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LES PÉCHERIES D'HUITRES PERLIÈRES DE MERGUI EN BIRMANIE

Le district de Mergui termine cette longue et étroite bande de terre qui porte l'étendue de la Birmanie jusqu’à la presqu'ile de Malacca. Le sol en est montagneux, des forêts le recouvrent presque tout entier; des mines d’étain, de cuivre, de fer, de manganèse et de la houille y sontreconnues; mais, sauf par quelques travaux effectués dans les gisements d’étain de Malawun, aucune d'elles n’est mise en valeur. Pour le moment, la prospérité du district réside principalement dans l’exploitation des bancs d'huîtres perlières qui sont situés au milieu des iles placées devant Mergui.Jusqu’en 1892, la pêche y était complètement libre, les habitants des iles, les Selungs, s’y livraient rudimentairementen plongeant nus ; les résultats qu'ils obtenaient démontraient largement l'abondance des écailles. Quelques Australiens, spécialistes de cette industrie qu’ils avaient pratiquée sur les côtes du Queensland, signalèrent cette richesse à Vadministration locale; l'archipel fut alors divisé en cinq lots mis en adjudication chaque année, on perfectionna les moyens de pêche et la production augmenta considérablement. En 1900, le système d’adjudication qui avait donné quelques mécomptes fut remplacé par un droit de pêche de 400 roupies par appareil de montée et de descente et par an. Quelques années plus tard, deux experts délégués par le gouvernement des Indes examinèrent les eaux de l'archipel et celles des iles voisines ; les conclusions de leur rapport constateut le grand nombre et l'importance des bancs dont une faible

(1) Sxezey. Bürds of Egypt, p.298.

(2) Trisrram. Mauna and Flora of Palestina, p. 136 (1884),

(3) Armand Davw et E. Ousrarrr. Les Oiseaux de la Chine. Thalasseus bergii, texte, p.523 (1877).— E. Ousrarrer. Bulletin de la Sociélé philomaltique, p. 193 (1878, Seychelles). — Alp. Mixe-Enwanrps et Alf. Granninrer, His{. nat. el polilique de Madagascar. — Histoire naturelle des oiseaux, t.T, p. 652- 653; Atlas, IV: vol., pl. 295, squelette (1885).

partie seulement est exploitée. Les bas-fonds où il est possible de plonger nu sont à peu près épuisés, mais ce fâcheux résultat n’est pas à redouter dans les autres endroits, car les fonds inaccessibles en assurent le repeuplement, de plus l’arrêt de la pêche durant la mousson du sud-ouest laisse suffisamment reposer les mollusques. Enfin tous les bancs situés près des iles Moskos et devant le port de Tavoy n'ont presque pas été touchés ; leur éloignement de Mergui, principal marché des écailles, et le peu de durée de la saison, dû à l’état dela mer et aux précoces courants, en ont éloigné jusqu'à présent les pêcheurs. La partie sud de l'archipel de Mergui est également encore négligée ; l’huître perlière y paraît abondante, mais les lieux de pêche n’ont été jusqu'ici l’objet d'aucune étude.

L'exploitation des pêcheries de Mergui et des eaux environnantes n'est donc qu'à son début; elle semble destinée à prendre prochainement un grand essor. Les experts, toutefois, déclarent que l’avenir de cette industrie est subordonnée à l’adoption de plusieurs mesures dont la principale est l'installation d'une station d'expériences et d'élevage.

I'huître perlière de Mergui (Pteria Manoptera et Mengaritifera Maxima) diffère de celle de Ceylan (Margaritifera Vulgaris) car elle ne vit pas dans les mêmes conditions. À Ceylan, l’huitre est trouvée dans les eaux peu profondes etbien abritées, tandis qu'à Mergui, elle se tient beaucoup plus bas etest exposée à de violents courants, aussi se reproduit-elle moins facilement.

Les perles de Mergui sont, comme grosseur, au-dessus de la moyenne; elles ont beaucoup d'éclat. Leur valeur va quelquefois jusqu'à 7 ou 8.000 francs ; quelques-unes, trouvées en 1904, valaient près de 25.000 francs, deux autres, pêchées en 1907, ont été estimées 80.000 francs.

L'écaille de l’huitre est de fort belle qualité; on en exporte annuellement environ 80 tonnes.

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