LES PARESSEUX
Dans un autre ordre d'idées, l'isolement du Paresseux à collier, d’ailleurs rarissime, indiquerait peut-être une forme en voie d'extinction, tandis que les nombreuses différences de formes, espèces ou variétés des autres genres (une quinzaine par exemple pour le BRADYPUS) montrent qu'il s’agit de formes en plein épanouissement.
Les HAPALOPS du Santa-Cruzien devaient être des êtres semi-fouisseurs qui, vers la fin du tertiaire, ont du évoluer vers la vie arboricole par la disparition progressive des doigts 1 et v en même temps que s’allongeaient les doigts restants.
Le Nothropus priscus Burmeister a dû être un de ces termes de passage ayant conservé les caractères ancestraux du trou épitrochléen, du carpe et du doigt I, terme d’où a dû dériver l’Hemibradypus déjà absolument adapté à la vie arboricole, malheureusement le Nothropus prisceus n’est connu que par sa mâchoire.
Le passage de l'état semi-fouisseur des Paresseux Santa-Cruziens à l'état arboricole des Paresseux actuels paraît, de prime abord difficile à concevoir et l’on se figure malaisément les conditions biologiques qui ont pu déterminer des animaux lents et lourds à passer à des conditions d'existence pour ainsi dire diamétralement opposées. Une observation nous montre cependant que ce passage a pu s'opérer assez facilement. Il existe, en effet, d’autres êtres semi-fouisseurs, parmi lesquels une espèce est devenue grimpeuse, on peut citer notamment à ce propos les Pangolins. J’ai eu personnellement un de ces animaux eu captivité (Manis auritus) et j'ai dù m'en débarrasser par suite de la facilité trop grande avec laquelle cet animal s'élevait sur la cheminée ou sur les tables de l'appartement où je le conservais, en s'accrochant à des saillies dont le profil n'atteignait pas un centimètre. Les Cycloturus aussi sont-ils autre chose que des fourmiliers devenus grimpeurs ?
L’attitude des Paresseux, lorsqu'ils se trouvent sur les arbres, c’est-à-dire dans leur milieu naturel, est toujours renversée, c'est-à-dire que leur dosest tourné vers le sol.
Il-semble que jamais, soit en captivité, soit à l'état libre, ils ne cheminent à quatre pattes à la facon des Fourmiliers, pas plus qu'on ne les voit grimper aux arbres à la facon des singes. Pourtant les positions les plus variées leur sont données par les taxidermistes, les monteurs de squelettes ou les dessinateurs. Le plus souvent il leur serait impossible de les prendre.
Sur la terre ils progressent lentement et péniblement comme pourrait le faire tout animal arraché à ses conditions habituelles d'existence, une chauve-souris par exemple. Les faits rapportés par le botaniste Berthold, Siemann et M. Forbin, ingénieur, donnent, lorsqu'ils sont rationnellement interprétés, une idée de ce qu'ils peuvent faire à terre en liberté. L'un et l'autre racontent que des Paresseux captifs s’'échappant la nuit ont fait de 7 à 800 mètres en une nuit : un calcul très simple montre qu'il s’agit d'une vitesse ne dépassant guère, tout étant mis au mieux, mètre à la minute, ces animaux ne sont donc pas plus faits pour la marche sur terre que pour la natation et il est probable qu'ils ne descendent guère de leur gré des arbres, passant de l'un à l'autre en se servant plutôt des lianes qui les unissnt dans les sylves américaines.
Ils sont essentiellement arboricoles et tout leur organisme porte d’ailleurs les caractères de ce mode si spécial de vie, devenu chez eux en quelque sorte exclusif.
Leur locomotion est excessivement lente. Ils progressent suivant un mode diagonal, comparable, ainsi que l’a montré Anthony, à celui d'un trot au cours duquel Panimal ne perdrait jamais contact avec la branche -sur laquelle il progresse, et dans lequel, entre chaque demipas, les quatre membres seraient en contact avec elle : il n’y a donc pas synergie absolue entre les deux bipèdes diagonaux. Cette allure paraît en somme se rapprocher à ce point de vue de celle du Caméléon.
