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Silhouettes d’Animaux
Le Tatou.
Le Tatou, de même que les Paresseux et les Fourmiliers, appartient à la famille des Édentés, laquelle, on le voit, ne renferme que des animaux exempts de banalité. En le voyant, on se demande si l’on a affaire à un reptile ou à un mammifère, car son pelage est tout à fait particulier. Son dos est recouvert de larges plaques osseuses, très dures, disposées de manière à faire des anneaux, incomplets sur le ventre, et séparés par des lignes de poils. Ces ceintures cuirassées sont mobiles les unes les autres : quand le Tatou est effrayé, il se roule en boule et se trouve enveloppé alors par une cuirasse complète : c'est une boule dure que ses ennemis ne savent pas par quel côté prendre. On trouve les Tatous dans l'Amérique, plus spécialement le Sud, recherchant plutôtles endroits découvertsetsablonneux.Ils ne se fixent pas au même endroit pour toute leur vie. Ils errent au contraire d’un point à un autre, creusant, là où ils s'arrêtent, des terriers d’une certaine profondeur. Ils établissent généralement ceux-ci au-dessous des fourmilières de manière à avoir le coucher et le manger toujours à leur disposition, ce qui, on l’avouera, n’est pas trop bête pour des animaux ayant la réputation de ne pas avoir inventé la poudre. Ainsi bien établis, ils font ripaille pendant des journées entières et se gavent de délicieux insectes, qui, finalement, tombent dans le marasme, et jugent bon de quitter leur domicile. Le Tatou va alors ailleurs, mais s’il ne trouve pas de fourmilières à sa disposition il s'établit n’importe où et ne va chercher sa nourriture que la nuit dans les environs. Sa marche est lourde et irrégulière : un homme peut facilement l’attraper. Mais il faut se hâter, car le Tatou creuse des refuges avec une rapidité prodigieuse : en trois minutes il ouvre une vaste cavité dans un sol que la bèche ne sauraitentamer. De plus, à peine entré dans son refuge, il est difficile à prendre, car il se cramponne au sol avec ses ongles, et même en tirant sur la queue de toutes ses forces on n'arrive pas à le déloger. « Mais, dit d’Azara, où la force seule ne suffirait pas, l’adresse réussit; pendant qu'une main le retient, l’autre, armée d’un bâton, le frappe vivement dans la partie qui se présente; par un mouvement instinctif le Tatou replie ses pattes pour s’enroulercomme il a coutume de le faire en cas de danger; c’est le moment qu'il faut prendre pour l’amener au dehors. » On chasse généralement les Tatous au clair de lune en se servant de chiens qui savent les découvrir rapidement. Quand ils en ont le temps ils se réfugient dans leurs demeures souterraines. Mais, surpris loin d'elles, iis se roulent en boule et les chiens ne peuvent leur faire aucun mal. Maïs ceux-ci aboient vivement, le maître arrive et tue la victime d’un coup de bâton sans qu'il cherche à se défendre. Leur chair, rôtie et assaisonnée de piment et de jus de citron est un mets délicat. Avec leurs carapaces on confectionne de petits paniers.
Le Chacal.
Le Chacal, au point de vue des mœurs, est intermé-
diaire entre le Renard, dont il a la ruse, et l'Hyène dont.
