ET DES AUTRES CONDIMENTS
Les falsificateurs — qui ne respectent rien — se sont tout particulièrement attaqués au poivre, ce qui se comprend facilement, car cette épicecoûte environ 150 francs les 100 kilogrammes, et paye un droit de douane d'environ 280 francs, 'pour la même quantité.
C'est une curieuse énumération que celle des produits qui servent à faire ces falsifications, qui commencent, comme on va le voir, à être bien connues.
Il ya d’abord la catégorie des fruits ou graines que l’on mélange tout entiers aux grains de poivre, lesquels contrairement à l'opinion courante, sont tout aussi falsifiés que le poivre en poudre. C'est ainsi qu'on y ajoute des baies desséchées du « Daphne Mezereum » plante qui n’est pas rare à l’état sauvage et dont les propriétés vésicantes ne sontpas sans danger; les fruits d’« Embelia Ribes», qui viennentde l'Inde etressemblent tout à fait à du poivre noir ; desbaies de genièvre récoltées avant leur maturité complète et très employées à ce point de vue dans le Midi de la France; des graines d'une'sorte de lentille, l’« Ervum Ervilia », qu'on fait sécher au four après les avoir fait macérer dans une solution étendue d’un sel de fer et auxquelles une macération dans une solution de capsicine communique une saveur âcre ; les graines du « Vicia alba », qui, devant imiter le poivre blanc, ne sont pas noircies, mais simplement imprégnées de capsicine.
11 y aensuite la catégorie des « poivrés enrobés », c’està-dire revêtus d'une substance qui augmente leur poids ou leur donne une belle apparence trompeuse. C’est ainsi qu'à maintes reprises on a signalé des grains de poivre enrobés d’une couche d'argile représentant 10 à 28 % de leur poids. D'autres fois, les fraudeurs arrosent les grains de poivre d’une solution très étendue de mélasse ou gomme arabique, puis, une fois sèche, les soupoudrent de sable fin, de brique pilée, de toutes sortes de poudres lourdes. On a signalé aussides poivres enveloppés d’un enduit de chaux destiné à cacherle triste aspect de la surface chez des poivres restés pour compte pendant plusieurs années, et des poivres enrobés avec un mélange de dextrine, de poudre de marbre et de diverses matières terreuses.
Ces fraudes sont assez faciles à reconnaître; il n’en est pas de même de celles des poivres en poudre, qu’une observation microscopique attentive peut seule déceler.
Les poivres en poudre sont surtout adultérés avec des « grabeaux de poivre », c’est-à-dire les parties superficielles du fruit, les pédoncules, les morceaux de tige, les
(4) Lorrer et Garrrarp. La faune momifiée de l'ancienne Egypte. Deuxième série, p. 299.
parcelles de terre, provenant de la récolte; avec toutes sortes de fécules, notament celles du blé, de l'orge, de l'avoine, du maïs, de graines de légumineuses, d’un millet, le « Setaria germanica », du sorgho, de sarrasin; avec de la chapelure, très employée ;avec de la poudre de laurier, de serpolet, de coriandre, de maniquettes; avec le rhizome de galanga; avec les fruits de « Schinus molle » quiluicommuniquentune saveur âcre et aromatique ; avec le poivre de Cayenne, fruit du « Capsicum frutescens » qui croit dans les Indes anglaises, l'Afrique, l'Amérique tropicale; avec des poudres d’écorses diverses... ou, simplement, avec les produits du balayage [des planchers.
Le poivre n’est pas le seul condiment sur lequel les acheteurs soient volés, ainsi que nous allons le voir.
L’Anis étoilé, employé surtout dans la préparation des absinthes et des anisettes, est parfois remplacé par le fruit de la Badiane de Chine, qui, étant vénéneuse, est susceptible de provoquer des accidents assez graves. De même l’Anis vert, également utilisé pour la confection des liqueurs, est très fréquemment mélangé de terre, de gravier, de poussière, des fruits de Fenouil.
La Cannelle de Chine, qu’elle soit en morceaux entiers ou en poudre, peut être remplacée ou simplement mélangée de Cannelle de Ceylan — qui a bien moins de valeur, d’ocre, de sciure de bois de santal ou de cédratiers, de débris de coquilles denoix ou d'amandes, de tourteaux de graines oléagineuses, de farine de glands, d’amidons divers, de sons de blé ou de mais, de balles de riz, de croûte de pain.
