‹ Le Naturaliste (volume 2)Chapitre 71 sur 240 · LE MES0PL0D0N SOWERBYENSIS · texte numérisé non relu

LE MES0PL0D0N SOWERBYENSIS

les plaçant dans un pot de fleur, sur la terre, les recouvrant de quelles pierres et les arrosant quand la terre est desséchée par le soleil (Lataste).

Le Lézard vert et le Lézard ocellé se rencontrent surtout dans le Midi de la France ; leurs dents acérées peuvent faire une blessure désagréable. Pour s’en emparer il est

Fig. 5. — Lézard vert.

préférable de se servir d’un pistolet Flobert chargé à plomb ; en ne les visant pas de trop près on les tue sans les endommager.

Le Seps chalcide, assez commun dans nos départements méridionaux, est un animal absolument inoffensif qui recherche les prairies herbeuses et les endroits chauds; on peut le prendre avec un troubleàu comme les petits Lézards.

L’Orvet ( Anguis fragilis), très commun en France, cause une certaine répugnance par sa forme qui est celle des Serpents, mais il peut être manié sans danger ; toutefois il faut prendre des précautions pour le saisir, car son extrême fragilité lui a fait donner le surnom de Serpent de verre et sa queue se rompt au moindre choc. On le

( Cétacé Ziphioïde)

Parmi les acquisitions faites pour le Muséum d’histoire naturelle de Bordeaux par son regretté directeur, lo docteur Souverbie, une des plus récentes, et sans contredit la plus remarquable, est celle d’un squelette complet de ilesoplodon Sowerbyensis.

Le genre Mesoplodon fut créé par Yan Beneden pour des Cétacés Ziphioïdes, caractérisés par deux dents principales en forme de défenses, placées à la mâchoire inférieure ; c’est à ce genre qu’appartient le.V. Sowerbyensis, plus connu sous la dénomination de Dauphin de Sowerby. C’est, en effet, au célèbre conchyliologiste anglais Sowerby que Ton doit la première description de cette espece, faite d’après un sujet échoué sur la côte d’Elginshire, en Ecosse. Avant la création, du genre Mcsoplodon, ce cctacé reçut successivement les dénominations de :

Physeter bidens (Sowerby).

Delphinus Sowerbensis (de Blainv.).

Mesodiodon Sowerbyi (Duvernoy).

Ls rostre de ce cétacé est grêle et allongé, ainsi que la mâchoire inférieure ; les trois premières vertèbres cervicales sont soudées ensemble et les quatre- suivantes libres. Les vertèbres dorsales, au nombre do dix, ont les apophyses épineuses et s’élevant à mesure qu’on se rapproche des lombaires. Les côtes forment un total de dix paires. Le sternum est composé de cinq pièces successives, èchancrées à leur bord de contact, ce qui constitue des perforations intermediaires placées sur la ligne médiane.

Le Mesoplodon décrit par Sowerby portait vers le milieu du bord dentaire de sa mâchoire inférieure une paire do fortes dents triangulaires comprimées, à base allongée, à racine fortement implantée dans l’alvéole et dont la couronne faisait saillie hors de la bouche ; ces caractères ne sont pas aussi développés chez les autres exemplaires connus.

Les captures do ce cétacé, qui ne paraît pas habiter la Méditerranée, sont rares sur nos côtes océaniques : un Mesoplodon se perdit le 9 septembre 1825 â l’embouchure do la Seine, près du Havre, et fut décrit par de Blainville : le crâne seul a été déposé dans les galeries du Muséum de Paris. Un second individu échoua également en 1825 à la pointe de Sallenellcs (Calvados) : son squelette est conservé au Muséum do Caen. Depuis cctlc époque aucune capture de Mesoplodon Sowerbyensis n’est signalée sur notre littoral et M. lo Dr Fischer ne mentionne pas cette espèce dans son travail sur les Cétacés du Sud-Ouest de la France. L’exemplaire acquis récemment par le

directeur du Muséum de Bordeaux, et qui mesure près de cinq mètres, échoua sur la côte de Capbreton (Landes), au mois d'août 1888; son parfait état de conservation fait de ce sujet le spécimen le plus rare que nous possédions en France.

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