‹ Le néo-manichéisme et la légende chrétienneChapitre 170 sur 185 · LA COLLECTION CANONIQUE ROMAINE · texte numérisé non relu

LA COLLECTION CANONIQUE ROMAINE

J’attire enfin l’attention sur plusieurs prières où se trahissent clairement les inquiétudes que les Manichéens donnent atrx chefs de l’Église.

Vere dign tu etenim tribuis Dne ut praedicati-onk apostolicae claritatem nulla iuris inferni subdola docirina subvertat (4g..

Veredign quia tui operis tuaeque virtutis est ut beatorum apostolorum Pétri et Pauli gloriosa confessio cuius anima vota celebramus nec capialur umquam falsis (2)...

Ds errantes in via posse redire ad veritatis lumen ostendis da cunctis qui Christiana professione censentur et ilia respuere quae haie inimica sunt nomini et ea quae sunt apta sectari per. Omp sernp Ifs qui tuae mensae participes a diabolico iubes abstinere convivio, da quaesumus plebi luae ut gustu morliferae prophanitalis abiecto paris mentibus ad epulas aeternae salutis accédant per. Vere dign cuius ecclesia sic veris confessoribus falsisque permixta nunc agitur ut tamen et fragilitatis humanae semper cavenda mutatio et nullius sit desperanda conversio (3).

Il ne me paraît pas possible d’hésiter ; cette subdola docirina iuris inferni dont les sectateurs veulent accaparer la glorieuse confession de Pierre et de Paul et se glissent traîtreusement parmi le peuple chrétien doit être identifiée avec le Néo-Manichéisme si vigoureusement combattu par saint Léon.

On ne connaît pas le nom de celui qui compila le Sacramentaire Léonien (4) ; on peut désigner, au contraire, l’auteur du plus important recueil canonique de l’église romaine. C’est un moine scythe, également versé dans les littératures latine et grecque, aussi vertueux que savant, dont Cassiodore nous a laissé un touchant éloge : je veux dire Denys le Petit. A la demande de l’évêque de Salone, Etienne, il réunit en un Codex Canonum Ecclesiasticorum les textes canoniques qui, vers 1® fin du ein-

The leonian sacramentary , dans le Journal of théologie»! studies, juillet 1908, p. 515, octobre 1908, p. 504 : elle confirme et précise la théorie qui est ici émise. D’après M. R. il y a eu trois éditions du sacramentaire, la première au temps de saint Léon, la seconde au temps de saint Hilaire, la troisième et dernière (qui augmenta considérablement le recueil) au temps de saint Simplicius. Etant donné notre objet, nous croyons inutile d’entrer dans ces détails.

(1) Feltœ, p. 37, lignes 29-30 (mois de juin).

(2) Feltœ, p. 45, lignes 17, sq.

(3) Feltœ, p. 9, lignes 1, sq.

(4) Cette appellation n’a aucune valeur historique : mais elle est commode, et reflète l’époque où furent sans doute rédigées beaucoup de ces prières.

l’historiographie CAI holioue

quième siècle, avaient cours en Occident : soit une série grecque comprenant les i65 canons des conciles de Nicée, Ancyre, Néo- Césarée, Gangres, Antioche, Laodicée, Constanlinople, les 27 canons de Chalcédoine et les 21 de Sardique ; une série africaine de 1 38 canons promulgués à Carthage le 25 mai 419 ; une série apostolique de 5o canons tirés de Constitutions Apostoliques. Ce livre, composé sous Symmaque [498-5 1 4], fut réédité sous ce môme pontificat et remanié sous flormisdas [5i 4-523] .

Sous Symmaque, Denys avait entrepris un second travail, analogue au premier, à la requête de Julien, prêtre titulaire de sainte Anastasie : il avait recueilli 38 décrétales des papes antérieurs à /J98 ; c’ est la Colleclio Decretorum Pontificum Romanorum (1).

C'est en pleine crise manichéenne qu’apparaît le Liber Pontifical is (2).

Le Liber Ponlificalis est une histoire des papes, composée de courtes notices, qui sont conçues sur un plan assez uniforme : le nom, la patrie, la famille de chacun d’eux, la durée de leur pontificat, les décrets qu'ils ont rendus, les églises qu’ils ont fondées ou dotées, les ordinations qu’ils ont faites, le martyre qu’ils ont parfois subi, le lieu et la date de leur sépulture, voilà les points qui intéressent fauteur anonyme, voilà les détails qu’il apporte. On en jugera par l’exemple suivant ;

(1) Cassiodore : De instit. diui. lit., 23. P. L. 70, 1137-1138. Fuit enim nostris temporibus et Dionysius monachus, Scytha natione, sed moribus omnino romanus, in utraque lingua valde doctissimus... » Cf. P. L. 67, 135-315. — Maassen : Quellen... I (1870), 422-440 et 960-965. Bardenhewer : Les Pères de l'Eglise, III (1899), 150. Noter que Denys n’avait pas pleine confiance dans les canons dits apostoliques: canones qui dicuntur apostolorum , quibus plurimi consensum non praebuere facilem.

(2) Tout ce paragraphe — réserve faite de ce que je dis de pseudo- Damase — est emprunté — parfois textuellement — aux travaux fameux de Mgr Duchesne : Le Liber PorJificalis [Paris, Thorin, I (1886)]. J’y renvoie e lecteur qui désirerait de plus amples détails. Cf., à propos de sa polémique avec Mommsen, les Mélanges d'archéologie et d’Histoire, XVIII 1898), p. 381 ; à propos de sa polémique avec Waitz, la Revue des Quesions historiques , 1879, octobre 493. — Cf. aussi un article de Fournier: R. Q. II. XLI (1887), p. 183. — O11 sait que le Liber Pontificalis a été reouché vers 535-540, sans doute par l'auteur de la première continuation (L. P. I, p. ccxxxi].

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