Muybridge en 1902 a fait d'intéressantes chromopho- 1ographies de la locomotion de ces animaux ; elles ont été interprétées par Anthony, et cet auteur, qui a pu observer à la ménagerie du Muséum d'Histoire Naturelle un Cholæpus, a donné les indications suivantes : « Cet animal n'arrive que très difficilement à gravir une branche verticale, et c'est sur une branche horizontale qu'ilavance le plus facilement dans la position sus-indiquée. C'est ainsi que les Tardigrades doivent cheminer normalement. Ses mouvements étaient peu étendus et ses membres paraissaient manquer de souplesse. La lète seule avait des mouvements assez rapides. » La position de repos du Cholæpus observé par Anthony était assez singulière : il se tenait suspendu par les quatre membres, laissant la tête apparaître entre eux.
Lorsque la branche esthorizontale, c'est-à-dire lorsque animal est dans sa position normale, les membres antérieurs ne jouent qu'un faible rôle dans la propulsion en avant, mais leur rôle acquiert de l'importance quand la branche est inclinée et que par conséquent, l'animal grimpe. Lorsque l’animal descend, il n’a pas besoin de contracter les fléchisseurs de ses membres antérieurs, la contraction des extenseurs des membres postérieurs est faible, c’est-à-dire que dans la descente l'animal profite de l’action de la pesanteur et que l’effert est employé à se retenir plutôt qu’à progresser.
Les Paresseux sont essentiellement phyllophages, se nourrissant des feuilles de l'arbre qui les porte. Ont-ils une préférence pour une essence plutôt que pour une autre? C’est ce que l’on ne sait pas exactement, bien que nombre de voyageurs aient constaté leur préférence pour les Cercopias.Ils sont frugivores à l’occasion et en captivité s’accommodent bien de fruits, de bananes par exemple.
Les poils des Paresseux, longs et hérissés, surtout sur le dos prennent parfois une couleur verte due à une algue microscopique. Cette coloration, qui disparait en captivité par suite de la disparition de l’algue, donne à l'animal l'apparence d’une branche couverte de Lichen vert. Cette ressemblance est encore accrue dans certaines espèces par la présence d’une tache claire, ovale, sur le dos, qui, lorsque l'animal est dissimulé dans le feuillage, prend absolument l'aspect de l'extrémité d’une branche rompue. L'homochromie absolue d’un Paresseux avec son habitat a été signalée par le D' Siemann, qui a remarqué qu’une espèce qui se rencontre au Nicaragua a toujours exactement la même coloration vert grisâtre que la Tillandsia usneoides, plante épiphyte commune dans la région, où elle est appelée « crin végétal ». S'il était démontré que cette espèce fréquente de préférence les arbres couverts de cette plante, ce serait un cas de mimétisme des plus
curieux entre le poil des Paresseux et la Tillandsia, et une bonne raison pour que ces animaux soient aussi parfaitement dissimulés et invisibles qu'ils le sont dans les ramures Où ils vivent.
Dr ETIENNE DEYROLLE,
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© TRAVAUX PRATIQUES DE BOTANIQUE
LES PLANTES VUES AU MICROSCOPE
Les poils ramifiés de la Quarantaine.
Préparation. — Enlever avec une pince ou un canif la mince pellicule transparente (épiderme) qui recouvre la feuille ou le pétiole de la Quarantaine, plante de jardin très répandue et qui paraît cotonneuse. Mettre ce lambeau entre lame et lamelle.
Ce qu’on voit. — On voit, à la surface, de nombreux poils ramifiés, simulant un peu des cornes de cerf. On voit aussi les cellules de cet épiderme et ses stomates
Les poils de l'Ortie.
