LE PROLOGUE DU FERIAL
distincts. L’un d’eux est le férial lui-même ; il donne les mcirty ram [esta que demandaient à Jérôme Chromatius et Héliodore u singulorum mensiam singulorumque dierum festa conscripsimus , leur répond-il, ut iubere dignati estis... » Mais le pseudo-Jérôme nous parle d’un autre ouvrage ; et les détails qu’il en donne attestent l’intérêt qu’il y attache. Chromatius et Héliodore lui avaient parlé des arcivis d’Eusèbe, ils l’invitaient à y fouiller ; et voici ce qu’il leur répond : u Constat Dornini Nostri omni die martyrum suorum triumphos excipere, quorumpassioties a s.Eusebio Cctesariensi episcopo scribtas repperimus. Nam... guis martyrum , a ouo judice, in qua provincia vel civitale , quo die quave passione perseuerantiae suae obtinuerit palmam... (1). » Pseudo¬
in tra urium mensem posse lassescere, ne ici eueniat succincte et breviter eorum qui sunt in amplissima festivitate in suis locis tantum pro omnibus memoratus sum, ut amputato fastidio unus pro omnibus sufficiat libellus ascribtus. Sane in prima parte libelli omnium apostolorum festa conscripsimus, ut dies varii non videantur dividere, quos una clignitas apostolica in caelesti gloria fecit esse sublimes. »
[Martyrologium hieronymianum... Rossi-Duchesne, LXXXII.]
(1) J’imagine que Bède se souvenait de ce texte lorsqu’il écrivait : « Martyrologium (confeci) de nataliciis sanctorum martyrum diebus, in quo omnes quos invenire potui, non solum qua die verum etiam quo généré certaminis vel sub quo iuclice mundum vicerint, diligenter annotare studui. » [P. L., 115, 290] : comme Adon a complété Florus, Bède a pu compléter pseudo-Eusèbe.
Le problème se pose alors de savoir pourquoi Bède n’a pas signalé l’œuvre de son devancier, et marqué quel usage il en a fait.
B n’est malheureusement pas aisé de suppléer à ce silence. Comparons les notices développées qui nous sont parvenues aux notices de Bède.
Bède. — VI II kl. ian. Natale sanctae Anastasiae quae, tempore Diocletiani, primo diram et immitem custodiam a viro suo Publio perpessa est, in qua tamen a Chrysogono confessore Christi multum consolata et confortata est... [puis la prison ; enfin le martyre aux îles Palmariae. Rien sur Sirmium, ni sur les voyages d’A. suivant les saints].
VII kl. ian. Hierosolimis sancti Stéfani diaconi primi martyris.
V kl. ian. Natale sanctorum martyrum innocentum.
kl. ian. Natale Alamachi qui, iubente Alypio urbis praefecto, cum diceret: Hodie octavae dominicae diei sunt : cessate a superstitionibus idolorum et a sacrifiais pollu-
Frag nient de Lorsch. — VIII Kl.
ian... Sirrni et anastasiae quae de roma scos secuta quale ad martyriu duceban tur haec gloriosam pertulit passionem
VII Kl. ianuar in oppido hierosolymi tano villa cafarga mala Passio sci stephani primi maty ris diac qui lapidatus est a iudaeis V Kl ianuar in bethleem nat scor infantium et lactantium qui sub Ilerode pro Xpo passi sunt.
III Kl ianuar perpetui qui sci martini basilica aedificauit Kl ian. Nat almachi qui iubente alypio urbis pfecto eu diceret hodie octauas dominicae diei s cessate a superstitionib idoloru et sacrificiis pollutis a gladiatorib. bac de causa occisus est
l’historiographie catholique
Jérôme prétend donc connaître des passiones martyrum qui ont les caractères suivants: 1 . elles se donnentpour l’œuvre d’Eusèbe ; elles indiquent : 2. le nom du martyr; 3. le juge qui l’a examiné ; 4. la province ou la ville qui l’a vu souffrir ; 5. le jour où il est mort ; 6. le genre de supplice qu’il a subi. Cette description très précise exclut à la fois les gestci martyrum (1) — lesquels don-
II Non. ian. Et in ciu Tomis Claudio nis Eugeni Rodi et trium fratrum Argei Narcissi et Marcellini pueri Xpiani Fili epi qui su b licinio inter tyrones conphensus cum nollet militare cessus ad mortem carcere rnancipatus missus in cepo est donec relatione esset responsum dimersoq in mare delato corpore eius.
in littore a religiosissimis uiris depositus e in uilla Amanti religiosi uiri ubi fiunt orationes magne.
(Epternacensis) VIII kl. apr...
nicomediae natale dulae ancillae et alibi.
Les notices d'Anastasie diffèrent ici et là, absolument ; les notices d’Argée, Antonina, Florian, Munatus, sont inconnues de Bède. De même, les notices du Breviarium Aposlolorum. Noter que Bède donne la translation de Thomas à Edesse, que le Brev. ignore. J’ajoute enfin que les sources de ses 114 notices historiques ont été facilement repérées, sans que jamais le besoin se fit sentir d’imaginer un martyrologe antérieur *.
Pourtant ta notice d’Almachius est commune aux deux textes. On ne peut nier l’existence du fragment de Lorsch : lui seul donne un texte d ’Almachius qui coincide avec le texte de Bède. Si on ne voit pas pourquoi Bède n’a pas utilisé les autres sources du fragment, on ne peut guère douter qu’il n'y ait copié ce qu’il dit d’Almachius. — Il est curieux de constater, d’autre part, le contraste que font les notices tirées des gestes de Chrysogone, de Césaire, de Calliste, de Marcel et de celles qui ont puisé à Clément , à Euplus , à Pancrace , à Corneille, à Cyprien : celles-ci sont beaucoup moins copieuses que les premières. Il n’est pas vraisemblable qu’elles émanent, les unes et les autres, du même fond.
Ces faits s’expliqueraient peut-être dans l’hypothèse que voici : il y a eu plusieurs versions du martyrologe pseudo-Eusébien depuis Cassiodore jusqu’à Bède ; Bède en a connu et utilisé une qui donnait Almachius, et peut-être Dula **.
(1) Et, pour la même raison, les Archaion d’Eusèbe. La lettre des Smyrniotes et la lettre des Lyonnais ne répondent guère au signalement que donne pseudo-Jérôme.
* H. Quentin : Les Mcirtyloroges historiques du Moyen-Age, 1908, p. 86. H. Q. soupçonne que la source de Bède quant à Dula peut être une forme développée de VEpternacensis ; mais il se défend, p. 118-119, d’examiner le problème dont on dit un mot ici. — Quant aux apôtres, Bède se réfère, semble-t-il, à l 'Epternacensis et à la Notitia de locis S. S. App. par laquelle s’ouvre ce ms.
*’ Les destinées du martyrologe n’auraient-elles pas été parallèles à celles du férial? Et ne trouverait-on pas dans les mss. qui parfois donnent certains détails [Vat. Rég. 435, 567 ; Bernensis '289 ; Parisinus N. A. 1604] des traces de 1 influence exercée par le martyrologe 1
tis, a gladiatoribus bac de causa occisus est.
VIII kl. apr. Natale Dulae ancillae militis quae pro castitate occisa est.