il partage la mauvaise odeur, ainsi qu'une affection particulière pour les animaux morts. On le trouve dans les cantons montagneux et surtout les forêts de l’Asie
Mineure, de la Perse, des bords de l’Euphrate, de la Palestine, du Nord de l'Egypte. Les Arabes l’appellent Dieh, c'est-à-dire le « hurleur »,et cette épithète lui est bien attribuée. Dès que la nuit commence à arriver, en effet, on entend de tous côtés les hurlements lugubres des bandes de chacals qui se répondent l’une à l’autre. Ces cris sont si plaintifs, si lamentables, qu'ils communiquent la tristesse à ceux qui les entendent et les glacent de terreur quandils ressemblent — comme cela leur arrive fréquemment —aux appels d’un hommeen détresse. Autour des villages, ces hurlements deviennent parfois si incessants que l’on ne peut fermer l'œil de la nuit. Aussi les Chacals sont-ils universellement haïs, d'autant plus qu’ils causent généralement les dégâts les plus désagréables. Ils n'hésitent pas à pénétrer en bandes dans les villages et à s'emparer de tout ce qu'ils rencontrent, même quand il ne s’agit pas de matières alimentaires ; ils volent pour le plaisir de voler, sans doute. En outre ils pénètrent dans les poulaillers et y font un carnage épouvantable. Peu d'animaux sont aussi astucieux que lui, et ses ruses sont si fréquentes, si bien imaginées, qu’on le surnomme souvent « le savant ». Un voyageur célèbre, Bombonnei, raconte à ce sujet unehistoire amusante à propos d’une pastèque (sorte de melon) qu’un chacal n'avait pas encore pu réussir à hisser le long d'un plan incliné. « Il poussa un cri qui tenait de l’aboiement du chien; un autre cri lui répondit à 300 mêtres de distance, et quelques secondes après un chacal arriva à son secours. Mes deux compères se mirentensemble à flairer la pastèque comme pour prendre leurs dispositions, puis le chassant devant leurs museaux placés de front, ils gravirent lentement le talus. Depuis un moment ils avaient disparu ; je les croyais sauvés et déjà les félicitais intérieurement d'un succès si bien mérité, lorsque le melon de malheur venait de plus belle rouler etbondir au fond du ravin. Arrivant tout aussitôt que lui, les deux chacals se regardent, semblant se consulter, puisle poussent jusqu'au pied du talus. L'un alors prend le fruit entre ses pattes, et se couchant sur le dos, le porte sur son ventre; l’autre, après avoir inspecté minutieusement l’état du chargement, s'approche de son camarade, entrelace ses mâchoires avec les siennes, tire, tire... et voilà le traineau qui marche. L'un tirant ainsi et montant à
-reculons, l’autre n'ayant qu'un souci, ne pas laisser
échapper son précieux fardeau, tous deux parvinrent sans ‘encombre, mais non sans peine, au haut du talus et disparurent. » Les Chacals se nourrissent de toutes sortes d'animaux vivants ou morts, ainsi que de diverses substances végétales. Ils suivent les grands carnassiers pour se repaître des restes de leurs repas.
Le Chimpanzé.
Le Chimpanzé appartient, comme le Gorilleetl’Orang, au groupe des singes anthropomorphes, c’est-à-dire de ceux qui se rapprochent le plus de l’homme. Il est notablement plus petit et plus fluet qu'eux, et sa face ne présente aucun aspect de férocité. On le trouve dans la Haute et la Basse-Guinée, où il vit en bandes plus ou moins nombreuses. Il paraît demeurer plus volontiers sur le sol que dans les arbres, où il ne grimpe que de temps à autre. Il marche quelquefois exclusivement sur ses pattes de derrière et alors tient ses bras derrière le dos comme un bon bourgeois; mais c’estlà une allure un peu exceptionnelle, car ses grands bras sont tellement lourds qu'ils l’obligent à des efforts pour se main-
tenir droit. Plus habituellement, il marche en appuyant ses mains sur le sol, non par la paume, mais par le dessus des phalanges à demi fermées et qui, de ce fait, sont calleuses comme la plante des pieds. Malhabile à marcher et surtout à courir, il est plus adroit au milieu des branches,sautant de l’une à l’autre avec une grande habileté. Il mange exclusivement des fruits, notamment ceux du papayer.
