ORIGINE DE CES GESTES
par la présence d’une sainte martyre, selon Symphérose : fait d’autant plus notable que Symphérose et Simon-Jnde s’intéressent pareillement à Africanus l’historiographe. L’auteur de Barthélemy appartenait à un groupe qui s’occupait des légendes de la Vierge et de Jésus, des évêques et des martyrs (1 ).
L’étude de Barthélemy ne précise pas les conclusions auxquelles nous acheminaient Simon-Jade et Matthieu : elle ne les infirme pas davantage. Il reste acquis que ces trois textes sont parents et que Simon- Jade a été suivi de Matthieu comme Matthieu de Barthélemy ; que le ou les rédacteurs avaient la double préoccupation de combattre le Néo-Manichéisme et de répandre la doctrine orthodoxe [Trinité; providence; chasteté dans le mariage ; bonne tenue des vierges chrétiennes ; pauvreté et dons aux églises ; respect de la vie humaine] ; qu’ils se rattachaient enfin, — aussi bien que les auteurs de Thomas et de Jean , sinon d'André — à la grande école de morale à la fois rigoureuse et pratique que fut Lérins (2).
(1) Notre auteur ignore totalement que des reliques de Barthélemy ont été envoyées à Dara, en 503, par l’empereur Anastase [Theodor. lector. : II, 57 ; Cf. Theodor. de Terra Sancta , 36], et que le corps tout entier de l’apôtre soit vénéré à Lipari [Gregorius Turon., Gl. Mart., 34, P. L. 71, 734. — Cf. Theod. Stud., P. L. 129, 729 ; Gregor. Epist., III, 55. P. L. 77, 650, B, et II, 16-17. P. L. 77, 551-552]. [Lipsius, II, 2, 106-108] : cette dernière légende est antérieure à 592 et postérieure à notre texte ; elle dérive sans doute d’une confusion déterminée par une homonymie.
J’attire l’attention sur la formule homo cam Deo , deus cutn domine [Bonnet, p. 137, 2 ; p. 134, 16] : elle équivaut à Homo-Deus, elle est propre à Barthélemy .
Je relève encore dans ce texte des traces de docétisme [apparuil apostolus... ostio clauso. Bonnet, p. 134, 8-9] ; il est très certain, pourtant, que l’original est latin. [Bonnet: Analecta Bollandiana, XIV, 353]. 11 y a eu des apocalypses de Barthélemy : voir supra, p.299. Qui sait si notre auteur n’a pas puisé à l’une d’elles ?
(2) On peut dater leur œuvre du second quart du sixième siècle, en admettant peut-être un intervalle assez notable entre la rédaction de Siman- Jade Matthieu et la rédaction de Barthélemy .
La formule Deus Abraham... Isaac... Jacob qui apparaît dans nos textes est très ancienne et très usuelle [Cabrol : D. A. C., I, 121]: comme elle est particulièrement fréquente dans le Sacramentaire Gélasien, on peut croire qu’à l’origine, en Occident, elle avait une saveur gallicane ; peut-être Cassien et les Lériniens l’ont-ils importée d’Orient. — On ne saurait s’étonner de voir citer dans ce savant milieu Xerxes et Astyage, Iphigénie et Eutrope : Orose parle des deux premiers [II, 9-11 et I, 19. — Zangemeister, p. 71 et 105. — Cf. aussi VII, 42, 13, p. 558], Iphigénie est mentionnée par S. Augustin [ Civilas Dei , XVIII, 18. — Hoffman, II (1900), p. 292, 2] et l’abréviateur Eutrope est trop récent, trop utile, pour ne pas être populaire dans ce monde.
Je n’ose pas décider si nos auteurs connaissaient l’index apostolique
LA LÉGENDE DES APÔTRES
3til
Mais Lérins n’avait pas le monopole de l’histoire apostolique. Nous avons conservé un texte qui tend à la résumer toute, qui exprime à merveille l’attrait qu’elle exerçait partout, et qui ne semble pas provenir des mêmes cercles que Jean et Thomas , Simon-Jade, Barthélemy et Matthieu.
