CONCLUSION
Le recul de l’empire romain et de la civilisation hellénique attaqués solidairement par l’Orient qui se réveille a entraîné de graves conséquences religieuses : comment le Christianisme en a pâti en Orient même, c’est une histoire dont on entrevoit les grandes lignes. Mais comment la crise s’était-elle déroulée en Occident? Le fait était plus mal connu encore. Malgré nos efforts pour en éclairer la nature, nul mieux que nous ne se rend compte des obscurités qui nous la dérobent toujours. On peut affirmer à tout le moins que, du début du cinquième à la fin du dixième siècle, le Christianisme catholique a été aux prises, en Occident, avec un adversaire dangereux : aux cinquième et sixième siècles surtout, la bataille est chaude entre les deux frères ennemis ; elle semble s’assoupir ensuite, comme ils s’assoupissent euxmêmes, au milieu de l’anarchie seigneuriale, sans cesser tout à fait ; elle reprendra de plus belle, durant la période féodale, lorsque l’un et l’autre auront repris des forces. De ce rude assaut l’Occident porte encore les traces dans le livre sacré qu’il révère, dans les légendes dont il se berce, dans les histoires qu’il scrute mot par mot. C’est au milieu de ces orages que la Légende chrétienne a pris forme chez les Latins, à Lérins notamment, et à Rome : est-il étonnant que, parfois, elle en ait subi l’influence et qu’elle en transmette le souvenir ?
APPENDICE
— Page 29, note. — Notre version des Professiones fidei et de a Sentenlia diffinitiva , que le Codex Æmiliani a seul conservée, dérive sans doute d’un exemplaire annexé au concile de 418 : Symphosius et Dictinius sont dits sanctae mémorisé [Mansi, III, 1.004, D] ; la lettre de Léon à Thoribius [Voirp. 14, n. 1] atteste qu’on lit Dictinius et qu’on l’invoque vers 445-446-447. Au concile (de Tolède) de 418, en meme temps qu’on approuva ou promulgua le libellus de Pastor, on réédita, en quelque sorte, les désaveux de Symphosius; les deux textes furent sans doute envoyés ensemble à Balconius. De cette copie procéderait le Codex Æmil.
— Quel a été, dans ces événements, le rôle de cet Antonin de Mérida, auquel Thoribius a d’abord si curieusement recouru, et dont nous ne trouvons pas trace dans nos textes ?
— Page 66 note . Peut-être les Dicta Leonis sont-ils [parents du livre XI du de Trinitate (p. 218).
— Page 78. — Selon certaines traditions populaires, je le rappelle, la violation du repos dominical est punie d’un emprisonnement dans la lune. [Sébillot, le Folklore de France , I, 1904, 11- 13.]
— Page 100, note 1. — Il est vraisemblable que le Marcus memphiticas , dont parle Ithace, n’a rien à voir avec le gnostique d’Irénée : les bourdes de s. Jérôme ne prouvent rien; où Priscillien a-t-il pris le mythe de Saclas ; le concile de Nîmes, 394, atteste la venue d’hérétiques orientaux. Il est vraisemblable que Priscillien a connu un Manichéen, Marcus.
— Page 103, note 1. — Sur le voyage des âmes, voir les assomptions de Marie et de Jean : les démons peuvent les saisir au passage.
— Page 123. — La note 2, à partir de : Je me hâte... doit être placée à la page 126, note 1.
— Page 130, note 2. — On vient de signaler un troisième manuscrit latin de III Cor., le Parisinus 5288 [Rev. bénédictine , 1908, p. 431] : il est parent du ms. de Biasca.
— Page 162, note. — Ce que dit Orose de l’usage que fait Priscillien du Memoria Apostolorum favorise l’hypothèse qui lui attribue un système dualiste : Dieu n’est pas tout-puissant.
APPENDICE
— Page “202, note. — Grégoire d’Elvire emploie le mot septiformis ; il s'intéresse à notre texte d’Isaïe, 11,2; il oppose, un peu comme notre de Spirila Septiformi , le Christ qui possède les 7 dons de l’Esprit, à chacun de nous qui ne les a jamais tous ; il spécule volontiers sur les multiples noms du Christ. Voir notamment Area Noe , publié par ^Wilmart [Rev. bénéd., 1909, p. 7] et Tract. Orig ., XX, p. 209-210 (Cf. p. 68). — Les théologiens de l’entourage de Damase semblent avoir été, malgré ses démêlés avec eux, assez familiers avec la littérature des Lucifériens. [Noter que c’est notre Grégoire d’Elvire que paraît viser le prologue pseudo-hiéronymien du F. IL]
— Page 230, note. — Le rcept tou àytou rvcup-axo; de Diodore n’est-il pas la source immédiate de notre traité de Septiformi Spiritu ? Noter, en tous cas, les influences théologiques qui s’exercent dans l'entourage de Damase : Jérôme, un ami de Diodore de Tarse, un ami des Lucifériens (on ne s’y serait pas attendu). Qui sait si celuici n’est pas l’auteur du de Trinilate : en tous cas, le de Trinilate est antérieur à 382, ou date de ces années-là. L’expression Spiritus Septiformis se lit dans notre traité, dans le de Trinilate, dans le document damasien.