Les Chimpanzés sont des êtres sociaux. Leurs bandes sont toujours dirigées par le mâle le plus fort; la vigilance de celui-ci n’est égalée que par sa force. On assure qu'un Chimpanzé mâle, parvenu à un complet développement, brise des branches que deux hommes parviendraient à peine à courber. Les nègres vont même jusqu'à prétendre qu'un Chimpanzé est assez fort pour résister à dix hommes ; ils ajoutent, il est vrai, qu'il n’attaque jamais l’homme et ne le combat que pour se défendre. En cas de danger, le chef de la bande pousse un cri qui rappelle celui d’un homme en danger de mort; les autres grimpent aussi rapidement que possible au sommet des arbres et font entendre des cris qui imitent un peu l'aboiement de nos chiens. Ce n'est que dans le cas où le chasseur a tué un membre de la bande que tous les mâles se précipitent sur lui, et malheur au chasseur si la bande est uombreuse. On prétend que des chasseurs ont pu échapper à la mort en abandonnant à ces animaux des parties de leurs vêtements ou de leurs armes; les singes furieux se précipitent sur ces objets etles mettent en pièces. Les Chimpanzés se servent principalement de leurs dents et de leurs mains pour attaquer ou se défendre; cependant il parait qu’ils savent aussi faire usage de bâtons, de noix, de pierres et d’autres armes de ce genre. Il sera toujours difficile d'admettre qu’ils emploient des bâtonsen guise de massues : leur démarche est si chancelante, lorsqu'ils se tiennent sur les deux jambes de derrière, que cela leur serait impossible; l'effort nécessaire pour donner un coup de bâton doit suffire pour leur faire perdre l'équilibre et les faire retomber sur le sol (Brehm).
On a souvent observé des Chimpanzés en captivité et ils se sont toujours montrés fort doux et susceptibles d'éducation. L'un deux, élevé par Buffon, offrait le bras aux personnes qui le venaient visiter. À table, il connaissait l'usage de la serviette et s’en essuyait la bouche. Il se versait lui-même à boire et trinquait même avec ses voisins. On lui avait appris à aller chercher une tasse avec sa soucoupe et à la remplir de thé ; il attendait que celui-ci füt refroidi pour le boire. Buffon l'avait habitué d’ailleurs à aller lui chercher des biscuits, des fruits, etc.; il se conduisait en un mot comme un vrai domestique. Ce n’est qu'exceptionnellement, quand on le taquinait, qu'il se mettait en colère et alors ne se montrait pas très commode. « Un jour, raconte le lieutenant H.K. Sayers, que je lui refusais une banane, ilse mit dans une violente colère, poussa un cri percarit et se heurta la tête contre un mur avec tant de vivlence qu'il tomba sur le dos; il monta ensuite sur une caisse, tordit ses bras de désespoir et se jeta par terre. J’eus tellement peur pour sa vie que je fis cesser la lutte en lui donnant sa banane. Il en témoigna le contentement le plus vif, en faisant entendre pendant plusieurs minutes des grondements et des murmures très expressifs; bref, chaque fois qu’on refusait de faire sa volonté, il se conduisait comme un enfant gâté. » En Europe, malheureusement, on ne peut garder longtemps des Chimpanzés parce qu'ils meurent rapidement de la phtisie.
Le Maki.
Le Maki n’est pas un singe. Il appartient au groupe des Lémuriens ou faux-singes, qui possèdent quatre mains, mais se rapprochent plutôt par leur organisation des mammifères ordinaires. Par son aspect général, il rappelle plutôt un petit chien braque pourvu d’une longue queue et, autour du cou, d'une collerette de poils. Son nom vient de son cri, qu'il fait entendre de temps à autre. Tous les Makis vivent dans notre grande colonie de Madagascar. Ce sont des êtres sociables qui s'abattent en bande au milieu des forêts, tenant leur queue élégante relevée verticalement, ou, quand ils courent, rabattue sur le dos. Dans la journée, ils se tiennent cachés, ou bien, s'ils sortent, le font dans un silence absolu. Le soir, au contraire, ils se livrent à toutes sortes de pérégrinations et crient alors tellement que l’on croit à la présence {de nombreux individus alors qu'ils ne sont que quelques-uns.
