IE SENS DE LA LUMIÈRE
et l'éducation d’un crabe.
Les Orabes ont tous une tendance à fuir la lumière du jour c’est-à-dire à présenter un phototropisme négatif. Le phénomène est particulièrement développé chez le Pachygrapsus marmoratus, beaucoup plus, en tout cas, que chez le Carcinus mœnas, le Crabe que tout le monde connaît. Mie Drzewina vient de faire à ce sujet quelques expériences intéressantes.
Dans une large cuve, dont la moitié, dirigée du côté d’une fenêtre, est recouverte d’un voile noir, on place cinq Grapses. Ils se rangent aussitôt sous le voile. On rabat le voile sur le côté opposé de la cuve ; au bout de cinq minutes, quatre Grapses sont déjà groupés sous le voile.
Dans les mêmes conditions, sur quatre Carcinus, un seul est passé dans l’ombre au bout de quinze minutes. De même que les Carcinus, les Grapses se tiennent, dans la journée, ,immobiles dans un coin obscur des aquariums ;la nuit, par contre, il y a un continuel va-et-vient. L’immobilité relative des Grapses et des Carcinus dans la journée ne tient pas seulement à leur phototropisme négatif., Si l’on recouvre d’un voile noir, dès le matin, la cuve où se tiennent plusieurs Grapses et Carsinus, malgré l’obscurité, ils restent immobiles dans leur coin jusqu’au soir.
On sait que de nombreux animaux sont «attirés » par
la lumière dans la nuit. Les Grapses jouissent, à ce point de vue, d’une sensibilité remarquable. Quand on place une bougie ou un bec Auercontre une des parois de la cuve, les Grapses viennent presque immédiatement grimper contre cette paroi. Vient-on à placer la bougie du côté opposé, les Grapses se retournent et se dirigent de nouveau vers la paroi la plus éclairée. On peut répéter plusieurs fois de suite l'expérience, toujours avec le même résultat. M1!° Drzewina a pensé qu'il serait commode de profiter de cette attraction, en quelque sorte irrésistible, des Grapses pour la lumière pour voir si ces animaux sont capables d’ « apprendre ». Le dispositif qu’elle a employé est des plus simples. Une cuve en verre de 55 centimètres de longueur, 28 centimètres de largeur et 36 de profondeur est partagée en deux par une cloison en verre où est ménagée, latéralement, une petite porte. Les Grapses étant dans la moitié A, sous un voile noire, on approche une bougie de la paroi B. Les Grapses aussitôt se dirigent du côté éclairé, mais ils buttent contre la cloison C et n'arrivent contre la paroi B qu'après avoir trouvé la porte. Or, il s’agit de
! voir si, et au bout de combien de temps, les Grapses
trouvent plus facilement la porte qu’au début.
Il est à noter tout d’abord que les Grapses neufs ne trouvent presque jamais la porte directement, si ce n’est par hasard.
Pendant de longs moments ils s’acharnent contre la cloison qu'ils essaient d’escalader; finalement ils longent la cloison et viennent près de la porte; il leur arrive de s’arrêter tout près, ou même contre celle-ci, sans passer aussitôt.
Voici, à titre d'exemple, quelques observations faites dans les conditions précipitées :
4er septembre, 11 heures du matin. 8 Grapses, pris la veille à basse mer, sont placés dans la cuve, sous le voile.
11 h. 50, quatre seulement sassent dans la partie éclairée.
Même jour : 9 h. 20 du soir. Bougie.
9 h. 21 : {cr passe après avoir heurtéla cloison. Deux autres butent.
9 h. 25 : 2e passe.
9 h. 35 : 3° passe après avoir heurté; les autre s’acharnent toujours entre la cloison.
9 h. 55 : 4e passe.
3 septembre, 9 h. 23 du soir. Bougie. Mêmes Grapses.
9h. 27: Quatre Grapses passent dans la moitié éclairée, dont deux directementet deux après avoir touché à peine la cloison.