Le Gingembre en poudre estfréquemmentfalsifié avec du poivre pulvérisé, des farines de blé, de riz ou de lé-
gumineuses, de la poudre de Curcuma, des tourteaux de
graines oléagineuses. L
Les Clous de Girofle entiers sont difficilement falsifiables; cependant les fraudeurs n'hésitent pas à y substituer des Clous de Girolle épuisés par la distillation et à y ajouter des débris de pédoncules. Quant à la poudre, ils ne peuvent résister à la tentation de l’ « allonger» avec de la farine de blé, de curcuma, ;de glands, de noyaux de fruits divers, de coquilles de noix pulvérisées, de tourteaux de navettes ou d'amandes.
La Moutarde,n’ayant plus une foisen pâte aucune forme, on comprend que les marchands peuvent y faire entrer tout ce qu’ils veulent. Aussi, avec du flair et un microscope, peut-on y rencontrer souvent de l’amidon, des enveloppes de blé, ainsi que des farines de vesces, de pois, de maïs, de sarrasin.
Cette fraude, s'adressant à un produit de notre pays, est peu rémunératrice. Il n’en est pasdemêmede celle de la Noix muscade, dont le prix est assezélevé. C’est pour cela qu'on la falsifie avec des coques de muscades, des coques de cacao, des coques d’arachide; du tourteau de lin, des résidus de féculerie. Quant au « macis » qui est attaché à la même noix, on le remplace par celui de la Muscade de Bombay, qui n’est presque pas aromatique.
Au Piment de la Jamaïque en poudre, on ajoute des pédoncules de fruits, de la poudre de noix de coco, de la poudre de bois de Santal, des débris de mouture colorés par du peroxyde de fer, des pédoncules de Clous de Girofle, de la brique pilée et toutes sortes de poudres minérales.
Au Safran, qui, on le sait, est formé par les stigmates d’une plante cultivée dans le Midi, on ajoute toutes sortes de débris végétaux : fleurs de Souci, de Cartham,
: site
d’Arnica, de Grenadier, de Pivoine, de Safran du Cap, le tout parfois coloré avec des couleurs d’aniline, stigmates de Maïs, matières minérales diverses, racine de Curcuma en poudre, bois de Santal pulvérisé, poudre de bois de Pernambouc, bois de campèche, poudre de piment rouge ; stigmates rendus plus lourds en y faisant adhérer, avec du miel, du borax, du sulfate de soude, du tartrate de potasse, du chlorure de sodium, de l’azotate d’ammoniaque, du sulfate de baryte, du tartroborate de potasse, du nitrate de potasse, — enfin — cet c’est là le bouquet — des fragments de gros fil, qui, après avoir été imbibées de gomme, sont roulés dans une poudre de hois de Campêche et de racine de Curcuma. La triste bouillabaisse que l’on fait avec tout cela !
Quant à la Vanille, c’est l'enfance de l’art de vendre des fruits de qualité tout à fait inférieure et presque dépourvus de parfum, après les avoir imbibés de vamilline artificielle. Pourjleur donner une belle apparence, on les lustre d’une légère couche de benzine ou de baume de Tolu. Enfin, on les givre avec de l'acide benzoïque — ou, à défaut, avec des fragments de très minces lamelles de verre. Sans commentaires...
VICTOR DE CLÈVES
ÉLEVAGE DE L'AUTRUCHE AU CAP
Différentes espèces de plumes
Dans une monographie de la plume d’autruche que vient de publier le Département de l'Agriculture du Cap, le distingué professeur de zoologie à « Rhodes University College » entreprend avec sa grande compétence la définition des termes techniques employés" dans cette industrie. Pour la première fois pareille tentative est faite, et comme elle présente un intérêt considérable pour nos éleveurs, je crois devoir analyser le travail de M. Duerden ci-après :
I. Différentes plumes de l’autruche. — Les différentes plumes de l'autruche sont :
4. Les « contour feathers » ou plumes de contour. Ce sont celles que l’on rencontre sur le corps et les ailes et qui sont superposées de facon à couvrir et protéger la peau et maintenir la haute température de l'oiseau (103°F. ou 40 centigrades). Elles déterminent la forme générale ou contour de l'oiseau, d’où leur nom, et comprennent toutes les plumes de l’autruche, étaut donné qu'elle ne possède pas de duvet comme la plupart desautresoiseaux. Ces plumes recouvrant le corps sont appelées par les fermiers « body feathers » ou plumes du corps et sont trop petites pour avoir une valeur commerciale.