L'espèce la mieux connue est le Maki vari, le plus grand des Makis (sa taille égale celle d’un grand chat); il passe pour être d'une méchanceté rare chez les Lémuriens; cette réputation lui vient peut-être de la nature de sa voix qui rappelle le rugissement du lion et qui, dit Buffon, est effrayante quand on l’entend pour la première fois. En captivité, cependant, il se montre, au contraire, doux et sociable.
Une autre espèce, mieux connue, parce qu’on l’amène souvent en Europe, est le Maki mococo, que l’on distingue par sa queue annelée de noir et de blanc. Et. Geotfroy-Saint-Hilaire a rapporté l’histoire de l’un d’eux que l’on avait amené en Europe et qui, pendant les dixneuf années de sa vie, se montra toujours fort sensible au froid. « Il montrait qu’il y était sensible, en se ramassant en boule, les jambes rapprochées du ventre, et en se recouvrant le dos avec la queue. On le tenait l'hiver, à portée d’un foyer au-devant duquel il s’asseyait, en étendant les bras pour les approcher plus près du feu : c'était aussi sa manière d'aller se chauffer au soleil. Il aimait le feu, au point de se laisser souvent brüler les moustaches et le visage avant de se décider à s'éloigner à une distance convenable; ou bien il se. contentait de détourner la tête, tantôt à droite et tantôt à gauche. Il avait été accoutumé à jouir d’une certaine liberté, on se voulut point l'en priver en l’enfermant dans une des loges de la ménagerie, mais il exigeait la plus grande surveillance : inquiet, sans cesse en mouvement, il examinait, touchait, renversait tout ce qui était à sa portée. Une planche au-dessus de la porte du laboratoire lui servait de lit : c'était là qu’il se rendait chaque soir, après s'être préparé au sommeil par un grand exercice. Il n’a peut-être jamais oublié d'employer la dernière demiheure de chaque journée à sauter en mesure. Cette espèce de danse achevée, il se rendait à son gite, où il ne tardait pas à s'endormir. On le nourrissait de pain, de carottes et de fruits qu'il aimait singulièrement. Il mangeait volontiers des œufs. Il avait pris aussi, dans son premier âge, du goût pour la viande cuite et les liqueurs spiritueuses. C'était d’ailleurs un animal de la plus grande douceur, sensible aux caresses qu'on lui faisait, familier avec tout le monde, un peu taciturne sur ses vieux jours. Il n’affectionna jamais personne en particulier : il allait indifféremment se poser sur les genoux ou grimper sur les épaules de toutes les personnes qui le venaient visiter. »
Tous les Makis ne sont pas toujours aussi agréables à conserver en captivité. Ainsi un Maki mongoz, examiné aussi à Paris, devait être conservé à la chaîne, S'il s’échappait, il allait dans les boutiques du voisinage, il mangeait les fruits, le sucre et ouvrait les boites de confitures pour en lécher goulüment le contenu. On avait alors toutes les peines du monde à s’en emparer; il mordait toutes les personnes, même celles qui avaient l’habitude de le soigner.
VICTOR DE CLÈVES
IDENTIFICATION DB QUELQUES OISEAUX
REPRÉSENTÉS sur les Monuments pharaoniques
De même que pour le Hibou, tous les peuples ont vu dans la chouette un oiseau léthifère. Sous le nom de Elham, les Arabes la regardent comme l’âme du défunt qui fait entendre sursa tombe des cris plaintifs et ne cesse de visiter ses enfants pour lui rendre compte deleurs actions et de ce qui se passe dans sa demeure (1).