4 septembre, 9 h.2% du soir. Mêmes Grapses.
. 24! 10’: 4re passe directement.
9 h. 24’ 20” : 2e passe directement.
. 25° : 3e passe directement.
9 h. 26 : 4e passe direteement.
Il est évident que les Grapses ont appris à passer à travers la porte. Ë
Il faut ajouter que dans l'intervalle, entre les observations indiquées, ils s’y sont en quelque sorte exercés, soit qu'ils y étaient incités, soit spontanément dans la nuit en particulier. Les Grapses « exercés » présentent souvent, dans leur passage à travers la porte, une assurance parfaite : quand, au moment où on éclaire l'aquarium, ils se trouvent du côté opposé à la porte, ils prennent aussitôt la direction en diagonale. Comme, d'autre part, la porte a été taillée assez étroite, de sorte queles Grapses de taille un peu élevée (2 à 3 centimètres) ne peuvent pas la passer de front, on les voit, au moment où ils s’approchent d'elle, faire un quart de tour, ce qui leur permet de la franchir latéralement d'un trait.
VICTOR DE CLÈVES
L’AGRIOTES OBSCURUS
Voici la description d’un insecte qui ravage les graminées en général et s'adonne aussi parfois à la vigne, comme l’a constaté M. Valery-Mayet, de Montpellier. C'est l’Agriotes obscurus.
Cet auteur a, en effet, étudié tout particulièrement l’Agriotes obscurus et voici la description qu'il donne de la larve de ce petit coléoptère.
« La larve, qui a les plus grands rapports avec celle du Taupin des moissons, est jaune, cylindrique, très
.grêle, c’est-à-dire longue, quand elle est adulte, de 18 à 19 millimètres sur 1 et demi à 1 trois quarts de large, ce qui explique les noins vulgaires de ver corde à boyaux et ver fil de fer. Non compris la tête, le corps est composé de douze segments, celui qui représente le prothorax plus long que les autres; le dernier ou segment anal est terminé par une petite pointe brune, chitinisée, portée elle-même sur une saillie en mamelon rembruni. On remarque au-dessus de ce dernier segment, à sa base, une paire de petits orifices ou faux stigmates dont on ne connait pas le rôle physiologique, mais que l’on ne trouve que chez les larves d’Agriotes. Ce caractère permet de les distinguer de suite de toutes les autres larves de Taupins. On ne peut appeler ces organes des orifices respiratoires. Schiodte leur donne le nom d’impressions musculaires. Les vraies stigmates respiratoires sont au nombre de neuf paires, l’une placée latéralement au-dessus du mésothorax, les huit autres sur les côtés des huit premiers segments abdominaux; quelques poils espacés, assez longs, garnissent le corps.
« La tête, au bord intérieur rembruni, est aplatie, à côtés presque parallèles, creusée en dessus dans sa partie frontale qui est bisillonnée ; le bord antérieur est muni de deux antennes de quatre articles dont le dernier porte un long poil et deux ou trois plus courts.
« Les mâchoires sont munies d’une paire de palpes de quatre articles de deux paires, si on considère comme un palpe le lobe saillant biarticulé. La lèvre porte une paire de palpes de deux articles.
« Les mandibules sont fortes, de couleur brune, fortement recourbées, munies d’une dent à leur bord interne qui est tranchant, ce qui en fait des tenailles meurtrières pour les jeunes tissus de la plante. Deux yeux simples ou ocelles rembrunies se voient de chaque côté à la base des antennes, les larves d’Elatérides étant d'ordinaire aveugles ; c'est là, avec les faux stigmates du segment anal,les meilleurs caractères pour reconnaître les larves d’Agriotes. »
Telle est la description de la larve de lAgriotes obscurus.
Quant à la nymphe, elle est blanche et de consistance molle, Ses antennes, ses pieds et ses ailes sont appliqués contre le corps, ces dernières sont repliées en avantsur le ventre.
