NOUVEL APPAREIL
Pour capturer les cerfs des ménageries afin de leur couper les bois
En captivité les cerfs sont généralement méchants pour le gardien qui les soigne et même pour leurs congénères, aussi est-on forcé de leur couper les bois lorsque ceux-ci sont dépouillés de leur velours.
La grande difficulté consiste à prendre l’animal et à s’en rendre maître; cette opération, qui se fait généralement au moment du rut, est périlleuse surtout quand on a affaire à un sujet de grande espèce, qui joint à une
force extraordinaire une méchanceté dont on n’a guère l’idée.
Jusqu’à présent ont s'est contenté de prendre à l’aide d’une corde le cerf dont on veut couper les bois; ce n’est pas facile, l’animal ne se laisse pas toujours coiffer du premier coup et la corde ne s’enroule souvent que sur un andouiller ; quand l’opération est manquée, il faut attendre au lendemain et parfois recommencer plusieurs jours de suite.
J’àî donc pensé à faire un appareil pratique pour prendre (dans lesménageries, bien entendu) les animaux à cornes et les bêtes à bois. Cet appareil est en fer premier choix, c’est unevéritable tenaille dans laquelle on saisit un des bois du cerf et qui se ferme d’autant plus que l’animai tiré davantage sur la corde.
Pour se servir de l’appareil, le fixer au bout de son manche, en vérifier le fonctionnement en tirant sur la corde, l’ouvrir de toute sa grandeur, l’amener doucement auprès du bois ou de la corne afin de fermer le mors et retirer le manche.
L’animal ainsi amarré ne peut s’échapper, il n’y a plus qu’à tirer sur la corde pour l’amener où l’on veut afin de lui scier les bois Oh de lui embouler les cornes.
E. Sauvinet, Aide-naturaliste au Muséum de Paris.
Fig. 1. — Capture d'un Cerf à la ménagerie du Muséum de Paris.
Recherche et Préparation des Batraciens
(Suite.)
Préparation «les Batraciens. — Au retour d’excursion, le premier soin du naturaliste doit être de tuer les animaux qu’il a capturés ; les Batraciens peuvent être tués au moyen de l’éther ou de l’alcool ; l’éther est préférable parce qu’il agit d’une manière plus rapide ; pour augmenter son action délétère, on y ajoute de l’arseuic.
Deux procédés sont employés pour la conservation des Batraciens.
1° La conservation par voie humide.
2° L’empaillage.
Conservation par voie humide. — Ces animaux se prêtant fort mal à l’empaillage, on préfère généralement les conserver par voie humide : On commence par les laver soigneusement dans l’eau et par extraire les objets volumineux qu’ils peuvent avoir dans les intestins, ce qu’on reconnaît à un bourrelet plus ou moins gros formé par les corps étrangers qu’ils ont avalés. On les place ensuite dans des llacons remplis d’alcool réduit avec de l'eau distillée jusqu’à ce qu’il ne pèse plus que 40 à 45 degrés centigrades.
« Le liquide plus concentré, dit M. Lataste, les mo-
miefîerait et les rendrait méconnaissables ; du reste, il agit rapidement à travers leur peau nue. Après un certain temps de séjour dans les flacons, un animal s est parfaitement bien imprégné de la liqueur préservatrice et il peut se conserver indéfînimem sans altération. Mais, dans les débuts, il aura fallu plusieurs fois changer ou filtrer son bain.
La grande difficulté c’est le bouchage des flacons. L’alcool dissout les cires, les corps gras, attaque le liège, le caoutchouc. Pour un Musée ou une collection qu’on ne doit jamais remuer de place, on peut prendre des vases en forme d’éprouvette et les couvrir avec une rondelle de verre usée à l’émeri, ainsi que l’ouverture du flacon. On peut même se dispenser de cette dernière précaution et mastiquer avec de la cire à modeler, insoluble dans l’alcool, la très petite fissure qui sépare le flacon de son couvercle, ou même simplement envelopper la rondelle et le haut de l’éprouvette avec plusieurs doubles de feuilles minces d’étain, collées sur le joint avec une dissolution épaisse de gomme arabique et couvrir le tout d’un parchemin mouillé et tendu.
Mais pour une petite collection, destinée à changer souvent de local, ce procédé ne vaut rien. Il faut forcément user de bouchons de liège qu’il sera convenable de couvrir d’une feuille métallique. On choisira alors des flacons dont le goulot soit aussi étroit que possible, afin de diminuer la surface d’évaporation et l’on aura soin, de temps en temps, de réparer les pertes de chaque flacon par de nouvelles additions d’alcool. Les flacons à conserves, à bouchons de verre, rendraient de grands services s’ils avaient une forme convenable, car, avec de la cire à modeler, on peut compléter le bouchage et le rendre à peu près hermétique.
Quand on met un animal en flacon, il faut avoir soin de noter, avec la date et le lieu de capture, les couleurs de l’iris et même de la robe, car l’alcool les altère très vite. On conservera cependant beaucoup de teintes et de nuances si l’on tient les flacons dans un lieu obscur.
(A suivre.)