2. Les « feathers tracts » (pterylæ) ou places recouvertes de plumes. Les plumes ne recouvrent pas tout le corps de l’autruche, mais sont limitées à certaines parties déterminées qui sont séparées par d’autres places nues, c’est-à-dire sans plumes. Les premières sont les « feathers tracts » ou pterylæ, les secondes les « featherless tracts» ou apteria. Une large partie nue ou apterium occupe la portion inférieure de chaque côté du corps et s'étend derrière surlasurface inférieure. En fait, la jambe entière chez l'oiseau adulte est également dénuée de plumes, mais chez l’autruchon la surface extérieure de la jambe au-dessus de la cheville et jusqu'au genou est habituellement recouverte de plumes;elles disparaissent cependant dans la suite, excepté chez quelques oiseaux qui en conservent quelques-unes sur le derrière de la jambe.
3. Les « wing quills » (remiges), c'est-à-dire les grandes plumes des ailes. Ce sont les plus grandes plumes des
ailesetelles forment une seule rangée. Elles comprennent les « whites » chez l'oiseau mâle et les « feminas » chez la femelle, ainsi que les « byocks » ou « fancies » chez le mâle. Les premières « wing quills » sont. attachées a ceux des os de l’aile qui correspondentaux deux premiers doigts et à la paume de la main de l'homme et elles sont connues sous le nom de « primaries ». Les suivantes sont fixées à l’avant-bras ou ulna et sont appelées « secondaries». Les «wingquills » sont au nombre d'environ 35 sur chaque aile, parfois une ou deux de plus, une ou deux de moins.
4. Les spadonas. La première récolte des « wing quills» ou plus grandes plumes de l’aile est désignée sous le
.nom de « spadonas ». Elles sont plus petites, en forme
de lance, et de moindre valeur que les plumes subséquentes. La « spadona » est müre quand l’autruchon est âgé d'environ six mois, le «quill »outuyau, quand l'oiseau atteint huit mois environ.
5. Les byocks ou fancies. On désigne ainsi les quelques plumes de l’aile du mâle situées vers chaque extrémité de la rangée. Elles sont en partie noires, en partie blanches, alors que toutes les autres plumes de l'aile sont blanches. :
6. Les upper wing coverts ; « blacks » et « drabs ». Les plumes au-dessus des « wing quills » sont aussi disposées en raugées et recouvrent la partie inférieure des « wing quills », d’où leur nom de « coverts ». Ce sont les « blacks » de l'oiseau mâle et les « drabs » de la femelle. Les plumes de la première rangée sont les « majors wing coverts », ou « long blacks » et « long drabs », suivant qu'il s’agit de l’oiseau mâle ou de l'oiseau femelle. Celles de la deaxième rangée sont les « medium wing coverts » ou « medium blacks » ou « medium drabs ». Celles de la troisième rangée sont les « minor wing coverts » et ne sont jamais enlevées. Les « blacks » et « drabs » de l’arrière-bras sont fixées à l'os du bras ou humérus, sont appelées aussi « humerals »et constituent, avec les « black coverts » ou « drab coverts » plus courtes,les « short blacks » ou « short drabs ». On ne les enlève pas toujours.
7. Lower wing coverts, floss. — Une rangée unique de plumes recouvre les « wing quills » au-dessous. On les désigne sous le nom de « lower wing quills » ou plumes inférieures de l'aile et collectivement sous celui de « floss »; elles sont le mieux vues quand l’aile est levée. Bien que longues elles sont très légères et « fluffy » et ne sont pas toujours enlevées, mais au contraire laissées à l'oiseau pour conserver la chaleur et comme protection pour le corps quand les autres plumes ont été prises. Les plumes de la partie inférieure de l’humérus sont quelque fois comprises dans la « floss ».
8. Tail quills (rectrices) ou plumes de la queue. — La queue grosse et courte est recouverte de nombre de plumes plus grandes que celles du corps et diflérentes en couleur, mais plus petites que les « wing quills ». Ce sont les « tail quills » (rectrices) et elles représentent les « tails » du fermier. Les plumes extérieures au-dessous sont en partie noires, en partie brunes et sont appelées « black butts » (B. B.). De 80 à 100 « tail feathers » où plumes de la queue sont ou « clipped », c'est-à-dire taillées, ou « plucked », c'est-à-dire arrachées pour le commerce.
9. Short stuff ou matière courte. — C’est un terme collectif employé pour désigner les « wing coverts », la « floss » et les plumes de la queue de facon à les distinguer des « wing quills » ou plumes de l'aile appelées « long stuff » ou matière longue.