L'abdomen est terminé par deux filets qui permettent à la nymphe de se mouvoir à l'intérieur de sa loge.
A l’état parfait, l'Agriotes obscurus mesure environ 9 millimètres de longueur.
Il est brun couleur de poix et recouvert d'une épaisse pubescence jaunâtre.
Sa tête et son corselet sont densément ponctués, celuici possède un sillon à sa base.
Ses élytres sont d'un brun plus ou moins roussâtre et
creusés de stries qui, comme le corselet et la tête, sont également ponctuées.
Les antennes sont un peu en massue et d’un brun rougeûtre. Les pattes sont aussi de cette couleur.
L’Agriotes obscurus se rencontre depuis avril jusque vers le milieu de l'été, assez abondamment dans les champs, les prairies, les bois et les jardins.
On le trouve, dit Mocquerys, à Sotteville, pendant l'hiver dans le terreau des saules creux, puis en fauchant le soir pendant l’été dans les prairies de Sotteville et de Quatre-Mares.
Rouget le signale également dans son catalogue des coléoptères de la Côte-d'Or, comme se trouvant aux environs de Dijon.
On rencontre fréquemment sa larve, dit Boisduval, en labourant et aussi dans les mottes de terre de bruyère, ce qui explique qu’elle peut se trouver introduite dans les pots sans y faire attention et ronger ainsi les racines des jeunes plantes.
Mais, comme je le disais plus haut, comme l'a constaté M. Valery-Mayet, ce coléoptère a causé des dégâts assez considérables aux viticulteurs du Midi.
Les dégâts, dit-il, ont été tels qu'ils atteignaient jusqu’à 90 % de la récolte et même 100 #.
Les bourgeons des greffes étaient presque tous perforés par les larves de l’Agriotes obscurus.
Lorsque celles-ci s’attaquent aux graminées, fait qui arrive malheureusement trop fréquemment, elles rongent le chaume à la base de l’épi, au point de faire tomber celui-ci.
Les plaintes en 1893, dit l’auteur cité plus haut, ont été générales et, comme nous le disions dans notre rapport au Congrès viticole de Montpellier (juin 1893), « les dégâts à l'Ecole d'Agriculture ont dépassé tout ce qui avait été observé jusque-là ».
Pour se débarrasser de cet ennemi si dangereux pour les cultures viticoles et agricoles, on pourra avoir recours au sulfure de carbone.
Puis je recommanderai aussi d'opérer pour la destruction des larves, comme je l’ai conseillé pour celle de l’'Agriotes segetis, par le procédé que voici :
Il consiste à mettre dans les parties attaquées par les larves des ronds de pommes de terre ou mieux de betteraves, les larves préférant cette nourriture y viennent en grand nombre et, en visitant le matin ce piège, on trouve des quantités énormes de larves qu'il est très facile de détruire.
L’alternance de culture et l'emploi des tourteaux de colza, pendant deux ou trois années de suite, donnent
aussi de bons résultats, parait-il.
PauLz NOEL.
TRAVAUX PRATIQUES DE BOTANIQUE
LES PLANTES VUES AU MICROSCOPE
La structure de ia racine de l'Iris.
Préparation. — Dans un jardin, déterrer avec soin la tige souterraine (rhizome) d’un iris, en ayant soin, en même temps, d'enlever les racines qui en partent. Laver le tout à grande eau pour enlever les particules de terre qui y adhèrent. Couper les racines et les employer telles quelles ou, mieux, conserver dans de l'alcool. En s'aidant
de moelle de sureau, y pratiquer des coupes transversales, que l'on observe dans une goutte d'eau entre lame et lamelle.
