M, II, 24, 2. [P. L. 59, 470, C.J
Pomerius appuie sur la liberté de la créature autant que sur l'origine divine de la matière : les Manichéens menacent également les deux idées.
Cum essent utrique (sancti et immundi angeli) sine peccato creati et ad serviendum Deo suo féliciter instituti, eorum quidam voluntate propria depravati noluerunt permanere quod facti sunt ; et cum se contra creatorem suum typho superbiae lethalis hostiliter extulissent, de superna cœli regione projecti sunt... Voluntatis sanctorum angelorum fuit quod, malis sponte cadentibus, ipsi in sua dignitate manserunt... (1).
Bien qu’il soit impliqué dans un corps de chair, l’homme a été créé aussi libre que les anges.
Age jam cum ad illud ultimum judicium venerimus,... quid excusationis obtendere poterimus ?... An forte aliquos ibi fragilitas corporis excusabit ? Sed excusationi eorum reclamabunt omnium exempla sanctorum qui cum fragilitate carnis in carne viventes, fragilitatem carnis in carne vincentes, quod fecerunt utique fieri posse docuerunt, maxime quia nec ipsi peccato sua virtute sed Domini miserantis auxilio restiterunt... (2).
Comme les lettres de Montanus, les textes du Liber Pontificalis et des Variarnm , les écrits de Césaire et de ses émules gaulois, on voit bien que les Statuta Ecclesiae anticjua reflètent l’acuité du péril manichéen à l’époque ostrogothique : leur origine est si particulière et leur importance si grande qu’il convient de les examiner à part.
De nombreux manuscrits renferment cent quatre canons (3) que YHispana rapporte au quatrième concile de Carthage, mais
(1) Ici. , I, 3, 2. [P. L. 59, 420-421.]
(2) Id., III, 12, 1. [P. L. 59, 491, A. B.]. Sur Pomerius, voir la notice qui se lit dans le Script. Eccl. de Gennade, où sans doute a-t-elle été introduite, P. L. 58, 1117 ; — Nirschl, Patrologie , III, 1885, 297. D’après la notice, il aurait étudié dans un de ses ouvrages unde sit anima primi hominis facta. Cf. Malnory : Saint Césaire , p. 16.
(3) Mansi, III, 979, 945 et VIII, 893. — D’après Leclercq-Hefele, II, 2, 1374, le texte donné par les Ballerini (Leonis Opéra, III, 653) doit être préféré au texte de Mansi. Un 105e canon a été édité par Baluze d’après un ms. d’Urgel [Hefele-Leclercq, 11,1, 102, note 3].