LA LETTRE D’HORMIS DAS A POSSESSOR
ques) » (1), lorsqu’ils discutent, n’ont pas l’autorité des auteurs d’écrits canoniques ni des conciles ; qu’il y a des points fixes (. çerla ), qui fondent la foi et assurent la parfaite solidité de la religion : c’est ce qui est écrit dans l’Ancien et le Nouveau Testament et ce qu’ont décrété les Pères par un jugement général ; les écrits des divers évêques doivent être appréciés en eux-mêmes, ils ne peuvent pas porter préjudice à la foi. — Cette réponse de Possessor a paru une défaite à ses amis. C’est pourquoi il s’adresse à l’évêque de Rome, siège dont le premier titulaire a entendu le Christ lui dire : ta es Petrus et saper hac petram aedificabo ecclesiam meam (2). Il s’agit de raffermir la foi qui vacille : que l’évêque de Rome parle (3).
Hormisdas répond aussitôt. Il n’y a pas lieu de s’émouvoir des opinions de Fauste parce que sa doctrine n’a pas été examinée et qu’il n’a pas l’autorité des Pères (de l’Église) : on ne peut donc pas croire que, de son fait, aucune nouveauté s'introduira dans la foi ou dans la discipline ; aucun doute là-dessus. Les Pères (de l’Église) ont fixé la voie que les fidèles doivent suivre; ils faut admettre ce qu’ils admettent, rejeter ce qu’ils rejettent : voilà l’unique fondement sur lequel solidement bâtir. Il est pourtant permis de chercher et de travailler : ce qu’on condamne, c’est l’erreur ; il est permis de lire des écrits fautifs ( incongrua ) : ce qu'on défend, c’est d’admettre ce qu’ils disent; autrement, le docteur des nations n’aurait pas écrit omnia probate , quod bonum est tenete ; il faut connaître ce qui n’est pas bon, afin de 11e pas l’accepter. La prévoyante et vénérable sagesse des Pères a défini pour les fidèles à venir les dogmes canoniques et
non ut iuraentum imitaretur informe sed ne in alicuius deformis liniamenti similitudinem lapsus incideret. Non improuide patrum ueneranda sapientia fideli posterilati, quae essent canonica dogmata, deflniuit, certa librorum etiam ueterum in auctoritatem recipienda sancto Spiritu instituente praefigens, ne opinioni suae lector indulgens non quod aedificationi ecclesiasticae conueniret sed quod uoluntas sua concepisset assereret. Quid ergo calumniantibus opus extra constitutos Ecclesiae terminos porrigere quaestiones et de bis, quae ita habentur dicta, quasi dicta non sint, mouere certamina, cum Christiana fides canonicis libris et synodalibus praeceptis et Patrum regularibus constitutis stabili et inconcusso tramite limitetur ?
(1) Il est possible que le terme tractatores soit pris dans un sens péjoratif: Possessor était Africain, sans doute Augustinien ; ce n’est pas lui qui devait beaucoup goûter Fauste.
(2) Voir Hormisdas, P. L. 63, 393, et Ennodius (Hartel, 316).
(3) Voir la distinction qu'établit Rufin entre les libri ccinonici qui proferuntur ad auctoritatem, et les libri ecclesiaslici , qui sont lus seulement dans les églises [in Exp. Symb. — Friedrich, 75].
LE CONCILE PSEUDO-OAMASIEN
d’abord marqué, sous l’inspiration du Saint-Esprit, quelles listes accepter (pour savoir) les livres anciens (qu’il faut suivre) : il ne convenait pas que chaque lecteur pût, à son caprice, avancer
une proposition contraire à l’édification de l’Eglise : non improuicle patrum ueneranda sapientia fideli posteritati, quae essent canonica dogmata , definiuit, certa librorum eiiam ueterum in cinctoritateni recipiendci sancto spiritu instiluente praefigens. Pourquoi sortir des limites fixées par l’Église, considérer ce qu’elle a dit comme non avenu et provoquer de ces luttes (que provoquent les amis de Possessor), alors que les limites de la foi chrétienne sont à jamais marquées par les livres canoniques, par les préceptes des conciles, par les décisions régulières des Pères de l’Église : quid ergo calumniantibiis opus extra constitutos ecclesiae terminos porrigere quaestiones et de lus , quae ita habentur dicta , quasi dicta non sint, mouere certamina, cum christ iana fides canonicis libris et sgnodalibus praeceptis et patrum regularibus constitutis stabili et inconcusso tramite limitetur.
Les amis de Possessor voulaient savoir si l’on devait s’incliner devant la parole de Fauste et accepter sa doctrine; aussi bien que Possessor, Hormisdas répond par la négative : Fauste n’a pas qualité pour déterminer et limiter la foi. Le dessin général de la pensée pontificale est parfaitement clair ; maison ne discerne pas très exactement ce qu’elle veut faire entendre par certa librorum etiam ueterum in auctoritatem recipiendci... praefigens. Le mot etiam tombe-t-il uniquement sur le mot ueterum ? Et que signifie au juste certa ? Dans la lettre de Possessor, ce erme indique les points fixes qui fondent et assurent la foi. Il s’agit ici de livres, mais lesquels ? Les livres de l’Écriture ou les livres des Pères ? On ne connaît aucun texte donnant des règles à suivre dans l’examen des livres; on n’en connaît aucun, surtout, où ces règles soient préposées à des définitions dogmat iques ( canonica dogmata... praefigens). Il est probable qu’il faut entendre, moins des régies fixes, que des listes fixes ; et dès lors une question se pose : Hormisdas connaît-il et vise-t-il e texte que nous a transmis le Monacensis ?
Question délicate, que je tranche par la négative. Hormisdas vise, j’imagine, soit un catalogue d’écrits canoniques, tel que ceux du concile de Laodicée ou du concile de Carthage, soit plutôt un catalogue d’écrits approuvés au moment de Chalcédoine : l’affaire acacienne vient d’être heureusement