Ce qu’on voit. — Remarquer : 1° l'écorce ; 20 le cylindre central; 3° l’assise pilifére qui limite l'écorce à l'extérieur et qui est, d’ailleurs souvent détruite : elle est doublée à l'intérieur, par l’assise subéreuse; 4° l’assise la plus interne de l'écorce (endoderme) où les membranes des cellules sont épaissies en « fer à cheval », c'est-à-dire en dedans etsur les côtés ; 5° l’assise périphérique ducylindre central (péricycle), qui n'a rien de particulier; 6° les vaisseaux qui, dans le cylindre central, apparaissent comme autant de trous arrondis(les plus petits sont vers l'extérieur) et dont chaque groupe représente un faisceau ligneux; T° entre les faisceaux ligneux, des amas de petites cellules, qui constituent les faisceaux libériens ; 8° des cellules à parois épaisses qui comblent les intervalles de tous ces faisceaux et qui sont constitués par du sclérenchyme.
Remarque. — On aura avantage à traiter les coupes par la double coloration, ce qui colore en vert l’endoderme, les vaisseaux et le sclérenchyme, tandis que tout le reste estrose.
La naissance des radicelles.
Préparation. — Mettre pendant vingt-quatre heures dans de l’eau des graines de Lupin, de Pois, de Fève ou de Haricot. Puis les placer àla surface d’une masse de sciure de bois très humide placée dans une assiette creuse. Recouvrir d’une autre assiette creuse renversée ou, mieux, d’une cloche en verre. Quand les germinations ont donnée des racines de 5 à 10 centimètres, on peut utiliser celles-ci; pour cela, les laver légèrement sous un filet d’eau et s’en servir telles quelles ou conservées dans de l'alcool. En se servant de moelle de sureau ‘pratiquer de nombreuses coupes dans le centimètre de racine qui est situé au-dessous de la dernière radicelle visible. Dans ces coupes examinées, dans une goutte d’eau, entre lame et lamelle, on a bien des chances à voir des radicelles encore jeune et enfoncés dans la racine.
Ce qu’on voit. — Ces jeunes radicelles apparaissent comme autant de bosses du cylindre central. Elles prennent bientôt la forme d’un cône qui, pour sortir, doit percer l'écorce.
LA TIGE. — La structure de la tige du Petit Houx.
Préparation. — Se procurer des tiges de Petit Houx (Ruscus aculeatus) chez les marchands de bouquets où dans les bois. Les employer telles quelles, ou après les avoir conservées dans de l'alcool. À main levée, ou en se servant de moelle de sureau, y pratiquer des coupes transversales, que l’on examine, au microscope entre lame et lamelle.
Ce qu’on voit. — Remarquer: 1° l'écorce ; 2° le cylindre central; 3° l’assise qui limite, à l'extérieur, l'écorce et qui constitue l’épiderme, lequel est revêtu d’une cuticule ; 4° les autres cellules de l'écorce, qui renferment des grains de Chlorophylle; 5° les nombreux faisceaux libero-ligneux, qui, dans le cylindre central, y forment plusieurs cercles concentriques, comme chez toutes les autres Monocotylédones; 6° le liber, formé de petites cellules, que renferme chaque faisceau.
Remarque. — On aura avantage à soumettre ces coupe à la double coloration, tout le cylindre central se colore en vert, sauf le liber qui reste rose. L'écorce est rose.
La structure primaire de la tige des Dicotylédones.
Préparation. — Se procurer des tiges jeunes (pour cela faire germer des graines, de Bégonia, de Mercuriale, et les employer telles quelles ou, mieux conservées dans de l’alcool). Y pratiquer des coupes transversales, que l’on examine dans une goutte d’eau, entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit.— Remarquer surtout : 1° l'écorce, revêtue d'un épiderme; 2° le cylindre central, dans lequel il y a un seul cercle de faisceaux libero-ligneux. Dans ceux-ci, le Liber est en dehors et le bois (c’est-à-dire les vaisseaux) en dedans.
Remarque.— On aura avantage à soumettre ces COupes à la double coloration, les vaisseaux se colorent en vert.
La structure secondaire jeune de la tige des Dicotylédones.
