s’abaisse, elles se rassemblent toutes les unes sur les autres, en formant un peloton serré qui conserve très bien la chaleur; Dubost cite une ruche dont la température était de — 5°, tandis qu’à l’intérieur du peloton le thermomètre marquait -j- 20°. Les abeilles périssent en grand nombre lorsqu’elles sortent trop tôt de. leur torpeur pour aller butiner, et qu’elles sont surprises par le mauvais temps.

Enfin, il y a beaucoup d’insectes qui éclosent en plein hiver ou qui conservent pendant cette saison la même activité qu’en été (Dytiques, Cousins, Tipules, etc.); les Podurelles ne se plaisent que dans la neige des régions glacées.

Les chrysalides présentent une résistance très considérable ; celles qui sont nues, c’est-à-dire non entourées d’un cocon, supportent jusqu’à — 20° (chrysalide de Picris brassieæ ); le Colias des montagnes est encore plus vigoureux.

Enfin, la résistance des œufs qui hivernent est encore plus grande. : tes œufs du Phylloxéra, de Liparis dispar, Bombyx neustria, Orgya antigua, de VAttacus Ya-Ma-Maï du Japon, etc., supportent les froids les plus intenses et les plus prolongés ; c’est ce qui explique pourquoi la Sibérie, malgré ses longs hivers, a, pendant son court été brûlant, une riche faune de Lépidoptères.

(.4 suivre.) L. CuÉXOT.

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du 5 janvier 1891. - JA .1. Letellier montre que le>

ul; miles de Kcbrr el de Grobbcn dos mollusques acéphales sécrètent do [l’acide hippurique, ce qui explique la réaction acide que Kowalevsky avait observée dans l’élimination du carmin ammoniacal par ces glandes.

JA A. Joubin, ayant étudié le mode de développement des chromatophores, des céphalopodes octopodes, arrive à cette conclusion qu’ils sont formés d’une partie essentielle, la cellule

ectodermique colorée, et de parties accessoires mésodermiques, ressemblant primitivement à des fibres musculaires et devenant plus tard conjonctives. « Quant à la terminaison nerveuse propre à chaque chromatophore, on peut, suivant M. L. Joubtn, la mettre en évidence sur l’animal vivant au moyen d’une préparation spéciale au bleu de méthylène. On voit alors avec la plus grande netteté le réseau nerveux cutané des chromatophores, dont chaque fibre se termine par un léger renflement appliqué centre la cellule chromatique, mais qui ne paraît point y pénétrer. »

M. R. Montez croit pouvoir établir l’identité de l’Atlantonema rio-ida (V. Siebold), parasite de différents coléoptères coprophages, avec l’anguillula brevispina. Cette espèce serait donc hermaphrodite et protandrique à l’état de parasitisme et sous forme d’individus aux sexes séparés à l’état libre.

M. A. de Grossouvre a reconnu dans la craie de Villedieu trois niveaux fossilifères caractérisés par trois faunes d’ammonites.

1°'a la base; le niveau à Am. Haberfellneri (petrocoriensis) , ■Vm Tricarinatus, Am. Bajuvaricus, Am. Moureti.

2« Au milieu, le niveau à Am. Serrato-Marginatus (Bourgeoisi).

3° Au sommet le niveau à Am. Syrtalis avec ses variétés (Am. Orbignyi, Am. Rib'ouri, Am. Guadaloupæ). En outre pour la position de la craie de Villedieu au lieu d’étre infé- ; rieurc au M. Cèr-testndinariûm elle lui serait supérieure et représenterait les assises à M. Coranguinum.

M. Kilian rend compte de ses études sur la constitution fèologique des chaînes alpines entre Mousticrs (Savoie) et Barcelonnette (Basses-Alpes). (Schistes gris lustrés, houilles, permien, trias.) Il est amené à conclure que les gypse, caro-neules inférieurs et supérieurs et calcaires de ce dernier terrain ne. sont que des modifications diverses d’un seul et même ensemble.

Séance (la 12 janvier 1891. — il. Faye, dans une note sur l’hypothèse du sphéroïde et sur la formation de la croûte terrestre attribue les soulèvements et les dislocations de 1 écorce terrestre à la différence de température entre les continents et les mers; différence qu’il formule par la loi suivante « a toutes les époques, le refroidissement du globe terrestre va plus vite et plus profondément sous les mers que sous les continents ...

M. S. Jourdain adresse une note sur l’intoxication par lus moules ; il pense que la mytilotoxyne n’est pas plus abondante dans les moules à l’époque du frai qu’à toute autre époque.

