CHAPITRE VI
COMMENT LES CATHOLIQUES ARRÊTENT-ILS LA DIFFUSION DE LA LITTÉRATURE NÉO-MANICHÉENNE?
A. — Le Concile pseudo-damasien.
Prosper d’Aquitaine et le Liber Pontificcilis attestent également (1) l’émotion des Catholiques lorsqu’ils découvrirent les grosses bibliothèques des Manichéens : c’était par ces livres, évidemment, que se propageait la doctrine proscrite. Arrêter la diffusion de ces livres, c’était le premier devoir qui s’imposait aux chefs de l’Église.
On constate que ce fut, en effet, leur premier souci : les autodafés firent disparaître un grand nombre de codices.
Mais les Catholiques ne s’en tinrent pas là : ils imaginèrent de dresser et de répandre une liste des livres autorisés et des livres condamnés, — de réviser soigneusement les éditions courantes de la Bible, — de remanier et accorder avec l’orthodoxie les textes où s’exprimait la Légende — parfois, entin, de prévenir ses productions suspectes en traitant les premiers certains sujets. La diffusion de la littérature manichéenne est arrêtée d’abord par des destructions officielles et par un décret péremptoire ; elle est restreinte ensuite par la diffusion d’une littérature catholique.
On étudiera en premier lieu le texte (2) qui autorise certains livres et qui en condamne certains autres.
(1) Cf. supra , p. 120.
(2) Cf. Friedrich, Ueber die Unàchtheit cler Derretale de recipiendis et non