Préparation. — Se procurer des tiges de Mauve, de Moutarde, de Berce (Heracleum sphondylium), de Chanvre, d’Ortie, de Lamier blanc ou d’autres plantes herbacées. Les employer telles quelles, ou mieux conservées dans de l'alcool. Y pratiquer des coupes transversales que l’on examine dans une goutte d’eau, entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit. — Remarquer notamment que, dans le cylindre central, les faisceaux libero-ligneux ne sont pas isolés, mais réunis par du liber et du bois (vaisseaux), de sorte qu'ils ne sont guère visibles que par des bosses que celui-ci présente du côté de la moelle.
Remarque. — On aura avantage à soumettre ces coupes à la double coloration, qui colore notamment les vaisseaux en vert.
La tige âgée des Dicotylédones.
Préparation. — Couper, dans les bois, de petits cylindres de toutes sortes d'arbres (Chêne, Bouleau, Charme, etc.), ayant environ comme épaisseur celle du pouce. Mettre ces cylindres dans des bocaux renfermant de l’eau additionnée d'acide phénique et ne les utiliser qu’au bout de quelques mois. Y pratiquer alors à main levée des coupes transversales, en rabottant leur surface, ne pas s'occuper de l'écorce. Examiner ces coupes dans une goutte d’eau entre lame et lamelle.
Ce qu’on voit. — Le bois se montre formé d’une série de couches concentriques, dont chacune correspond à une année. Chaque zone présente, en dedans, le bois de printemps, et, vers le dehors, le bois d'automne. Le premier contient de larges vaisseaux, tandis que le dernier n’en a pas ou n’en possède que de très petits. Observer aussi les rayons médullaires qui, suivant le rayon, traversent ces zones.
LA FEUILLE. — Le pétiole.
Préparation. — Se procurer des pétioles de Lierre, de Marronnier, de Peuplier, de Carotte, etc., et les employer tels quels, ou mieux conservés dans de l'alcool. Y pratiquer des coupes transversales, que l’on examiney: dans une goutte d’eau, entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit. — Remarquer, surtout, qu’il y a, tantô
des faisceaux libero-ligneux distincts, tantôt un anneau continu de bois. Mais, dans les deux cas, la symétrie est bilatérale par suite de l'inégalité des faisceaux ou celle de l'épaisseur de l'anneau.
Remarque. — Si l’on veut étudier ces coupes avec détail, il faut les examiner après les avoir soumises à la double coloration.
Le limbe.
Préparation. — Se procurer des feuilles coriaces (par exemple, de Houx, d’Aucuba, de Fusaiu, de Caoutchouc, de Laurier-rose d’'Eucalyptus, etc.) et les employer telles quelles (ce qui est préférable pour voir la couleur verte des grains de Chlorophylle) ou conservées dans de l'alcool. Vers le milieu du limbe découper un petit rectangle ayant, suivant sa ligne médiane, la nervure et, de part et d'autre, un demi-centimêtre du limbe. Mettre ce petit rectangle dans de la moelle de sureau et y pratiquer des coupes transversales très minces. Examiner celles-ci, entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit. — Le milieu de la coupe correspond à la nervure médiane; elle renferme du bois et du liber disposés de manière à avoir une symétrie bilatérale.
Les bords de la coupe correspondent au reste du limbe. On y voit : 1° L'épiderme supérieur ; 2° Le tissu en palissade, dont les cellules allongées sont apppliquées les unes sur les autres et renferment des grains de Chlorophylle; 3° Le tissu lacuneux, dont les cellules sont irrégulières, laissent, entre elles, de nombreuses lacunes remplies d'air, et renfermant des grains de Chlorophylle ; 4° L'épiderme inférieur (1).
Remarque. — Pour étudier avec plus de détail le limbe des feuilles, il faut soumettre les coupes à la double coloration.
LA FLEUR. — L'ovaire.
