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LES ENFANCES

contingas... statim circa te furorem suum exagitat... Tune Valerianus, nutu Dei correptus timoré, ait : Si vis ut credam sermonibus tuis, ostende mihi angelum : et si approbavero quod vere angélus Dei sit faciam quod hortaris; si autem virum alterum diligis et te et ilium gladio feriam [14 avril (1674), 204, § 1].

quoniam integritas et virginitas in ea immaculata persévérât. Nam custodita est a deo... ; cotidie cum ea angélus domini loquitur, cotidie de manu angeli escam accipit. Quomodo fîeri potest ut sit aliquod peccatum in ea ? Nam si suspicionem nostram tibi vis ut pandamus, istam gravidam non fecit nisi angélus dei. Joseph autem dixit : utquid me seducitis ut credam vobis quia angélus domini impraegnavit eam ? Potest enim fîeri ut quisquam se fînxerit angelum domini et deceperit eam [Tischendorf, Eu. Apocr., 2e éd., 1876, 71-72].

L Enfance de Marie présente certains points de contact non moins curieux avec certaines légendes apostoliques. Thomas et Matthieu chantent aussi la gloire de la virginité (et je note que Thomas est parent de Cécile) ; Barthélemy nous montre aussi la chute d’une idole devant un serviteur de Dieu ; Simon- Jude nous fait admirer aussi combien les fauves s’adoucissent miraculeusement ; la valeur magique d’un mot dit à l’oreille apparaît ici comme dans Pierre ; et Jean et l’histoire de la fin de Marie (î) lient aussi fortement que notre texte l’idée de virginité à l’idée d’assomption corporelle. Il semble que notre auteur ait été très familier avec toute cette littérature ; sans doute appartenait-il aux mêmes cercles que les rédacteurs de Censurinus et de Vitus , de Cécile , de Lucie et de Jean (2).

(1) Voir infra , p. 287 et 317,

(2) Noter que notre texte vise peut-être des sanctuaires ou reliques romains. On parle § 14 de la praesepes de Jésus : Se Marie Majeure, à Rome, garde la praesepes de Jésus. Depuis quand ? La relique est-elle antérieure à l’invasion arabe? De quand date l’expression Maria depraesepe ? [Théodore, 642-49. L. P. I. 331].

On vise, § 30, le sndarium de Joseph. S’agit-il d’une relique ?

On lit, § 8 à propos du Saint des Saints de Jérusalem, l'expression sancta sanctorum. Le sanctuaire romain du sancta sanctorum , au palais du Latran, est très connu : noter qu’on y a retrouvé une vieille fresque représentant la mort de s. Jean et qu’on y gardait un vase rempli de la manne miraculeuse. Y a-t-il un rapport entre ces faits ?

LA LÉGENDE DE JESUS

La seconde version présente une physionomie assez analogue.

Elle débute pareillement par la lettre de Chromatius et d’Héliodore à Jérôme qu’on a analysée et reproduite. Mais la réponse de Jérôme est un peu différente, et le corps même du livre est beaucoup plus court.

« Vous me demandez mon avis , dit Jérôme , sur un petit livre qui raconte la nativité de sainte Marie. Je veux vous en prévenir : on q trouve beaucoup d' erreurs / car il a pour auteur Seleucus , celui qui a écrit les passions des apôtres. Ce quil dit de leurs miracles est exact ; ce qu'il dit de leur doctrine est mensonger et déloyal. Je vais donc traduire mot à mot le livre ( qu'on va lire). C'est le saint évangéliste Matthieu qui la écrit en lettres hébraïques et placé en tête de son évangile. Que cela soit bien exact , à vrai dire , c'est douteux / je ne dis pas que ce soit faux. Mais ce que j'avance sans crainte , ce qu'aucun croyant ne voudra nier , c'est que , ces miracles fussent-ils inauthentiques , d'autres miracles, très authentiques , ont précédé ou suivi la nativité de sainte Marie. Dès lors , il n y a pas de péril pour la foi de ceux qui attribuent à Dieu un tel pouvoir, s’ils lisent ces récits et y ajoutent foi. Enfin, pour autant que je me souviens, je traduis librement mon auteur, suivant le sens, non les mots, et parfois faisant un détour : tout ce que je dis est écrit dans le livre [de saint Matthieu) ou aurait pu l'être (1).

(1) B. H. L. 5 3JE [P. L. 30, 297, ou 20, 372]. — Voici le texte de ce prologue :

« Petistis a me ut vobis rescribam quid mihide quodam libello videatur qui de Nativitate S. Mariae a nonnullis habetur. Et ideo scire vos volo, multa in eo falsa inveniri. Quidam namque Seleucus, qui passiones apostolorum conscripsit, hune libellum composuit. Sed sicut de virtutibus eorum et miraculis per eos factis vera dixit, de doctrina vero eorum plura mentitus est, ita et hic multa non vera de corde suo confînxit. Proinde ut in Hebraeo habetur verbum ex verbo transferre curabo, siquidem sanctum Evangelistam Mattheeum eundem libellum liquet composuisse et in capite Evangelii sui Hebraïcis litteris obsignatum apposasse ; quod an verum sit, Autori praefatoris et fidei scriptoris committo. Ipse enim ut haec dubia esse pronuncio, ita liquido falsa non af-

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