M. P. Lesage adresse une note sur la physiologie de la racine et M. A. Lothelicr une note sur l’influence de l’éclaircment sur la production des piquants des plantes.

il/. Ch. Yelain a reconnu dans les sables diamantifères recueillis dans la Laponie Russe (vallée de Pasvig) les cléments des roches éruptives (granités et pegmaUtes) et des Roches gneissiques de la Région. Il place le point de départ de ce minéral dans les pegmatites où M. Chaper a eu l’occasion de l’observer en place dans l’Hindoustan.

A. E. Ma. lard.

CHRONIQUE

Soutenantes de thèses pour le doctorat ès sciences naturelles. — M. Georges Roché a soutenu devant la Faculté des sciences de Paris deux thèses sur les sujets suivants : |re thèse. Contributions à l’étude de l'anatomie comparée des réservoirs aériens d'origine pulmonaire chez les oiseaux. — 2e Thesk.

tions données par

cul té

Bactrriacie

iochkt du bassin de Paris. M. Roché a été déclaré u.gno u «•«tenir le grade de docteur ès sciences physiques. — M. Arthus, préparateur de physiologie à la Faculté des sciences de Paris, a soutenu devant ladite Faculté doux thèses sur les sujets suivants: lre thèse. Recherches sur la coagulation du sang.— Oc thèse. Propositions données par la Faculté. M. Arthus a été déclaré digne d’obtenir le grade de docteur. — M. Maurice Thouvenin, professeur à l’École de médecine et de pharmacie de Besancon, a soutenu devant la Faculté des sciences de Paris deux thèses sur les sujets suivants : 1 “ thesk. Recherches sur la structure des saxifragacées. — 2e THESE. Propositions données par la Faculté : Zoologie : Organisation et développement des spongiaires. Géologie : Structure et composition géologique du Jura. M. Thouvenin a été déclaré di 'le grade do docteur ès sciences naturelles. — M. docteur en médecine, lauréat de la Faculté de médecine, soutenu devant la Faculté des sciences de Paris deux thèse

d’obtc

sur les sujets suivants : P e thèse. Recherches sur le développement de la rate chez les poissons. — 2° thèse. Propositions données par la Faculté : Botanique : Les tissus lignifiés. Géologie : L’éocène dans le bassin de Paris. M. Laguçsse a été déclaré digne d’obtenir le grade de docteur ès sciences naturelles.

Iuseetes nuisibles aux végétaux d’origine étrangère. —

M. L. Demaisons a communiqué la note suivante à une des dernières séances de la Société entomologique de France :

« Les végétaux d’origine étrangère, cultivés dans nos jardins, tels que le Noyer, le Catalpa, etc., sont souvent épargnés par les Insectes indigènes, et n’ont point à souffrir de leurs ravages. Mais celte règle est loin d’élrc générale et elle présente de nombreuses exceptions. Les horticulteurs connaissent les dégâts causés aux feuilles dos Cinéraires et des Pélargoniums par la chenille de Phlogophora meticulosa L., j'ai eu fréquemment l’occasion de les constater à Reims, dans une serre tempérée, même pendant les mois d’hiver où l’activité de cette larve ne semblait nullement se ralentir. J’ai observé aussi à Reims, durant plusieurs années de suite, les chenilles de trois espèces de Lépidoptères, un Bombyx, Liparis dispar L., une Noctuelle, Acronycta psi L,, et une Teigne, Carcina quercana F., vivant aux dépens de deuxpicds.dç, Néfliers du Japon ( Eriobothrya japonica), provenant de semis et cultivés en caisses. Les feuilles de cet arbre sont épaisses et coriaces, et il est assez étonnant que nos chenilles en aient fait si volontiers leur nourriture, •l'ai vu également des chenilles de Bombyx quercus, en captivité, manger de ces feuilles ; mais elles ne manifestaient point pour elles un goût bien prononcé, et semblaient leur préférer celles du Pommier et des autres arbres qui leur fournissent habituellement leur pâture. »

Mission scientifique. — M. Flamand, préparateur de minéralogie à l’École supérieure des sciences d’Alger, est chargé d’une mission géologique et minéralogique dans le Sud et l’Extrème-Sud de l’Algérie.

L'entomologie agricole. — Cette fois-ci, c’est de l’Australie que nous vient la lumière. Le gouvernement de la Nouvelle- Galles du Sud vient de créer au ministère de l’agriculture un laboratoire d’entomologie qui a pour mission d’étudier les insectes qui peuvent présenter quelque intérêt au point de vue de l’agriculture. Apres les Etats-Unis, l’Australie! Quand donc l’Europe se décidera-t-elle à entrer dans ce mouvement'?

(Jardin.)

BIBLIOGRAPHIE

£5. Thouvenin, M. Recherches sur la structure dès Saxifragacées, pl. I-XXII.

Ann. Sci. Nat. Bot. 1890, pp. 1-174.

S fi . Van Tieghem, Ph. Remarques sur la structure de la tige des Ophioglossèes.

Journ. de Bot. 1890, pp. 405-110.

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