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plus loin. Quand il a fait cinquante pas au dehors, et ! vatia dont l'abdomen était jaune. Rapportée à son domi-
qu'il est à plus de cent du milieu, brrrou ! les perdreaux se lèvent bruyamment, partent tous ensemble et plongent dans l’à-pic rocheux du vallon où il faudrait être enragé pour aller les chercher par cette chaleur. Qu'est-il donc arrivé? Les oiseaux, obéissant à l’ordre de leurs parents, se sont bien dirigés au centre de la luzerne, mais là, au lieu de se mettre à courir, à avancer en trottinant dans une direction, puis dans une autre. ils se sont collés à terre, immobiles, sans un mouvement de tête ou de patte, sans donner, par conséquent, une trace, une piste qui les aurait dénoncés. Avec un courage et un sang-froid merveilleux, ils se sont presque laissé marcher dessus par le chasseur et par le chien, invisibles qu'ils étaient dans l'épaisseur de la récolte, sans se trahir et sans bouger. Cette manœuvre, la seule qui pouvait les sauver, a été commandée par le couple d’anciens, comprise et exécutée par les jeunes sans hésitation et sans erreur. Cette tactique est toujours mise en œuvre par les temps d'après-midi torrides, quand les chiens accablés ont le nez endormi.
Le même auteur cite une autre ruse, non moins efficace : +
La chasse commence. Le jour est bon, il est arrivé des bécasses cette nuit. En voici une, une autre encore, puis un couple. On les cherche, on les relève; il faut prendre de la peine, savoir faire, connaître la stratégie de l'oiseau. Chasse pleine d’imprévu, captivante. Mais voici le chien en arrêt, fixe, ferme,comme un des lions de Barye. Ses yeux brillent d’un éclat effrayant, son nez frissonne, et de petites secousses nerveuses agitent les muscles de ses cuisses : il est la statue vivante de l’émotion. Il fait un pas, s’arrête, se retourne pour voir si le maître est bien là, attentif et prêt, puis il avance encore en regardant à terre droit devant lui. Il sent, il voit la bécasse, tapie sous une cépée ou dans une touffe d'herbe. Elle aussi est secouée de terribles émotions, car elle connaît la redoutable menace de l’homme et du chien qui viennent la surprendre. Elle les regarde de son grand œil noir si beau; elle hésite, que faire? Partir, partir tout de suite, s'envoler au loin, vite, vite, d’une secousse qui la mettra hors d'atteinte, en faisant un crochet, en se jetant derrière un arbre. Mais non, l’homme est trop près, elle sera frappée en se levant ; et ce chien, ce chien silencieux qui avance, qui avance encore ! Il va la saisir! Elle hésite une seconde, et puis, leste! elle s'élance l’aile demi-ouverte, saute en l’air en faisant face au chien qui le regarde étonné de tant d’audace, passe par-dessus, se pose derrière lui, file, file en courant de toutes ses forces. et, à cinquante pas de là, trop loin pour être tirée, trop loin même pour être vue à travers bois, s'élève bruyamment et va se poser tranquillement pour se remettre de son émotion. Le chien et le chasseur ont été joués !
RE
On sait que la plupart des femelles du Misumena vatia, Araignée de la famille des Thomisidés, présentent le phénomène de l'homochromie protectrice, la couleur de leur abdomen s’harmonisant parfaitement avec la couleur jaune ou blanche des fleurs où elles se tiennent en guettant leur proie.
M. Henri Gadeau de Kerville s'étant demandé s'il existait, chez cette Araïgnée, des femelles dont l’abdomen était congénitalement jaune ou blanc, les individus ayant l'abdomen jaune se tenant sur les fleurs jaunes, et les indiviäus ayant l'abdomen blanc se tenant sur les fleurs blanches, ou bien, fait beaucoup plus probable, si
| Ja couleur de l'abdomen d’une même femelle se modi-
fie suivant la couleur jaune ou blanche des fleurs où elle se tenait, a fait les deux expériences suivantes :
49 Le 3 juin, il captura près de Rouen, dans la corolle
cile, il l’enferma dans un bocal et la placa sur une fleur b'anche légèrement verdâtre d'une Pensée des jardins. Dès que cette fleur, dont le pédoncule trempait dans l'eau, n'était plus fraiche, elle était remplacée par une autre semblable, et l’Araignée avait des mouches vivantes à sa disposition. Insensiblement, son abdomen passa de la couleur jaune à la couleur blanche légèrement verdâtre des pétales de la Pensée.
2° Le 22 juillet, il trouva au Marais Vernier (Eure), dans la corolle blanche d'un Liseron des haies, une femelle de Misumena vatia dont l'abdomen était d’un blanc jaunâtre et verdâtre. L'expérience fut conduite de la même manière que la précédente, l'Araignée se tenant sur des fleurs jaunes du Chrysanthème des jardins. Son abdomen était devenu, depuis quelque temps déjà, d’un jaune clair, lorsqu'elle mourut au mois d'octobre suivant.
Ces deux expériences montrent d’une facon très nette que, chez l’Araignée considérée, la couleur de l'abdomen se modifie chez la même femelle, et qu’elle devient semblable à celle des fleurs où elle se tient. Dans les expériences de M. Gadeau de Kerville, il a fallu plusieurs semaines pour que le changement de couleur, qui s’opère insensiblement, soit net; mais il est fort possible qu'il s’effectue avec moins de lenteur quand l’Araignée est à l’état de liberté. C’est à voir.
