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SUR L'HOMOCEROMIE DE LA CHENILLE

de Lycæna astrarche Bgstr. [Lrr. Ruop.|

M. Étienne Rabaud a communiqué au Congrès de la Société entomologique de France une note du plus grand intérêt sur l’'homochromie de la chenille de Lycæna astrarche, note que nous nous faisons un plaisir de reproduire ci-apres.

Les faits d'iomochromie sont parmi ceux qui ont le plus

Lo

contribué à donner naissance à lathéorie du mimétisme. Jelle-ci, qu’elle repose sur un point de vue anthropomorphique ou sur un point de vue darwinien, tend actuellement à prendre une grande extension et à englober, à côté des faits extrêmement curieux, d’autres faits qui relèvent d'une interprétation très sujette à caution: souvent, lesressemblancesentreun être vivantetlemilieu qui l’entoure sont assez peu évidentes, pour qui n’est pas doué d’une vive imagination. Sans vouloir préjuger de la signification vraie des faits, il convient de les grouper avec précision et l’on doit, tout d’abord, séparer le cas où existe une relation éthologique incontestable entre les objets semblables, de ceux où cette relation éthologique directe ou indirecte n’est admise que comme conséquence de l'interprétation donnée à la constatation d’une ressemblance.

® L'homochromie n'échappe pas à cette nécessité d’une distinction. On ne peut, en effet, l'invoquer que s’il y & relation habituelle entre deux objets — entre insecte et plante en particulier. La coloration verte d’une chenille, par exemple, rentre dans le cadre de l’homochromié, parce que cette chenille vit sur une plante verte et non pas simplement parce qu'elle présente la coloration générale d’un très grand nombre de plantes. L’homochromie n'existe donc que si elle est éthologique.

Mais, même considérée à ce point de vue, l’homochromie n’est pas et ne peut pas être uniquement la similitude de coloration ; celle-ci doit être accompagnée d'une ou de plusieurs dispositions qui la complètent et la rendent objective au maximum. Il faut, enfin, qu’elle soit constante et non le résultat de circonstances plusou moins fréquentes.

Un exemple remarquable dans cet ordre d'idées, et qui, à ma connaissance, n’a pas été relevé par les auteurs, est fourni par la chenille de Lycæna astrarche Bgstr. (— agestis S. V. God., — medon Hfn.) De forme générale ovale, convexe dorsalement, aplatie ventralement, cette chenille d’un vert clair présente des segments transversaux assez serrés, pareils à un fin plissement. Elle estrevêtue d’un duvet touffu de poils courts. D'après HorManx (1) et BUCKLER (2), le fond vert clair de l’ensemble est rayé d’une ligne médio-dorsale rouge pourpre et d’une ligne latérale de même teinte. La tête est noire, mais petite, dissimulée sous les premiers segments du corps. Cette description correspond à mon observation, sauf pour ce qui est de la ligne médio-dorsale qui n'existait pas, ou du moins était très atténuée, su” l'exemplaire déjà âgé et très voisin de la nymphose que j'ai eu entre les mains. ‘

Divers auteurs, tels que BUCKLER et PIERR PAUx (3) lui attribuent comme plante nourricière Melilotus officinalis, Lam., Onobrychis sativa Lam. et autres Papilionacées. HoFMANN, au contraire, indique que cette chenille vit sur Erodium cicutarium L'Herit. et KALTEN- BACH (4) cite, d’après Zeller : E. cicutarium, Geranium

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