LE PROLOGUE DU MARTYROLOGE
ment fait partie de la première édition — que celle-ci date d’Hormisdas, de saint Léon ou de Sixte III ; et je me demande si les lettres-préface du férial n’auraient pas été écrites afin de recommander et d'accréditer le martyrologe. Je prie le lecteur de vouloir bien se reporter au texte, page 3y8. II est curieux de voir comme l'auteur est explicite et précis, non pas sur son livre, mais sur ses sources : son livre ne nous donne que trois renseignements, nom, lieu, anniversaire; pourquoi donc tient-il à nous faille savoir que ses sources en donnent ... cinq : les trois premiers, plus le nom du juge et la nature du supplice ? N’est-ce pas qu’il publie aussi le document où il dit puiser, et qu’il ne voit pas de plus sûr moyen de lui ménager bon accueil que d’y montrer une des sources de pseudo-Jérôme, — et un écritd’Eusèbe? N’est-ce pas, même, quï/ a existé une autre réponse de Jérôme à ses amis, qui visent le seul férial, comme fait du reste la lettre de Chromaiius Héliodore (1)? La nôtre l’aura supplantée.
L’hypothèse présente cet avantage qu’elle résoud une difficulté. « Pcissiones martgrum legite constanter, écrit Cassiodore, quas... in epistola saneti Idieronymi ad Chromatium et Heliodorum clestinata procul dubio reperdis. » La lettre que vise Cassiodore sert de préface au martyrologe, si l’on admet ce que nous avons dit ; or nous la lisons en tête du férial. Précisément parce que la seconde lettre de saint Jérôme accréditait très opportunément le martyrologe, on l'a reproduite en tête de ce dernier ouvrage ; et même on l’a reproduite seule. Cassiodore parle d’une seule lettre, non pas des deux qui servent d’introduction au férial ; l’exemplaire du martyrologe qu’il avait à Vivarium, et qu’il vise dans le de Insiitutione , ne contenait que la seconde.
C’est en pleine crise manichéenne qu’apparaissent et le premier Sacramentaire et la grande Collection canonique de l’église romaine.
Un manuscrit de Vérone, écrit au septième siècle, a été trouvé
(1) Peut-être la réponse primitive de Jérôme est-elle simplement la fin de notre réponse, depuis qnoniam omni die.