CARACTÈRES DE SIMON-JUDE
rissent les lépreux ; 3. ils semblent n’avoir pas de corps réel, puisqu'ils pénètrent dans les chambres clciusis ianuis ; 4- ils chassent les démons, les contraignent à briser les idoles où ils logent, et sont mis à mort pour ce crime; 5. ils envisagent successivement la guérison du corps et la guérison de lame ; 6. ils ne négligent pas de combattre la gourmandise ; 7. ils ordonnent évêque un roi. La parenté de Barthélemy et de Thomas est plus étroite que celle qui unit Thomas à Matthieu ou à Simon- Jade »; Thomas , 011 l’a vu, a fortement subi l’influence de Lérins. Barthélemy , Matthieu , Simon-Jude n’auraient-ils pas été rédigés dans les milieux lériniens ?
Simon-Jude vise très explicitement les Néo Manichéens : la description de la doctrine que prêchent Zaroes et Arfaxat s’applique très exactement au Néo-Manichéisme. Voici le texte :
Erat autem doctrina eorum praua ; ita utdeum Abraam et deum Isaac et deum Iacob blasphémantes deum dicerent tenebrarum, Moysen autem dicebant maleficum, omnes prophetas dei a deo tenebrarum missos assererent. Animam hominis partem dei habere dicerent : corpus uero fïgmentum a deo male [malo] factum et ideo contrarium sibimet: diuersisque substantiis in quibus laetatur caro, anima tristatur et in quibus exsultat anima, corpus affligitur. Solem et Lunam deos affirmantes, aquam simul deitatem habere docebant. Dei autem filium dominum nostrum Jesum Christum phantasiam fuisse nec uerum hominem ex uirgine natum, nec uere passum, nec uere sepultum, nec uere tertia die resurrexisse a mortuis. Haec praedicatio polluta...— (Mombritius, II, 294v-29or.)
Ce dualisme, l’attribution de l’Ancien Testament au dieu mauvais, cette théorie de la nature de l’homme, du Soleil et de Jésus nous sont familières : nous les avons vues attribuées à leurs adversaires par saint Césaire et par saint Léon, etc... (1).
Lorsque l’anonvme raconte les tourments des mages et leur guérison par les apôtres, il ajoute :
(1) Noter l’affirmation de la divinité de l'eau. .
LA LÉGENDE DES APÔTRES
Non dignatur Deus habere coacta servitia : ideo surgite sani, liabentes liberam facultatem convertendi a malo ad bonum... [Fabricius, II, 625.]
Il est clair que ces déclarations visent les théories fatalistes des Manichéens.
Les supplices que les anges de Jésus infligent aux démons figurent la supériorité de Dieu sur le diable.
L’auteur de Matthieu justifie les meurtres accomplis par les saints de l’Ancien Testament : Césaire nous apprend quel parti les Manichéens tiraient de ces histoires.
L’anonvme tient à authentifier son récit en citant ses sources, et en montrant quel crédit elles méritent : les historiens des apôtres sont leurs compagnons fidèles, Abdias et Craton ; et c’est à ces historiens si autorisés qu’a puisé notre auteur.
N’est-il pas vrai que pseudo-Abdias et pseudo-Craton rappellent fort pseudo-Méliton et les pseudo-prêtres d’Achaïe? On songe involontairement au concile pseudo-damasien. — La rédaction de Simon- Jude se rattache à la lutte des Catholiques contre les Manichéens.
D’autre part, Simon-Jude offre de curieux points de contact avec les gestes romains de l’époque ostrogothique. 1. Simon-Jude et Cécile attribuent à l'homme trois facultés, ingenium , mémoj'iam, intellectum.
Cécile.
In uno homme dicimus esse sapientiam unam quam sapientiam dicimus habere ingenium memoriam intellectum.
Simon -Jude.
Audite, omnes filii hominum...
quibus dédit Deus ingenium, memoriam et intelligentiam (? intel lectum). [Fabricius, II, 627.]
2. Sympherose mentionne le même historiografus Africanus que Simon-Jude. 3. Silvestre nous parle d’un Craton qui fait penser au Craton de Simon-Jude. 4- Eugénie connaît un mage Zareas qui est vaincu et sauvé par l’homme de Dieu iïelenus ; ce qui rappelle singulièrement notre mage Zaroès, vaincu et sauvé par les apôtres de Jésus (î). 5. Les gestes de saint Laurent nous parlent d’un persan, Sennen, et d’un temple du Soleil ; n’est-ce pas le même Sennen et le même temple du Soleil qui reparaissent dans Simon-Jude 1 6. Ces guérisseurs