HENRI COUPIN
ACADÉMIE DES SCIENCES
Moulages de gravures sur rochers (cupules et pieds), découvertes à l'Ile-d'Yeu (Vendée). Note de M. Marert. BaupouIn.
L'auteur présente à l'Académie des Sciences une dizaine de moulages en plâtre, reproduisant quelques-unes des gravures sur rochers découvertes, en 1907 et 1908, à l’Ile-d'Yeu (Vendée). C'est la seule façon d'étudier scientifiquement ces gravures dont la signification est encore inconnue, parce qu'elle permet de les avoir constamment sous les yeux, dans lous leurs délails,et de se rendre compte ainsi, dans le laboratoire et à tête reposée, de leur mode de fabrication.
Cinq moxlages se rapportent à des cupules proprement dites. Ils montrent que les cupules peuvent être: isolées, ce qui s’observe dans la majorité des cas ; ou réunies entre elles, soit au contact, soit à distance. Réunies au contact, elles forment par leur accolement des cavités pédiformes ; unies entre elles par des rigoles demi-cylindriques, appelées canaux de conjugaison, elles constituent les cupules conjuguées (types : Rocheaux-Fras ; Roche-Gelas).
Les cupules isolées se présentent sous des formes diverses : les unes sont coniques, à base assez large et à sommet pointu (type: Roche-aux-Fras). Elles peuvent être pourvues d’un bec ou d’une rigole très courte, quin’est que l’amorce d’un canal de conjugaison ébauché,
Les autres sont semi-ovoïdes, c'est-à-dire à base ovalaire et à sommet en dôme oblong (type: Roche-aux-Fras, Dolmen de Gatine, etc.)
D'autres sont hémisphériques, c'est-à-dire à base circulaire et à sommet en demi-sphère. Ce sont de beaucoup les plus fréquentes, car à cette variété correspondent toutes les ébauches de cupules, obtenues avec l’aide de la seule percussion avec un percuteur en pierre. ; :
D'autres sont cylindriques, c'est-à-dire que leur fond est aplati, et non sphérique, et aussi large que leur ouverture (type : Rocher de la Devalée).
A l’aide de coupes horizontales (superposées) ‘et verlicales (parallèles) de ces moulages de cupules, il peut être possible d'étudier les procédés de fabrication.
On peut voir aussi, en particulier, sur la coupe verlicale
jaune d'une Renoncule âcre, une femelle de Misumenu à d'une cupule conique quelle est la forme exacte de la surface du É 2
cône de creusement, laquelle n'est pas plane, mais ondulée, en forme d’S. La genératrice n’est donc pas une ligne droite.
Cela donne des indications précises sur le mode de fabrication de ces cupules, qui sont les plus profondes et les plus poreuses! D'abord on a employé le percuteur de pierre (marte- Lage), qui a donné la cupule hémisphérique ; puis on a eu recours au laraud ou alésoir en silex triangulaire, avec lequel on à taraudé le fond, déjà obtenu ({araudage).
Les cupules cylindriques ont été produites de la même façon au début ; mais le taraud choisi, au lieu d'être très pointu, aété dans ce cas presque cylindrique et a agi également dans tous les sens.
Les cavilés en semi-fuseau sont de deux ordres. Il y a : 1° des cavilés semi-fusiformes typiques : 2° des cavités pédiformes, dites Pieds humains.
Les cavités semi-fusiformes peuvent avoir subi une sorte de polissage à leur intérieur, rendu possible en raison de leurs dimensions (cavité fusiforme de la Roche-aux-Fras).
Les cavilés pédiformes sont d’aspects divers. Mais les pieds humains de L’Ile-d’Yeu ne sont pas aussi caractérisés que ceux de la Savoie ; ils semblent plus frustes et dus à une population peu habile à la gravure délicate. Pourtant l’un d'eux, assez profondément gravé sur la table du Dolmen de (Gatine, est très reconnaissable. Il faut en rapprocher la cavité très longue du 2ocher de la Devalée, celle très courte de Gatine et même celle plus large et étalée dela Roche-aux-Fras, formée manifestement ar la réunion de deux ébauches de cupule placées au contact.
Des Pieds humains il faut aussi rapprocher le Pied d'Equidé trouvé au mulieu de cupules typiques, sur un rocher à fleur de terre (Le Grand Chéran). Celui de l’Ile-d'Yeu est l’un des plus beaux et des plus nets connus.
Ces gravures sont toutes creusées dans les roches qui cons-
tituent le sol de l'Ile d’Yeu et qui sont indiquées sur la Carte géologique de France comme du granile schisleux. Elles sont indiscutablement dues à un travail humain (martelage, taraudage, voir même polissage). Si quelques-unes présentent parfois à leur intérieur des aspérités, non en rapport avec le taraudage, cela tient simplement à ce qu’elles ont subi, depuis leur fabrication, l'influence des actions atmosphériques. Celles-ci ont désagrégé la pâte granitique formant gangue et ont amené la saillie des grains de quartz. Ce qui le prouve, c’est l'existence d’une partie polie sur ces grains, laquelle correspond seulement à leur face interne, au moins dans quelques cas.
Par l'étude des cupules trouvées au cours de fouilles mégalithiques sur la partie enfouie des piliers de dolmens (allée des Landes, à l'Ile-d'Yeu), ces gravures sont susceptibles de remonter à la période de la pierre polie (début du Quaternaire moderne ou Néolithique).
Dissolution des poussières ferrugineuses d'origine cosmique dans les eaux de l'Océan. Note de M. Trou-