Le Breuiarium Apostolorum se compose de treize notices conçues sur le même modèle (1). Le nom, l’explication du nom
qui ouvre le férial hiéronymien, ou si c’est l’auteur du férial qui dépend de nos auteurs. Voici les textes :
EPTERN A. CENSI S
VIII. Kl. sept. Nat. s. Bartholemaei apostoli qui decolatus est in India insu regis Astiagis.
XI. Kl. oct. Nat. s. Mathei apostoli qui passus est in Persida.
V. Kl. noembr. Nat. apos (tolorum) Simonis Cannanei et Simonis Zelotis qui a templorum pontilicibus occisi sunt in Suanis civitate Persarum.
BERNENSIS
VIII. Kl. sept. Nat. s. Bartholomaei apostoli qui decolatus est in India interiore pro Christo.
(Nihil).
(Nihil).
CORBF.IENSIS
(Texte du Bernensis).
... Nat. s. Matthei ap. et evangelistae qui pro Christi nomine passus est in Ethiopia ciuitate Tharrium.
... Simonis Cannanei et Iudae Zelotis qui a templorum pontificibus occisi sunt in Suanis civitate magna apud Persida.
L’hypothèse de Mgr Duchesne [F. H. praef] est la plus vraisemblable: le texte primitif est, pour Barthélemy, la leçon du Corbeiensis, et pour Matthieu la leçon de ï'Epternacensis. Mais je ne suis pas sur que ce texte se soit occupé de Simon-Jude: peut-être le laterculum qui les concerne a-t-il môme origine que les additions historiques relatives à Barthélemy et à Matthieu ; il dérive sans doute, comme celles-ci, de nos textes lériniens (la civitcis Tharrium devait être mentionnée dans la primitive version lérinienne : elle faisait pendant à la civitas Suanir). Peut-être aussi le texte primitif du férial ignorait-il aussi bien Matthieu que Simon et Jude : le Bernensis semble l’indiquer ; et je remarque que Grégoire de Tours, après Pierre et Paul, après Jean, André et Thomas, parle de Barthélemy seulement. [G/. Mari ., 28, 33. — P. L. 71, 728-734.]
(1) Voici le texte intégral, d’après le Codex Treverensis 1245 (du huitième ou neuvième siècle), publié dans les Analecta Bollandiana, 11,9-10.
Incipit breviarium apostolorum ex nomine vel locis ubi praedicaverunt orti vel obiti sunt.
LE RREVIARIUM APOSTOLORUM
[sauf 8 et i3] ; le pays d’origine , le pays évangélisé ; le lieu du tombeau ; très souvent, le genre du supplice [1,2, 3, 4> 5, b, 7,
I. Simon, qui interpraetatur oboediens, Petrus agnoscens, films Joliannis, frater Andreae, dicitur ortus vico Betbsaida, provincia Gallileae. Qui propter Simonem magum, licet Dei occulto nutu, Romam pervenit ; ibique praedicans evangelium, viginti et quinque annorum ejusdem urbis tenuit pontificatum. Sexto autem et trigisimo anno post passionem Domini sub Nerone cesare, ut voluit, cruce suspensusest. Cujus natilicium lit Kl. Jul. caelebratur.
II. Paulus, qui interpraetatur pius, ortus ex tribu Benjamin, apostolus gentium. Hic secundo post ascensionem Domini anno baptizatus, et sub Nerone eadem die quo et Petrus capite truncatus ibique sepultus est.
III. Andréas, qui interpraetatur virilis vel decorus, frater Pétri. Ilic praedicavit Scitiam et Achaiam, ibique in civitate Patras cruce suspensus occubuit, pridie Kl. Decembris.
IV. Jacobus, qui interpraetatur subplantator, fdius Zebedei, frater Johannis. Hic Spaniae et occidentalia loca praedicatur, et sub Herode gladio cesus occubuit, sepultusque est in Achaia Marmarica, VIII Kl. Ag.
V. Johannis, qui interpraetatur gratia Dei, apostolus et evangelista, filius Zebedei, frater Jacobi, dilectus Domini praedicatur Asiae et in Effeso .
VI. Kl. Jan. natalis ejus.Alii dormitionem ejus VIII Kl. Jul.dicunt, quando nativitas sancti Johannis Baptistae caelebratur.
VI. Thomas, qui interpraetatur abysus, didimus, hoc est Christi similis. Hic Partis et Médis praedicatur, et distinans orientalem plagam, ibique evangelium praedicavit. Lancea enim ibi transfixus occubuit. In Caliminicae Indie civitatem, ibi sepultus est in honore XII Kl. Jan.