Préparation. — En se servant d’une pince fine ou, à la rigueur, d’un canif, enlever la pellicule transparente (épiderme) qui recouvre la tige ou les feuilles, de manière à enlever, en même temps, quelques poils. Mettre ce lambeau ainsi isolé entre lame etlamelle dans une goutte d’eau.
Ce qu’on voit. — Les poils de l’Ortie se montrent remflés à la base et surmontés d’une pointe conique terminée par un petit bouton arrondi. Souvent celui-ci est brisé et alors le poil se termine par une pointe en biseau.
Les poils du Myosotis.
Préparation. — Arracher une des dents du calice du myosotis. Le placer à sec dans une goutte d’eau entre lame et lamelle.
Ce qu’on voit. — En examinant le bord de cette portion
de calice, on voit des poils clairs, formés d'une seule cellule et terminés en crochets recourbés et pointus. A un fort grossissement, on voit que la membrane du poil est plus épaisse au niveau du crochet que dans la partie cylindrique.
Les poils sécréteurs du Chèvrefeuille.
Préparation. — Couper le tube de la corolle du chèvrefeuille de manière à avoir un petit cylindre d'un demicentimètre de long. Fendre ensuite celui-ci en deux parties par une fente en long de manière à avoir deux sortes de petites tuiles. Placer l’une de ces dernières sur une lame de verre, de manière que sa face convexe soit en haut. Examiner au microscope sans mettre d’eau ni lamelle. Mettre au point sur le. bord de l’objet, puis faire varier la mise au point au fur et à mesure qu'on désire voir d’autres parties de celui-ci.
Ce qu'on voit. — On voit, à la surface de cette corolle, des poils sécréteurs, cylindriques à la base, mais terminés en haut par une boule rouge. Ces poils sont vus, les uns de côté, les autres de travers, d’autres par la face supérieure. Ces derniers paraissent circulaires.
Les poils massifs de l’Iris.
Préparation. — Sur les sépales de la fleur de l'iris ger manique (qui sont de la même couleur violette que les pétales), on remarque de nombreux poils jaunes, qui ressemblent un peu à des étamines, mais n’ont aucun rapport avec elles. Ces poils sont disposés comme les
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crins d’une brosse. En détacher quelques-uns avec des | contiguës est assez épaisse. Le contenu en est clair, dans
ciseaux et les examiner dans une goutte d’eau entre lame et lamelle.
Ce qu’on voit. — On voit que ces poils sont massifs, c’est-à-dire formés de plusieurs cellules, car leur surface présente un réseau de mailles, dont chacune correspond à une cellule. La base des poils est blanche. Le sommet est jaune très foncé.
Les stomates de la Jacinthe.
Préparation. — Faire pousser un ognon de jacinthe, soit dans la terre, soit dans une carafe spéciale, comme on le fait souvent dans les appartements. Prendre une des feuilles et enlever avec un canif ou une pince la mince pellicule (épiderme) qui la recouvre (soit à la face inférieure, soit à la face supérieure). Placer cette pellicule entre lame et lamelle dans une goutte d’eau, de manière que l’ancienne face libre soit en haut.
Ce qu'on voit. — On voit de nombreuses cellules dans le sens de la feuille; dans certaines, on distingue un noyau. Entre elles, il y a des stomates ovoïdes laissant au milieu un orifice, l’ostiole, apparaissant en noir. Les deux cellules qui forment ces stomates ont chacune la forme d’un rein et présentent des grains verts de chlorophylle, tandis que les cellules voisines en sont dépourvues et absolument claires (1).
Les stomates de l'Aucuba.
