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IDENTIFICATION DE QUELQUES OISEAUX
Représentés sur les Monuments pharaonique s
LA BERGERONNETTE GRISE (Motacilla alba, Linné.) — Les Motacillidés sont représentés à Beni-Hassan par deux Hochequeues : la Bergeronnette grise ou Lavandière et la Bergeronnette jaune. Ces oiseaux nous offrent, comme caractéristique, un bec grêle, des ailes allongées etune longue queue horizontale qu'ils ne cessent d’agiter d'un mouvement vertical, d’où leur vient le nom de Hochequeues.
La Bergeronnette grise est la plus commune du genre et peut être considérée comme le type de la famille. Elle est répandue sur toute l’Europe continentale, le nord et le centre de l’Afrique, depuis le Sénégal jusqu'en Abyssinie. C’est l’un des oiseaux les plus abondants en Egypte et en Nubie pendant l’hiver; mais le nombre en diminue tellement à l'approche du printemps, qu'il est presque rare en Nubie au mois d'avril. On rencontre aussi cette espèce dans le nord de l’Asie, au lac Baïkalet le sud de la Perse (1). Elle visite régulièrement l'Inde durant la
“saison froide, vient dans nos contrées au mois de mars et repart en octobre.
Son plumage est un mélange de blanc, de noir et de gris bleuâtre; elle a le sommet de la tête d’un noir velouté, le manteau gris-bleu, les plumes de la queue d’un brun sombre; le front et les autres parties du corps sont blancs, le bec et les pattes noirs. En hiver, un croissant noir s'étale sur le devant de la poitrine, il est remplacé en été par un large plastron de même couleur (2).
Cet oiseau à vingt centimètres de longueur et trente d'envergure.
La Lavandière reproduite à Beni-Hassan porte le nom de s’sha; elle nous est présentée dans sa parure d'hiver dont les couleurs ont été schématisées en une teinte unique, d’un bleu intense qui couvre toute la partie supérieure; la face, le ventre etles pieds sont blancs: sur la joue une tache bleue semble indiquer l'extrémité du croissant noir. Le pouce n’est pas indiqué (fig. 1).
Vive, gaie, agile, la Bergeronnette grise court rapidement le long des cours d’eau, sur les grèves, dans les prairies humides, recherchant de préférence le bord des ruisseaux, des étangs, des abreuvoirs où elle est attirée
(1) Sueczey. 4. Handbook to the Birds of Egypte, p. 126. — Trisrram. The Fauna and Flora of Palestina, p. 54.
(2) Dresser. Hislory of the Birds of Europe, vol. III, p. 233; Motacilla alba, pl. 126, fig. 1 et 2 (1871-1881).
par une multitude d'insectes dont elle fait sa nourriture. Loin d'être effarouchée par le voisinage de l’homme, elle niche à proximité de sa demeure, suit le laboureur dans le sillon pour y saisir les vers mis à découvert par la charrue; voltige sur les écluses des moulins, se pose sur les pierres des lavoirs où, toute la journée, elle tourne familièrement autour des laveuses, semblant battre la lessive du mouvement de sa queue, ce qui lui a valu lenom de Lavandière.
Elle ne craint point de s’attaquer aux rapaces; quand plusieurs d’entre elles aperçoiventun oiseau de proie, elles le poursuivent en poussant des grands cris, avertissant ainsi la gent emplumée et contraignant plus d’un épervier d'abandonner sa chasse. Cette espèce fait son nid dans une crevasse de rocher ou un trou creusé en terre, mais le plus souvent au bord des eaux. Ce nid est formé d'herbes sèches, de mousse, debrindilles, et garni, à
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Fig. 1. La Bergeronnette grise ou Lavandière (Beni-Hassan).
l'intérieur d’un lit de plumes oude crin. Les œufs, de six à huit lors de la première couvée, sont blancs, semés de taches brunes (1).
L’HIRONDELLE DE MER DE BERG. Sterna bergii, Lichtenstein. — Les monuments pharaoniques nous offrent un seul individude la famille des Laridés, c’est la Sterne de Berg dont la longueur est de 46 centimètres. Cette grande hirondelle de mer, aux doigts courts entièrement palmés, a un long bec comprimé, une petite huppe sur locciput et la queue fourchue. La partie supérieure du corps est d’un gris argenté, le dessous d’un blanc pur; le sommet de la tête et la huppe sont d’un noir brillant ; l’œil est brun, le bec jaune pâle, les pattes noires.
Les jeunes ont la tête rayée de noir et les autres parties mouchetées de brun sombre (2).
Cette espèce était connue des Egyptiens sous le nom de dhbt. Ils ont représenté l'oiseau avec la huppe relevée. Leur reproduction, conçue d’après un système souvent employé par les artistes, nous montre, groupées en une seule masse, les extrémités des ailes et de la queue. Les taches brunes et noires, dont le plumage est marqué, désignent suffisamment cette image comme celle d’un jeune en livrée de transition. De même que chez l’oiseau vivant, le pouce est ici peu développé (fig. 2).
Les Sternes de Berg, assez communes dans la Basse-
(1) Pour la bergeronnette jaune, voir le Naturaliste du 1er novembre 1908.
(2) Crerzcun pans Rupprer. Allas zu der Reize im nordlichen Afrika, p.21, tab. 13, Sterna velox (1826) — Gourr. Bird) Australia, VIT, pl. 23, Thalasseus pelecanoïdes, pl. 24 ; Thalasseus poliocercus (1848).
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Fig. 2. L'Hirondelle de mer de Berg. (Beni-Hassan.)
Egypte, où elles résident (1), fréquentent, en hiver, la mer de Galilée (2). On les rencontre également sur les côtes de l'Afrique australe et orientale, au sud de la mer Rouge, près d’Aden; aux iles Seychelles, à Madagascar, dans toutes les mers de l’Inde, de la Chine et de l’Australie. Elles nichent par milliers sur les roches et couvent en masseles unes à côté des autres (3).
P. HIPPOLYTE-BoussAcC.