VII. Philippus qui, interpraetatur oslampadis, a Bethsaida civitate ortus, unde et Petrus, Gallis praedicavit Christum. Deinde in Hierapuli Frigiae provintiae cruciflxus et lapidatus obiit, ibique cum flliabus suis quiescit. Cujus natalicium Kl. Mai. caelebratur.
VIII. Jacobus, frater Domini, Ilierusolimorum primus episcopus, de templo a Judaeis praecipitatus lapidibusque obpressus Ivl. Mai. et ordinal io ejus VI Kl. Jan.
IX. Bartholomeus apostolus, nomen ex sira lingua suscepit, et interpraetatur filius supendentis aquas. Liconiam praedicavit. ad ultimum in Albano, majoris Arminiae urbae, vivens a barbaris decoriatus, atque per jussum regis Astragis decollatus, sicque terrae conditus VI 1 1 1 Kl. Sep.
X. Matheus, apostolus et evangelista, qui interpraetatur donatus. Hic etiam ex tribu sua Levi sumpsit cognomentum. Ex publicano a Christo electus, primum quidem in Judaea evangelizavit, postmodum in Macedonia et passus in Persida, requiescet in montibus Portorum XI Ivl. Octobris.
XI. Simon Zelotis qui interpraetatur zelus. Hic primus dictus est Cananeus, zelo Dei fervens. Par incognomenti Pétri et similis in honore. Hic accepit Aegypti principatum. Et post Jacobum justum cathedra dicitur tenuisse Herusolimorum. Et post annoscentum viginti meruit sub Adriano per crucem sustinere martyrium passionis. Jacet in Porto foro. Ejus natalicium caelebratur V. Kl. Novembris.
XII. Judas, qui interpraetatur confessor, frater Jacobi, inMesophotamiam atque in interioribus Ponti praedicavit. Sepultus est in Nerito Arminie urbae. Cujus festivitas caelebratur II Kl. Novembris.
XIII. Mathias, de septuaginta discipulis unus, et pro Juda Etscarioth duodecimus inter apostolos subrogatus. Electus sorte, et sol us sine cognomento. Cui datur evangelii praedicatio in Judaea.
Certains mss. — tels que le Parisinus 2543 ou le Monacensis 6382 —
LA LÉGENDE DES APÔTRES
8, 9, 11 1 ; parfois, le nom du persécuteur [1, 2, 9> 11], voilà
les six ou sept données qu’elles fournissent. Ce sont celles-là mêmes que procure le martyrologe pseudo-eusébien pour tous les martyrs, plus une double addition [étymologie; pays d’origine] : la haute dignité des apôtres nous a valu sans doute ce surcroît.
Le texte est certainement antérieur à la fin du septième siècle, puisqu’il est utilisé par Aldhelme (1) ; et, comme il est cité dans un livre qui a été écrit, selon toutes les vraisemblances, par Isidore de Séville (1), on doit dire qu’il remonte sans doute à la fin du sixième siècle ou au début du septième au plus tard. Il n’est pas impossible de préciser.
L’anonyme déclare, à la suite de Jérôme, du texte damasien et de pseudo-Marcellus, que Paul est mort sous Néron, le même j ou r que Pierre, eadem die quci et Pelnis. Lorsqu’il parle de Pierre, il assure qu’il est venu à Rome à cause de Simon, et cependant, par suite d’une secrète volonté de Dieu, propter Simonem mcigum , licet Dei occullo nuta ; s’il y a subi la mort, c’est qu’il la désirait, ut voluit. Ces deux traits réunis dénoncent l’époque ostrogothique et la crise manichéenne. Le texte damasien attaque avec virulence les hérétiques qui, dans leurs bavardages, font mourir Pierre et Paul à deux époques différentes, Paulus... non diverso sicut hcteretici garriunt , sed uno tempore uno eodemque
donnent une version un peu plus longue. Voici quelques-unes des additions qui les caractérisent : (Petrus obœdiens) vel ponens mœrorem siue audiens tristiciam ; — (Petrus agnoscens) eo qaod Christum credens qui dictus est petra ; — (Bartholomaeus... interpretatur fîlius suspendentis aquas) eo quod mentes eorum, quos praedicauercit , ad cœleslia contemplanda suscepit et suoriim dictis guttis inebriavit. — (Mathaeus... interpretatur donatus) videlicel quod mcigno Dei munere de thelonario ac publicano in apostoli et euangelistae est delegatus officium. Pour plus de détails, voir l’édition de T. Schermann : Prophetarum uitae fabulosae Indices apostolorum discipulorumque... Lipsiae, 1907, 206-211.