Préparation. — Les Aucubas sont très fréquemment cultivés dans les jardins et les parcs à cause de leurs larges feuilles luisantes. Prendre une de ces feuilles et la déchirer un peu obliquement. Ceci a pour conséquence d'isoler, par place, l’épiderme inférieur, qui apparaît sur
le hord de la déchirure sous la forme d’une pellicule.
transparente ; détacher avec des ciseaux un fragment de cette pellicule et l’examiner dans une goutte d’eau, entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit. — On voit de nombreuses cellules épidermiques ayant à peu près les mêmes dimensions dans tous les sens, c’est-à-dire non allongées comme dans
l'exemple précédent, et, entre elles, de très nombreux
stomates, faciles à distinguer par leur couleur verte et leur forme ovoide.
Les stomates du Cyclamen.
Préparation. — Enlever avec une pince ou la pointe d'un canif une portion de la mince pellicule transparente (épiderme)qui recouvre la face inférieure de la feuille du Cyclamen, plante fréquemment cultivée en pots dans les appartements. La déposer dans une goutte d’eau placée au millieu d’une lame de verre en faisant en sorte
‘qu'elle ne se recroqueville pas, c'est-à-dire reste bien
plane. Recouvrir d’une lamelle mince et appuyer lésèrement pour chasser les bulles d’air qui auraient pu être retenues par l'épiderme.
Ce qu'on voit. — Les cellules épidermiques se montrent avec un contour très irrégulier, mais étroitement réunies les unes aux autres. La membrane qui sépare deux cellules
(4) On peut faire des observations avec la feuille de maïs, la feuille de l’ognon, la feuille du poireau. Les dernières sont faciles à sé procurer au marché. Quand à celle de l'ognon, on peut en obtenir en mettant une bulbe à germer dans une carafe, tout à fait à la manière des bulbes de jacinthe. Pour les feuilles de maïs, on peufles prendre dans les champs ou en avoir, en toute saison, en faisant germer des grains de maïs dans du coton hydrophile humide (dans une chambre chaude).
quelques cellules il est franchement rose. Entre les cellules, on voit de nombreux sfomates, orientés dans des directions quelconques. Chaque stomate est formé de deux cellules en forme de rein et renfermant quelques grains verts de clolorophylle. [orifice qu'elles laissent entre elles est l’ostiole.
Tissu subéreux.
Le liège des arbres.
Préparation. — Se procurer de jeunes branches (fraîches ou conservées dans de l'alcool) de Chêne, de Sureau, d'Erable, ou d’autres arbres, ayant environ l'épaiseur d'un crayon. En se servant de moelle de sureau, y pratiquer des coupes transversales très minces. Observer celles-ci, dans une goutte d’eau, entre lame et lamelle. ;
Ce qu'on voit. — Dans la région périphérique, on voi£ des cellules spéciales se distinguant par les caractères suivants : {° elles sont vides, c'est-à-dire mortes; 2° leur membrane est brune; 3° elles sont plates et comme empilées les unes sur les autres, c’est-à-dire placées en files rayonnantes. C’est le liège.
Tissu scléreux.
Le selérenchume du gui.
Préparation. — Se procurer des tiges de gui fraiches ou conservées dans de l'alcool. Y pratiquer à main levée ou, mieux, dans de la moelle de sureau, des coupes transversales et des coupes longitudinales. Examiner dans une goutte d’eau, entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit, — Dans l'écorce, en coupe transversale, on remarque de petits îlots de cellules à paroi très claire et très épaisse : ce sont des ilots de sclérenchyme. — Il y a aussi beaucoup de sclérenchyme dans le cylindre central, mais, là il est moins bien isolé, parce qu'il y est mélangé de vaisseaux.
En coupe longitudinale, on voit que les îlots en question correspondent à des cellules très allongées dans le sens dela tige : ce sont des fiches.
L'inuline du Dahlia.
