LE VERBE MULTIFORME
et l’Espagne : il faut qu’il y ait exercé une influence assez étendue, — à moins, peut-être, qu’il n’en ait subi lui-même l’action.
Si le Saint-Esprit mérite d'être dit septiforme en raison des sept dons qu’il envoie, le Fils Unique mérite ses noms multiples, car multiples sont ses fonctions. J'en arrive au deuxième paragraphe de notre première partie.
Sans apporter ici aucune citation scripturaire, l'anonyme énumère 22 termes qu’il applique au Verbe :
Dominus, uerbum, filius, homo, sacerdos, 1-5
Pastor, uermis, mors, uia, agnus, 6-10
Lapis, magister, sol, uerus, uita 11-15
Panis, samaritanus, uitis, leo, petra, 16-20
Flos, propheta. 21-22
Sur les 22 explications proposées, il en est que je puis entendre [1,2, 3, 4, 5, 6, îo, il, 12, i3, 16, 1 8, 19, 20, 22]; il en est qui sont très obscures [7, 8, 9, 1 4, ib, 17» 21]; peut-être des fautes
mais insiste un peu plus sur la distinction des trois Personnes contre les Priscillianistes (963 B) et sur la réalité de la résurrection des corps contre les Manichéens (967 B).
Les VII livres sur la Trinité sont -apparentés au Breuiarium Fidei aduersus Arianos qui est imprimé dans Migne, P. L. 13, 653, 672.
Le Breuiarium Fidei se divise en trois parties. La première démontre que le Verbe n’est pas inférieur au Père [Errare haereticos liaec maxima causa facit — Haec intérim de aequalitate Patris ac Filii ad praesens dicta sufficient ; P. L. 13, 653, C — 661, B]. La seconde démontre la divinité du Saint-Esprit [Nunc uero de Sancti Spiritus deitate pauca de multis testimonis sunt ponendi — Patri et Filio copularetur ; P. L. 13, 661, B — 665, A]. La troisième démontre l’unité de la Trinité, qui se marque par l’unité substantielle des Trois Personnes, et surtout par l’égalité d’action des trois Personnes [Nam quod unius substantiae sit Pater et Filius et Spiritus Sanctus — neque in futuro. P. L. 665, A — 672, A] : c’est ici qu’un grand nombre de termes sont employés pour qualifier également l’activité des trois Personnes : chaque assertion est appuyée sur un texte de l’Ecriture [confortât..., vivificat..., libérât.., eligit...; fons..., virtus..., charitas...]. L’auteur anonyme ne songe pas un instant à envisager les rapports du Fils et de l’Esprit. — Ce traité paraît être encore très proche parent du contra Varimadum : les trois livres du contra Varimadum sont exactement parallèles aux trois parties du Breuiarium : le premier montre que le Fils est Dieu comme le Père, et son égal ; le second établit que l’Esprit saint est Dieu comme le Père ; le troisième prouve l’unité de la Trinité par la communauté des attributs des trois Personnes. [Cf. notamment III, 42 et 45. Confortât..., vivificat...; P. L. 62,421 et P. L 13, 665, D. Les trois textes qui prouvent que P., F., S. S. confortât , sont, ici et là, identiques: Esther , 14, 12 ; /. Tim. 1, 12 ; Luc. 1, 80]. Si le contra Varimadum s’intéresse à la double origine de l’Esprit et reproduit le verset des trois témoins [P. L. 52, 357, AB], il n’en est pas de même du Breuiarium [Cf. P. L. 13, 659, 660], le Breuiarium date sans doute de la fin du quatrième siècle.
LE CONCILE PSEUDO-DAMASIEN
de texte sont-elles cause de ces obscurités [lire creator au lieu de sectorl].
Ici encore on peut indiquer l’origine du texte. Ce morceau n’est pas isolé dans la littérature chrétienne ; le sentiment d’où procède la litanie semble aussi bien être païen d’origine : connaître tous les noms du dieu, c’est un bon moyen de contraindre sa puissance. Clément d’Alexandrie mis à part (1), je trouve une énumération de ce genre dans Phébade d’Agen, qui était déjà évêque en 357:
Ratio quaedam est quae apud graecos Xoyo; nuncupatur... : quae multis nominibus appellatur : modo uerbum, modo uirtus, modo sapientia, modo dextera, modo brachium, modo margarita, modo thésaurus, modo retia, modo aratrum, modo fons, modo petra, modo lapis angularis... (2).
et plus loin, Phébade explique ces noms.
Ausone (3), Niceta de Remesiana (4) et Ennodius (5) suivent
(1) Hymn. in Christum Salvatorem (F. Piper. Gôttingen, 1835) cité par Ihm : Damasi Epigramm ., p. 69. Voir l’Evangile de S. Jean, les Actes (de Verceil) de Pierre, S. Grégoire de Nazianze : Oral. XXX, g 18-20; S. Athanase : Epist. I ad Serap. 19. P. G. 26, 576, etc... Cf. de Régnon. IV ,386, sq.
(3) Ephem ., 126 (Peiper, p. 11).
(4) Il a écrit un de diversis appellationibus Domini , conservé dans les Vaticani 314 et 325.Burn a comparé les listes de Niceta (N), de Damase (D), de Germinius (G. Voir la lettre de Germinius à Rufin dans Burn. 138, surtout 140, § 2), de Phoebade (P). Les quatre textes donnent Verbum, Agnus, Via, Lapis.
petra
homo
sapientia
ueritas
brachium
uita
fundamentum
uitis
pastor
panis
uirtus
fons
dextera
ianua
angélus
leo
ouis
sacerdos
Sont propres à G : manus, dies.
— N : lux, iustitia, redemptio, medicus, pax, iudex.
— P : ratio.
— D : dominus, flos, propheta, filius, uermis, mons,
magister, sol, uerus, Samaritanus, sponsus, margarita, thésaurus, ratio, aratrum, uitulus, aquila. [. Niceta of Remesiana, his life and works, by A. E. Burn, 1905. Cambridge, p. 43-44.]
(5) Carmin. I, 9, vers 25 sq. [Hartel, p. 534] :
« Fons uia dextra lapis uitulus leo lucifer agnus « Janua spes uirtus uerbum sapientia uates « Hostia uirgultum pastor mons rete columba « Flamma gigans aquila sponsus patientia uermis « Filius excelsus dominus deus, omnia Christus.