40. Filoplumes où plumes cheveux. — Sur la peau, autour des « wing quills »et« tail quills », on rencontre des plumes très petites, insignifiantes, genre duvet, ayant l'apparence de cheveux et connues sous le nom de « filoplumes ». Des plumes de cette espèce recouvrent le corps
de presque tous les oiseaux et se remarquent surtout chez le canard et le poulet après qu'ils ont été dépouillés de leurs plumes et de leur duvet. Chez l’autruche on ne les trouve qu’autour des plus grandes plumes de l'aile et de la queue et pas toujours chez chaque individu.
IT. Plumage de l’autruche. — On entend par plumage de l’autruche l’ensemble des plumes recouvrant le corps de l’oiseau à un moment quelconque. Ce plumage n’est pas le même à toutes les périodes, car l'apparence de l'oiseau varie considérablement entre sa condition d’autruchon et celle d’adulte, par suite de différences dans la couleur et dans d’autres caractères des plumes. Quatre plumages très distincts existent chez l’autruche : le « Natal », le « Chick », le « Juvenal » et l’ « Adulte ». Ils représentent quatre espèces différentes de plume que chaque alvéole de l'oiseau peut produire, mais en ce qui concerne l'oiseau envisagé en son entier, le passage d’une période à une autre est graduel et chez l’autruche il n’y a aucune période bien définie pour la mue. Tant que le plumage adulte n’est pas atteint il se produit des superpositions de plumes appartenant à différents plumages.
Les caractéristiques de chaque plumage peuvent être ainsi décrites sommairement :
1. Le Natal ou plumage à la naissance de l'oiseau. Come le petit de beaucoup d’autres oiseaux l'autruchon quand il écios est pourvu de plumes sous forme de duvet. C’est le plumage « Natal ». Les plumes consistent en touffes de barbes assez dures, de longueurs différentes et partant toutes à peu près du même niveau sans qu'il existe de tige centrale ni de tuyaux comme dans les plumes postérieures. Quelques-unes des barbes de chaque plume du duvet se prolongent pour se terminer en une partie assez rude et frisée qui donne à l’autruchon une certaine ressemblance avec un hérisson.
Le duvet sur le dos et les côtés varie en couleur d’un brun léger à un brun foncé ou presque noir, et le mélange des différentes couleurs donne une apparence tachetée à l’autruchon, le noir étant distribué en bandes où plaques le long du cou et de la tête.
La mue du premier plumage ne s'effectue pas comme celle des autres. À peu près une ou deux semaines après l'éclosion les plumes sont expulsées de l’alvéole par d'autres qui poussent dessous, les premières à être ainsi poussées étant les plumes le long des côtés de la partie postérieure du corps. Etant très léger, le duvet ne tombe pas de l'extrémité de la plume de l'autruchon. mais demeure en place jusqu’à ce qu’il soit complètement usé.
2. Chick plumage où celui de l’autruchon. Ce plumage est celui qui commence à faire son apparition peu après léclosion et se trouve complété lorsque l’autruchonatteint l’âge de huit mois environ, c’est-à-dire quand les « spadonas » ou plumes de ses ailes sont tout à fait mures. Ce qui caractérise ce plumage c'est queles plumes portent à leur extrémité le duvet de naissance, et le plumage en son ensemble est tacheté. Le bariolage n’est cependant pas dû à des plumes claires et sombres s’entre-mélant, mais à ce que la partie supérieure de chaque plume est dun brun clair, tandis que la partie inférieure est d’un gris sombre. Toutes les plumes vers leur extrémité semblent former une lance, d'où leurnom de « spadonas ».
Les différentes espèces de plumes, plumes du corps, du cou, de la tête, des « coverts », celles des ailes et de la queue, maintenant, pour la première fois, manifestent ces différences qui constituent un trait si caractéristique chez l'adulte. Entre les plumes du « chick plumage »il n’y à que très peu ou point de différence au point de vue du sexe, rien qui indique qu'il s’agit d'un oiseau mâle ou femelle. Pour le déterminer, d’autres caractères existent.
3. Le « Juvenal » ou plumage juvénile. — Le troisième Ou plumage juvénile ne suit pas immédiatement le second
ou «chick plumage». Comme la mue n’est jamais uniforme sur tout le corps,les plumes du corps du « chick » ou autruchon sont poussées dehors graduellement une à la fois à partir de 4 ou 5 mois et sont remplacées par des plumes juvéniles plus larges et d’un tout autre type. Au lieu d’être tachetées, les nouvelles plumes sont d’un gris sombre uniforme ou couleur d’ardoise et l'extrémité est arrondie, non pointue.