— Page 239. — Le compilateur du concile pseudo-damasien au temps d’Hormisdas s’est peut-être inspiré de la lettre de Jérôme à Tranquillinus (vers 397-398 : Ep. 62 ; voir aussi Ep. 430).
— Page 247. — Inutile de rappeler que Salvien a fait la théorie de la méthode pseudépigraphe.
— Page 269, note. — Sur le livre d’Hénoch et ses versions latines, voir François Martin : le Livre d'Iiénoch traduit sur le texte éthiopien. Paris, 1906, passim, et surtout p. CXXIV (Minucius Félix), CXXV (Tertullien), CXXVII (Commodien), CXXVIII (Cyprien), CXXX- CXXXIV (Lactance, Hilaire, Priscillien, Rufin, Jérôme, Augustin, Cassien) ; — Charles : The book of Enoch, 1893, p. 372 ; — James M. R. : Apocrgpha anecdota, 1893, p. 146 ; — Zahn : Forschungen , V, 158; — Harnack : Chronologie , 563; — V. Jagic, dans les comptes rendus de Vienne, 1893, 60 (vol. 42, phil-hist. classe) ; — MaxFôrster, dans YArchiv fur Religionswissenschaft, 477 [le nom d’Adam a élé formé par 4 anges, chacun donnant une lettre, Michel, Gabriel, Raphaël, Uriel. Cf. mon commentaire inédit sur s. Mathieu, supra, p. 136, le corps d’Adam a été constitué de huit éléments : limon (chair), mer (sang), soleil (yeux), nuage (pensées), vent (souffle), pierre (os), esprit (âme formée de l’Esprit-Saint ?), lumière (J. -Christ). Le plus ancien ms. de Fôrster est le Valicanus Reg. 846 du neuvième s. ; le ms. de Charles est du treizième.
— Rick a trouvé dans un palimpseste de Vienne (le n° 16) des fragments d’une Epistula Apostolorum [Wiener Palimpseste, I], écrite en latin, dont C. Schmidt vient de découvrir une version copte [Comptes rendus de Rerlin, 1908, p. 1047]. Jésus conte comment, sous la forme d’un ange, trompant les archanges Michel, Gabriel, Uriel, Raphaël, il a été au cinquième ciel sur l’ordre du Père ; par son habile stratagème, il peut chaque jour parer les archanges d’une voix merveilleuse afin qu’ils aillent au trône du Père et le
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servent jusqu’à son retour. Je suis ainsi, dit-il, devenu tout en tout, afin de célébrer l’organisation établie par le Père, consommer sa gloire, et revenir à lui, qui m’a envoyé. — Puis, on nous dit la descente de Jésus, sous la forme de l’ange Gabriel, dans le corps de Marie; l’épisode du disciple emprisonné, puis délivré; le retour du Christ; la fin du monde.
On croit que cette version latine vient d’un ms. de Bobbio, qu’elle existait au cinquième siècle, qu’elle est un remaniement, qu’elle rappelle la seconde apocalypse de Jean, qu’elle présente des traits panchristiques (noter le stratagème de Jésus). — Qui sait si ce n’est pas une apocalypse dont on a fait une lettre tombée du ciel. — Pour Schmidt, notre auteur, que cite Origène, a utilisé s. Ignace ; il écrivait en grec ; il a été traduit en latin au troisième ou au quatrième siècle.
— Dans la Revue biblique de juillet 1909, p. 412, je vois que, au jugement de Labourt, le cinquième livre d'Esdras aurait été rédigé à Rome au sixième siècle, comme, du reste, le quatrième livre. Ce serait un nouveau témoignage de l’activité des Catholiques sur le terrain biblique, à ce moment. — Sans doute en découvrira-t-on d’autres encore.
— Page 284. — La date des prologues me paraissant très assurée, j’ai cru pouvoir me dispenser, pour faire court, de comparer les versions latines aux versions grecques : ce que je dis des premières n’est donc présenté qu’à titre d'hypothèse.
— Page 293. — La phrase quanta post crucem... Le texte est altéré, mais le sens est clair.
— Page 38">. — Sur le martyrologe pseudo-eusébien, voir les gestes de Valérien de Tournus, 16 sept. 21, et Grégoire de Tours, Gl. M., 40.
TABLE DES MATIÈRES
Pages
Préface . .
Tableau des principales abréviations . xi