Force ou « flue » se soutenant elle-même, « flue
dure et « flue » laineuse. La force de la « flue », et par.
cela on entend la force ou raïdeur de chaque barbe, est de grande importance dans l'évaluation d’une plume. Quelquefois la « flue » d’une plume pendra de la hampe de facon négligée, pliante, les barbes ne se soutenant pas elles-mêmes (self-supporting) et en général plus la « flue » est forte et « self-supporting », plus la plume a de valeur au point de vue de l’industrie. Dans les meilleures plumes, nous l’avons dit, les barbes se détachent pour ainsi dire à angle droit de la hampe et s'étendent horizontalement dans toute leur longueur, fournissant ainsi une indication de grande force. Dans les plumes pauvres, les barbes se détachent à un angle et s'étendent en hauteur au lieu de le faire horizontalement ou, étant très faibles, pendent de façon flasque. Il est manifeste qu'une barbe s'étendant horizontalement de la hampe donne pleine valeur à la largeur de la plume, ce qui n’est pas le cas quand les barbes s'étendent en hauteur ou pendent. Indépendamment de ceci, les plumes dont les barbes pointent en hauteur au lieu de le faire horizontalement sont souvent étroites et de peu de valeur. Dans ces plumes, la « flue » en son ensemble est forte, mais raide et grossière. Le terme « woolly » ou laineuse est en général appliqué à une plume dont la « flue » est molle et ne se soutient pas elle-même, tandis que celui de « hard » ou dure, à celle dont la « flue » se soutient elle-même et est solide. Pour l’industrie et la teinture, une plume dure est de beaucoup préférée à celle qui est laineuse.
5. Qualité et lustre. Certaines plumes sont rudes et grossières au toucher, d'apparence terne alors que d’autres sont soyeuses au toucher et possèdent un lustre très marqué. Les derniers caractères sont les plus désirables et se rencontrent généralement dans les plumes d’oiseaux bien nourris et en bonne condition. Parfois le caractère soyeux, le lustre, sont combinés avec une « flue » laineuse, ce qui est à éviter. Le but de l’éleveur doit être de réunir la force de « flue », la qualité et le lustre. Souvent les plumes d'oiseaux sauvages sont très fortes, mais manquent de flexibilité et de lustre, défauts que l’on corrige au moyen d’une nourriture artificielle et de soins. Les plumes d'autruche en général ont le plus grand lustre quand elles atteignent leur complète maturité. Si elles sontlaissées plus longtemps à l’oiseau elles tendent à devenir ternes et usées en apparence, et les « drabs » et les «blacks » deviennent bronzées. Les conditions climatériques et l'altitude paraissent avoir une influence considérable sur le lustre de la plume.
La contexture et le lustre semblent être les caractéristiques combinées dans le mot qualité employé dans son sens commercial.
6. Forme. En plus de la grandeur qui dépend de la longueur et de la largeur, la véritable forme ou contour de la plume est de très grande importance dans l'appréciation de la valeur. Voici les principaux caractères demandés : a) Egalité des deux côtés. Bien que l’on considère que les autruches ont la même largeur de « flue » sur les deux côtés de la plume, de grandes différences entre les deux moitiés sont souvent apparentes. Quand l'inégalité est vraiment marquée la valeur de la plume s'en trouve diminuée. Fréquemment, si la « flue » est étroite sur un des côtés, elle est généralement large en proportion sur l’autre, comme si elle n'avait pas été divisée en parties égales au cours de son développement, b) Parallélisme des côtés. Les bords des deux côtés doivent autant que possible être parallèles dans toute leur étendue. Quelques-unes des plus belles plumes manifestent ce parallélisme à un degré marqué, alors que chez d’autres les côtés sont inclinés l’un vers l’autre sur une grande étendue aux deux extrémités, mais surtout vers l'extrémité du tuyau. Plus la « flue » se rapproche de la forme carrée à chaque extrémité, plus la
valeur de la plume est grande. c) Egale longueur de barbes. Dans certaines plumes, de grandes différences se manifestent dans la longueur des barbes prises individuellement, quelques-unes peuvent être tout à fait courtes ét méêlées à d’autres qui sont longues et effilées, ce qui donne une apparence irrégulière aux côtés de la plume envisagée dans son ensemble. Les barbes doivent autant que possible être d’égale longueur et émoussées où tronquées à l'extrémité libre, non pas avec les barbules se terminant en pointe. d) Bout lourd. L’extrémité de certaines plumes est longue et se terminant en pointe alors que chez d’autres elle est émoussée ou tronquée et la « flue », dans son ensemble beaucoup plus dense, donnant ainsi une apparence compacte, lourde, qui est très estimée.
7. La hampe (ruchis) ou tige centrale. La tige centrale ou axe de la plume témoigne de grandes différences, les unes désirables, les autres non désirables au point de vue commercial. La hampe doit être aussi étroite que possible et cependant solide et suffisamment flexible pour donner une courbe gracieuse à la plume dans son ensemble, plus particulièrement vers l’extrémité. Une hampe épaisse, qu'elle soit dense ou légère, donne à la plume un caractère commun en comparaison de celle qui est étroite tout en étant solide et flexible.
La hampe constitue une proportion considérable du poids total de la plume et, comme les plumes des fermiers sont vendues au poids, il est manifeste qu'une hampe lourde ou légère peut faire une très grande différence dans la valeur d’une récolte; le fermier en sa qualité de vendeur préfère celle qui est lourde alors que l'acheteur aime mieux celle qui est légère, se procurant ainsi plus de plumes par livre. Dans les achats, on tient naturellement compte du poids de la hampe.