‹ Le néo-manichéisme et la légende chrétienneChapitre 60 sur 185 · LE TEXTE DE LA BIBLE · texte numérisé non relu

LE TEXTE DE LA BIBLE

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exxiff£v. [I 77m., 4, i-3. — Contra Faustum , XXX, 1 ; Bruckner,

Les trois avant-dernières coupures procèdent du désir de ne pas rabaisser Dieu en le mêlant, en quelque sorte, aux infiniment petits de la création. Marcionites et Néo-Manichéens jugent indignes de sa grandeur toutes ces humbles choses dont se compose le monde ; l’oiseau qui vole (1), l’herbe qui pousse ne leur révèlent pas le Père de toute créature. Qui sait si nous ne saisissons pas ici le même sentiment qui les pousse, ailleurs, à rattacher au Dieu mauvais les petites bêtes, les abeilles et les mouches (2) ?

Je note encore que les leçons suivantes étaient rejetées par les Catholiques, et adoptées peut-être par les Néo-Manichéens.

La version cathare du Pater suivait, pour la quatrième demande, le « texte de saint Matthieu ( panera super substantialem) qui se prêtait mieux à une explication mystique ».

La version cathare (??) de la Bible écrivait ainsi le texte fameux, Proverbes , 8, 2 : le Seigneur me créa, ô Kùpioç êxxia i g£ (leçon arienne) [et non Dominus possedit me initio...] (3).

Enfin, je dois mentionner ici une falsification très fameuse qui s’inspire des thèses sabelliennes (4).

La première épître de saint Jean condense, en quelques pages, la substance du quatrième Évangile : c’est une exhortation infiniment pressante et douce à la foi, à l’amour, à l’espérance.

(1) Cf. S. Épiphane, Contra haereses , ï, 42. — P. G. 41, 784, B. C. D.

(2) Cf. G. M. R., II, 170, 283; voir supra , p. 38, n. — On sait que Marcion et Fauste rejetaient les récits de la naissance et de la passion de Jésus : ils choquaient le docétisme immanent à leur doctrine.

(3) Ed. Reuss, Fragments littéraires et critiques.. . Revue de Strasbourg, V, 1852, 327.

(4) La question du verset des trois témoins a été éclaircie par l’abbé

Martin, Revue des Sciences ecclésiastiques , 1887, 97 et 193, et, tout dernièrement, à peu près élucidée par Karl Ivünstle : Das Comma Johanneum. [Freiburg, B. Herder, 64 pages.]

LA LITTÉRATURE NÉO-MANICHEENNE

« Dieu est lumière : marchez dans la lumière afin de communier avec lui ! Dieu est amour : aimez-vous les uns les autres afin de communier avec lui ! Dieu a envoyé son Fils pour sauver le monde : confessez que Jésus est le fils de Dieu afin que Dieu demeure en vous et vous en Dieu ! » Et cette pensée rythmée se prolonge au loin : comme elle est passée du Père au Fils, du Fils la voici qui s’étend à l’Église ; l’Église atteste par ce fait qu’elle communique la vie dans l’eau du baptême et le sang de l’Eucharistie, que Jésus est le Fils de Dieu et qu’il est la vie.

Comme Jean écrivait dans l’Évangile [19, 3o-36] :

IOJvaç xyjv xscpaXyjv 7tapÉSwx£v to 7rv£ou.a. Oi oûv ’IouBaTot. tjXGov guv

Ol (JTûaTUOTCU. . . , EIÇ TWV <7TpaTl(0TWV Xo'y'/Y] aOTOli T7)V TcXsupotv EVUÉsV, y.y\ I^X6sv sùôùç aTaa xat u8wo. Kat ô lojpaxwç [X£gapTupr,x£V. . . iva xat ugEtç 7rt<rT£uyjr£,

ainsi Jean écrit-il dans la première épître [5, 5-7] :

’lyjaox êtrctv ô uioç tou Gsoü. outoç ecttiv ô êXGwv St’ uoaxoç xat atpiaToç, T/]<70uç XpioTOç ' oùx sv tw üSaxt [jlovov] àXX’ £V tw üSaxt xat iv TW atjxaTf xat to Trvs'ugà ecttiv to jxapTupoüv oti to TrvEÜgà e<ttiv tj àX7)0eia. oti rpsïç Etcrtv ol gapTupoüvTSç, to Ttvsüga xat to Ü8wp xat to atya, xai 01 TpEtÇ EtÇ TO EV SlCJtV. El T7)V [XapTUptaV TWV àv6pt07l0JV Xag6aV0U.£V, g puapTupta tou 6sou gs^tov ettiv , oti auTT) eotiv tj gapxupta tou Geoü oti

[XEJXapTUpTjXEV TCSpl TOU UtOU aUTOU. Ô 7UGTSUWV £IÇ TOV UlOV TOU GeOU £/£t t/jv ptapTuptav ev

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. . xat aux*/! IffTtv 7] gapTupta oti ÇtoTjV aiwvtov ’ÉÔoJXSV Ô G EOÇ 7] uiv , xa'l aUTY] 7] ([to fj £V TW Utw aUTOU £<JTIV.

Il est clair que saint Jean vise d’abord l’eau répandue au baptême, le sang répandu dans la passion, et le témoignage que V Esprit a rendu à Jésus au moment du baptême et au lendemain de la passion (à la Pentecôte). Mais il vise ensuite, et surtout, — le fait est également certain, — l’attestation solennelle qu’il a donnée, ô âwpaxw; |jiEu.xpTup7)X£v. . . iva xat ujxeTç tuote ’yjte [19, 36], des signes qui ont marqué la mort du Verbe fait chair : l’esprit s’exhale de son âme, l’eau et le sang coulent de son corps, l’Eglise sort de son flanc comme Ève est sortie de la côte d’Adam. L’Église communique l’Esprit par l’eau du baptême et le sang de l’Eucharistie : elle vivifie et atteste par là que Jésus est la vie et qu’il est le Fils de Dieu ; et comme c’est l’Esprit qui agit dans les deux sacrements, les trois témoins n’en font qu’un.

« L’unité se fait dans la pensée de l’écrivain sacré par l’accord permanent de ces termes esprit et eau, esprit et sang, esprit, eau et sang, relativement au Christ et à ses élus. Le premier groupe

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