De nos jours encore, cet oiseau est regardé comme un émissaire de deuil, n’apportant que tristesse et que larmes. Si posée sur le faite d’une maison, elle fait entendre son cri, c’est, dit-on, pour appeler quelqu'un au cimetière. En Espagne, onraconte qu’elle pénètre la nuit dans les églises pour boire l’huile des lampes brülant devant le tabernacle. Il est un préjugé assez répandu. d’après lequel en faisant avaler, à une personne, un œuf
Fig. 6. Chouette sur la balustrade de l’une des tours de Notre-Dame de Paris.
d'Effraye délayé dans de l’eau-de-vie, on lui donne désormais une aversion invincible pour le vin.
Cet oiseau qui, durant sa vie, n'apporte que malheurs et tribulations, devient, après sa mort, un préservatif contre la foudre et la sorcellerie ; aussi depuis l'antiquité l’usage s'est-il maintenu de le clouer sur les portes des granges.
En dépit de son caractère néfaste, la chouette figure
(4) Macounr. Les Prairies d'or. Trad. Barbier de Meynard et Pavet de Courteille, vol. IT, p. 310.
dans l’art du blason comme emblème de la science et constitue un motif ornemental en parfaite harmonie avec nos vieilles cathédrales (fig. 6). Attribut de Pallas- Athèné, l'inspiratrice des plus nobles conceptions artistiques du génie humain, elle est restée l'oiseau symbolique de l'architecture, l’art créateur par excellence.
LE PiNSON D'AFRIQUE. Fringilla spodiogenys. Ch. Bonaparte? — L'ordre des Passereaux est abondamment représenté sur les monuments pharaoniques, Voici l’un de ces oiseaux dont la forme offre tous les caractères des Fringillidés. Il a le bec court, épais, conique, les pattes de hauteur moyenne; les ailes, peu allongées, arrivent à la naissance d’une queue longue et tronquée (fig. 7).
PHippoly te-Boussac del:
Fig. 1. Pinson (?) peinture égyptienne.
Les Égyptiens le connaissaient sous le nom de Subou.
Siles contours de notre volatile permettent de lui assi- .gner un genre, nous allons essayer, malgré sa coloration arbitraire, d'en déterminer l’espèce.
Faisant d’abord abstraction des tonalités pour ne tenir compte que de leur distribution, cherchons, parmi les Fringillidés, un sujet présentaut, dans la répartition des teintes, un système semblable à celui de l’image égyptienne. Dans celle-ci, la joue, la tête et toutes les parties inférieures sont couvertes d’un ton foncé, les ailes et la queue offrent une variété de noir et de blanc, tout le dessous du corps est d'une nuance claire. Or, toutes ces particularités sont propres au Pinson ordinaire, Fringilla cælebs, Linné (1), et à d’autres espèces, mais c’est surtout chez le PINSON D'AFRIQUE, Fringüilla spodiogenys (2), qu’elles se trouvent plus franchement accusées. Cet oiseau a l'extrémité du bec et le front noirs; les joues, la tête et le cou d’un gris cendré, très soutenu; le dos d’un vert olive foncé; les ailes et la queue mêélées de noir et de blanc ; la poitrine légèrement rosée, l'abdomen d'un blanc pur, les pieds bruns. Sa taille est d'environ 16 centimètres. Ici, comme dans la peinture pharaonique, tout le dessus de l'animal est sombre, le dessous clair, les ailes et la queue variées de noir et de blanc.
Nous ferons, en outre, observer que le contour formé par la juxtaposition de la teinte claire du plumage et des parties foncées offre le même dessin dans la figure peinte et l'oiseau vivant.
(4) Dresser.’ À History of the Birds of Europe, vol. IV,
pl. 182.
(2) Exploration scientifique de l'Algérie. Oiseaux, vol. IT, pl. T7 Fringilla africana, Levazcanr (1867). — Dresser.
| A History, etc., vol. IV, pl. 183.
On remarquera, de plus, combien sont semblables les formes du Sabou et celles du Fringilla spodiogenys ; aussi peut-on, je crois, sans trop d’invraisemblance, voir dans le volatile égyptien, sinon l’image parfaite du Pinson d'Afrique, du moins une interprétation libre, aux couleurs schématisées.