Préparation. — Se procurer des fleurs jeunes ou, du moins, pas trop âgées de Lis, de Tulipe, d'Iris ou d’Onagre, et en isoler l'ovaire que l’on utilise tel quel ou conservé dans de l'alcool. En se servant de moelle de sureau, y pratiquer des coupes transversales, que l’on examine dans une goutte d’eau, entre lame et lamelle,
Ce qu’on voit. — On voit l'ovaire comme creusé de trois où quatre cavités et, dans chacune de celles-ci, deux ovules anatropes. Remarquer dans ceux-ci : 1° le funicule, qui les rattache à l'ovaire; 20 les téguments qui les enveloppent; 3° le nucelle qui constitue leur partie centrale et, dans lequel, on distingue, parfois, le sac embryonnaire. — Dans les parois de l'ovaire, il y a des faisceaux libero-ligneux isolés.
L'étamine.
Préparation. — Se procurer des fleurs en bouton de Lis ou d’Iris. Les employer telles quelles ou conservées dans de l’alcool. En se servant de moelle de sureau, y pratiquer des coupes transversales dans la région que l'on sait être occupée par les anthères. Mettre tout ce que l'on à coupé dans un godet rempli d’eau. Avec un petit pinceau ou la pointe d’un canif, choisir les coupes d’anthères les meilleures (en négligeant les coupes des
(1) Dans le cas du Laurier-rose, celui-ci, en se repliant, forme des sortes de poches renfermant des stomates et des poils : ce sont des cryptes stomalifères.
sépales et des pétales faites en même temps) et les examiner dans une goutte d’eau, entre lame et lamelle. Ce qu'on voit. — Les anthères se montrent creusées de quatre cavités, les sacs polliniques, dans lesquels subsis- ” tent parfois des grains de pollen. Souvent ces sacs polliniques sont réunis deux à deux, de sorte qu'il n'y a, en tout, que deux cavités. Parfois, enfin, ces cavités sont ouvertes. — Les cellules qui constituent la paroi de l’anthère présentent des épaississements particuliers.
Le pollen.
Préparation. — Se procurer des fleurs fraîchement épanouies. Prendre avec des pinces fines (ou, à larigueur, avecles doigts) une étamine dont l’anthère est ouverte. En
. frotter le milieu d’une lame de verre, de manière que le
pollen y adhère. Recouvrir d'une lamelle sans mettre de liquide et examiner au microscope (1).
Ce qu'on voit. — On voit les grains de pollen, qui présentent généralement des ornements variés, notamment des pores et des plis. L’énumération ci-dessous indique quelques-uns des cas les plus intéressants à observer.
Ni pores ni plis : Renoncule.
Pas de pores et 1 pli : Nénuphar; beaucoup de Mono-
cotylédones.
a 2 plis: Calycanthe; Cypripédium.
— 3 — : Chêne; Gui; beaucoup de Dicotylédones.
— 6 — : Diverses Labiées.
— nombreux plis : beaucoup de Rubiacées.
Pas de plis et 1 pore : Graminées; Cypéracées. — 2pores: Colchique.
— 3 — : Onagrariacées; Urticées.
— 4 — : Balsamine; Raiponse.
— nombreux pores en ceinture : Bouleau; Orne.
épars : Convolvulacées ; Caryophyllées ; Malvacées.
3 plis et 3 pores : Composées.
6 plis et 3 pores : Lythracées.
Des boursouflures latérales : Pin.
Grains groupés à plusieurs : Mimosa.
— en masses : Orchidées.
La germination du pollen.
Préparation. — Faire fondre deux morceaux de sucre dans un verre d’eau. Prélever une goutte de ce liquide et la placer au milieu d’une lame de verre. Prendre d’autre part avec une pince une étamine ouverte de Narcisse et en toucher la goutte de manière que le pollen se répande à sa surface. Recouvrir d’une lamelle et attendre quelques heures ; si le liquide a une tendance à se dessécher, ajouter, de temps à autre, une goutte d’eau sur le bord de la lamelle, de manière que cette eau pénétre au-dessous de la lamelle. Observer ensuite au microscope.
