LES ENFANCES
de Dieu (venu) clans la chair ; el de même, le bœuf el l'âne et les mages cl' Orient : Hérocle a été en retard d'an jour quand il a fait tuer les enfants de moins de deux ans. Jésus chasse de la grotte les dragons, qui l’adorent ; les bêles sauvages s'adoucissent devant lui ; ci sa prière, les palmiers se penchent pour donner à Marie un peu cVombre ; les 365 idoles du Ccipitolium Æggpti, ci Sotène , près Hermopolis , s' écroulent ci sa vue , et le duc de la cité, Affrodisius, se convertit avec le peuple.
Quand l'ange donne le signal du retour , Jésus tue d'un mot un enfant qui s'avise cle détruire ses œuvres, sept petits lacs qui sont reliés entre eux : puis , à la prière cle sci mère , il le ressuscite en le frappant clu pied droit au bas du dos. Il donne Ici vie ci douze passereaux de boue qu'il ci modelés le jour du Sabbat , mais il tue encore le fils clu prêtre Anne pour l'avoir vu bouleverser ses travaux d'enfant: Joseph , effragé, l'emmène , non sans que Jésus ait d'ciborcl ressuscité le mort cl'un mot dit à l'oreille . Et Jésus confond la science du docteur cle Ici Loi, Zctchgas, et du vieux Lévi qui , clés lors , veut le crucifier. A Nazareth, le mort Zeno assure que ce n'est pas Jésus qui l'ci tué ; à Jéricho, il porte cle l'eciu dans son manteau, ci six ans ; à huit ans, sur Ici route de Jérusalem , il se fait adorer et suivre par des lions, il traverse le Jourdain à piecl sec, il allonge en le tirant le moulant cl'un lit ; il confond de nouveau et tue, au grand mécontentement de Joseph, le maître qu'on veut lui donner ; il enseigne à son tour, sans lire, il dit les œuvres de Dieu, et sa parole est un torrent d'eau vive, suivant Ici prophétie du psalmiste. A Capharncium maritime, sur son ordre, le mouchoir de Joseph ressuscite un mort qui s'appelle aussi Joseph. Il guérit le fils de Joseph, Jacques, qu’a piqué une vipère ; il assiste ci un banquet avec lui, avec Joseph, Jucle, Siméon et leurs deux sœurs, avec Joseph et Marie, avec Marie de Clophas ; il sanctifie les aliments ; ses frères le craignent , l'observent et l’admirent ; quand il dort, une clarté l environne, lui ci qui soit louange et gloire clans les siècles clés siècles. Amen ! Amen ! (1).
Il est clair que nous avons affaire ici à un remaniement d’un texte antérieur, dont la seconde partie laisse encore transparaître la physionomie assez étrange (2). O11 croit apercevoir, surtout, certains traits par où se manifeste la parenté de cette version ca-
(1) Tischendorf : Euangelia Apocrypha, 1853, p. 50.
(2) Voir l’Evangile selon Thomas.
LA LÉGENDE DE JÉSUS
iholicisée avec certaines légendes rédigées aux environs de l’an 5oo.
L’importance, le prestige extraordinaire de la chasteté, la défaveur avec laquelle on considère l’union conjugale et la pollutio [§ 7] qu'elle entraîne sont assurément très remarquables. J’insiste sur deux faits. Il est entendu, d’abord, que Marie est restée vierge in partu : l’histoire de Salomé le prouve sans réplique contre tous les Bonosiaci du monde ; on l’appelle justement la reine des vierges. Ensuite et surtout, on spécule sur la valeur transcendante de la virginité : si l’on est enclin, ailleurs, à y rattacher le privilège de l’immaculée conception (1), on penche, ici, à y lier la faveur de l’assomption corporelle du vivant en plein ciel: ... clenique et Helias, cum esset incarne assumptus est,
OUIA C ARN EM SUAM VIRGINEM CUSTODIVIT [7]. NOUS Voici Conduit
au temps des controverses sur le Baptiste, au temps de Censurinus et de Césaire.
Et le souvenir de Silvestre , à' Agathe, de Vitus , de Lucie et de Cécile nous revient au même moment en mémoire. Abiathar et Isachar, le docteur de la Loi, Zachyas, et les dragons chassés de la grotte, tout cela ressemble singulièrement à certains personnages et à certains épisodes de la légende pseudo-constantinienne.
Ces anges, cet ange gardien surtout, qui apparaît à Joachim, me font souvenir de Vitus ; et Vitus insiste sur la perpétuelle virginité de Marie, vise la croyance manichéenne relative aux mouches, démarque l’histoire de Cyriaque, qui est un pamphlet catholique contre Mani. Lucie, Agathe et Cécile chantent la gloire de la virginité ; Lucie et Agathe , par leurs attaches topographiques, sont apparentées à Vitus; ici comme dans Lucie, on note une guérison opérée par le contact ; ici et dans Cécile , où les anges jouent aussi un si grand rôle, on rencontre deux détails parallèles assez curieux : l’ange qui visite la sainte éveille, ici et là, les méfiances injurieuses de son compagnon, Valérien voit en lui un rival, et Joseph le séducteur de Marie :
Cécile.
AngelumDei habeo amatorem, qui nimio zelo corpus meum custodit ; hic si vel leviter senserit quod tu me polluto amore
Pseudo- Matthieu, § 10.
... Dixerunt virgines quae cum Maria erant : Quid aïs, domine Joseph? Nos scimus quoniam vir non tetigit eam ; nos scimus