DEUX ESPÈCES NOUVELLES DE PLANAIRES AMÉRICAINES
Hydrolimax Itrnnens, n. sp. — C’est la seconde espèce du genre; la première a été décrite par Haldeman en 1841, sous le nom de H. griseus. Toutes deux vivent dans les eaux douces de la Pensylvanic ; cette dernière, dans les rivières Shuylkill et Delaware, en aval de Philadelphie ; l’autre, dans un petit ruisseau sortant du parc Fairmount de la même ville.
H. bruneus a été découverte en 1857 par le Dr Leidy, auquel nous devons les documents au moyen desquels nous caractérisons cette espèce. Elle mesure 19 millimètres en longueur et 3 millimètres en largeur. Le corps est allongé, très aplati, spatuliforme, obtusément tronqué en avant avec la région céphalique quelque peu étalée, tandis que la région postérieure se termine en une courbe elliptique, pour ne pas dire en angle aigu. Une paire d’ocelles d’un noir intense s’aperçoit à la base de la tête, qui est d’une teinte brunâtre claire, en opposition avec la couleur d’un brun noirâtre uniforme sur le reste du corps .
Pliagocata coronata, n. sp. — C’est pareillement la deuxième espèce du genre, la première ayant été décrite en 1840 par Haldeman, qui la nomma Planaria gracilis. Quelques années plus tard, Leidy en fit, avec raison, le type d’un nouveau sous-genre sous le nom de Phagocata. L’espèce est très répandue aux Etats-Unis, depuis le Massachussetts jusqu’en Pensylvanie, tandis que Ph. coronata habite plus à l’ouest, ayant été observée en nombre, par le Dr Leidy dans un ruisseau des environs du Fort Bridger (Wyoming).
Son aspect extérieur rappelle celui de P. gracilis à l’exception do sa coloration moins foncée. Mais tandis que cette dernière ne possède qu’une paire d’ocelles, P. coronata en montre une quantité considérable, disposés on traînée sériaire sur le pourtour de la tète et les côtés du cou en forme de diadème. Ils sont toutefois moins nombreux chez les jeunes que chez les adultes. Sa longueur est de 4 à 8 millimètres et sa largeur de 2/3 à 1 millimètre.
Une teinte fuligineuse uniforme recouvre tout le corps, plus foncée le long de la ligne dorsale que vers les bords.
Dr C. Girard (de Washington).
Recherche et Préparation des Batraciens
(Suite et fin.)
Empaillage. — ■ Nous avons dit que les Batraciens se prêtaient mal à l’empaillage et que leur préparation ne réussit pas toujours. Pour ceux qui préfèrent ce mode de conservation nous indiquons les procédés que l’on emploie ordinairement.
On pratique dans le ventre une fente longitudinale depuis la gorge jusqu’à l’anus ; avec le manche du scalpel, on dégage la peau des deux côtés et principalement vers le dos; on fait sortir la partie supérieure des cuisses et on sépare le fémur du tibia. Après avoir dépouillé l’abdomen, on refoule la peau vers la partie supérieure du tronc et on coupe chaque humérus à son articulation avec l’omoplate. On sépare ensuite la tête du tronc et on nettoie les membres et les os. La peau ne doit être détachée de la tête que jusqu’à l’extrémité du museau. On enlève la langue, les yeux, etc..., et on remplit les orbites de coton haché ; le museau et les mâchoires sont garnis d’étoupe et après avoir refoulé doucement le crâne de bas en haut, tandis qu’on tire la peau en sens inverse, on retourne la tête. On étend, à l’aide d’un pinceau, une couche de préservatif dans tout l’interieur, on bourre le corps avec de l’étoupe finement hachée, sans trop la comprimer, de manière à conserver à l’animal ses formes naturelles.
On coupe cinq fils de fer d’une grosseur et d’une longueur proportionnées à la taille et au volume de l’échantillon, deux de ces fils seront pour les pattes de devant, deux autres pour celles de derrière. Le cinquième fil est courbé en anneau à une de ses extrémités, tandis que l’autre est introduite dans le sommet de la tète ; on
Armature en fil de fer pour le montage d’une Grenouille.
réunit les fils de fer des jambes et on les fait passer dans l’anneau de la traverse du milieu; on y réunit également les fils de fer des pattes antérieures et à l’aide d’une pince, on assujettit ce squelette artificiel en tordant le tout ensemble; puis on achève de bourrer et on coud la peau (Capus). La couture doit être faite à points très rapprochés ; on peut la dissimuler en collant dessus une bande de papier fin, sur laquelle on passe ensuite une couche de la couleur du ventre de l’animal.
Quelques préparateurs emploient une méthode plus expéditive qui consiste à dépouiller l’animal sans faire d’incision dans la peau et à extraire par la bouche, le corps en un seul tronçon, mois cette méthode offre de grands inconvénients pour les Batraciens et n’est généralement pas employée.
Si on prépare un Batracien urodèle [Salamandre, Triton), on emploie le procédé que nous avons indiqué ; on ajoute simplement un sixième fil de fer que l’on passe dans la queue pour la soutenir.
Il ne reste plus qu’à fixer l’animal sur un socle en bois; on y pratique quatre trous suivant l’écartement des jambes et on y fait passer les quatre fils de fer que l’on fixe sous le socle en les recourbant; on donne au sujet une attitude naturelle, la bouche devra être bourrée légèrement avec du coton et maintenue fermée à l’aide de petites épingles; les yeux artificiels, que Ton devra toujours choisir de la couleur de ceux du sujet, seront fixés dans les orbites avec un peu de gomme ; puis, après avoir laissé sécher l’animal, on passera sur tout son corps une couche de vernis à l’alcool.
Collection de Batraciens. — Cette collection exige des vitrines pour y placer les sujets empaillés et des étagères pour le rangement des flacons contenant les animaux dans l’alcool. On peut joindre à chaque espèces les têtards et œufs qui lui appartiennent. On doit visiter fréquemment les flacons afin de remplir les vides produits par l’évaporation de l’alcool.
Pour la classification et la détermination des espèces on peut consulter l’ouvrage de Duméril et Bibron : Erpétologie générale ou histoire naturelle complète des Reptiles.
Emballage et expédition. — Lorsqu’on veut expédier des Batraciens à un correspondant, il n'existe guère d’autre moyen que celui de l’envoi comme échantillon par la poste ; on est quelquefois exposé, dans ce cas, à voir son colis refusé par tel ou tel bureau de poste ; mais on doit bien se persuader qu’on n’est pas en contravention tant que le contenu n’est pas de nature à détériorer les correspondances et il est très rare de voir ces envois refusés par la poste. Les animaux doivent être placés dans de la mousse, dans des herbes fraîches, et s’ils sont vivants on peut ménager dans un coin de la boîte une petite ouverture couverte en toile métallique. Lorsque les animaux ont été placés dans l’alcool avant d’être expédiés, il faut les éponger avec soin et, au besoin, les couler dans une enveloppe souple et imperméable.
Les larves de Batraciens peuvent être expédiées soit dans un flacon à moitié plein d’eau ét bouché, soit dans une boîte en fer-blanc contenant des éponges ou des étoupes bien humectées.
Les Tortues (chéloniens) ne réclament aucun soin particulier, même pour un trajet de plus de quinze jours.
Albert Graxgeb.