Ce qu'on voit. — De place en place, certains grains de pollen présentent une base. Celle-ci, dans d’autres grains, est encore plus nette et se transforme en un fube pollinique plus ou moins long.
(1) Lorsqu'on aura examiné les grains de pollen, ainsi à sec, on pourra disposer une goutte d’eau sur le bord de la lamelle de manière que cette eau pénètre en dessous par capillarité. Dès que l’eau vient au contact des grains des pollen, ceux-ci se gonflent et leurs ornements deviennent parfois méconnaissables; ils éclatent aussi souvent.
Remarque. — On obtiendra de meilleurs résultats en procédant de la facon suivante : 1° Malaxer, entre les doigts, une boule de mastic et en faire un petit cylindre que l’on recourbe surlui-mêmeen circonférence;2° Placer cet anneau sur le milieu d’une lame de verre et appuyer un peu à sa surface de manière que celle-ci soit bien plane; 3° Déposer une goutte d’eau sucrée au milieu d'une lamelle (et non d’une lame, comme tout à l'heure); 40 Prendre, avec une pince, une étamine ouverte de Narcisse et en toucher la goutte de manière que le pollen se répande à sa surface; 5° Mettre une petite couche d’eau au fond de la cuvette limitée par le mastic; 6° Retourner rapidement, mais avec délicatesse, la lamelle de verre de manière que la goutte d’eau sucrée y demeure suspendue; 70 Placer cette lamelle sur l’anneau de mastic; 8° Laisser les choses en l’état pendant une heure ou deux; 9° Passé ce temps, examiner au microscope. On voit alors le pollen qui a germé à la surface inférieure de la goutte d’eau suspendue : on peut ainsi suivre tout la formation des tubes polliniques, qui, dans ces conditions, peuvent atteindre des dimensions considérables (1).
Les sporanges des Fougères.
Préparation. — Se procurer des feuilles de Fougères (par exemple le Polypode vulgaire si commun sur les murs) et choisir celles qui présentent de petits amas, généralement brunâtres à la face inférieure. Les employer telles quelles ou conservées dans de l’aicool. Avec une pince fine ou la pointe d’un canif enlever un fragment de ces taches et le placer dans une goutte d’eau entre lame et lamelle pour l’observer au microscope.
Ce qu'on voit. — On voit des sortes de sacs (sporanges) limités par delarges cellules brunes.Certaines de celles-ci forment une sorte d’anneau autour de chaque sporange etsedistinguentpardes parois très épaisses enfer à cheval, ‘c'est à dire suivant trois faces sur quatre. — Certains de ces sporanges out été écrasés par la lamelle et laissent alors échapper des spores, petits corps brunâtres, généralement arrondis.
Remarque. — Si l’on met les sporanges, non dans l’eau, mais dans une goutte d'alcool, l’anneau, au lieu de former un arc de cercle, se redresse et fait craquer tous les sporanges. Ce phénomène est dû à ce que l’alcool dessèche le sporange et fait contracter la membrane restée mince des cellules de l’anneau.
Les spores des Prèles.
Préparation. — Se procurer des épis mürs (sporanges) de Prêles (Equisatum) que l’on trouve surtout au printemps le long des chemins et au bord des marais. De retour à la maison, mettre ces épis sur une feuille de papier. Le lendemain ou les jours suivants, on ne tarde pas à voir que chacun d’eux a laïssé tomber sur le papier une poussière verdâtre. À ce moment, prendre un épi et
le secouer légèrement au-desssus d’une lame de verre de manière à avoir sur celle-ci une légére couche de poussière. Observeralors au miscroscope sans recouvrir d’une lamelle.
