LISTE DES LIVRES CANONIQUES
ment sont, de même, répartis en trois groupes : les quatre Évangiles suivis des Actes et de l'Apocalypse, les quatorze épîtres de Paul, les sept épîlres apostoliques : en tout 71 livres [44 du VT + 27 du NT] (1).
(1) On le devine, tous nos mss. ne concordent pas.
1. Ceux qu'utilise l’édition de Turner (a’) placent Esdras à côté d’Esther, soit avant, soit après; le Monacensis 14469 (a) place Esdras après Judith; —
2. les mss. Turner placent Y Apocalypse et les Actes après les 14 épîtres de Paul, notre Monacensis place les Actes suivis de l’Apocalypse avant cellesci et après les Evangiles; — 3. les mss. Turner connaissent deux Jean, l’apôtre (1 lettre), le presbytre (deux lettres) ; notre Mon. n’en connaît qu’un ; — 4. notre Mon. ajoute seul à la mention de l’épitre de Jude : sed ista publice in ecclèsia non legitur ; — 4. les sept épîtres catholiques sont appelées epistulae canonicae par les mss. Turner, Apostolicae epislulae par notre Monacensis.
Je ne vois rien qui puisse éclairer la divergence des mss. touchant la place d’Esdras : si Judith est un deutérocanonique, il n’en est pas de même d’ Esdras ni d'Esrther. 11 n’y a sans doute ici qu’un accident de transcription. Je note pourtant que le Claromontanus place Esdras après Judith. — Je n’ose, non plus, rien décider quant à la place des Actes et de V Apocalypse ; quand ces deux textes sont groupés, en général les Actes précèdent Y Apocalypse et tous deux terminent le canon du N. T. (Innocent I : voir infra ; S. Augustin : de doctr. ch. II, 12. — P. L. 34, 40). — Jérôme a connu et n’a pas rejeté la distinction des deux Jean {de uiris , 9. — P. L. 23, 637) : sur ce point, c’est sans doute les mss. Turner qui reproduisent le mieux la version contemporaine de Damase [voir pourtant les doutes de Loisy : Histoire du canon du N. 7\, p. 196-197]. — Au contraire pour la donnée qui suit la mention de l’épître de Jude : c’est la version de notre Monacensis qui mérite sans doute d’être prise en considération. On sait combien la citation d’Hénoch faite par l’épître de Jude [14-15] a fait tort à celle-ci ; le catalogue de Mommsen l’ignore [ Hernies , XXI, 142-156; Preuschen : Analecta, 139]. Et Jérôme écrit: quia de libro Enoch... assurait testimonium ( Juda ), a plerisque rejicitur (ejus epistola)\ tamen... inter sanctas Scripluras computalur [de viris , 4. P. L 23, 613]. Notre Monacensis reflète sans doute ici cette opinion de Jérôme. — Noter que le catalogue (africain) de Mommsen n’accepte également qu’une épître de Jean (et une de Pierre). — Noter que le Codex Berolinensis Phill. 1743 (du VIII*), qui du reste ne connaît qu’un Jean et enregistre sans mot dire l’épître de Jude, écrit à propos du liber sapientiae : quem Hieronymus apud Hebraeos non haberi adfirmat , sed tantum apud graecos , quem etiam Jesu filii Siracis esse Hieronymus indicat, aicut alium subsequentem librum Sapientiae [Preuschen : Analecta. Kürzere Texte... Freiburg. 1893, p. 148 et VII]. Tel est, en eflet, l’avis de Jérôme [ Prolog . galeatus ; Ep. 53 ad Paulinum. P. L. 22, 545. — Loisy : Histoire du canon de A. T. 113]. Voir aussi Rufin : Comm. in Symb. Apost., 36-38. — P. L. 21, 373].
La note sur la Sagesse, la note sur Jude, la note sur Jean le Prêtre sont-elles de la même main ? J’incline à le croire : toutes trois attestent les mêmes préoccupations critiques et reflètent les opinions de Jérôme.
Ne retrouvera-t-on pas, à propos de l’épître aux Hébreux, de Judith et de Tobie, une note analogue à celle qui accompagne la Sagesse, Jean et Jude?
* L’ordre dans lequel ce mss. donne les livres est certainement altéré: l’archétype était disposé en colonnes. Le scribe du Berolinensis les a brouillées. Noter que, pour Duchesne [ Bulletin Critique, 1886, 117], les mots una sola visent Jude et Jacques, non Pierre ni jean.
LE CONCILE PSELDO- DAMASIEN
Le catalogue de Cheltenham compte 24 livres de l’Ancien Testament, chiffre qui est indiqué, dit-on, dans l’Apocalypse : en réalité, il en énumère 27 (en ne comptant que pour uneunité les 12 petits prophètes) ; et il marque soigneusement le nombre des versus de chaque livre. — Quant au N T, il donne Mt, Mc, Ioh., Le, XIII ep. Pauli, Act., Ap., Ep. Ioh. III, Ep. Pet. II ; 011 remarque qu’il oublie Jac. et Jud. et qu’il fait suivre les mentions des épîtres de Jean et de celles de Pierre d’une note mystérieuse : una sola (1). Aucun rapport, évidemment,, entre cette liste et la nôtre.
Le catalogue du Claromontanus (2) indique aussi le nombre des versus de chaque livre : il en donne 42 au Vieux Testament,, parmi lesquels est rangé Macch. IV ; l’Ecclésiastique est appelé Sapientia lehsu (Siracidis). Mais les trois groupes entre lesquels notre texte partage la vieille Bible sont clairement formés : je note seulement que, ici, à l’intérieur du groupe des Prophètes, les petits sont rangés avant les grands; les uns et les autres sont ensuite énumérés dans le meme ordre. Meme conformité dans la première section : l’oubli des Paralipomènes est peut-être accidentel. La troisième comprend les mêmes livres dans les deux listes : mais ils ne sont pas distribués de la même manière. — Le Claromontanus énumère ainsi les livres du N T : Mt, Joh.,. Mc, Le; 10 épîtres de Paul [manquent Phil., I et II Thés.,. Heb ; Pet, Jac, Joh., Iud. ; Barnabae ep.., Ioh. reuelatio, Act., Pastor, Actus Pauli, reuelatio Pétri. Ici encore se retrouvent les trois groupes de notre texte : mais on remarque qu’il diffère du Claromontanus quant à l’ordre des 4 évangiles et quant aux apocryphes que celui-ci accueille, — et qu’il rejette.
Le catalogue du concile de Laodicée de 363 (3) est assez différent du nôtre : ils divergent à partir de Ruth; le groupe des Prophètes y a, seul, son individualité, et il clôt la série du Vieux Testament; plusieurs livres paraissent faire corps ensemble, ainsi Ruth avec les Juges ; les écrits du Nouveau sont ainsi rangés : Evangdes et Actes, Epîtres catholiques, Epîtres de Paul; l’Apocalypse n’est pas mentionnée.
(1) Mommsen, clans Yllermes, XXI, 1886, 142 ; Zahn II, 143 et 1007 ; Preuschen : Ancilecla , Kürzere Texte znr Geschichte. . . 1893, 138.
(2) Cotelier, Pcilriun apost. opéra , I, 8 ; Zahn II, 157, 1012 ; Preuschen,
(3) P. L. 67, 76. Conservé par Denys le Petit [ Analecta de Preuschen,