Préparation. — Recueillir des racines tuberculeuses de Dahlia (1), les couper en petits cubes et les mettre dans un flacon renfermant de l'alcool fort (à 90° par exemple). Au bout de quelques semaines seulement, retirer un fragment de l'alcool, et, à main levée, y pratiquer des coupes pas trop minces. Observer ces coupes au microscope dans une goutte d'alcool, entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit. — Dans les cellules on aperçoit de grosses boules constituées par de fins cristaux rayonnant autour d'un centre : ce sont des spaéro-cris{aur d'inuline. Ces boules sont quelquefois réunies à plusieurs. Parfois aussi, elles englobent plusieurs cellules à la fois.
Remarque.— En mettant la même préparation dans de l’eau (au lieu d’alcool), les sphéro-cristaux d’inuline disparaissent, parce que celle-ci est soluble dans l'eau. Ce n’est d’ailleurs que par le long séjour des racines dans l'alcool qu'ils apparaissent; à l’état frais, l'inuline ne se trouve dans les racines qu’à l’état de dissolution.
(1) À défaut, employer, de la même façon, les tubercules des Topinambours,
Les grains d'aleurone du Ricin.
Préparation. — Se procurer des graines de Ricin. Enlever à l’une d'elles la coque dure qui l'enveloppe. Dans la partie blanche que l'on isole ainsi et qui est surtout constituée par de l’albumen, pratiquer à main levée de minces coupes, que l’on place dans un gode contenant de l’alcool absolu. Au bout d’un quart d'heure environ, prendre une de ces coupes et la mettre dans une goutte de glycéririe,entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit. — Dans les cellules, on aperçoit de nombreux grains arrondis ou ovoides, transparents : ce sont les grains d’aleurone. Avec un fort grossissement, on peut arriver à voir dans chacun d’eux une sorte de boule réfringente, le globoïde, et, à côté de lui, un petit cristal de forme variée, le cristalloïde.
Remarque. — Si l'on n’a pas d'alcool à sa disposition, on peut mettre les coupes directement, entre lame et lamelle, dans une goutte de glycérine. Mais alors la préparation est moins nette, parce qu'il y a de l'huile dans les cellules. Cette huile, d’ailleurs, est facile à voir surtout au pourtour de la préparation, où elle forme des gouttelettes brillantes plus ou moins étalées.
L’Asparagine du Lupin.
Préparation. — Faire germer, dans une chambre obscure, des graines de Lupin blanc jusqu’à ce que la germination ait la hauteur d’un doigt. En se servant de moelle de sureau ou à main levée, faire des coupes pas trop minces dans la partie de la tige située au-dessous des cotylédones. Placer de suite ces coupes sur une lame de verre et déposer sur chacune d’elles une goutte d'alcool absolu. Observer au bout de quelques minutes au microscope sans ajouter de liquide et sans recouvrir d’une lamelle.
Ce qu'on voit. — Dans les cellules et tout autour de chaque coupe, on voit de petits cristaux d’Asparagine. Ceux-ci disparaissent si on ajoute une goutte d’eau. Si, au contraire, on chauffe un peu la préparation, les cristaux se transforment en gouttelettes d'apparence huileuse.
Le mucilage de la graine de lin.
Préparation. — Faire, avec un rasoir, des coupes transversales dans une graine de lin pincée fortement entre les deux morceaux d'un cylindre de moelle de sureau. Mettre une de ces coupes à sec entre lame et lamelle, Regarder au microscope. Puis, sans quitter l'œil de dessus l'objectif, déposer une goutte d’eau sur le bord de la lamelle, L’eau y pénètre instantanément par capillarité et arrive au contact de la coupe.
Ce qu’on voit. — Dès que l’eau vient au contact de la coupe, on voit celle-ci se dilater, notamment dans la partie périphérique, où les cellules épidermiques prennent des dimensions énormes, tout en montrant le mucilage dont elles sont remplies.
Méristème.
Le Méristème de la racine.