(1) L’eau déposée au fond de la-cuvette en mastic a pour rôle d'y créer une atmosphère humide et, par suite, d'empêcher le desséchement de la goutte suspendue. C’est pour cela que l'en donne au dispositif que je viens de décrire le nom de chambre humide. Ces chambres humides se trouvent dans le commerce : Voir le Catalogue dé Micrographie de la maison : « Les Fils d'Emile Deyrolle ».
* Ce qu'on voit, — On voit très facilement les spores qui se présentent sous forme de boules vertes parfaitement rondeset qui, en un point, présentent trois prolongements en croix, assez longs, clairs, contournés, sur eux-mêmes et terminés à leur extrémité libre par un partie élargie et granuleuse : ces prolongements dont les élatères.
Cette préparation est fort curieuse, car les spores n’y sont jamais en repos. Les élatères se contorsionnent de mille manières, et entraînent avec eux les spores, qui semblent sautiller. Ce mouvement est dù à l’haleine de l'observateur qui va jusqu’à la lame et humidifie légèrement les élatères, ce qui lesfait se tordre sur eux-mêmes. On peut se rendre compte de ce fait en retenant sa respiration ou en recouvrant les spores d’une lamelle : le mouvement de celles-ci s’arrête instantanément.
Pour terminer l'observation, on observe la même nréparation, mais en mettant les spores dans une goutte d’eau. On voit alors les élatères enroulés sur euxmêmes, recroquevillés autour ou à côté de la spore.
Nota: Lesdites spores se conservent très bien à sec dans un petit tube et permettent de recommencer l’expérience autant de fois, qu'on le veut.
(A suivre.) HENRI COUPIN.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Le squelette du tronc et les membres de l’Hommefossile de La Chapelle-aux-Saints. Note de M. Mancer- LIN BouLe, présentée par Enmoxn PERRIER.
Par le squelette du tronc et des membres, comme par son squelette céphalique, le fossile de la Chapelle-aux-Saints rentre bien dans le groupe humain.Toutefois, il présente un mélange de caractères : lesuns ne se retrouvent que chez les types humains actuels les plus inférieurs ; d’autres s’observent surtout chez les Anthropoïdes; les derniers paraissent lui être particuliers.
Sur la maltase du sarrasin. Note de M. J. HuerrE, présentée par M. L. MAouenxe.
Le sarrasin contient une maltase agissant entre + 3 e: +700 avec un optimum à 590.
L'activité de cette maltase augmente, soit par neutralisation partielle de l’alcalinité du milieu, soit par addition d’aminoacides ou d’acétamide.
Cette maltase soluble n'existe que dans la graine sèche ou tout à fait au début de sa germination, elle y est accompagnée de maltase insoluble et disparait rapidement au cours de la germination.
Sur le rougissement dés rameaux de ( Salicornia fruticosa ». — Note de M. H. Cou, présentée par M. Gaston Boxer.
Certaines touffes de Salicornia fruticosa dans le marais de Nefta, en Tunisie, présentent un rougissement très vif, dû à l’anthocyane : le développement de ce pigment, localisé de préférence à l'extrémité des rameaux, est corrélatif d'une dessiccation partielle de leur base.
Les eaux du marais présentant une salure accentuée, il était intéressant d'effectuer, comparativemert, le dosage du chlore total et des composés hydrocarbonés dans les parties rougies et dans les parties vertes : en effet, parmi les facteurs susceptibles d intervenir dans la différenciation de l’anthocyane, la concentration du suc cellulaire en composés hydrocarbonés est des plus incontestables: au contraire, en ce qui concerne l'action des sels minéraux, en substituant à la solution sucrée, diverses solutions salines de même pression osmotique, on ne constate aucune production d’anthocyane. On devait donc se demander, en présence des rameaux rougis de Salicornia fruticosa, si la teneur en sel
’etla teneur!en hydrocarbones solubles, varie dans le même sèns
lorsqu'on passe des rameaux verts aux rameaux à anfhocyane. Le résultat des recherches entreprises en ce sens, a permis de constaler ‘que le rougissement des rameaux de Salicornia fruti-