LES GESTES DE THOMAS ET DE NÉRÉE
periis suis. Blanditur ei fîdes, amplectitur eam spes, osculatur eam caritas ; et omnes quae adstant in conspectu regis caelorum patientia, perseuerantia, constantia, contemptus mundi, vigilantia..., omnes istae quae sunt memoratae et quae non sunt memoratae uirtutes famulantur ei. Inter frondes paradisi et uitae aeternae inmarcessibiles flores, inter nemora Angelorum... (12 mai, § 6, p. 7.)
Conceptum... in utero pondus die noctuque portabit inuita :
quo pondéré efficitur aegra, tumens, pallida, uix suis pedibus incidere praeualens ; ciborum utilium perferens fastidia, cibis noxiis delectatur ; nonnumquam etiam sinus ipse interior aut abundantia sanguinis inflammatur, aut humoris nimietate algescit, aut siccitatis macie constringitur, aut pinguedine coarctatur: ex quibus causis intra uteri sécréta concepto fœtu morbi nascuntur; exquibus... soient débités nasci, curui et claudi... Solet etiam surdus atque mutus aut plenus uulneribus,aut etiam cum daemonio procreari, ut priusquaerere exorcistam necesse sit quam nutricem. — 12 mai, § 4, p. 7.)
Dans les deux cas, il me paraît difficile d’admettre, soit que Thomas dépende de Cécile et de Nérée, soit que Cécile et Nérée dépendent de Thomas. Comme je n’aperçois pas à quels textes communs ils puiseraient pareillement, j’imagine qu’ils sortent d’unmêmemilieu ou qu’ils émanent d’un mêmeauteur: Thomas (î) date, suivant toutes les apparences, du premier quart du sixième siècle.
Jean , André , Thomas paraissent donc avoir été rédigés à la même époque : il y aura intérêt à les comparer l’un avec l’autre.
(1) Noter que Thomas e t Cécile se suivent souvent dans les mss. : cf. le Vindobonensis 602. — Le culte de Thomas à Edesse est attesté par Cassiodore.
phaeum fidei, uictoria de inimicis et uitae aeternae securitas.
Nam nascitur de corruptione pollutio, de pollutione reatus, de reatu confusio, ex iis operibus oriuntur fîlii aliquando cum periculo parientis. Dum prouidetur matri, filius cupiditissime educitur, et tota mulier praegnans aegrotat, dolet, fastidit, angustiatur, et partus dolore consumpta secretorum praeco ipsa efficitur. Tandem aliquando egreditur infelixhomoautstrambus, aut clebilis, aut quacumque parte laesus membris, plerumque etiam cum daemonio nascitur aut lunaticus procreatur.
Ecce quibus casibus commixtio ipsa deseruit... — (Bonnet, Passio..., p. 138.)
LA LÉGENDE DES APOTRES
Je discerne entre eux quatre traits qui leur sont communs. Tous trois visent à expliquer le mystère delà Trinité en se garant du Priscillianisme : je rappelle le texte de Thomas qu’on vient de lire, et le prologue d’André, et la version mélitonienne du Transitus Mariae qui est très proche parente de Jean. — Tous trois rappellent singulièrement certains gestes des martyrs romains, notamment Nérée-Achillée , Cécile , Pierre , Clément , Anastasie, Alexandre de Baccano. — Tous trois ont été élaborés dans un milieu où s’exerçait l'influence lérinienne : Jean insiste sur les anges gardiens, sur la réalité de l’action providentielle et sur l’abandon des richesses aux pauvres ; André s’intéresse à l’Eucharistie; Thomas emploie une formule courante dans les textes lériniens, si relies scire , si scires (1) ; il fait apparaître les anges gardiens qui présentent à Dieu les prières des hommes (2), et les parrains (3) que ces mêmes textes aiment à mettre en scène ; il indique, avec autant de précision qu’un Césaire, les douze vertus capitales; il enseigne, comme Sébastien et Jean , qu’il faut se procurer des richesses qui nous suivent après la mort. — Tous trois, enfin, semblent être en rapport avec la construction d’une église.
L 0 Liber Pontificalis est un témoin autorisé lorsqu’il signale la const ruction d’une église, à Rome, à la fin du cinquième ou au début du sixième siècle.
Or, à l’en croire, le pape Hilaire [46 1-468] élève un oratoire en l’honneur de saint Jean l’Evangéliste ; le pape Simplicius [468- 483] construit une basilique en l’honneur de saint André , à qui le pape Gélase [492-496J dédie encore un oratoire, via Lavicane ; le pape Symmaque [498-5 1 4] enfin, consacre, dans la basilique de saint Pierre, un nouvel oratoire à saint André, un oratoire à saint Thomas et un second oratoire à saint Jean l’Evangéliste.
Hic (Hilarus) fecit oratoria III in baptisterio basilicae Constanti-
(1) André , 3: O si uellis scire misterium crucis... [Bonnet, p. 5, 1. 6]; Thomas : Si scires qnae eqo didici [Bonnet, p. 151, 1. 201. — Cf. Censurinus , G. M. R. II, 120.113.
(2) Thomas : nos sumus angeli qui dati sumus uobis a deo [Bonnet, p. 138, 1. 20] et iussum nobis est ab eo ut ostendamus nosmet ipsos propter benedictionem apostoli eius, ut, dum custodieritis monita eius, omnes petitiones uestras domino offeramus. Nos denique clausis ianuis introducimus ad uos apostolum ut, sicut nos clausas ianuas palatii patefecimus, ita ipse uobis clausas ianuas vitae aeternae aperiet.
(3) Thomas : sponsa Dionysii episcopi quae est filia Thomae apostoli [Bonnet, p. 139, 1. 22].