Préparation. — Faire germer des graines quelconques, de Fève, par exemple, sur du coton hydrophile humide, après les avoir laissées dans de l’eau pendant vingt-quatre heures pour les gonfler. Quand la racine a atteint une longueur d'un ou deux centimètres, la détacher et la mettre dans la moelle de sureau pour y pratiquer des
l'extrémité. Observer ces coupes dans une goutte d’eau entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit. — Toutes les cellules sont semblables et possèdent un gros noyau et une membrane mince : c’est ce qui caractérise un méristème.
Tissu épidermique.
La cuticule du Gui et du Houx.
Préparation. — Employer, frais ou conservés dans l'alcool, des feuilles de Gui, des tiges de Gui ou des feuilles de Houx. En se servant de la moelle de sureau, y pratiquer des coupes transversales, que l’on examine, entre lame et lamelle, dans une goutte d’eau.
Ce qu'on voit. — À la partie périphérique, les coupes sont limitées par une couche continue de cellules : c’est l’épiderme.. Lui-même est limité à la partie périphérique par une sorte de membrane transparente, souvent assez
épaisse, qui est la cuticule.
(A suivre.) HENRI COUPIN.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Le « sens de la direction » chez les Abeilles. Note de M. Gasrox BonNiEr.
On sait, depuis bien longtemps, qu'à une certaine distance de sa ruche, qui peut atteindre jusqu’à 3 kilomètres, une Abeille butineuse, ayant achevé sa récolte, retourne directement à son habitation.
D'éminents apiculteurs, tels que Langstroth, attribuent ce retour vers la ruche à la perfection des yeux composés des Abeilles qui leur permettrait de reconnaitre les objets à une très grande distance. D’autres auteurs supposent que les Abeilles, en retournant à leur habitation, reconnaissent par la vue les objets qu'elles ont remarqués en s’en allant, et retrouvent ainsi leur chemin. D’autres auteurs ont pensé qu’en allant au loin, ou en retournant à la ruche, les Abeilles sont guidées par un odorat très puissant dont le siège réside dans les antennes.
Des expériences variées prouvent d'une manière très claire que ce n’est ni la vue ni l’odeur qui permettent aux Abeilles de franchir directement une distance, ayant pour maximum ordinaire 2 km. 5, soit pour se rendre à un endroit déterminé, soit pour retourner à leur demeure.
La vue n’est pas nécessaire pour le retour des Abeilles au rucher : en effet on recueille un certain nombre d’abeilles à la récolte dans une région étendue où on sait qu'il n’y a qu'un seul rucher. En plaçant ces Abeilles dans une boîte fermée d'où on peut les laisser sortir une à une, à volonté, on se déplace et on se transporte à une grande distance, tout en restant dans un cercle ayant pour centre le rucher et un rayon de 2 kilomètres.
Arrivé à un endroit quelconque, on rend la liberté à une pre mière Abeille; on note la direction qu'elle a prise et on marque l’endroit d’où on l’a laissée partir; puis on va un peu plus loin, et on ouvre de nouveau la boite en permettant à une seconde Abeille de prendre son vol. La position du rucher se trouve à la rencontre des deux directions que les Abeilles ont prises en s'envolant.
Or, dans un cas, les Abeilles étaient enfermées dans la boîte pendant leur transport, et ont été rendues libres à des endroits éloignés de celui où elles butinaient sur les fleurs ; elles n’ont donc pu reconnaitre leur trajet par la vue des objets qu'elles auraient remarqués en venant de leur ruche; et, même en admettant que leurs yeux soient d’un presbytisme perfectionné, elles ne peuvent apercevoir leur rucher à travers les rideaux d'arbres, les bois ou même les coteaux qui les en séparent. :
On peut recommencer une semblable expérience, en passant. avec un pinceau, une couche de collodion noïirci sur les deux gros yeux composés des abeilles, et même, pour plus de prudence, sur leurs trois petits yeux simples; les butineuses; ainsi rendues aveugles, se rendent directement vers leurs ruches comme dans
coupes transversales dans la région la plus voisine de { le cas précédent.