L’autruchon, dans son ensemble, commence à perdre son apparence tachetée à partir de 8ou 9 mois. Ceci est dû en partie à ce que les plumes de l’autruchon,avec les extrémités de couleur clairesont remplacées par d'autres de couleur uniforme, et d'autre part à ce que l'extrémité de couleur claire des anciennes plumes qui restent encore s’use et perd sa couleur. Quandlesautruchons atteignent un an, presque toutes les plumes du corps exhibent la couleur grise du plumage juvénile, celles de l'oiseau mâle étant un peu plus foncées que cellesde la femelle. Toutes les plumes du plumage juvénile ne sont pas complètementmuüres avant que les oiseaux n’atteignent seize MOIS environ, les dernières à mürir étantles « Wing quills » ou plumes des ailes que l’on désigne sous le nom de « First after chicks » ou mieux encore sous celui de «Juvenils ».
4. Le plumage adulte. — Le plumage adulte de l’autruche mâle diffère absolument de celui de la femelle. La distinction complète se produit quand les oiseaux ont environ üeux ars, mais de grandes variations se rencontrent chez eux, certaines filiations complètent leur plumage bien avant d’autres. L'oiseau mâle adulte est caractérisé par la possession de plume de corpset de « coverts noirs », la femelle par ces mêmes plumes grises. On appréciera peut-être mieux la différence si nous ajoutons que la femelle conserve les mêmes tons gris quelleavait dans son plumage juvénile, tandis que le mâle subit une véritable transformation, ses plumes devenant noires. Tant qu'il s’agit de plumage juvénile, la couleur est la même pour les deux sexes; la femelle conserve cette COuleur sa vie durant, alors que pour le mâle il existe encore une phase. }
Aveclequatrièmeplumageappelé«second-afterchicks» les précieuses « wing quills » ou grandes plumes des ailes du mâle et de la femelle atteignent toute leur grandeur et montrent leurs meilleures caractéristiques. Les troisième et quatrième « clippings » ou coupes des plumes sont généralement considérés comme représentant les meilleurs efforts de l'autruche dans la production des plumes, mais avec la nourriture généreuse et abondante largement adoptée aujourd’hui les plumes juvéniles ou « First after chicks » atteignent presque la maturité en ce qui concerne leurs caractéristiques.
Avec un traitemeut convenable une autruche, adulte. continuera à donner la même qualité de plume pendant de longues années. On peut citer le cas d'oiseaux âgés de trente-cinq ans et même davantage qui produisent encore de bonnes plumes. Par manque de soins, surtout en matière de « quilling », le caractère des plumes se détériore rapidement.
III. Opérations relatives aux plumes. — Lesopérations relatives aux plumes sont au nombre de trois: le « plucking », le « clipping » et le « quilling » ou « stumping ».
1. Plucking. Le terme est employé pour désigner l’opération qui consiste à enlever de l’alvéole la plume dans son ensemble, c’est-à-dire plume et tuyau, en un mot l’arrachement de la plume. La pratique du « plucking » varie considérablement. D'’aucuns l'adoptant arrachent tout ce qui est court dans le plumage, « tails », « blacks » et « drabs », alors que pour cette catégorie de plumes d’autres éleveurs ont recours au « clipping » ou taille de plumes.
2. Clipping. On désigne ainsi l'opération qui consiste à tailler les plumes, en laissant dans l’alvéole le restant du tuyau de la plume pour qu'il muürisse. Le
cire
id
« clipping », qui correspond à la tonte pour le mouton | mœurs, d'après mes observations personnelles, les che-
est employé de préférence au «plucking », de façon à pouvoir obtenir les plumes dès qu’elles sont complètement formées ou mures, et par là empêcher une détérioration qui se produit sion les laisse sur l'oiseau jusqu’à ce que le « quill » ou tuyau soit complètement mür. Les grandes plumes des ailes, «whites » ou « feminas », sont toujours «clipped », alors que l’usage varie pour les plumes courtes, qui sont « clipped » cu « plucked ».
3. Quilling ou stumping. Cette opération consiste à extraire les tuyaux. mürs ou plutôt bouts de tuyaux dont les plumés ont été précédemment « clipped. » La période requise pour l'arrivée à maturité de ces bouts après le « clipping » est d'environ deux mois. La nouvelle récolte commence immédiatement à se former après le € quilling », les plumes se montrant à l’orifice ou lèvre de l’alvéole en l’espace d'un mois environ.
En préparant les plumes pour la vente, les différentes espèces et qualités de plumes de chaque oiseau sont classées séparémentet formées en paquets conformément à la classification commerciale des plumes. C'est ce qu'on appelle le « sorting ».