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ILE D'YEU

RapacEes. — La Crécerelle (Falco tinnunculus) est commune à l'ile d'Yeu. Elle niche dans les rochers du bord de la mer de la « côte sauvage » et dans les trous des murs de la citadelle. A la fin d’août et en septembre, il en arrive du continent qui doublent l'effectif de l'espèce, effectif qui diminue progressivement dès le milieu d'octobre.

Un autre rapace que l’on rencontre parfois dans les landes est le Busard Saint-Martin (Cürcus cyaneus). Il passe et repasse lentement, en quête d’une proie, audessus des ajoncs qu'il rase presque. Une fois seulement j'ai trouvé, dans ces mêmes landes, le Busard Harpaye (Circus.æruginosus), à la fin d'août.

L'Épervier (Accipiter nisus) est peu répandu en été, mais devient plus nombreux dans la seconde quinzaine de septembre par l'apport d'individus de passage.

De temps à autre apparaissent le Faucon commun où Pèlerin (Falco communis), le Faucon hobereau (Falco subbuteo), le Faucon émérillon (Falco lithofalco), mais ces apparitions sont assez irrégulières, quoique les oiseaux voyageurs attirent souvent à leur suite certaines espèces de rapaces nomades, tels que le Faucon commun, qui vivent d'eux le long de la route.

Comme oiseaux de proie nocturnes, je n'ai observé

personnellement que la Hulotte (Chat-Huant) {Syrnium aluco) et l'Effraye (Strix flanmea). Il paraît cependant qu'à l'automne passent en petit nombre le Hibou brachyote(Orus brachyotus) et le Hibou vulgaire (Otus vulgaris).

PASSEREAUX. — Dans un pays sans arbres, on ne doit pas s'étonner de l’absence des Pics, oiseaux généralement sédentaires ou simplement erratiques, mais j'ai trouvé dans l’ile un passereau zygodactyle très voyageur, le Torcol (Yunx torquilla), qui va prendre ses quartiers d'hiver en Afrique et émigre jusqu'au Soudan oriental. J'en ai tué un sur un prunier le 20 août.

Le Coucou gris (Cuculus canorus) se montre en assez grand nombre, un peu partout, dans les landes semées d’ajoncs aussi bien que dans les cultures et les bois de pins. Je n’ai vu que des jeunes de l’année et des sujets en livrée de seconde année, car on sait que cet oiseau ne revêt son plumage définitif qu'après plusieurs mues. Vers la fin d'août, ils avaient tous disparu.

La Huppe (Upupa epops), dont je n'ai pu observer que deux individus, arrive dans l’ile au commencement d’août et la quitte en septembre.

Les Corvidés sont représentés par quelques Corneilles noires (Corvus corone) et des Pies (Pica caudata).

De toutes les espèces de Pies-Grièches européennes, je n'ai rencontré que la Pie-Grièche rousse (Lanius rufus). J'en vis vers la fin de juillet, mais à partir du 21 août il y eut un véritable passage de ces oiseaux. La Pie-Grièche rousse quitte la France en automne et s’avance, dans ses migrations, jusque dans les forêts du centre de l'Afrique. )

On ne voit l'Étourneau (Sturnus vulgaris) que vers la fin de l'automne, il arrive en troupes qui se répandent sur les landes et les marais, mais ne s'arrêtent pas longtemps.

Les Fringillidés ne sont pas nombreux avant la seconde quinzaine d’août, à l'exception de la Linotte (Cannabina linota), dont la gaité et l'exubérance donnent un peu de grâce au site sévère de l'ile. Déjà, à la mi-juillet, ces gentils oiseaux forment de petites troupes, et en août commencent à se mettre en bandes qui augmentent à la fin du mois par de nouvelles recrues.

Le Chardonneret (Carduelis elegans) si répandu en face, sur le continent, dans les pins et les tamaris de Fromentine, mais dont je n'avais observé en juillet qu'un très petit nombre, devient plus commun en août. A la fin du mois, commencent à passer les Verdiers (Ligurinus chloris). Les islais leur donnent le nom de « Bruants », le véritable Bruant (Emberiza citrinella) leur est inconnu. Le Pinson (Fringilla cœælebs) est rare à cette époque de l'année, il faut attendre l’automne pour en voir quelques bandes de passage. Dans cette saison se montrent aussi lès Grocs-Becs (Coccothraustes vulgaris).

Les Alouettes des champs (Alauda arvensis\ peuplent l'île en toute saison, et il en arrive de grandes troupes en hiver.

On trouve deux espèces de Pipis, le Pipi des prés (Anthus pratensis) et le Pipi des arbres (Anthus arhoreus), ce dernier plutôt rare. Le Pipi des prés, au contraire, est très répandu à partir de la fin de juillet.

Des Bergeronnettes printanières (Budytes flava), des Hochequeues grises (Motacilla alba) arrivent en septembre, quelques-unes dans les derniers jours d’août.

J'ai vu chez un habitant des Loriots empaillés (Oriolus galbula), tués dans l’île, mais ce bel aiseau n’y fait que des passages irréguliers et rapides.

Pour un pays pauvre en bocages, le Merle noir (Tuwrdus merula) est assez abondant. Il se rattrape sur les jardins. Un propriétaire de Port-Joinville me faisait même des plaintes sur ses déprédations. Il accusait cet oiseau gourmand de « piquer » ses figues et ses prunes. Ces Merles maraudeurs nichent, mais il en vient d’autres de passage en automne, et avec eux des troupes de Merles à plastron (Turdus torquatus), et aussi des Litornes (Turdus pilaris), des Draines (Turdus viscivorus), des Grives communes (Turdus musicus).

‘Quelques Rouges-Gorges (Rubecula familiaris) et de rares Rouges-Queues tithys (Ruticilla tithys) dans les jardins ; en août, des l'auvettes grisettes (Cu:ruca cinerea) dans les ronciers, des Hypolaïs ictérines (Hypolais icterina) dans les tamaris, des Mouchets chanteurs (Prunella modularis) dans les haïes, c’est à peu | rès tout, en fait de Becsfins au gosier mélodieux.

Un oiseau intéressant à observer, au moment du passage, est le Traquet motteux (Suxicola œnanthe). L'ile d'Yeu, avec ses landes rocailleuses, ses dunes et ses rochers, lui convient merveilleusement. Aussi dirait-on que ces oiseaux s'y donnent rendez-vous. Déjà à la fin de juillet on en voyait beaucoup. Pendant tout le mois d'août ce fut un arrivage continuel de Motteux, leur nombre grossissait à vue d'œil et, dans les derniers jours du mois, l'ile en était encombrée. Ils débordaient sur les rochers de la côte et sur la plage de la Grande-Conche, envahissaient jusqu’aux brisants découverts par la marée, Bien que ces oiseaux soient peu sociables et s’évitent plus qu'ils ne se recherchent, ils étaient là, par la force des choses, comme tassés, attendant le moment du grand départ qui a lieu dans la seconde quinzaine de septembre.

Le 11 août commenca une migration abondante de Tariers (Pratincola rubetra). très accusée le 18, qui continua jusque dans le mois suivant.

Les Hirondelles rustiques (Hirundo rustica) et le Chélidon de fenêtre (Chelidon urbica) nichent dans l'ile, mais n’y sont pas en grande quantité.

Les Martinets (Cypselus apus), encore moins nombreux que les hirondelles, sont partis, le 10 aout.

Pendant l'été, jusqu'à ia mi-septemhre, des Engoulevents (Caprimulqus europœus) volent le soir au-dessus des landes.

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