L’aire de dispersion de ce passereau s'étend sur le nord de l’Afrique, depuis l’ouest de la Tripolitaine jusqu’au Maroc.
Représentant en Afrique notre Pinson ordinaire, il a les mêmes mœurs et, comme lui, se nourrit de graines d'insectes, de chenilles ; son chant est moins doux, plus fort; sa chair n’est pas bonne à manger, et si on lui fait une chasse assidue, c’est surtout pour le capturer vivant
Fig. 8. Peinture de Beni-Hassan. (D’après Champollion.)
à cause de son ramage; mais en Algérie, où il est très commun, nul ne songe à le rendre victime de la coutume barbare qui consiste à le priver de la vue pour améliorer sa voix et la rendre plus harmonieuse (1).
On pourrait voir aussi, dans l'oiseau Sabou, le PINSON D’ARDENNES, Fringilla montifringilla, Linné, au plumage noir velouté et jaune d’or (2), la distribution des couleurs correspond exactement à celle de la peinture égyptienne où la teinte jaune est remplacée par un blanc pur. Mais comme cette espèce ne dépasse pas en Europe le 35° degré, notre sujet appartient sans doute à un Fringillidé analogue, propre à l'Afrique où l’on rencontre un si grand nombre de variétés, vivant à l’état sédentaireentre les tropiques et les régions avoisinantes.
Les grottes de Beni-Hassan nous ont conservé l’image d'un autre Fringillidé (fig. 8) presque semblable au précédent et qui peut-être fait partie de la même famille.
P. HIPPOLYTE-BOUSSAC
ICCCORCOCCCOOCOCOOODOOOO
NOTES LÉPIDOPTÉROLOGIQUES
Arctia Caja.
Dans le Naturaliste, n° 442, 1er août 1905, p. 186, M. P. Noël relate les observations qu'il a faites à Montpellier sur (Chelonia) Arctia Caja. Le papillon éclorait fin août et commencement de septembre ;les chenilles hiverneraient et donneraient une première génération fin mai, commencement de juin, dont la ponte évoluerait rapidement et donnerait la seconde génération fin août,etc.
(1) Revue zoologique, 1841, p. 145 et suiv. Ch. BoNAPARTE. Nole sur deux oiseaux nouveaux du Musée de Marseille. Exploration scientifique de, l'Algérie, Loonx. Les Oiseaux, t. Ier, p. 146 (1867).
(2) Dresser. À History, etc.; vol. IV, pl. 184.
Tous les ans j'élève abovo cette espèce intéressante par ses variations. En 1908, j'en ai sauvé de l’hivernage une assez grande quantité. Je consulte mes notes : premières chrysalides 29 mai ; 4er juin bon nombre de chéniiles ont commencé leur cocon ; 16 juillet les papillons éclosent ; 18 août sur un saule, trouvé des œufs et une colonie de petites chenilles. Ces dates sont les plus précoces. Outre mes chenilles, les gosses m’en avaient apporté quantité de sauvages, sans que j'aie remarqué aucune divergence évolutive. Je dois aussi ajouter que lorsque les papillons sont apparus, il restait encore pas mal de chenilles non chrysalidées. Je puis donc affirmer qu'il n’y a qu'une seule génération de Caja dans le Nord. Si dans le Midi, il ya deux générations, le fait est à consigner, et cette espèce y est doublement nuisible.
Absyrtes magnifica.
Dans le Naturaliste, n° 491, 45 août 1907, p. 187, il est question de l’Absyrtes magnifica, Desmarest. Cette espèce est aussi figurée très délicatement dans le Dictionnaire universel d'histoire naturelle de Ch. d'Orbigny, édité vers 1845. On trouve cette figure dans le tome IV des planches : Articulés-Lépidoptères : pl. (18) 17-f. 1, sous le nom de Phalæna magnificu, Bord.