Le Parisinus lat , 4886 (sur lequel supra 305) donne une troisième version révisée sur le catalogue grec de pseudo-Epiphane : il rejette , par exemple, la notice de Paul tout à la fin, après Mathias ; il encadre les mots [ut uoluit] sicut uoluerat, dans la notice de Pierre par les mots uerso capite... et poposcerat ; dans la notice d’André, on écrit : scithas qui ogdiani sacesque nominatur ; dans la notice de Jacques (le Juste), tué par Hérode le tétrarque, on attribue à l’apôtre, en même temps que l’évangélisation de l’Espagne, celle des XII tribus de la dispersion ; etc... Or ce texte mixte suit immédiatement une histoire des prophètes, traduite du texte grec D, et qui est attribuée à Epiphane [Est-ce que le grec D n’aurait pas été, à une époque donnée, attribué aussi à Epiphane ?]. — C’est dire que la version du Parisinus 4886 présente exactement les mêmes caractères que le de Ortu et obitu Patrum d’Isidore ; seulement elle est plus brève.
(1) Voir supra , p. 308, n. 4, 5.
DATE DU BREVIARIUM
die gloriosa morte cum Petro... coronatus est. Les Manichéens, on l'a vu, mettaient un malin plaisir à nier la liberté des martyrs en particulier, des hommes en général, et de Dieu luimême, auquel ils opposaient un second Dieu autonome : c’est avec cette intention, je suppose, qu’ils rattachaient la venue à Rome de Pierre à l’œuvre de Simon le Mage, c'est-à-dire à la volonté du Dieu mauvais. Le rédacteur catholique riposte : c’est la volonté du Dieu bon, c’est la volonté de Dieu qui a conduit l’apôtre. Voici un texte contemporain très explicite: il relate une histoire toute semblable. Le diable menace le diacre Cyriaque
— l’antithèse de Mani — de le faire venir jusqu’en Perse : ce qui arrive ; le roi des Perses mande Cyriaque pour guérir sa fille. « Eh bien ! dit au diacre le diable goguenard, es-tu fatigué de ta route ?» — « Je suis parti au nom de mon Seigneur Jésus- Christ ; c'est lui qui me dirige ici comme partout et toujours ; je ne suis pas fatigué. » — « N’empêche, répartit le diable : je t'ai mené où j'ai voulu!
O Cyriace, si hinc me eicis, in Persidam te faciam venire. Dicit ei Cyriacus :... exi, et continuo exivit... — Exclamauit diabolus ex ore puellae et dixit ad Cyriacum : Quid est, Cyriace?... Fatigatus es ? Respondit Cyriacus: ego exivi in nomine Domini mei Jesu Christi, cuius auxilio gubernalus sum et in omnibus gubernor ; et non sum fatigatus. Dicit ei diabolus: iamen ego te perduxi ad quod iiolui (l). »
Le rédacteur de Marcel affirme que c’est Jésus, non le diable, qui a conduit Cyriaque en Perse ; pareillement, fauteur du Bréviaire: c’est Dieu, non le diable, qui a conduit Pierre à Rome.
— De même, si Pierre a été crucifié, c’est que tel était son désir, ut uoluit : notre auteur affirme la spontanéité de son martyre.
Le Breviarium Apostolorum paraît bien contemporain de la crise manichéenne; il a été conservé par les manuscrits du férial; peut-être ouvrait-il le martyrologe pseudo-eusébien, comme l'index ouvrait le férial pseudo hiéronymien (2). Sans doute a-t-il Rome pour patrie.
(1) Gestes de Marcel, § 11, 13, 11. — 16 janvier 7.
(2) Le Porto Foro de Simon doit être lu sans doute Bosphoro [voir Isidore, et Lipsius, II, 2. 143-144].
Des deux anniversaires de Jean, celui du VIII Kal. iul. est en général réservé au Baptiste.
Le nom de Simon Zélote se lit dans le texte damasien.
Les étymologies paraissent souvent empruntées à saint Jérôme, Liber de nominibus Hebraicis N. T. P. L. 23.
« Simonis, obedientis, siue ponentis tristitiam aut audientis moerorem
LA LÉGENDE DES APÔTRES
On s'intéressait alors aux histoires d’apôtres (1) ; de beaucoup de côtés on prétendait les découvrir. Mais les « découvertes » ne concordaient pas toujours. Voici un texte daté, et daté de notre époque, qui se lit dans le Codex Fuldensis (2), en tète de la reproduction des Actes :
Petrus et Paulus Romae. — Joannes evangelista Epheso. — Andréas Patras. — Philippus in Asia civitate Hierapoli. — Mattheus in Pontum. — Jacobus Hierosolyma. — Bartholomaeus in Phrygia civitate Dolici. — Thomas in India civitate Jothabis. — Jacobus
(849-850) Petrus, cognoscens siue dissoluens (849). Paulus, mirabilis siue electus. Andréas, decus in statione, uel respondens pabulo, sed hoc uiolentum. Melius autem est, ut secundum graecam etymologiam a-ô tou àvBpoç id est, a uiro uirilis appelletur (845-846). — Iacobus ??? — Iohannes, in quo est gratia uel Domini gratia (847-848). — Thomas, Didymus, id est geminus uel abyssus (850). — Filippus, os lampadarum (847-848). — Bartholomaeus, filius suspendentis aquas, uel ut supra (846). — Matthaeum donatum 848. — Simon zelotis??? — ludas? ?? — Mathias ?? ? (les chiffres des colonnes sont mis entre parenthèses). [Voir les étymologies du même genre que donne Apringius de Béjà, éd. Férotin, pp. 16, 19, 67, 69.]
Isidore de Séville [P. L. 83, 149 ; copié presque textuellement par Fréculphe de Lisieux, P. L. 106. Son ouvrage est intitulé de vitci et obitiiutriusque testamenti sanctorum ] combine le Breviarium avec les traditions qu'on retrouve dans les catalogues grecs. — A titre d’exemple, je cite la notice de Pierre :
« Simon Petrus... Hic in Galatia Ponto Cappadocia Bithynia Asia atque Italia Evangelium praedicauit... Simonem etiam magicis artibus caelum conscendentem ad terrain elisit. Hic postquam Antiochenam fundauit ecclesiam, sub Claudio Caesare contra eundem Simonem magum Romain pergit ibique praedicans evangelium viginli qiiinque annis eiusdem urbis pontificatum tenuit. Sexto et trigesimo anno post passionem Domini a Nerone Caesare in urbe Roma deorsum ut ipse uoluit, capite crucifixus est. Sic post apostolicum meritum etiam martyrio coronatus, sepultus Romae in Vaticano secus viam iuxta triumphalem.
11 écrit encore, P. L. 83, 151. Jacobus filius Zebedaei... Hispaniae et occidentalium locorum gentibus evangelium praedicavit.
L’authenticité isidorienne de cet ouvrage, celle encore des Proœmia, est souvent attaquée, sans qu’on voie bien clair en tout ceci. On lit dans la vie d’Isidore qu’écrivit Braulion : « Edidit libros differentiarumduos... Prœmiorum librum unum in quo quid quisque liber sanctae contineat Scripturae brevi subnotatione distinxit. De Ortu et obitu Patrum librum unum in quo eorum gesta, dignitatem quoque etmortem eorum atque sepulturam sententiali brevitate subnotavit. » P. L. 81. 16. Quel est le rapport de ce texte au nôtre ?
(1) N’est-ce pas alors que se sont formées ou répandues les légendes d’après lesquelles tel ou tel apôtre aurait écrit tel ou tel manuscrit : la 17' année de Léon on découvre l’Evangile de Matthieu « eius stilo scriptum » [Paris, lat. 4886, f. 36 v] : comparer l’évangile écrit par s. Marc [Tillemont, II, 506], l’évangile écrit par s. Luc [Martinelli : Primo Trofeo delta S Croce. Roma, 1665, 166. — Arch. R. Soc. Rom. stor. pat., XXI, 1898, 14].
(2) Edition Ranke ; ou Schermann. p. 216-217.